Le charme de l'ancienne capitale omayyade
Nous sommes tombés sous le charme de Damas. Et nous avons pris beaucoup de plaisir à marcher dans ses ruelles de la vieille ville, à discuter au coin des rues avec les artisans et les marchands. Mais il est un endroit que nous aurons particulièrement apprécié : un vieux café, non loin de la Place des Martyrs.
Un café dans le centre ville
Dans la grande salle de ce café, les murs sont jaunis par la nicotine et l'odeur du narguilé se mélange au parfum du café à la cardamome. Partout une fumée blanche et opaque envahit la pièce. De grands miroirs couvrent les murs. Un café comme il y en a partout dans la ville.
Le rendez-vous des habitués
L'ambiance est chaleureuse et bruyante. A toute heure de la journée, chacun peut fumer et boire du thé plus que de raison. C'est le rendez-vous des habitués. Des hommes de tous âges viennent ici. On vient fumer le narguilé bien sur, mais aussi jouer aux cartes, ou au backgammon.
Certains restent seuls, près des vitres. Leur regard se promène dans la salle, s'arrête sur les visages ou sur les scènes qui se déroulent dans la rue. D'autres discutent par petits groupes. D'autres encore ne font que passer. Ils viennent boire un verre d'eau ou saluer un ami...
A la table des joueurs de cartes, les visages sont concentrés. On joue avec beaucoup de sérieux. Autour d'eux, des curieux suivent le jeu avec attention. Parfois le ton monte brusquement entre eux. Mais le jeu continue et les parties s'enchaînent jusque tard dans la soirée.
A son comptoir, l'homme qui prépare les thés et les cafés n'a pas le temps de souffler. En salle, deux serveurs vont et viennent entre les tables pour préparer les narguilés, ou servir les boissons. De temps en temps, ils s'arrêtent aussi, pour apprécier le jeu de cartes ou discuter.
Beaucoup de rencontres
Nous avons fait beaucoup de rencontres dans ce café qui fut notre quartier général pendant toute la durée de notre séjour à Damas. Des rencontres très éclectiques comme on peut en faire dans un café. Un jeune et riche saoudien, en visite dans la capitale syrienne pour voir sa famille. Un vieil iranien, en pèlerinage, qui n'appréciait pas du tout d'être en pays arabe. Un tunisien, étudiant la littérature française à l'Université de Damas. Un retraité syrien, parlant un français impeccable. "Je suis de l'ancienne génération. Celle qui a appris le français à l'école." Evoquant l'avenir de la Syrie, il nous a dit qu'un jour sûrement, la démocratie s'installerait, "mais des siècles seront nécessaires."
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