CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Le Nouveau Monde de Toronto à Quebec

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Mille Iles - croisière sur le Saint Laurent

Publié le : 17 Novembre 2007
Mille Iles - croisière sur le Saint Laurent

Nous quittons Toronto vers 9H sur la 401 vers l'Est.

11H25 : Kingston- capitale administrative et militaire autrefois. Ville de garnison qui a surtout une histoire militaire. La visite ne nous tente pas vraiment. Nous parcourons en voiture les rues en bord du lac. Maisons de taille imposante d’architecture plutôt anglaise parfois surprenante.

Nous déjeunons en bas du fort et arrivons à notre BxB vers 15heures. Déception, même pas un lavabo dans la chambre. Nous filons à Guananoque pour la croisière sur le Saint Laurent. Certaines des mille îles ne sont que de gros rochers. Il faut deux arbres et 500 pieds² pour atteindre le statut d’île. Le commentateur s’attache à nous montrer les maisons des milliardaires qui ont construit des résidences luxueuses sur ces îles. L’un d’eux a voulu reproduire un château du Rhin grandeur nature. Nous franchissons la frontière américaine, seule différence les bannières étoilées qui flottent devant chaque maison. Des scooters des mers nous suivent, jouant avec les vagues de l’étrave du bateau. Seule incident : ma casquette tombe à l’eau.



    Petit déjeuner bien sympathique à la table d’hôte : salade de fruits, pastèque, melon, myrtilles. Confitures maisons. Avec nous des Canadiens et des Français.

     Nous continuons la route le long du saint Laurent, nous arrêtons dans un petit port. Je remarque un système ingénieux : des impatiens dégringolent d’un sac en plastique rempli de terreau suspendu par la poignée. Des trous ont été pratiqués pour introduire les boutures.


Ottawa

Publié le : 17 Novembre 2007
Ottawa

Ottawa, sur sa colline domine la rivière Outaouais. Avec ses immenses bâtiments gothiques coiffés de toits verts de gris (réel cuivre tout neuf dans les parties ravalées), cela tient de Buckingham et de Disneyland. Cette copie neuve de l’Angleterre est monstrueuse. Architecture 1850 reconstruit en 1920  suite à un incendie.

    La visite du Parlement est commentée par un étudiant. Nous entrons dans la Chambre des communes (copie de celle de Londres) sièges sur deux côtés se faisant face, couverts de vert. Masse dorée. Puis sénat (même disposition mais velours rouge) enfin bibliothèque. Petit cours de Droit Constitutionnel : aux Communes chaque député est élu au pro rata de la population. Au Sénat siègent les représentants des provinces. A la Chambre des Communes on voit la sur-représentation des Provinces les plus peuplées tandis que le Sénat a pour rôle de représenter les Provinces les moins peuplée. La Reine nomme le gouverneur (proposé par le Premier Ministre. Le Parlement désigne le Premier Ministre. Mélange de démocratie britannique et de fédéralisme. Tout en regardant passer la Garde Montée (même uniformes qu’en Angleterre) je m’aperçois que j’ai perdu ma montre.


Arrivée au Québec - Le Moulin de Vinoy

Publié le : 17 Novembre 2007
Arrivée au Québec - Le Moulin de Vinoy

Après Ottawa, nous arrivons au Québec. Les panneaux sont en français. Les villages semblent moins soignés et moins prospères que dans l’Ontario. Les belles villas sur leur pelouse immense laisse la place à des fermes ou à des maisons plus simples. Des panneaux publicitaires fleurissent. Quand on quitte la vallée plate et humide le paysage devient plus vallonné et plus pittoresque. Après saint André nous sommes dans un paysage plus sauvage et nous quittons la route pour un chemin de terre (large comme une route à trois voies).

Un très beau Gîte : le Moulin de Vinoy

     Nous découvrons une belle maison de bois, blanche avec un balcon sur deux côtés (banc et hamac). Le gîte est entouré de fleurs. Au fond de la cour, les écuries, des chevaux, des biquettes, un bouc, des chiens …L’éblouissement est total à l’intérieur : notre chambre est peinte de vert, murs et plafond avec une peinture marbrée. Au mur, des plâtres représentant des amours. Un masque antique. Une branche de lierre a été peinte sur le mur entourant gracieusement la porte et la statuette. Sur la commode, un miroir ovale et une poupée ancienne est adossée. Une robe de poupée blanche à volants et dentelles paraît négligemment suspendue. Rideaux et couvre-lit assorti piquetés de fleurettes sur un fond bordeaux. Des oreillers brodés. Tout est raffiné. On découvre ensuite les détails : le rideau n’est pas bêtement suspendu à une tringle. Il est retenu par des rubans roses à une branche qui a conservé écorce et rameaux, elle-même déposée sur une fourche brute. La salle de bain est décorée avec autant de goût. La baignoire est posée de travers, cachée par un volant de tissus assorti au rideau qui cache la porte de la cabine de douche. Dans un coin, un rocking chair. Au dessus du lavabo, une collection de flacons anciens et de vieux ustensiles de toilette. Les murs sont lambrissés de frisette jusqu’à mi-hauteur, au dessus un discret papier peint vert avec une frise de fleurs.

    Dans chaque pièce de la maison nous retrouvons les poupées anciennes et les objets désuets. Un détail en trompe-l’œil attire mon attention : une souricière peinte au bas de notre porte avec sa souris.


Mayo Plaisance

Publié le : 17 Novembre 2007
Mayo Plaisance

Le petit déjeuner est un miracle de raffinement : dans un verre à pied décoré d’une tranche d’orange, une boisson crémeuse, un  milk shake à l’orange et à la vanille. Dans une assiette garnie de tranches de melon vert, de brugnon et de kiwi, des gaufres en forme de cœur. Dans des petits pots, différentes confitures rhubarbe, fraises sirop d’érable.

    Quelle route nous avons parcouru avec notre magnifique Pontiac rutilante ! 40 km de chemin de gravelles. Et s’il n’y avait que le revêtement ! Nous avons traversé de petites montagnes avec des côtes raides et des virages brutaux. C’est vraiment l’aventure dans ces bois touffus. A chaque virage, nous découvrons un paysage nouveau, un petit lac caché, d’eau presque noire, une mare peu profonde avec des nénuphars blancs et des renoncules géantes jaunes, des grandes étendues d’eau, des îles. Nous avons l’impression d’être loin de tout au milieu d’une nature sauvage. Impression un  peu fausse. De nombreuses maisons sont cachées derrière les arbres : fermes avec des prés u’on fauche, maisons de bois peint, jardins fleuris.

    Nous sommes loin de Toronto, la moderne. Les villages ont des supermarchés rudimentaires et les cabines téléphoniques fonctionnent avec des pièces. Ce n’est pas le Moyen Age mais pour téléphoner de l’autre côté de l’Atlantique il faut passer par l’opératrice.

Mayo,  Centre éducatif forestier

    Parc aménagé dans une Réserve Faunique : des sentiers balisés dans une nature sauvage avec des panneaux explicatifs. Très jolie promenade de 2,4 km, descente très raide sur deux petits lacs où nous trouvons notre premier barrage à castors. Construction bien plus grande que je ne l’avais imaginé. De gros arbres ont été attaqués. La hutte à castors a un diamètre d’au moins 1,50m. J’attends avec impatience la rencontre avec des castors ! Nous sommes seules dans le par cet aux aguets ! Notre gibier est maigre mais nous sommes ravies : une écrevisse qui se promène au fond du lac, des têtards monstrueux d’au moins 5cm sans la queue, des perdrix qui ressemblent à des petites poules et des oiseaux que nous ne savons pas nommer.

    Pour les grosses bêtes, il faudra encore attendre ! Mon plus grand sujet d’étonnement : les plantes. Je suis incapable d’identifier les trois quarts des espèces végétales. Je photographie des fleurs rouges éclatant sur une fine hampe (plante d’eau) et j’admire des sortes d’orchidées très gracieuses de couleurs très discrètes allant de vert pâle à rose.

    Nous pique-niquons sur les tables placées à cet effet. Il est inutile de jouer les originales. Les tables sont tellement espacées que nous ne nous gênons jamais. La nature et tellement sauvage qu’elle est souvent inhospitalière. Cette fois ci  nous avons tout prévu : jeans, antimoustique, blousons à capuche et les maringouins nous ont laissé tranquilles.


Après midi à Plaisance

    Petit musée des trois villages décrivant la vie des Indiens Algonkins (nomades alors que les Hurons et les Iroquois étaient sédentaires). Autre salle décrivant la coupe du bois : richesse de la région. Le bois était ré expédié en Angleterre. Vie quotidienne au village. Nous découvrons avec étonnement la persistance de la féodalité jusqu’au siècle dernier. Le seigneur achetait son fief pour y installer des colons. Le musée est plus remarquable par sa décoration plutôt que par le con tenu (un peu léger). Les murs sont peints de peintures naïves. Des oiseaux de papier mâché volent au dessus de n os têtes. Des saynètes de la vie villageoise sont représentées en pâte à sel. Intéressants collages sur de grands tableaux peints.

Chutes de la Rivière Petite Nation

    Bien sûr rien de comparable au Niagara. Cette rivière est quand même très grande aussi large que la Marne à Créteil (il faut peut être relativiser, elle semble en crue actuellement).
Retour au gîte vers 5heures. On nous sert le dîner sur la terrasse.


Visite Naturaliste à la Réserve PapineauLabelle

Publié le : 17 Novembre 2007
Visite Naturaliste à la Réserve PapineauLabelle

Petit déjeuner

    Aussi luxueux et raffiné que la veille : cocktail de jus de fruit orange-pêche. Sur un décor de salade verte deux petits paniers avec des œufs à la coque. Les paniers sont faits d’une tranche de pain bis carré trempé dans du sirop d’érable et placé dans un moule pour faire coquetier puis au four, d’abord sans l’œuf puis avec l’œuf.

Les oiseaux vus avec la naturaliste :


-Grosbec : près d’une fourmilière, oiseau jaune 2 grosses taches blanches sur les ailes
- Roselet : sur le barrage à castors, ventre tacheté de rose, encore un bec massif
- héron
- jaseur des cèdres : masque noir et huppe
- bec croisé
- Faucon crécerelle
- Buse à queue rouge-
- geai bleu
- pic camouflage gris comme l’écorce
- tyran bec long et fin ventre blanc dos noir
- huard à collier sorte de plongeon dos décoré de carrés noirs et blancs

Asclépiade de Syrie : fleur

Castors

    C’est Dominique qui débusquera les castors la première.
- "Pourquoi construisent ils des barrages ?"
- "Pour élever la hauteur de l’eau."
Il Faut une bonne profondeur pour que le castor qui n’hiberne pas puisse passer l’hiver et trouver dans l’eau libre au dessous de la glace. D’abord pour sortir. Ensuite parce que l’eau est moins froide que la glace. Sa hutte comporte une partie émergée et une partie immergée. Le castor construit sa hutte en faisant un amas de branchages enchevêtrés. Quand le tas est assez haut, il creuse sa chambre dans la partie émergée pour être au sec. Il colmate les interstices avec de la boue.
    On reconnaît une hutte habitée à ce que le castor rejette des branches fraîches. Quelquefois, une famille castor occupe deux huttes, une d’hiver, une d’été. Quand il est dans sa hutte, le castor est comme dans une forteresse. Son seul prédateur est la loutre. Sa nourriture : principalement des écorces. Un couple garde auprès de lui la portée de l’an passé. Les adolescents aident leurs parents. Le troisième été, les parents chassent les jeunes qui sont alors matures. C’est la femelle qui choisit son mâle et ils restent fidèles.

    En élevant le niveau de l’eau, le castor fait mourir les grands arbres qui se trouvent inondés. L’étang à castors est donc entouré d’arbres morts gris et un peu sinistres. Cette destruction apporte une nouvelle faune. Les arbres morts sont le domaine des pics et d’autres oiseaux, apportant ainsi une diversité dans la vie de la forêt.

    Les castors que nous avons observés ne sont pas très gros. Ils nagent autour de la hutte. Notre guide a essayé de les attirer en imitant leurs petits cris mais sans  résultat.

    Nous avons également vu des traces de chevreuil et d’orignal. Le sabot de l’orignal est vraiment très grand et porte deux ergots à l’arrière.

    Nous avons navigué sur les chemins dans différents emplacements favorables aux gros animaux : points d’eau, un ancien étang à castors asséché avec de la jolie herbe verte (que la naturaliste appelait du foin). Pour essayer de deviner la présence d’un gros animal, il faut écouter les oiseaux. Les geais étaient très énervés, cela aurait pu être l’indice de la présence d’un orignal. Pas d’ours ni d’orignal, mais un joli chevreuil s’est présenté au détour de la route. C’est un cerf de Virginie différent des chevreuils européens, plus grand, plus roux au ventre et au derrière blanc.

Gîte à Papineauville – Montebello

    Le gîte est une maison dans le village de taille importante entourée de jardins. Nous choisissons la plus belle chambre, harmonie de bleu marine. Couette beige à fins motifs bleus, oreillers bleus marine à motif beige, rideaux assortis relevés par des lacets faisant des festons bouffants. Un chapeau de paille, un éventail bleu. Des meubles de bois clair, une commode surmontée d’une glace carrée, un berceau, un rocking chair. Impression de luxe et d’espace


Le Parc Oméga : les grands animaux-Laurentides

Publié le : 17 Novembre 2007
Le Parc Oméga : les grands animaux-Laurentides

Le Parc Oméga n’est pas une réserve faunique sauvage. C’est un vaste parc où des animaux sauvages sont concentrés dans des conditions de semi-liberté. La forte densité des populations animales permet des rencontres impossibles en liberté. Ce n’est cependant pas un zoo.

    A l’entrée du parc, on nous remet un  sac de carottes. Des wapitis (immenses cerfs) viennent à notre rencontre et réclament leur dû. Je me précipite pour les photographier. Au début, nous ne tenons pas compte de l’interdiction de descendre de voiture. Notre belle américaine nous joue des tours. Si je descends je ne peux plus remonter parce que la porte se verrouille automatiquement. Il faut que D déverrouille. Avec toutes ces grosses bêtes autour de moi, bien pacifiques, mais avec des bois impressionnants, j’aimerais pouvoir entrer en urgence. Un type me fait signe de remonter en voiture. Il était temps ! Nous arrivions à l’enclos des bisons (énormes) plus timides que les cerfs. Les cerfs font entrer leur grosse tête par la fenêtre dans l’habitacle de la voiture et nous bavent dessus. Les bisons sont moins insistants.

      Les sangliers nous snobent. Les carottes ne leur plaisent pas. Ils préfèrent fouiller le sol et ronger des écorces. Les marcassins se bagarrent et jouent. Ils sont adorables. La mère les chasse de la tête un peu brutalement. Les petits couinent.

     Les ours noirs sont enfermés dans un enclos. La mère a l’air de s’ennuyer un  peu. Les oursons passent leur vie perchés dans de très hauts arbres. A chacun de nos passages, ils ont changé de place. Au premier, ils jouent parmi les feuilles, ensuite, ils dorment calés dans une fourche, les pattes pendantes, au dernier, nous les voyons descendre en plantant leurs énormes griffes dans l’écorce du tronc de leur perchoir.

    Au début, c’est très excitant d’être entourées de si gros animaux. Ensuite, on s’habitue. La pluie est drue et continue. Nous faisons route vers les Laurentides sous un ciel gris mais la vue est dégagée. Les montagnes semblent sortir d’un dessin d’enfant : petites montagnes pointues très boisées. Sur le bord de la route, des affleurements. Je n’y comprends rien Granite ? Migmatites ? Les Canadiens racontent que ce sont les plus vieilles montagnes du monde. C’est épouvantable cette manie du « plus-quelque-chose-du monde ».


Lac Nominingue : Le Provincialat

Publié le : 17 Novembre 2007
Lac Nominingue : Le Provincialat

Notre Gîte le Provincialat

    Dernière maison à l’écart de la ville. C’est une très belle et grosse bâtisse blanche et bleue située dans un véritable parc. Au rez de chaussée, une sorte de véranda sans verre sur laquelle dorment dans un canapé un vieux cocker et un vieux matou. La maison est ancienne et a plus d’une centaine d’années. Le parquet est blond mais de guingois. Notre chambre est peinte en bleu au dessus des lambris turquoise vif ; une vieille commode blonde, des bruyères dans un vase. Au plafond, un antique ventilateur à cinq pales. Tout respire le calme. L’austérité est tempérée par la présence de nombreuses plantes. A l’étage, un salon TV et une table de jeux. Les aubergistes sont agréables, cultivés. On se sent bien accueillies.


Lac Nominingue- Kamieka - lac des Castors

Publié le : 17 Novembre 2007
Lac Nominingue- Kamieka - lac des Castors

Petit déjeuner :

    Jus d’orange, coupe de framboises fraîches, french toast (pain perdu) au sirop d’érable.

Réserve faunique

    Par temps gris et humide. Nous sommes presque seules sur la route de terre dans la Réserve Faunique en dehors des camions transportant d’énormes grumes de bois. Une gélinotte traverse le chemin. J’attendais le chevreuil, il ne s’est pas présenté.

Kamieka

     Petit village perdu et tranquille. La curiosité locale : les ponts couverts construits sur la rivière Le Lièvre, deux ponts formant un angle, au milieu, une île. Ces ponts de bois rouge ne sont pas bien beaux mais ils ont une splendide charpente et sont éclairés par des ouvertures situées en haut. Nous empruntons un circuit fléché « des chevreuils ». Nous prenons en stop un « homme des bois » empestant la cigarette qui nous demande de le conduire jusqu’à la « boîte à mail » suivante.

    Le « chemin du castor » est une promenade aménagée sur des planches très glissantes et des escaliers le long d’une belle cascade. Nous montons sous la bruine jusqu’au belvédère d’où la vue est magnifique : partout des sommets, des lacs, des îles avec la brume qui monte du sol. Nous suivons les indications botaniques. Je reconnais l’Impatiens du cap et  les lycopodes .Nous aboutissent à un petit bassin d’eau très claire où volent de belles libellules aux ailes noires. Le soleil éclaire l’eau transparente. Un ruisseau descend des « Portes de l’enfer » et nous descendons sur les planches glissantes (je  me casse la figure). Photos de la cascade sous le soleil. Pique-nique au bord du lac du Cerf sur une plage de sable fin. On trouve même des framboises.
Retour par la route panoramique qui longe le Lac du Cerf aux berges très découpées.

Mont Laurier

    Ville bizarre précédée un nombre impressionnant de stations services et de grandes surfaces (genre carrefour Pompadour). Le Centre-ville est fantomatique entre le décor de western et Gruissan de 37°2 : des maisons de bois avec des façades bizarres, des escaliers métalliques extérieurs, des fils électriques qui s’emmêlent.


Canoë à la réserve Papineau Labelle

Publié le : 17 Novembre 2007
Canoë à la réserve Papineau Labelle

Nous retournons dans la Réserve Papineau-Labelle. Je fais quelques essais de conduite sur piste, pas très concluants, la voiture peine. Il faut prendre de l’élan. En haut de la côte la descente est raide. J’ai tendance à trop freiner. Conduite peu économique.

    Nous avons maintenant notre méthode pour trouver les castors : regarder les arbres morts, puis chercher la hutte. Mais nous restons bredouilles. En revanche, une biche rousse se montre sur la route. Nous avons le temps de l’admirer. Elle broute des feuilles sans se presser. Elle est fine, presque maigre beaucoup plus gracieuse que les cerfs mangeurs de carottes du parc Oméga.

Canoë

    Location 17.40$ pour l’après midi. Nous embarquons avec notre pique nique et une certaine appréhension. Le ciel est très couvert. D, à l’arrière, en plus de pagayer, rectifie la direction en faisant dérive. A l’avant, je suis ses instructions. Je m’applique beaucoup mais j’ai peur de ne pas être efficace. Nous finissons par nous organiser.

    Le Lac des Sept Frères est long de 7 km avec une longue île qui fait presque une presqu’île. Il est situé en pleine forêt et ses abords sont rocheux, des dalles presque verticales de quartzite rouge et d’amphibolites vertes surmontées de thuyas magnifiques dont les troncs ont des formes torturées, accrochés souvent par des racines apparentes toutes tordues à même la roche. Quelques criques sableuses permettent d’accoster. L’eau est noire, très propre, curieusement tiède. Nous ramons déjà depuis une heure et demie et avons envie de déjeuner dans l’île mais la rive est inhospitalière. Nous abordons en douceur sur une petite plage. De confortables rochers polis nous servent de sièges. Nous observons les alevins et les minuscules poissons attirés par notre poulet. Je vois onduler une sangsue.

    Nous repartons confiantes, l’embarcation avance facilement presque sans effort. Un Huart à collier plonge sur notre droite et réapparaît à gauche. Je suis ravie de reconnaître ce magnifique oiseau au bec pointu, tête noire, collier blanc et dos à carreaux noirs et blancs. Courte averse. Finalement le temps s’éclaircit, les couleurs vives apparaissent, l’eau est bleue. Le déversoir du lac nous apparaît comme propice aux castors. Nous ne voyons ni barrage ni hutte mais Dominique réalise avec dextérité des manœuvres de navigation. Nous sommes de plus en plus confiantes dans le canot. Avec l’arrivée du soleil, nous ne sommes plus pressées de rentrer. Dernière escale sur une jolie plage de sable. La végétation aquatique me fascine : des rubans ondoient de très fines tiges portant à leur apex de très petites fleurs blanches hérissent la surface, des nymphéas à feuilles rondes ou oblongues, des fleurs bleues sur de grasses feuilles (genre jacinthe).

    Retour à 16heures impeccable. Nous tentons le portage vers le second lac : le lac Joinville. Le site d’embarcation est plus problématique : très étroit, rocailleux et encombré par une grosse barque. Je m’accroche à la barque pour ne pas chavirer. En plus nous portons l’appareil photo ! Notre embarcation penche dramatiquement. Nous nous organisons. Priorité à l’appareil photo et aux jumelles. Dès que nous nous approchons du bord, je mets le sac à dos bien au sec, je me retourne et voilà que Dominique est au milieu de l’eau et le canot plein de flotte ! Cela précipite notre retour et met fin à la traque aux castors. Nous emportons de belles images d’animaux : la biche et son faon à la queue bien fournie toute blanche, le héron debout sur un rocher au jabot spectaculaire.


La Réserve Faunique La- Rouge-Matawin

Publié le : 17 Novembre 2007
La Réserve Faunique La- Rouge-Matawin

Enfin le beau temps ! Nous cafouillons un peu pour trouver la route de l’Ascension et ensuite la Réserve La Rouge-Matawin. Le Poste d’Accueil où il faut s’enregistrer est fermé. Dommage. C’est aussi l’endroit où nous pouvons être conseillées.

      Nous décidons donc de ne pas quitter la route N°4 de peur de nous perdre. Cette route de terre est mauvaise, pleine de trous, de bosses et d’ornières. Le relief est très accidenté. Nous guettons les orignaux. A défaut, la rencontre avec un chevreuil serait la bienvenue. Personne. Absolument personne ! Des petits lacs figurent sur notre carte. Nous descendons sans les voir. Avec le beau temps, les moustiques sont de retour.
     La végétation diffère de celle de Papineau Labelle. Moins de diversité, surtout moins de feuillus en dehors des bouleaux sur un sol sableux. Un panneau signale une montée raide. Quelle côte ! La voiture peine cahote et la route n’en finit plus de monter. Arès plusieurs kilomètres on finit pas comprendre que l’Ascension ne désigne pas la fête religieuse mais plutôt fait référence à la topographie ! On n’a rencontré personne. C’est tant mieux puisque que la piste étroite ne permet pas de se croiser. Si jamais la voiture tombait en panne personne ne pourrait  nous retrouver. Nous ne sommes pas enregistrées !

    Nous accordons un répit à notre Belle Américaine que nous malmenons, levons le capot pour qu’elle se rafraîchisse. Habillées de pied en cap (grosses chaussures, casquettes pour moi, KWay à capuche blanc pour Dominique) nous découvrons le plus gros buisson de framboises de mon existence. Nous nous rappelons que les framboises attirent l’ours. Interdit de plaisanter avec les ours ! D’autant plus que nous nous séparons pour trouver le lac. Heureusement qu’il n’est pas loin. Nous sommes seules dans une vraie immense forêt avec des ours et des loups. La voiture a le capot brûlant. Il est midi, les animaux doivent faire la sieste.

    13h30 le long du Ruisseau Froid, le plus joli coin pique-nique qu’on puisse imaginer : une plage de sable, de l’eau claire, un oiseau chanteur. Salade de thon, maïs, tomates et chou.

    Nous faisons des arrêts pour chercher les castors. Nous découvrons dans le sable la piste de l’orignal. Si on ne le voit pas en vrai nous avons au moins des preuves de son existence. Pour l’instant l’orignal rappelle le dahu de chez nous ! Nous suivons donc cette piste. Des Rangers – Garde-chasse (ou garde-pêche) en uniforme, arme à la ceinture ont repéré la voiture nous demandent:
-  «  l’avez-vous vu, l’orignal ? »
Il faudra aller se faire enregistrer au poste de Macaza. Les endroits sauvages sont fliqués ! En un sens c’est rassurant. Au poste de garde, nous allons donc nous présenter et demander l’emplacement des castors. Le garde nous demande si la route n’a pas été trop « rough ». Ils nous mettent en garde contre la cage.
- « On trappe les castors, pour nous ce sont des nuisibles qui construisent des dams qui inondent les routes… ».

Par la même occasion il nous indique le Lac Ecuyer où l’orignal vient boire à la brunante. Nous trouvons facilement les étangs à castors, les barrages mais pas la hutte. De l’autre côté après avoir traversé un  petit bois de petits épicéas (épinettes ou pruches) la hutte é norme saute aux yeux. Nous nous installons à l’affût. La lumière est très belle. Dominique découvre un « castor ». A la jumelle je découvre la petite tête noire fine de la loutre.. Nous avons le temps de l’admirer puis elle disparaît comme un chat. Nouveau barrage, on dirait une écluse, deuxième barrage, troisième… pas de hutte Dernier espoir : un sentier. Le chemin est barré par des troncs de bouleau. Je vois la marque du castor : des copeaux de bonne taille. C’est lui qui a abattu les bouleaux. Après avoir enjambé trois troncs nous le voyons tout près de nous qui nage tranquillement. Il me regarde bien on dirait qu’il me fait un clin d’œil. J’appelle Dominique ; il s’éloigne en plongée pour réapparaître plus lin. Nouveau manège : il frappe l’eau avec sa queue pour nous intimider ; il claque très fort. Comme la manœuvre ne m’effraye pas, il s’éloigne pour disparaître. J’ai loupé l’occasion de le photographier. Nous sommes ravies. Dominique déduit logiquement que trois barrages sans hutte indiquaient forcément un castor plus loin. Nous retournons au premier barrage. Le piège est bien visible. Un gros castor est debout justement tout près. Nous avons peur que notre présence le précipite dans la cage. Heureusement, il plonge dans un tourbillon de boue.

    Nous faisons un arrêt à 19H30 au lac Ecuyer. L’orignal n’est pas au rendez vous.


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