CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Madère 2001 : randonnées, fleurs et Carnaval!

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Côte Nord de Sao Vicente à Porto Moniz

Publié le : 26 Septembre 2007
Côte Nord de Sao Vicente à Porto Moniz

Autoroute jusqu’à Ribeira Brava puis droit sur le nord dans l’étroit défilé aux pieds des grands pics, tunnel. A la sortie du tunnel,  le beau temps a disparu et les nuages s’accumulent.

      Bonne surprise : à côté de la nouvelle route qui s’enfonce de tunnel en tunnel, il reste l’ancienne route en corniche une cinquantaine de mètres- peut être moins- au dessus de la mer, toute proche. On roule en sens unique et nous ne voyons que très peu de voitures. Nous pouvons donc profiter du paysage et même nous arrêter. La falaise est presque verticale, colonisée par des joubarbes à plateau très décoratives, des capillaires et des fougères. Des cascades très hautes se déversent sur la route, j’en compte une bonne douzaine. A Seixal, retour du soleil. Nous allons sur la minuscule jetée voir les vagues qui se brisent. La route continue, taillée dans la falaise.

      A Porto Moniz, nous retrouvons des terrasses cultivées abritées par des murs de bruyères sèches.

Nous montons à Lamaceiros à la recherche de la Levada da Central da Ribeira da Janela (promenade N°41) facilement repérable à la citerne où aboutit la levada. Celle-ci est assez large, bien remplie d’une eau claire. Les abords sont bien entretenus : on a planté des hortensias (très peu de fleurs) et des agapanthes. Le chemin est bon. On a installé des tables à pique-nique. Nous y faisons une pause. Un pinson nous rejoint et attend visiblement qu’on le nourrisse. Je pose un petit morceau de thon  sur le banc. Il l’emporte plus loin. Une femelle se tient à l’écart. Pendant que le mâle attrape un  papillon, la femelle emporte le reste du thon au loin. Pendant presque toute la promenade une bergeronnette nous accompagne, ou plutôt, nous précède, sautillant sur le bord du canal puis s’envolant avec ce vol si caractéristique. Nous la retrouvons u n peu plus loin. D’autres pinsons viennent à notre rencontre.
Nous marchons à l’ombre de grands lauriers. Mousses et fougères tapissent la falaise. Certaines frondes sont géantes. Nous avons l’impression d’être dans une sorte de jungle.
Nous rencontrons les ouvriers qui entretiennent la levada à midi. Certains dorment. D’autres ont allumé un petit feu pour faire des grillades .Deux caravanes d’allemands nous barrent le chemin.
« Siffler en travaillant ! »
Les temps ne correspondent pas à ceux du topoguide et manquons de repères pour suivre notre progression sur la carte. Après avoir marché 2H10 nous découvrons le tunnel qui marque la fin de la ballade .Il ne par^t pas très long malgré les 10 minutes annoncées. On voit le jour au fond. Je ne résiste pas au plaisir d’essayer la traversée avec ma lampe de poche. C’est facile – à gauche, le rocher – à droite, la murette du canal – entre les deux, un bon chemin de terre. A l’arrivée : une merveilleuse cascade. Je reviens en chantant « siffler en travaillant » de blanche Neige et des Sept nains.

Pour déjeuner, le coin est humide et sombre. J’ai très faim.

Quand nous repassons, les ouvriers sont au travail. A la pioche, à la pelle et à la brouette, ils réparent une zone effondrée. Nous trouvons les végétaux vantés dans le topoguide : fenouil (très petit en cette saison) arbres fruitiers en tenue hivernale et finalement les passiflores : lianes qui recouvrent tout un vallon avec leurs fruits de la passion allongés : c’est la variété en forme de bananes.
Retour par l’intérieur
Retour par l‘intérieur de l’île : Quebradas et Fonte do Bispo devraient offrir de beaux panoramas si les nuages ne masquaient pas tout. Nous voyons une mer de bruyères arborescentes hivernales, de l’herbe très verte, des vaches en liberté. Le thermomètre de la voiture marque 6°C. Nous ne nous attardons pas. Le vent glacial renforce l’impression de froid.
Sur le plateau Paul da Serra les couleurs sont très vives. Lors de notre premier passage,
j’avais évoqué l’Irlande, aujourd’hui, c’est un désert de pierre, genre western.
Nuages, encore, jusqu’au Col après Bica da Cana et comme vendredi, le ciel se dégage. Il fait un temps magnifique sur la côte sud ;
Leçon de géographie appliquée : si nous cherchons le soleil, il nous faut rester sur la côte abritée du vent du nord qui apporte les nuages !


Ribeiro Frio - Portela

Publié le : 26 Septembre 2007
Ribeiro Frio - Portela

5H3O, un réveil intempestif d’une autre chambre provient  le bruit d’une alarme d’auto. Dominique sort sur la terrasse : il pleut.
7H50 : lever du soleil, somptueux dans les nuages roses orange, jaunes dorés. Le ciel s’éclaire.

9H, nous partons sous un soleil magnifique vers les montagnes en passant par Monte. Un nombre incroyable de petits camions chargés de grosses pierres et de graviers montent des chantiers ou descendant des carrières. Nous en doublons un  à grand peine dans les épingles à cheveux et en trouvons trois à nouveau. La forêt de mimosas est gaie sous le soleil. Quand on arrive aux conifères plantés serrés, on ne voit plus le  ciel. A 1000m, nous sommes dans le brouillard à nouveau. 4°C, la buée se forme sur les vitres, il faut mettre le chauffage dans la voiture.

Ribeiro Frio est à 950m sur le versant nord, à nouveau du soleil.

Je pars seule coiffée du bonnet de berger, vêtue de la polaire. Je suis tellement préoccupée par le froid que j’en oublie mon pique-nique. Nous avons fixé rendez vous à 14H30 à Portela. Le topoguide annonce 3H25 mais nous savons que les temps ne correspondent pas à notre allure  et surtout ne tiennent pas compte des pauses. Le sentier est bien indiqué. Il part d’un petit jardin.

     Je pars donc à vive allure. Au bout d’un quart d’heure, cela me revient : « le pique-nique ! ». Demi-tour au pas de course. Juste le temps de voir la Corsa filer sur la route au dessus de moi. J’achète au café deux œufs durs et un morceau de pain d’épice.

    Début facile par un grand chemin bien tracé. La levada est petite, environ 50 cm de section. Je peux l’enjamber si nécessaire – et je le ferai souvent. Au bout de 20 minutes, le chemin se rétrécit, tortille dans la montagne. On voit le soleil. La forêt primitive de grands lauriers est très belle.

Les pinsons

     11H première étape : je consulte le guide. Je suis dans les temps. Il est question de pinsons. Dès que je m’arrête, j’en aperçois un qui me regarde et semble attendre quelque chose. Je déballe le pain d’épice. Il picore et s’envole plus loin. Ils sont deux sur la branche qui surplombe le sentier à guetter. Je disperse des miettes, il en vient d’autre, je photographie. L’appareil rembobine la pellicule. J’en ai cinq à mes pieds avec cet appareil qui n’en finit pas de rembobiner. Quand j’aurai changé la pellicule, ils auront regagné leurs branches.

Passages délicats ?

     Le sentier devient très étroit, il me faut grimper sur le rebord. C’est un  peu comme marcher sur une poutre, sauf qu’en dessous, il y a le précipice. Enfin, j’exagère, chaque fois que cela se rétrécit, on a installé une main courante. Les « endroits vertigineux » sont bien gardés ! Comme je me fie au livre j’avance avec un  pincement du côté de l’estomac. C’est l’aventure J’avance le plus vite que je peux sur le chemin de terre. Quand c’est de la roche il faut faire plus attention. Les « passages délicats » sont tout à fait franchissables. Une seule fois je me  mets à califourchon sur le rebord de la levada et avance ainsi sur 50m sur le cul, puis je me relève à quatre pattes. Je savoure le plaisir du silence troublé seulement par le craquement des arbres, les chants des oiseaux. Pas un intrus pendant plus de deux heures. En revanche, assez peu de panorama. J’entrevois de temps en temps le Pico Areiro qui se détache sur le ciel clair.


Tunnels


     J’attends avec appréhension les tunnels. Le premier est plutôt une faille dans le rocher. Des pierres plates couvrent le canal de  façon intermittente. Je saute de l’une à l’autre dans l’étroit passage sombre. Le deuxième est « à fenêtres ». Quant au 3ème, c’est tout juste une arche.
Les tunnels passés, je guette le passage « impressionnant » qui n’arrive toujours pas. Deux Français viennent à ma rencontre. « C’est impressionnant de beauté mais pas dangereux. Vous avez tout le temps une main courante et dans cinq minutes ce sera un boulevard ». Vers 13H je me décide à manger les œufs durs et les olives.

      Quelques gouttes pendant la dernière descente. Je pose mon sac pour enfermer la polaire et protéger le livre de D Rétif. Quand je boucle les attaches, j’entends Dominique : « j’ai mangé à 50m de toi ». Cela me fait bien plaisir sauf qu’elle a fait le tronçon le plus pénible de la promenade avec des marches glissantes sans point de vue ni, levada.

      Elle n’a pas trouvé la plage ensoleillée où elle devait bronzer et elle a galéré seule sur les petites routes. Je suis bien embêtée ; elle m’avait présenté cette occasion d’aller seule à l’aventure comme une perspective agréable et cela n’a pas été le cas.

La mer à Santa Cruz

    Nous allons chercher la mer à Santa Cruz près de l’aéroport où nous avons déjà repéré une plage de galets avec des barques colorées recouvertes de bâches, une digue avec des palmiers, un joli café au soleil. Quand nous arrivons, la mer est d’un bleu profond. Le soleil tape. Au loin, les îles Désertas sont très nettes (très mauvais présage en météo d’après le livre de D Rétif) L’une est très plate, une table, les deux autres sont plus déchiquetées et plus pointues. Un joli voilier blanc file.

Les nuages s’accumulent. Ils viennent de deux directions à la fois, semble-t il. Au bout d’un certain temps, nous avons même froid et partons faire un tour sur la digue. C’est vraiment la plage la plus agréable de toute l’île.


Quinta do Palheiro

Publié le : 26 Septembre 2007
Quinta do Palheiro

Nous sommes les premières arrivées à la Quinta do Palheiro et profitons de la promenade dans la forêt des camélias, arborescents et fleuris, rose, rouges, panachés…qui bordent une longue allée qui descend aux grilles de la maison.

Le jardin de la Quinta

LA Quinta, architecture complexe avec des avancées, des volumes compliqués, est précédée de jardins à la française avec des topiaires de buis mais aussi d’autres arbustes, des bassins, des massifs . Nous nous extasions devant les protéus fleuris, délicats artichauts rose et argentés, brillants de rosée et abritant des abeilles. Autour d’un bassin, des compositions florales où la joubarbe pourpre, presque noire, se détache sur les joubarbes fleuries  jaunes énormes.

Plus loin, des jardins à l’anglaise, savamment composés autour d’arbres spectaculaires : sophora pleureur, grand chêne, araucaria et des essences exotiques venant d’Australie, d’Amérique du sud ou de l’Himalaya…

    Malheureusement nous ne jouirons pas longtemps de la sérénité aristocratique des jardins : des cars entiers d’Allemands et de scandinaves se déversent dans le parc. Nous avons du mal à trouver un banc libre au soleil.

     Un magnolia a des fleurs géantes : énormes coupes violettes tout à fait extraordinaires. Je me saoule du parfum des frangipaniers.

     Autour d’une fontaine, un étrange carrousel de plusieurs cercles de topiaires figurant des paons faisant la roue.
12H30 : fermeture des jardins, nous avons été les premières arrivées et sommes maintenant les dernières à quitter les lieux.


Quinta do Palheiro

Levada dos Tornos - Camacha

Publié le : 26 Septembre 2007
Levada dos Tornos - Camacha

La levada dos tornos est bien indiquées mais elle n’offre aucun attrait. Le seul charme, les mimosas fleuris, ne contrebalance pas les nuisances de la route, les passants trop nombreux, promeneurs et non randonneurs. Le canal est large mais le niveau est bas, quelques centimètres d’eau seulement. Nous passons derrière des immeubles et finissons  par rebrousser chemin.

Je  fais seule la deuxième partie de la randonnée qui doit m’emmener à Camacha, Dominique m’accompagne jusqu’à un tunnel dans lequel je m’engage. L’ampoule faiblit. Je dois continuer à tâtons. Heureusement que le tunnel n’est pas trop long, on voit le bout. Je ne m’affole donc pas et me colle à la paroi. Au pire, je tomberai dans la levada où il y a très peu d’eau mais je ne suis pas au bout de mes peines. La levada n’arrive pas à Camacha. Il me faut tourner dans es hameaux dispersés pour trouver la place où Dominique m’attend.


Prazeres - Paul do Mar

Publié le : 26 Septembre 2007
Prazeres - Paul do Mar

Jeudi 22 Février :Prazeres – Paul do Mar

Direction de l’ouest, sous le soleil, par vent d’ouest. Nous  trouvons quand même le moyen de nous égarer et de quitter la route haute. Toujours la course avec les nuages qui commencent à arriver vers 10H30. Heureusement, nous savons qu’il fait nettement meilleur sur la côte sud, nous avons de meilleurs atouts que les jours précédents !

Une grande descente vers la mer
La ballade commence devant un hôtel immense, donc bien indiqué. Le petit sentier en zigzag coupe les courbes niveau perpendiculairement sur la carte sur 600m de dénivelé, et le commentaire « pour marcheurs sportifs » m’intimident un peu. Ici, comme partout à Madère, le marcheur est chouchouté : le sentier est pavé de petites pierres et des marches confortables ont été construites. Des oxalis poussent dans les interstices. Après la pluie les pierres sont sûrement très glissantes, mais aujourd’hui, il fait sec. Il suffit de descendre doucement.

Si l’exploit sportif n’est pas encore pour aujourd’hui, le paysage est grandiose. Le sentier serpente au flanc d’une étroite vallée dans une faille recoupant l’empilement des coulées volcaniques. Sur le versant opposé, de toutes petites terrasses sont suspendues presque à la verticale. Par où sont passés ceux qui les ont construites ? Plus je descends, plus je découvre des couches de laves colorées, des grottes, des basaltes gris foncé homogènes, des scories tantôt violacées tantôt orange. Parfois des couches fines passent du jaune au noir en rubans de couleur. Tout cela dans le plus grand désordre. Les cheminées verticales recoupent le tout comme d’énormes filons gris de basalte à prismes horizontaux (perpendiculaires au filon). Sans parles des cassures, des effondrements, des énormes blocs déversés en équilibre, des petits pitons en relief. A la surface de ce chaos, la végétation s’accroche tant bien que mal. D’énormes figuiers de barbarie se détachent. Les joubarbes s’installent directement sur la roche. Des petits arbustes à tronc de plantes grasses ( ?) forment des obstacles beaucoup plus coriaces que prévu. Les oxalis sont surprenants. Les cascatelles dévalent des dizaines de mètres, peut être encore plus…

J’arrive près de la mer d’un bleu vert très profond. Je fais signe à Dominique sur la jetée mais il me faudra encore cinq bonnes minutes pour descendre la rampe.

Alignées sur su quai pavé, neuf petites barques colorées. Une très belle chute d’eau alimente un ruisseau invisible entre les galets de la plage. Une femme frotte et y rince sa lessive puis l’étend sur les galets.

Nous achetons des sandwichs que nous mangeons au bout de la digue. Ensuite, bronzette. Le vent est très frais mais à l’abri, le soleil chauffe. Deux heures plus tard, la lavandière est toujours à l’ouvrage.

Précipice

La route de l’Ouest grimpe en épingles à cheveux, passe par trois tunnels. Nous retrouvons le joli restaurant « Précipice ». A l’arrière de la salle nous nous installons sur un petit balcon. Nous y sommes très bien, au soleil, à l’écart et au calme et surtout abritées du vent de l’ouest qui souffle fort. La vue est magnifique : à nos pieds, la mer  et les terrasses de bananiers. Nous commandons un café (« una bica »), Dominique bronze, je sors Le Monde. J’adore lire le journal, à la terrasse d’un café à 2000km de chez nous. Un bébé chien, rondelet, pataud, blanc sale à taches marron, quémande des câlins et mordille avec ses dents de lait. Nous lui versons à boire dans une soucoupe. Il lape maladroitement, laissant retomber son museau dans l’assiette, tant il est petit. Joueur, il tire les cordons de mon pantalon vert, s’attaque au sac à dos – là, je me fâche car il mordille les boucles en plastique. Des Suisses viennent déranger notre bronzette. Nous leur commentons nos balades mais ils ne nous donnent aucun renseignement en retour. Le patron du café est aimable. J’essaie mon Portugais. Cela ne marche pas trop mal. La serveuse parle bien Français. Le patron sort ses jumelles et attire mon attention sur un couple de faucons qui volent de concert. Leur ballet est bien orchestré. Peut être s’agit il d’une parade nuptiale ?

Le vent a viré au  nord, les nuages s’accumulent. La mer est très belle tachetée d’ombres et de reflets de lumière. Nous remballons juste quand un nuage s’installe au dessus de nous.
Nous empruntons la route côtière avec ses tunnels, ses petits villages au bord de plages de galets. Nous essayons de la poursuivre après Ribeira Brava, évidemment, on se perd. Dominique s’énerve. Retour à Ribeira Brava et via rapida !


lever de soleil au Pico Arreiro

Publié le : 26 Septembre 2007
lever de soleil au Pico Arreiro

Arriverons nous à temps?

Le ciel prend des teintes citron vers l’est quand nous nous enfonçons dans les conifères. Il fait froid : 4°. La route du Pico est blanche de givre. Dans le dernier virage je l’aperçois : la grosse boule sort d’un matelas de nuages blancs. Nous sommes au sommet pour ce rendez vous. C’est un spectacle inoubliable !

Descente dans le brouillard infernal
Bonnet sur la tête, polaire en dessous du K-way, je reprends le sentier pavé qui descend du pic. Je me suis fixée un but 45 minutes plus bas. Le vent souffle moins que la semaine dernière. Je peux admirer le versant nord très profond, très vert. Rapidement, les nuages remontent et je me retrouve dans le brouillard. De plus, il y a du verglas. Je renonce au même endroit que la dernière fois. Je regrette un peu. A quoi bon  descendre dans le nuage ? Il faudra aussi remonter. Je compte les marches, l’équivalent de quinze ou seize étages. Je n’ai pas froid !

Vers la mer, cela se dégage. Nous découvrons le paysage, des moutons traversent la route. L’herbe est vert vif, très douce sous nos pieds, un vrai tapis. Les ajoncs sont e fleurs. La mer brille. Toujours ce contraste entre le sud ensoleillé et le nord sous les nuages !


A la Pointe Est : descente vers Caniçal

Publié le : 26 Septembre 2007
A la Pointe Est : descente vers Caniçal

A Santo da Serra, il fait gris mais à la Pointe Est, au Pico [/b[b]]Facho, les nuages se déchirent.

un sentier mal balisé

     Je suis un sentier seule  au flanc de la colline. Première tentative, je remonte à cause de deux chiens menaçants. Le sentier n’est pas bien tracé, j’hésite. Deux Anglais, dans un 4X4 me persuadent de reprendre la balade qu’ils ont faites plusieurs fois : le sentier passe nettement au dessus des chiens. Le monsieur m’accompagne pour me montrer le trajet. Au début je suis une traversée en pente douce dans les herbes hautes. Arrivée sur une arête, cela se gâte. Sur le topo, il est indiqué en gras « bien suivre les balises orange »Je ne les trouve pas. Le topo décrit aussi des épingles à cheveux alors que le chemin est tout droit. Me suis-je trompée ? Je retourne sur mes pas, toujours pas de points orange. Sans autre alternative, je continue dans les herbes hautes, orties et ronces bien européennes qui laissent la place à une végétation méditerranéenne : buissons coriaces fleuris de bleu Vipérine élégante, ficoïde cristalline (Mesembryanthemium crystallinum) petites plantes grasses orange, figuiers de barbarie.
      Le sentier se perd dans les buissons quand je retrouve des marques orange peintes de place en place, ce qui me rassure. Je suis au bord de la falaise, le chemin est barré par des buissons de vipérines et par les raquettes épineuses. Je panique. Encore une fois il me faut retrouver le sentier et revenir en arrière aux dernières marques. Je découvre Caniçal et le petit pont. Malheureusement, le site est défiguré par un chantier. Cette randonnée sera la dernière. Je n’aurais peut être plus eu confiance dans le livre.

Caniçal
Dominique m’attend sur le port de Caniçal, ancien port baleinier. Il y a beaucoup de gros bateaux, des thoniers, en cale sèche. Ce port me paraît actif mais peu photogénique.
Sao Lourenço
Nous voulions retourner à Sao Lourenço. D’un miradouro particulièrement placé, nous dominons la falaise bariolée des rochers hippocampes. Nous sommes confortablement installées à une table et des bancs dans un creux pour manger notre poulet aplati bien épicé. Le soleil cogne. La mer est agitée. On voit bien la pointe et des randonneurs en file indienne.

vieille ville de Funchal

Funchal : à l’est du Marché, nous visitons la vieille ville avec ses petites rues étroites pavées de galets, ses petits restaurants et leurs tables en terrasse. Sur une placette, une petite église très curieuse, blanche et sobre à l’extérieur. A l’intérieur, surprise : au dessus du chœur, toute une série de tableaux avec des instruments de musique autour d’une partition de grégorien « Allelouia ! » ainsi que d’autres scènes plus difficilement interprétables. Au centre de la nef, un lustre de verre à pendeloque presque le même que celui de notre chambre. Cela ressemble plus à un décor de théâtre qu’à une église.

Visite éclair au Fort Tiago que des ouvriers sont en train de restaurer et de repeindre de jaune d’or. Ils transportent sur leur épaule des seaux remplis de pierre. Je parcours au pas de course le petit musée d’art contemporain tandis que Dominique m’attend. Pourtant les tableaux me plaisent bien. Ils ont pour thème Funchal. La promenade se termine à la terrasse d’un restaurant luxueux Dominique commande un verre de madère et mois un jus d’orange « natural ». Nous écrivons nos dernières cartes postales sous le soleil.
Dans notre quartier, il y a encore des musées que nous n’avons pas vus. Mais il est trop tard, tout est fermé !


Les musées de Funchal et le jardin tropical de Monte

Publié le : 26 Septembre 2007
Les musées de Funchal et le jardin tropical de Monte

Nous continuons la visite de Funchal et retournons à la cathédrale. L’aspirateur trône dans le chœur. Quatre personnes sont occupées au ménage et aux décorations florales. Une demi douzaine de vieilles femmes et même des hommes jeunes sont en prière. Difficile de se déplacer sans les déranger. De toute façon, seul le plafond à caisson retient notre attention.

Musée Christophe Colomb

       Le Musée Christophe Colomb se trouve au sous-sol d’une boutique de vin de Madère. On l’ouvre spécialement pour nous. Dans des vitrines vieillottes en bois abritent des gravures anciennes retraçant les évènements de la vie de Colomb, des images d’Epinal, des Bandes Dessinées. Cela me parle, je suis en train de lire « Voyage avec Colomb » d’Edwy Plenel. Un recueil d’articles du Monde à la suite des commémorations de la découverte de l’Amérique. Je retrouve les épisodes du livre  C’est amusant. Seule pièce rare : un psaltérium retraçant les aventures de Christophe Colomb (écrit par son fils) en cinq langues dont l’hébreu. Etrange livre multi langues. Dans une autre salle, des gravures représentant Funchal ainsi que des livres de relation de voyageurs.

Musée d'Art Sacré

Musée d’art sacré : curieux encensoirs, navettes en forme de caravelles pour rappeler les Grandes Découvertes vraiment très présentes dans les églises portugaises, des sculptures sur bois, parfois émouvantes, parfois très laides. Deux étages de peintures : peintures flamandes d’assez bonne facture décrivant le commerce du sucre. Madère était riche et fournissait toute l’Europe du Nord en sucre. L’école portugaise est très caractéristique :
teintes sombres, visages aux traits grossiers, ambiance tragique.

Monte :

     Jardin Tropical, installé sur une pente très raide et peu ensoleillée. C’est étonnant comme les paysagistes ont pu construire un  parc dans un endroit aussi escarpé sans avoir recours aux terrasses traditionnelles. Des fougères arborescentes sont mêlées à de vieux arbres de la forêt de Madère : grands chênes,  pins immenses, mais surtout les essences que nous avons rencontrées lors de nos promenades : lauracées aux feuilles épaisses et foncées, vernissées, lancéolées. Des étiquettes en Portugais, latin, anglais. Je ne vois pas les différences entre les différentes espèces. Beaucoup de camélias, de rhododendrons et d’azalées fleuris. Des cycadales très curieuses.
      Malheureusement, des artefacts parasitent l’ensemble du jardin : pagodes et ponts japonais peints en rouge agressif ; des bassins de ciment…La collection d’Azulejos, le long des rampes fait plus couleur locale. Nous en avons vus de plus beaux au Portugal. Ceux-ci sont mal intégrés à la maçonnerie, plaqués artificiellement. Cette série de panneaux en céramique retrace l’histoire du Portugal du 13ème siècle à nos jours, aurait été une bonne idée si le graphisme avait été moins laid. Ce jardin est celui qui nous plait le moins de ceux que nous avons vus. Peut être sommes nous devenues vraiment difficiles ? Ou le temps frais d’aujourd’hui s’accorde mal avec ce jardin tropical tout en fraîcheur avec ses cascades et ses recoins moussus.

Je monte les marches qui conduisent à l’église, belle façade blanche avec parements de lave noire, l’intérieur est quelconque.
Nous avons déposé les clés de la Corsa à la réception, les vacances touchent à leur fin. Pour terminer en beauté, nous nous installons à la terrasse d’un  kiosque devant la marina. Deux beaux bateaux blancs sont à quai.


une surprise : le carnaval

Publié le : 26 Septembre 2007
une surprise : le carnaval

Toute la ville est sortie, attendant le Carnaval de ce soir. Partout circulent enfants et adultes déguisés, fanfares et groupes musicaux. Devant notre café, un groupe d’Indiens en costume nous fait un concert de flûte des Andes, airs traditionnels mais aussi massacre de Mozart. Toute une foule est assise sous un soleil blafard surveillant les préparatifs.

Notre dernière soirée est une surprise totale. Nous nous préparions à dormir tôt pour nous lever à trois heures pour l’avion très matinal. Au lieu de cela nous avons le plus beau carnaval qu’on puisse imaginer ! Pas Rio mais presque ! Il est même retransmis sur le câble et dimanche midi nous pourrons revoir tous les groupes costumés portugais ou brésiliens. Les Brésiliennes se reconnaissent facilement ! Alors que les femmes que nous avons rencontrées sur l’île étaient courtaudes à peu près de ma taille, pour une fois, je ne me sentais pas une naine ! Les danseuses du Carnaval ont de longues jambes sans fin et sont souvent métisses ou noires. Le luxe des  chars et des troupes est inconcevable sur une si petite île.


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