CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

  >>

Juillet Ecossais (2007)

 : Page(s) 1 … 4 5 6

Pictavia et les Pictes de l'Angus

Publié le : 10 Septembre 2007
Pictavia et les Pictes de l'Angus

Pictavia, centre d'Information

    A quelques kilomètres de Brechin sur la route A90 Pictavia est un centre d’Information sur les Pictes. Difficile de qualifier Pictavia de musée. Il ne renferme que quelques pièces authentiques et quelques répliques en plâtre. C’est du grand art de faire venir les visiteurs quand on a si peu à montrer. La mise en scène doit être spectaculaire. La visite commence donc dans un couloir obscur arrondi où on a inscrit la chronologie de l’Histoire des Pictes commençant à l’invasion romaine en 79 AD. Ce sont les Romains qui ont donné le n om de Picti. Elle se termine en 848 avec la victoire de Kenneth Mac Alpin et la fondation du royaume d’Ecosse. On visionne une vidéo assez générale moins intéressante que celle de Rosemarkie. On débouche dans un  autre couloir semi circulaire décoré par une fresque représentant la bataille de DunNechtan où les Pictes vainquirent le roi de Northumbria. Cette fresque est inspirée d’une pierre d’Aberlemno. Dans la salle suivante on peut jouer avec des ordinateurs : apprendre les différents symboles gravés, localiser les différentes pierres, résoudre des énigmes…Finalement on aboutit dans la salle d’exposition pour ne pas découvrir grand-chose. Difficile de s’émouvoir devant des moulages en plâtre après toute cette débauche de virtuel ! Et pourtant je suis admirative : si peu de choses connues sur un tout petit peuple qui n’a laissé que des gravures et quelques objets usuels et pourtant nous avons passé une bonne heure sans nous ennuyer.

Pictish trail

    Nous ne sommes que plus impatientes de rencontrer les vraies stèles sur le terrain. Comme dans les Highlands on nous a donné au musée un « Pictish trail ». L’étape suivante est tout près : Aberlemno sur la route B9134 reliant Brechin à Forfar, 6 ou 7 miles plus loin. Trois pierres dressées nous attendent sur le bord de la route sur un tapis vert vif et sous un ciel tourmenté, nuages d’orage mais soleil brillant. Elles sont beaucoup mieux mises en valeur qu’à l’intérieur d’un musée. Nous reconnaissons les symboles, le serpent, le croissant, les double disques…les scènes de chasse et les croix décorées. La quatrième stèle se trouve dans le cimetière entourant la petite église. Elle est vraiment très belle. L’église  nichée dans un vallon, est très dépouillée comme celle de Nigg. Nous nous promenons parmi les tombes sur la pelouse verte. Je remarque l’inscription : « décédé à Turin, 1918 », je gamberge, je mélange les guerres mondiales. Turin n’est pas en Italie, c’est le nom du village d’à côté ! Comment je peux inventer des choses en voyage ! Je remarque un détail et mon imagination se met en route. Méfiance !
    La route Picte nous emmène à Forfar, agglomération assez grande pour que nous nous perdions. Forfar dont je n’avais jamais entendu parler me semble au nœud de toutes les communications de l’Angus : il y a la route de Montrose, celle de Dundee, celle d’Arbroath, de Brechin…
    Dernière étape de la journée : le Prieuré de Restenneth sur la route de Montrose dont il reste une tour carrée haute et très simple, des pans du mur du chœur et pas grand-chose de l’Abbaye. Encore une ruine poétique et très ancienne puisqu’elle fut fondée par Nechtan, roi Picte 706- 724 AD.


La réserve de saint Cyrus et Johnshaven

Publié le : 10 Septembre 2007
La réserve de saint Cyrus et Johnshaven

Nous nous installons à 4heures pm dans notre très beau B&B à la ferme Eskview de Saint Cyrus près de Montrose. Les oies ne sont pas là pour nous accueillir. Notre chambre est très soignée, mobilier rustique de bois clair, une belle commode assortie, des petits abat-jour en papier écossais plissé, une moquette moelleuse et des parures de lit brodées de fleurettes bleues avec des taies d’oreillers en dentelle. La salle d’eau est très claire. Sur le rebord de notre fenêtre des jardinières avec un mélange de fleurettes rouges et de bleues. C’est vraiment une très jolie chambre !
    La promenade le long de la plage est un rite qui me repose de toutes les visites. Je marche vite, les pieds dans l’eau,    curieusement pas froide et j’atteins les rochers volcaniques qui masquent une cascade. Au retour, vent fort de face. Le ciel est devenu très menaçant.

    Nous ne nous attardons pas à la plage. Il fait froid lorsqu’on reste immobile. Dominique a envie de monter sur la falaise et d’aller voir ce qu’il y a à la pointe. Nous montons donc en voiture un raidillon et nous retrouvons sur la grande route en direction d’Aberdeen. Après avoir traversée le village de Saint Cyrus  nous descendons dans un creux où un petit port est caché : Johnshaven. Dans le port, quelques bateaux colorés sont affalés en attendant le retour de la marée. Des casiers à crustacés sont empilés. Des hangars abritent sans doute une criée. C’est un vrai port de pêche, minuscule mais actif. Les maisons, presque partout de grès grisâtre sont toutes sur le même modèle qu’à Beauly. Apéro sur le port. Je dessine. Nous rentrons au gîte alors que les premières gouttes s’écrasent sur le pare-brise.


Glamis, demeure de la Reine Mère

Publié le : 09 Septembre 2007
Glamis, demeure de la Reine Mère

L’arrivée à Glamis est tout à fait majestueuse. Le château apparaît au fond d’une allée bordée de chênes centenaires alignés sur un gazon impeccable. Les rangées de chênes frappent l’imagination. Dans un parc, le chêne est généralement un arbre solitaire sur une pelouse où il peut étaler sa large ramure. Dans une forêt le chêne prend sa place. Cette série d’arbres nobles sur plusieurs kilomètres marque l’importance et l’âge du château : plus de 600 ans. Au fur et à mesure que l’on s’approche, on découvre les tourelles, les poivrières, les toits pointus ou arrondis, les créneaux, portant fièrement bannière.
    Ce n’est pas une ruine vénérable ni un musée décati mais un château « en activité », habité, et pas par n’importe qui ! La Reine Mère y faisait des séjours réguliers et la Princesse Margaret y est née. Tout est donc impeccable.
    Le plan de l’édifice est assez singulier : autour d’une tour, deux ailes s’articulent, formant un angle droit, d’autres bâtiments moins massifs s’ajoutant, couverts de rosiers grimpants et se terminant en dégradé dans les jardins.
    La visite est guidée. Le conférencier est très distingué. Sa diction est parfaite. Il hasarde des plaisanteries, des histoires de fantômes, toujours avec son ton très snob. La visite commence dans les salles d’apparat de l’époque victorienne. Dans la salle à manger 36 couverts pouvaient être servis. La table est mise : seulement deux verres par convive mais pas moins de quatre fourchettes et presque autant de couteaux. Avant de monter dans les étages nous traversons la « crypte », salle des serviteurs dans les premiers temps du château, maintenant décorée de trophées de chasse et d’armes anciennes. Ici s’est déroulée la première historie de fantômes : deux joueurs de cartes sont emmurés dans une pièce secrète pour avoir refusé de terminer leur partie le samedi soir à minuit pour respecter la trêve dominicale.
    Le Grand Salon est orné des portraits des châtelains à toutes les époques, il y a même le portrait d’Elizabeth 1ère. L’un des compte s’est ait représenter « à la romaine » moulé dans une armure de cuir rose chaire d’un aspect saisissant. Attenant à ce salon, une dépendance : la pièce à poudrer – réservée aux perruques des messieurs. Actuellement la pièce à poudrer est un euphémisme poli pour désigner les WC des femmes.
    A l’époque victorienne, on a installé un piano et un billard dans la bibliothèque. Un de ses plus beaux ornements est le tableau d’un Marché aux Fruits d’un peintre hollandais connu.     Dans la chapelle on nous parle de la Dame Grise – fantôme d’une femme injustement accusée de sorcellerie – Elle a l’habitude de s’asseoir juste à côté de la porte. C’est justement le siège que Dominique occupe !
    Les Appartements Royaux sont plus intimes. La Reine Mère qui ne s’attendait pas du tout à être reine d’ailleurs, est venue passer son voyage de noce puis est revenue à Glamis chaque année. On nous montre des photos où Elizabeth, en 1926, était une jeune fille ravissante.
    Dernière légende : ce serait ici que Macbeth aurait tué Duncan. Malheureusement la vérité historique contredit cette invraisemblance : le château n’était pas encore construit à l’époque de Macbeth (1040) et Duncan est mort à la guerre.
    La visite des jardins est moins agréable que prévu. Il a beaucoup plu la nuit dernière, le fin gazon est détrempé. Le Jardin à l’Italienne est fleuri mais pas exceptionnel et le jardin entouré de Murs ne se visite pas actuellement.
    Au lieu d’aller directement à la plage nous partons dans les dunes vers le petit cimetière à mi pente sous la falaise, entouré de murs bas et très romantique.  Puis, traversant la dune, nous dérangeons les lapins pour déboucher sur la plage où un vent très frais soulève le sable et le pousse vers le nord ouest. Nous retournons au petit port de Johnshaven pour terminer la soirée.


promenades dans la réserve de Saint Cyrus

Publié le : 09 Septembre 2007
promenades dans la réserve de Saint Cyrus

A 6heures, le ciel est tout bleu. Une belle journée en perspective ? Le mari de Kath nous sert le petit déjeuner. Il a été marin et a parcouru le monde du Venezuela à Odessa. Nous ne l’impressionnons guère avec nos voyages touristiques ! Maintenant il voyage pour présenter ses chiens à des concours canins. Je lui promets une recommandation sur VN. Leur B&B vaut vraiment le détour. Il est ravi.
    Nous montons sur le viaduc de chemin de fer démantelé. De là nous avons une très belle vue sur l’embouchure du fleuve Esk, les dunes, les prés et les champs.
    Je poursuis le « nature trail » de la réserve de Saint Cyrus commencé hier dans les dunes. Le chemin passe entre des ajoncs et des aubépines maintenant défleuris. Les géraniums sauvages sont éclatants et les campanules violettes flashent avec leurs clochettes ramassées en bouquets fournis. Des lapins détalent ? Le pêcheur a étalé ses filets qu’il répare.
-    « Que pêchez vous ? »
-    « des saumons, deux fois par jour avec la marée. »
-    « où es vendez vous ? »
-    « Ils partent en France »
-    « nous apprécions beaucoup le saumon écossais ! »
J’aurais aimé poursuivre cette conversation. Si rare pendant ces vacances écossaises ! ici, les gens sont aimables. Ils saluent le promeneur par un « Hello » chaleureux ou glissent une remarque polie et anodine « what a lovely day ! » qui me désarçonne un peu. Je n’aurais jamais pensé que cette matinée brumeuse et fraîche puisse être qualifiée de « gorgeous ! » ou de « wonderful ». J’ai du mal à partager leur enthousiasme. On conclue avec philosophie un jour de pluie incessante « au moins, c’est mieux qu’en Angleterre ! Pauvres gens inondés ! ». Jamais l’échange ne va plus lin que ces considérations météorologiques. C’est pour cela que la conversation avec notre logeur et avec le pêcheur prennent tout leur prix.
    Le sentier monte sur la falaise, puis se poursuit en corniche jusqu’à la pointe. Sur les rochers de la plage, je vois une colonie de cormorans.


Arbroath, saumon fumé, goélands et falaises de grès rouge

Publié le : 09 Septembre 2007
Arbroath, saumon fumé, goélands et falaises de grès rouge

Le ciel s’est obscurci, vers 11 heures, il pleut quelques gouttes. Nous ne pouvons pas rester sur la plage comme prévu.
    « et si on allait acheter du saumon à Arbroath ? »
Distante de 15 miles par l’A92 bien roulante, nous sommes vite rendues. Plusieurs B&B sont indiqués par des flèches marron. Mercredi dernier nous n’avions rien trouvé sur la petite route. J’en tire une nouvelle leçon : ne pas sortir des itinéraires balisés si on cherche un  hébergement. Hors des zones touristiques, pas de B&B !
    L’Abbaye de Arbroath est très célèbre pour la Déclaration d’Arbroath (1320) sous Robert Bruce. C’est un des textes fondateurs de la nation écossaise. L’Abbaye, construite en grès rouge comme toute la ville est encore très impressionnante. Malheureusement Arbroath, ville active de 24 000 habitants souffre d’un problème de stationnement. Nous y avons tourné à notre premier passage et nous ne nous attardons pas. Nous retournons sur le bord de la mer dans la rue bordée de petites maisons peintes de couleurs vives où nous avions acheté le saumon dans une fumerie. Mercredi la rue était envahie de l’odeur de poisson fumé. Aujourd’hui, samedi le magasin est ouvert mais on ne fume pas le poisson.
    Nous allons le déguster sur la digue au pied des falaises de Seaton. La marée est haute. L’eau arrive jusqu’à la digue. A l’arrière du parking, une belle pelouse verte où les enfants jouent, les chiens s’ébattent et un char à voile file à grande vitesse (la voile est un cerf volant). Avec mon pain j’attire mouettes et goélands ? Les mouettes ont la tête noire ou gris foncé, elles sont plus petites et plus élégantes que les goélands. A l’entrée du sentier des falaises un panneau très détaillé explique la formation de la falaise de grès rouge il y a 400 millions d’années dans le delta d’un fleuve. Je reconnais ensuite les stratifications entrecroisées et le granuloclassement typiques de ces formations.


House of dun : une demeure Géorgienne

Publié le : 09 Septembre 2007
House of dun : une demeure Géorgienne

15h30, la pluie a cessé. House of Dun est une très belle maison géorgienne ouverte à la visite (billet très cher : 8£ pour les adultes, 5£ concession). C’est le célèbre architecte d’Edimbourg Adams qui a dessiné la maison. Une haie de Séquoias Wellingtonia géants (38m) protège la maison. Grosse bâtisse carrée, des colonnes encadrent le perron, sobre et classique. Attenante, une cour bordée des maisons basses des communs, au centre de la cour une curieuse ronde de tilleuls taillés comme des charmilles. On entre dans la cour en passant sous une tour de l’horloge. La façade regardant vers le parc est agrémentée d’un escalier aux ferronneries délicates, dessinant une courbe et portant des fleurs en abondance. Un petit labyrinthe en bus, taillés, termine la terrasse qui domine les prés et dessine une perspective jusqu’au bassin de Montrose. 
    Le château est encore meublé. Certaines pièces conservent l’ordonnancement original d’Adams de 1750 d’autres ont été refaites à la période victorienne. La famille Erskine possédait le château. Le châtelain le plus célèbre devint le Roi George IV, entouré de sa maîtresse et de leurs neuf enfants, représenté sur un tableau ornant la salle à manger. Devenu roi, il se maria à une princesse autrichienne qui ne lui donna pas d’héritier. Les neuf enfants considérés comme illégitimes ne pouvaient pas régner. Victoria fut donc désignée comme reine.
    L’une de ses filles Augusta était une véritable artiste qui a marqué le château de ses talents : broderies sur les panneaux et les rideaux, jardins merveilleux. Le château nous raconte la vie à l’époque victorienne, de l’éducation des enfants aux passe-temps aristocratiques : chasse surtout et aussi pêche, jeux de société mais aussi un théâtre miniature tout à fait merveilleux. Des centaines de figurines avec une tête en porcelaine et des vêtements richement décorés. On manipulait les poupées avec des tringles qui glissaient dans des fentes du parquet de scène. Certaines pouvaient également tourner.
    Le théâtre de marionnettes exerce sur nous une étrange fascination qui vient peut être du plus profond de l’enfance Les crèches de Trapani ou mieux celles de Naples avec leur foule de personnages décrivent mieux la vie d’antan que de solennels portraits accrochés aux murs. Le théâtre de la House of Dun représente plutôt des féeries : Cinderella ou  Ali Baba, pas de témoignage documentaire mais un miracle d’ingénuité et de richesse des costumes.
    Avec le retour du soleil nous allons nous promener dans les jardins fleuris en abondance et dessinés par Augusta.


B&Bdans les arbres : Ballochy house sur la route d'Edzell

Publié le : 09 Septembre 2007
B&Bdans les arbres : Ballochy house sur la route d'Edzell

A 17 heures, nous découvrons notre nouveau BxB « dans les arbres ». Après la House of Dun on tourne en direction d’Edzell. Ballochy  House est une grande bâtisse grise à l’allure victorienne cachée derrière une haute haie de houx. Pignons pointus, elle semble déserte.
Une chambre rose
Une vieille dame très distinguée et très gentille nous montre notre chambre : toute rose. Sur les murs, papier peint à grands bouquets à dominante rose, les têtes des lits sont capitonnés vieux rose tandis que les couvre lits sont assortis au papier peint. L’abat-jour vieux rose est posé sur une colonnette tarabiscotée. Sur la commode ; un miroir à trois pans porte un cœur rose enrubanné. Les rideaux sont à rayures roses et blanc ; au sol, une somptueuse moquette rose.
    Nous hésitons entre profiter de notre chambre bien kitsch ou aller visiter Edzell.
Edzell
   Edzell est un très joli village très touristique avec un golf et un club house monumental, de coquettes maisons et de nombreux BxB et hôtels. Nous entendons une cornemuse : c’est le gala au village. On nous convie à partager un moment avec les villageois et on nous invite au lancer de haggis affublées d’un béret écossais et d’une perruque rousse. Dominique refuse de se prêter à cette mascarade ; Nous mangeons sur place un hamburger avant de rentrer chez la dame dans la « maison sous les arbres » qui m’évoque les policiers anglais que Dominique affectionne. J’imagine Miss Silver tricotant dans la cambre rose tandis qu’au salon s’emmêle l’écheveau d’une intrigue campagnarde. D’ailleurs la maison comporte une bizarrerie : l’entrée de l’allée de biais est cachée entre des arbustes touffus et épineux, houx piquant ou petit houx. De notre fenêtre nous comprenons la raison de cette entrée oblique : une autre pelouse carrée est séparée par un mur. Notre maison s’appelle Ballochy West.Sans doute la pelouse interdite est celle d’un Ballochy East. Il existe une autre entrée à l’arrière mais rien ne laisse soupçonner l’existence d’une maison jumelle. Notre hôtesse est particulièrement discrète. Elle est au salon où l’on entend la télévision. Un détail trahit son passage dans notre chambre qui n’a pas de clé pendant notre absence : j’avais oublié la loupiote de la salle d’eau allumée, je la trouve éteinte.


Edzell - Glen Esk et retour à la mer

Publié le : 09 Septembre 2007
Edzell  - Glen Esk et retour à la mer

Au petit déjeuner

    L’imagination est mauvaise conseillère, j’échafaude des romans. La réalité est bien plus prosaïque. Pas de fantômes ni de voisins bizarres : les enfants et petits enfants de notre hôtesse !

un village touristique : Edzell

    La route passe sous un portail de pierre avec trois arches gothiques à l’entrée d’Edzell, ce genre d’arc de  triomphe me rappelle le Maroc. Un calicot proclame Gala samedi. Cette petite fête campagnarde avec lancer de haggis s’appelle donc un gala !
    Il semble que la montagne soit plus prisée en Ecosse que le bord de mer. En dehors du golf de Carnoustie, les installations touristiques sont peu développées en Angus près des plages pourtant magnifiques : des terrains de camping avec d’énormes caravanes, très peu de B&B. A l’intérieur des terres de très jolis villages sont fleuris, soignés, il y a de belles propriétés, des hôtels cossus. A Edzell, les B&B sont innombrables, les magasins luxueux, le club de golf est impressionnant.

En remontant la rivière Esk

    Derrière la Poste, un chemin mène à la rivière Esk puis un sentier longe l’eau noire. Peu profond, le cours d’eau s’écoule vivement sur des dalles de grès rouge horizontales. L’eau est très pure, teintée de brun (par l’oxyde de fer ?) J’imagine comme il serait plaisant de la descendre en kayak ! Je chemine sous des hêtres magnifiques. Le sol est tapissé de faînes souples très agréables sous la semelle des chaussures. La rivière s’enfonce dans des gorges  profondes. Des rochers en barre le lit qui se rétrécit. L’eau bouillonne d’une écume épaisse. Mes rêveries de kayak s’éloignent. Quand parle t on de rivière, de torrent, de fleuve ? Malgré l’altitude minime l’Esk ressemble à un torrent ? Des ruisselets le rejoignent par de graciles cascades. Au bout d’une demie heure, je retrouve Dominique sur un joli pont de pierre. Elle a eu du mal à trouver le lieu du rendez vous. Un jeune homme parlant très bien français l’a pilotée, il a suivi la voiture jusqu’ici pour qu’elle trouve le pont. Pour poursuivre la promenade, il suffit de pousser une porte laquée bleu vif. Ailleurs qu’en Ecosse je n’oserais jamais pénétrer dans une propriété privée. Ici, c’est naturel, il ne faut pas oublier de refermer derrière soi. Un plan détaille les différentes étapes de la randonnée. Le chemin continue en corniche tandis que les pêcheurs peuvent descendre par des accès aménagés pour eux.
    J’en descends un, en m’aidant de la main courante qui est une épaisse corde en nylon bleue. Nous sommes à la limite des techniques d’escalade. La pêche au saumon est vraiment un sport ! Ce sont les mêmes saumons, attendus sur la plage qui remontent l’Esk. Ils doivent vraiment être puissants pour remonter les rapides entre les dalles de grès. Là où je suis descendue, le lit est presque complètement obstrué par d’énormes blocs de poudingue détachés de la falaise. L’eau se précipite dans la brèche avec force. Les gorges deviennent de plus en plus profondes. Le sentier s’est partagé en trois corniches. Sans indications, laquelle choisir. Je monte sur la plus haute, logiquement la plus proche de la route. Après les essences nobles, hêtres et chênes, la forêt est maintenant plantée de bouleaux au feuillage léger mais aux troncs épais. Je croise un couple avec un labrador. D’après eux, je serai arrivée d’ici un quart d’heure au Roc de la Solitude. La « silver car » attend là bas. Notre Vauxhall n’est pas gris métallisé, elle est argent. Le carrosse d’argent est un nom très approprié !
    La route continue le long du Glen Esk. Au sortir de la forêt de bouleaux nous continuons dans une très verte campagne et passons devant de belles propriétés. Plus loin, les sommets sont recouverts de bruyère et de fougères. La lande a pris des teintes mauves et brunes de tweed épais, moussu.

En montagne dans la lande


    Je suis ravie de revoir la lande comme dans les Highlands, bien que le relief soit atténué. Au parking de Turfside, deux promenades aménagées partent malheureusement mal balisées. J’ai une fiche topo sur un dépliant mais il est mal fait. La carte est beaucoup trop petite et les explications trop vagues. Rien ne correspond. J’ai quitté le goudron trop tôt. Je marche ¾ d’heure à l’aveuglette dans un vent plus que vivifiant. Une nappe de brouillard envahit un col. Il peut dru. Heureusement que j’ai le bonnet acheté à Glendale et mes gants de soie. Je suis ravie de trouver Dominique qui vient à ma rencontre dans la Silver Car.

Qui a tué les lapins de Glen Esk?

    Pique-nique dans la lande. A nos pieds un cadavre de lapereau. De quoi sont morts tous les lapins. Sur la route nous avons rencontré d’innombrables lapins écrasés. J’avais attribué cela à une surpopulation lapine et à une trop forte circulation automobile. Ici, au milieu du pré, les voitures ne sont nullement responsable de l’hécatombe. Il faut trouver une autre hypothèse. Une épidémie ?

Fin d’après midi à la Mer

    Nous emménageons « chez nous » dans la caravane de Eskview Farm, ravie d’avoir une maison à nous seules et de pouvoir faire la cuisine. La caravane est très vaste. Huit personnes pourraient y dormir. Une banquette fait tout le tour du salon, deux autres banquettes encadrent la table de la « salle à manger » et il y a deux chambres à coucher.

Glacière,

    Nous terminons l’après midi à la plage. Nous avions remarqué une curieuse construction comme un  demi tunnel de pierres aménagé en habitation à côté de belles maisons. Dominique a trouvé une hypothèse à cette énigme : une glacière. Les belles maisons seraient celles des  pêcheurs qui posent les filets pour piéger les saumons conservés grâce à la glace. A Cromarty, nous avions vu une glacière en demi cylindre recouvert d’herbe tout à fait analogue.

Un B&B très bien situé

    Enfin, nous montons sur la falaise au B&B qui se vante sur la route d’avoir d’une vue « spectaculaire » Fisheries Woodston . http://www.woodstonfishingstation.co.uk … n.shtmlDes casiers peints en bleu sont alignés le long de la route ; tout est bleu et blanc. Un drapeau écossais bleu avec la croix blanche en diagonale s’accorde avec la maison blanche sur le ciel bleu. Quel bel endroit ! Le propriétaire m’enjoint de chercher sur Internet son site si je veux voir la décoration des chambres (30 à 45 £ par personne).


Retour à Edimbourg

Publié le : 06 Septembre 2007
Retour à Edimbourg

Dernière promenade, les pieds dans l’eau. La température de la mer surprend : c’est le vent qui est froid. Route de Montrose à Brechin que nous connaissons bien. Là nous trouvons la A90,  4 voies, jusqu’à Dundee (une trentaine de km). Il fait beau, les paysans se dépêchent de moissonner le blé mûr.
Fife
    Dundee, nous cherchons le Taybridge (payant 80p). Un panneau annonce au bout du pont : « Kingdom of Fife ». Ici, les maisons sont blanches et rouges avec un toit de tuiles. Le paysage est très ondulé : campagne cultivée de blé et prairies où paissent des vaches. A partir de Kirkcaldy nous suivons la « Tourist Coastal Road » bordée de camping de mobil homes, de lotissements, de golfs, de cottage chics. De temps en temps on aperçoit la mer (Firth of Forth), inaccessible. Nous avons négligé un parking en front de mer à Kirkcaldy, nous le regrettons. L’heure du déjeuner est passée.

Un bel emplacement pour un piquenique
    Finalement, nous nous arrêtons devant une petite crique de sable blanc entourée de rochers près d’un club de voile très chic. L’endroit est ravissant. Les pelouses sont soignées. Un curieux bâtiment ancien gris a une entrée surmontée d’un clocheton original. De l’autre côté du Firth of Forth nous voyons très distinctement Edimbourg, reconnaissons la silhouette de Arthur’s Seat et le château perché sur son rocher, les fins clochers pointent.

Retour à Edimbourg
    Après le Forth bridge, le centre d’Edimbourg est fléché, nous arrivons sans encombre jusqu’à New Town. Mais c’est après que tout se complique. Nous croyons tout connaître de nos voyages sur l’impériale du bus touristique. Les sens interdits ne sont pas les mêmes pour les voitures ! Nous devons faire tout un circuit pour éviter Princes Street autorisé aux bus mais pas à la circulation des véhicules ordinaires. Notre réservation est bien enregistrée à Euro hôtel ainsi que le parking 9£. Trop tard et trop beau temps pour visiter un musée. Je gravis Arthur’s Seat sous le soleil, nous reprenons des photos d’Holyrood que nous avions photographié sous la pluie.
De Cowgate à l'aéroport?
    Un peu inquiètes nous décidons de faire une répétition du trajet pour l’aéroport. L’avion est à 7h05, il faut rendre la voiture à 5h. il ne s’agit pas de se perdre. Dans notre souvenir c’était tout droit : Waverley, Princes Street, Haymarket Murrayfield. L’autobus semblait suivre tout droit son chemin. Le taxi pour Murrayfield avait suivi Cowgate puis Haymarket et toujours tout droit. On va tellement tout droit qu’on quitte la ville mais sans trouver trace de l’aéroport. J’arrête un jogger qui nous conseille de tourner à droite puis à gauche. On se trouve sur le périphérique mais pas dans la bonne direction : tout droit vers l’Angleterre. Nous avons fait 17 miles pour rien. Nous ne pouvons pas nous permettre cette fantaisie demain matin ! Heureusement sur le chemin du retour, je vois une flèche Glasgow A8 au bout de Princes Street.
    Mon vendeur de Fish &Chips m’a reconnue il me donne deux morceaux de poisson pour le prix d’un. Nous nous couchons tôt en réglant le téléphone pour 4h le lendemain


miriam
942 contribution(s)
21 pays renseigné(s)
Ecumeur du monde
Info auteur
Derniers articles
Recherche

Lien(s)
- clubpobecreteil
- les jardins de simone

Carnets de voyage
- 2001- Marrakech et la vallée du Draa
- 2003 - De Fès à Rabat en passant par la vallée du Ziz et Meknès.
- 2003 Espagne Atlantique du pays Basque au Portugal
- Atlantique, AntiAtlas, Atlas et Riads des Mille et Une nuits
- Ballons, dictionnaires et bêtes sauvages.... Bénin 2006
- Canada 98 de Montréal en Acadie en passant par la Gaspésie
- Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay
- Chypre 2004, chapelles du Troodos et archéologie
- Cinq semaines au Cap vert
- Créteil/Pobé , Bénin, correspondance scolaire, échanges et tourisme...
- Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad...
- Egypte 2002 - premier voyage : Le Caire, Louxor, Assouan
- Egypte 2008- Moyenne Egypte, Alexandrie Sinai
- Eté 99 Grèce et Crète
- Eté Toscan 2004 :Florence, Sienne, Volterra, Arezzo
Photos : 930 photo(s)
Paris 9ème : Musée de la vie Romantique
Skala Eresou, tourisme lesbien, méfiez vous de l'Agence locale!!allez directement chez l'habitant!
Sappho - Pièce de Lawrence Durell  - NRF
Voguéo : catamaran entre Maisons Alfort et Austerlitz

Vidéos : 0 vidéo(s)

Audios : 0 audio(s)

Archives

Pays
Mes amis Voix Nomades
- akwaba
- Aurelia_Frey
- Elea
- Fogg
- palla_d'oro
- sebjal
- chemin_inca

Fil RSS du blog de miriam

Hébergé par Voix Nomades
1 … 4 5 6