CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Juillet Ecossais (2007)

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Edimbourg : premier matin

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : premier matin

Jeudi 5 Juillet : Edimbourg sous le soleil

Breakfast Ecossais
    Un SMS nous réveille à 6H30. Maman a oublié le décalage horaire ! Une heure plus tard je me préoccupe du breakfast. Nous disposons d’une cuisine. Peut être vendent ils du thé à la réception ? Il y a effectivement un « Kit breakfast » cher et peu engageant. L’hôtesse me recommande l’Auberge de Jeunesse de Blackfriars dans le voisinage qui sert un breakfast buffet pour 3,95 £. On se sert à gogo ; Des pancartes préviennent : ne prendre que 6 items !
Je choisis un pamplemousse, une tranche de bacon, une saucisse et ce que je prends pour des lentilles : du haggis. Un groupe de scolaires italiens fait une telle cohue que j’aurais pu manger gratuitement. Consciencieusement, je paie au bar.
Première promenade
9heures, sous un joli soleil, nous trouvons un raccourci pour aller à la gare. Au lieu de suivre Cowgate jusqu’à St Mary’s comme sur le plan d’Eurohotel nous montons la pente très raide de Blair Street qui nous conduit à une place élégante : Hunter Pl. dont le centre est occupé par un curieux édifice carré. Nous coupons High street entrevue hier soir (musique dans un pub) puis descendons Cockburn St. Vers la gare de Waverley. Il fait beau. Les boutiques sont avenantes. Nous entrons dans une petite épicerie tenue par un Pakistanais très aimable puis dans une petite échoppe dont les étagères sont toutes occupées par des bonbons colorés dans des flacons. Le marchand cuit des rolls au bacon bien appétissants. Deux tables rondes sont installées sur le trottoir.

Edinburgh Pass
Nous commandons un « quick breakfast », pour Dominique tandis que je fonce chercher le Edinburgh Pass censé nous permettre de circuler librement et de visiter gratuitement attractions et musées.
Ce Pass est cher : 32 £ la plupart des musées sont gratuits et il existe des billets à la journée sur le réseau urbain. J’ai beaucoup hésité et ne l’ai pas commandé sur Internet à un prix plus avantageux. C’est la même histoire que le forfait de ski, on regrette toujours de ne pas l’avoir pris ! D’ailleurs, la publicité sur le Net était exagérée. Pour 32£, pour deux jours, chacune, nous avons droit à trois visites seulement : le Château, le yacht Britannia et le Palais d’Holyrood – fermé pour cause de visite royale – et nous ne pouvons emprunter que l’un des trois bus pour touristes verts, rouges et bleus.

Une ville de grès
De la Gare, la vue est magnifique : flèches élancées, clochers e dentelle de pierre, toits pointus se détachent sur le ciel. Une sorte de tranchée, coulée verte occupée par un beau jardin sépare la Vieille Ville de la ville Nouvelle, régulière et géométrique  (18ème siècle). Edimbourg est vraiment une belle ville – ville de pierre, bâtie en grès fin. Rose et poli, les strates roses ou plus claires forment un décor dans les bâtiments les plus neufs. Noirci quand ils ont été oubliés par les ravalements. Sobre, gris clair dans un appareil très simple de blocs rectangulaire lisses. A l’Antique, colonnades doriques ou ioniques. Moellons irréguliers, oxydés d’orange ou de marron…Le Nouveau Parlement de béton clair décoré de métal et la tente du Dynamic Earth me paraissent vulgaires à côté de l’aristocratique pierre à bâtir.


Edimbourg visite guidée à bord du bus vert

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg visite guidée à bord du bus vert


Promenade Guidée

    Les bus touristiques partent de Waverley. Nous montons dans un  bus vert où officie un guide doté d’un  micro et d’un sens de l’humour très british. Chevelure entièrement blanche, le vieux monsieur est un brin autoritaire. Il nous met en garde contre les téléphones mobiles intempestifs, les allers et venues, les bavardages. Il rappelle à l’ordre les touristes turbulents ou ceux qui, impolis, ne lui disent pas bonjour. Comme l’assistance est clairsemée il pose des questions précises comme à des élèves pour maintenir l’attention de son auditoire. Gare à moi si mon esprit vagabonde !

Les Hommes Illustres
    La promenade débute sur Princes str. le long de verts jardins, avec le Monument de Sir Walter Scott, pyramide ajourée dressant sa flèche au dessus de 287 marches. Non loin de là, la statue de Livingstone, prétexte à rappeler l’anecdote célèbre de sa rencontre avec Stanley. Notre cicérone a choisi d’illustrer la visite de la ville par l’évocation des hommes célèbres d’Edimbourg. A chaque statue chaque plaque il fait surgir un personnage célèbre.
Dans le désordre, j’apprends donc que Graham Bell, l’inventeur du téléphone est originaire d’Edimbourg, Simson, le premier utilisateur du chloroforme donna un impulsion à l’anesthésie en la pratiquant sur la Reine Victoria. Hutton, au 18ème siècle fonda la Géologie moderne en détachant l’Histoire de la Terre de la Création en 7 jours de la Genèse. Je découvre une vie intellectuelle et savante intense qui n’a rien d’étonnant au regard de l’étendue des bâtiments universitaires qui occupent une grande partie de la Vieille Ville.
    Les écrivains, de Burns à Scott, Stevenson, Conan Doyle, Dickens, ont leur statue, une plaque, leur pub préféré !
    Des  faits divers : le chien resté 14 ans sur la tombe de son maître, les Resurrectionists Burke et Hale qui vendaient des cadavres à la faculté de médecine dont j’ai, déjà entendu parler dans la Colline des Chagrins d’ Iain Rankin, un escroc dont j’ai oublié le nom…
    Toutes ces anecdotes rendent la visite très vivante et très dense.

Le Circuit touristique
    Après Princes Street, le bus monte au château, fait une large boucle dans les quartiers universitaires avant de couper High street qui fait partie du Royal Mile qui rejoint le château au Palais d’Holyrood s’appelant par la suite Cannongate. Après le Palais il s’engage dans la Ville Neuve.


Edimbourg : château

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : château

Forteresse imprenable juchée sur son volcan de basalte, elle occupe une vaste superficie sur des terrasses en étage. Les pavés rendent la marche pénible à dominique. Un audio guide en français raconte avec force détails les guerres qui se sont livrées ici. Pendant au moins deux siècles, l’histoire de l’Ecosse et celle de l’Angleterre, intimement liées, ont subi des luttes de successions compliquées combinées avec des guerres de religion. J’ai mal préparé ce voyage, je me trouve perdue dans les Jacobites, les Hanovriens, les Catholiques, les Presbytériens, les Anglicans, les Ecossais et les Anglais. Certains personnages se détachent : Mary Stuart, Bonnie prince Charles, mais aussi Cromwell…. L’autre thème récurrent est purement militaire et ne me passionne pas.
    Lassées des explications très fouillées, nous profitons du site : de la vue étendue sur Edimbourg sous le soleil, des massifs de fleurs très simples. La vieille chapelle de la Reine Marguerite, minuscule, est la plus touchante. Les restaurations 19ème d’un Viollet Leduc écossais sont un peu « trop » bien faites.
    A 13 heures nous ne manquons pas le coup de canon tiré chaque jour et nous offrons u n déjeuner à la cafétéria : sandwich au thon pour Dominique et un somptueux cake pour moi avec plus de raisins secs et de cerises confites que de pâte et tout ce qu’il faut de gingembre et d’épices. Cette visite nous a physiquement éprouvées après la courte nuit. Nous n’aspirons plus qu’à nous asseoir à nouveau sur l’impériale d’un bus touristique (nous avons bien fait de payer le Pass !). Dans l’autobus rouge on prend en montant des écouteurs et on choisi  la langue pour les commentaires. J’aime bien réviser mes connaissances fraîchement acquises et cela ne m’ennuie pas du tout d’entendre une nouvelle version des anecdotes.


Edimbourg : Arthur's Seat, Holyrood palace, Peinture

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : Arthur's Seat, Holyrood palace, Peinture

J’avais envie de monter à Arthur’s Seat depuis que j’ai lu la « Colline des chagrins » d’Iain Rankin. Un peu de nature sauvage m’aurait reposée de tout le bourrage de crâne de ce matin. Mais voilà que la pluie s’invite. Pour prendre en photo le volcan éteint nous descendons du bus sur la colline situe en face devant un portique d’un  classicisme des plus grecs. A quelques pas, dans un cimetière très vert, nous avons une bonne vue sur Holyrood et le volcan. Le bus suivant nous emporte jusqu’à Princes street.

Peinture
      Le beau temps est revenu, nous descendons dans les jardins dans le creux du jardin pour arriver devant deux musées de peinture la Scottish National Portrait Gallery et la National Gallery of Scotland installés dans de ravissants temples antiques de grès beige ravalées récemment. Sur un parvis à l’arrière des musées, trois Indiens d’Amérique du nord jouent une musique très électrifiée. Celui qui tape sur des tambours a revêtu une magnifique parure de plumes.

     La National Gallery of Scotland renferme une très belle collection de tableaux italiens. Je regarde comme de vieux amis les Raphaël, les Titien, je reconnais immédiatement Andrea del Sarto rencontré à Volterra. Des petits Hollandais me plaisent bien, j’identifie deux Rembrandt. Deux du Gréco…Sans que les autres tableaux n’aient le moins du monde démérité, comment se fait il que je remarque ceux là au premier coup d’œil ? Ces chef d’œuvre ont-ils d’une autre facture, d’une autre qualité – marque du génie – ou alors je les reconnais parce que je les connais déjà, parce qu’ils sont reproduits dans les livres d’art, parce que je les cherche ? Dans les musées que nous visitons j’ai l’habitude de chercher de préférence Botticelli, Raphaël ou Rembrandt…

    Nous terminons l’après midi sur l’impériale du bus rouge qui passe juste au dessus de notre « hôtel ». il suffit de descendre devant le Royal Muséum dans ChamberS tr. Et de descendre un escalier. Pour dîner, j’ai repéré sur North bridge un Fis hand Chips. J’ai des souvenirs très émus de cabillaud arrosé de vinaigre blanc à Dalkey près de Dublin voilà 11 ans ! de celui de Londres aussi.


Edimbourg : cathédrale St Giles

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : cathédrale St Giles

Edimbourg sous la pluie

    Une pluie bien fine et bien persistante s’est installée. Nous visiterons donc des musées. Le conférencier du bus vert avait plaisanté :
-    « Les musées d’Edimbourg ont trois avantages : ils ont un toit, ils sont chauffés et ils sont gratuits ! »

Cathédrale saint Gilles

     Mais ils ouvrent à 10 heures seulement. La Cathédrale Saint Gilles, sur High Str. ouvre à 9 heures. Nous y parvenons en montant un raidillon Old Fishmarket Close. Le Royal Mile si tôt le matin est désert. Les rideaux de fer des boutiques commencent simplement à se relever.

    La Cathédrale est surmontée d’un clocher évidé gothique et très élégant. La nef, aussi, est gothique, les vitraux , 19ème. Je n’arrive pas à m’attacher à ces rénovations 19ème . Peut être est ce un  préjugé stupide ? Je préfère les ruines. John Knox en bronze, en pieds est la cible des touristes belges. J’attends qu’une femme ait fini son cliché mais je passe pendant qu’une autre appuie sur le déclencheur.
-    « je suis désolée ! », je m’excuse.
La dame en rose trépigne et tape du pied.
 
     John Knox m’étonne dans ce cadre que rien ne distingue d’une cathédrale catholique. Lui le théoricien d’un protestantisme le plus austère. Une des curiosités de cette église est une chapelle ornée de boiseries : la chapelle du chardon. Les chevaliers de cet ordre s’y réunissent encore régulièrement. Des angelots chanteurs sculptés et des animaux tous différents sur chaque chaire donnent une note de fantaisie. Une odeur de bacon frit nous met en appétit. On peut déjeuner à la cafétéria de la Cathédrale !

Eggs and Bacon


    Nous préférons une cafétéria plus modeste sur George IV bridge. Je commande « eggs and bacon » m’attable à un guéridon rond pour lire le journal : récit des exploits des sœurs Williams à Wimbledon, Docteurs terroristes à Glasgow, peu de nouvelles du monde.


Edimbourg : Bobby chien fidèle

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : Bobby chien fidèle

Fidèle Bobby
    A proximité du musée encore fermé, se trouve la fontaine du fidèle chien Bobby devant un pub rouge qui l’a pris pour enseigne. Juste derrière le pub, l’église Greyfriars entourée de son cimetière ou il est inhumé à la place d’honneur. Une stèle de granite rose loue sa fidélité. Même sous la pluie, l’endroit est charmant. Greyfriars est une église toute simple. Le cimetière herbu en pente est planté de beaux arbres. Les tombes sculptées noircies par le temps sont envahies de végétation. Le château se détache au loin sur son  rocher.


Edimbourg : Museum of scotland

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : Museum of scotland

Le Museum of Scotland, consacré à l’histoire de l’Ecosse, est tout neuf (1998) . Le bâtiment de grès rose est très harmonieux. On prête un audio guide en français très documenté.

    Le niveau O s’intitule « Beginnings »

      J’avais l’intention de le zapper. Souvent nous perdons un temps précieux devant d’ennuyeuses reliques préhistoriques et nous n’avons plus la patience pour le 19ème ou le 20ème.

Cela aurait été une grave erreur ! La section géologie est passionnante, l’approche scientifique tient compte des théories les plus récentes. L’Ecosse dérive de l’Equateur vers les pôles et rejoint l’Angleterre à l’ère primaire. Au Jurassique, l’ouverture de l’Océan Atlantique causa des épanchements volcaniques. Les reconstitutions paléo écologiques des vitrines sont justifiées par l’exposition de fossiles parfois spectaculaires. Je n’ai jamais vu de poissons aussi nombreux, aussi beaux – les poissons de Miguasha (Nouveau Brunswick) m’avaient laissé un souvenir très vif. Lizzi, défini d’abord comme reptile puis comme batracien me fait penser aux remises en cause actuelles de la classification linnéenne. Ce n’est pas seulement dans les cours que les reptiles n’existent plus ! J’ai aussi été impressionnée par les Graptolithes. La conclusion de la Section de Géologie montre les glaciations quaternaires, les variations écologiques et débouche sur l’influence de l’homme sur la faune et la flore.

Early people (8000 BC – 1100AD) :

     Les premiers habitants de l’Ecosse ne sont pas présentés de manière chronologique. On a préféré une mise en scène par thèmes et fait appel à de véritables artistes qui ont réalisé de véritables sculptures. Les hommes préhistoriques de bronze très cubistes sont des présentoirs pour les bijoux, bracelets ou agrafes. Un enclos d’ardoise rappelle les tumulus ronds des anciennes sépultures. Un assemblage de vertèbres de globicéphale se trouve au milieu des vitrines consacrées aux armes, aiguilles et autres objets d’ivoire et d’os. Les Romains ont laissé de nombreuses traces. Ce qui nous a le plus étonné est la trompette à tête de sanglier la Cernyx, trompette de guerre des Barbares. Avec les peuples primitifs sont aussi rangés les stèles ciselées de motifs celtiques, croix irlandaise du début de la christianisation, les vikings également. Cette section se termine dans l’église médiévale reconstituée faisant la transition avec le niveau supérieur

Au Niveau 1 Kingdom of the Scots (900-1707)

Deux objets ont retenu notre attention : une Harpe Celtique en bois clair très finement ornée et un Jeu d’Echecs nordique. Armes ou objets du culte nous sont moins étrangers et nous rappellent la visite d’hier au château.
Plus nous avançons dans la visite, moins nous sommes réceptives. Nous sautons les deux étages consacrés à la Révolution Industrielle pour aller sur la terrasse  au 7ème étage. A la descente je fais une rapide incursion dans
    Scotland Transformed (1707-19ème siècle)

Le Museum of Scotland communique avec le Royal Museum consacré aux sciences. La visite rapide à Dolly, la brebis clonée empaillée s’imposée. L’Horloge du Millénium a horrifié Dominique mais m’a bien amusée.


Le yacht de la Reine : le Britannia

Publié le : 12 Septembre 2007

Britannia
    Nous  allons à pied à Waverley Bridge prendre le bus bleu du Majestic tour qui nous emmène à Leith voir le Britannia, le yacht de la Reine. Je n’aurais jamais pris l’initiative de cette visite mais elle est comprise dans le forfait du Pass et remplacera celle du palais d’Holyrood. Le Majestic Tour passe devant le Jardin Botanique qui nous tenterait si le temps était plus clément.
    Le Britannia est caché par un énorme centre commercial très moderne où nous achetons des salades de pâtes dans des bols en plastique. Pour accéder au yacht il faut monter au troisième niveau (cela donne une idée de la taille du bateau). Munies d’audio guides nous visitons d’abord le Poste de Commandement du navire avec boussoles et compas/ Nous découvrons les trois ponts de teck puis les appartements de la Reine et du duc d’Edimbourg. Luxe et raffinement du bois de sycomore dans un style sobre très anglais avec des cheminées où « brûle » un feu électrique (le règlement de la Marine exigeant la présence d’un homme avec un seau d’eau à côté du feu allumé n’aurait pas favorisé l’intimité des vacances de la famille royale !). Après une heure, nous nous lassons des explications très détaillées et ne jetons qu’un coup d’œil distrait à la salle des machines où d’énormes tuyaux conduisaient la vapeur tandis que des centaines de cuivres sont astiqués chaque jour. Le bus traverse Leith, moderne sans grand intérêt (je remarque les « délis » polonaises qui excitent ma curiosité : je ne connais pas la cuisine de l’Est).


Edimbourg : la colline des Chagrins et l'Acropole du Nord

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : la colline des Chagrins et l'Acropole du Nord

Arthur’s Seat 2

    Malgré la pluie je ne renonce pas à mon expédition à Arthur‘s Seat. Les volcans exercent sur moi une véritable attraction. Les Chemin des Radicals passe à la base d’une épaisse coulée. Les Radicals étaient des ouvriers textiles réduits au chômage de l’Ouest de l’Ecosse venus protester et soulever ceux d’Edimbourg. Sir Walter Scott eut l’idée de les occuper à construire cette route. Philanthropie ou stratégie politique ?

    La pluie n’arrête pas les Ecossais. Je pensais être seule à marcher. Pas du tout ! je croise un monsieur tout trempé avec son setter de même, un jogger avec son MP3, un couple d’amoureux qui se prennent mutuellement en photo et me demandent de les prendre ensemble. Avec ou sans parapluie, ils bravent les gouttes.

L’Athènes du Nord

    Du haut de la colline, j’ai une vue plongeante sur Edimbourg. Comme Rome, Istanbul ou Athènes, elle est bâtie sur 7 collines. Au début du 19ème siècle on a voulu imiter l’Acropole et on a commencé la construction d’un Parthénon inachevé : demi péristyle noir, ruines modernes prétentieuses. A côté, le monument de Nelson, tour en forme de télescope est équipé d’un curieux dispositif, un signal visuel en même temps que le canon de 13 heures donnant l’heure aux habitants de la ville et aux marins. A la base de cette imitation d’Acropole deux collèges sont installés dans des bâtiments antiques à fronton triangulaire et colonnade ionique. Moqueries de Wendy, conférencière de l’autobus marron :
-    « on y fait du latin et du grec à longueur de journée dans des classes sans fenêtres ! »


Edimbourg : parlement d'Ecosse

Publié le : 12 Septembre 2007
Edimbourg : parlement d'Ecosse

Il est 4heures et demie quand je retrouve Dominique qui s’est abritée sous le nouveau Parlement Ecossais, bâtiment très controversé. L’architecte barcelonais Miralles qui l’a conçu est mort avant la fin de la construction. Le budget a été multiplié par dix…Le béton choque dans cette ville de pierre et surtout la décoration extérieure apparaît incompréhensible. Que représentent ces polygones plaqués à l’extérieur : des sèche-cheveux ? Des pistolets mitrailleurs ? La sobriété (l’avarice légendaire) des Ecossais s’offusque des fenêtres loggias compliquées qui ressortent dans une rue étroite.

-    « Quelle vue ? Nos impôts ? » ironise encore Wendy.

Au-delà de l’architecture contemporaine, le Parlement Ecossais a aussi un rôle politique qui prête à discussion. On assiste aujourd’hui à une montée du nationalisme écossais. Récemment Tony Blair a accordé une autonomie plus grande au pays de Galles et à l’Ecosse. Les dernières élections, il y a quelques semaines, ont amené un grand nombre de députés indépendantistes. Sur les murs, j’ai vu des graffitis : « not british, scottish », (à la craie, on reste poli !). Le Parlement a donc une valeur plus symbolique qu’architecturale. Paradoxe, puisque le nouveau locataire du 10 Downing street est de Glasgow.

Our Dynamic Earth

    Sorte de tente ovale protégeant une verrière elle abrite un musée de Sciences Naturelles High Tech avec simulations et multimédias. Dommage qu’il ferme à 17heures ! (La journée de visite d’un touriste est très courte entre 10 heures et 17heures). Au centre du rond point routier on nous offre un perçu de la visite ; une sorte de grotte fumante est le départ d’une « visite au Centre de la Terre ». Autour de la place, une immense coupe géologique de l’Ecosse a été réalisée avec de hautes plaques de grès inclinées. D’Ouest en Est, on découvre les très vieux Gneiss des Hébrides, la faille orientée NE/SW découpant tout le pays puis les intrusions volcaniques : dykes recoupant le socle, les sédiments carbonifères, les grès…. J’aurais  dû prendre des notes. De retour à l’hôtel, je m’embrouille déjà. Pourtant j’ai eu ce matin, une leçon fort pédagogique au Musée. Voilà les limites du bourrage de crâne ! Heureusement que je me force à tenir ce journal de bord pour fixer quelques unes de nos trouvailles en voyage.

Le soleil a enfin fait apparition. Nous reprenons nos croisières sur l’impériale du bus marron qui circule dans le sens inverse du vert ou du rouge, remontant Cannongate vers High street tournant à saint Mary’s pour prendre Cowgate, passer devant l’hôtel et déboucher à Grassmarket, marché à bestiaux : c’est logique !


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