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Avignon, l'île sonnante

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Avignon : l'abbaye de Saint Ruf

Publié le : 05 Mai 2007
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf

L’abbaye de Saint Ruf dont il ne reste que des vestiges fut un des fleurons de l’architecture romane provençale dont l’influence s’est étendue sur toute la Méditerranée.


Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf
Avignon : l'abbaye de Saint Ruf

Avignon : rocher des Doms (2)

Publié le : 29 Mai 2006
Avignon : rocher des Doms (2)

Promenade au Rocher...


Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)
Avignon : rocher des Doms (2)

Avignon : le Rocher des Doms

Publié le : 27 Mai 2006
Avignon : le Rocher des Doms

Le Rocher des Doms fut dès les temps préhistoriques, le berceau d'Avignon. Il est devenu de nos jours un jardin public bénéficiant d'une vue magnifique.


Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms
Avignon : le Rocher des Doms

Le quartier des Rotondes

Publié le : 04 Mai 2006

Le quartier des Rotondes à Avignon n’attire certes pas les touristes et les rotondes à qui il doit son nom, dépôt du chemin de fer, ne paient pas de mine. Cette construction industrielle, grisâtre et imposante, est  aujourd’hui dédaignée. Pourtant, elles furent les plus importantes d’Europe lors leur reconstruction après le bombardement de l’aviation américaine en 1944. L’ingénieur Bernard Lafaille, un des premiers à s’intéresser aux surfaces autoportantes en voile mince de béton, conçut ces "coques" qui permettent une économie et une rapidité accrues de la construction. On venait de loin pour les admirer comme un exploit de la technique moderne.

Ce quartier, un des plus populaires d’Avignon, aujourd’hui comme hier, a marqué la vie d’Avignon. Son histoire est liée étroitement  à celle du PLM, le Paris-lyon-Marseille, fusion en 1857 des deux compagnies de chemin de fer, Paris-Lyon et Lyon-Marseille. La création du PLM eut pour conséquence bénéfique le développement de l’exportation des primeurs, l’augmentation du nombre de voyageurs et l’accroissement de leur mobilité, ce  qui favorisa l’exode rural et le tourisme dans nos régions.

C’est en 1880 qu’on établit à Avignon, sur la route de Marseille, un dépôt de machines couronné par d’ énormes rotondes, dépôt qui va transformer le quartier.
Sa mise en place en place du chemin de fer amène en effet toute une population  qui travaille à terre ou sur les trains : ajusteurs, mécaniciens, conducteurs, aiguilleurs, lampistes, piqueurs de voie... Des constructions ouvrières sortent de terre pour accueillir les cheminots, les commerces prospèrent. Au-delà du quartier, c’est la campagne avec ces grandes fermes, les jardins des maraîchers de nos jours repoussés par la ville.

Fille de cheminot, L. qui avait cinq ans en 1930, raconte ses souvenirs de son enfance :

Mes parents avaient un logement dans l’actuelle rue Alexandre Blanc, juste en face de l’église du Sacré Coeur, tout près du dépôt, dans ce quartier que l’on appelait alors le "Quartier Noir" et pour cause ! Chaque fois que les cheminots nettoyaient leur machine, la cheminée de leur locomotive crachait une épaisse fumée noire et lançait des escarbilles qui se déposaient sur les murs et le sol alentour. Il nous fallait vite rentrer la lessive si nous ne voulions pas avoir à tout recommencer.
Les hommes, après le travail se réunissaient au café pour prendre un verre et discuter politique. Plus tard, ils se retrouvaient au club des cheminots en face du dépôt où il est toujours de nos jours. Les discussions étaient vives entre "rouges" et "catholiques" au moment des grands conflits sociaux. Il y avait aussi, dans l’avenue des Sources, le centre d’apprentissage du chemin de fer et le centre aéré pour les enfants de cheminots.

J’avais cinq ans quand j’ai pénétré dans les rotondes pour rendre service à mon père. Tout me paraissait immense. Les locomotives glissaient sur des rails qui les amenaient au-dessus de grandes fosses qui permettaient aux ouvriers d’effectuer nettoyage et  réparations. C’était un  spectacle inoubliable pour la toute petite bonne femme que j’étais alors. Déjà habituée à tout faire comme une grande, je me baladais dans tous ces bâtiments comme si j’étais chez moi.
Mon père était un "roulant", un mécanicien de route. Sur sa fiche de salaire était écrit le sigle MECRU. Il était fier de son titre. Il conduisait des trains de marchandises et connaissait toutes les caractéristiques de “ses” locomotives. Il les aimait et considérait comme un honneur de les manœuvrer. Il a  conduit , vers 1930, la  141 LD, locomotive capable de fonctionner dans les deux sens. Elle emportait sur elle des réserves d’eau et de charbon qui lui évitait la présence d’un tender où étaient stockés l’eau et le charbon dans les anciennes machines et qui aurait constitué une gêne pour la conduite en marche arrière. C’est pourquoi elle était nommée Locomotive-tender.
Il faisait tandem avec un "chauffeur" de route (CFRU), toujours le même, appelée "compagnon". Ce dernier était chargé de mettre le charbon dans la chaudière. Le mécanicien et son compagnon ne savaient jamais à l’avance quand ils devaient partir. C’était le "piéton" qui venait délivrer la feuille de route à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Le plus souvent, c’était moi qui me levais pour laisser dormir ma mère épuisée par le bébé. Je prenais la fiche de commande où étaient notés le numéro du train, la destination, l’heure du départ et celle du retour et je réveillais mon père doucement. Il emportait un repas qu’avait préparé ma mère et le partageait avec son chauffeur. Entre les deux hommes régnait une très bonne entente. Le  métier difficile qu’ils exerçaient et qu’ils aimaient développait entre eux une solidarité profonde."

On a peine à imaginer que ces rotondes nettoyées, réhabilitées comme les friches industrielles le sont à l’heure actuelle, puissent nous apparaître belles un jour. Mais ce dénigrement du passé trop proche de nous a mené à bien des aberrations : à la destruction des halles par exemple et je ne parle pas seulement de celles de Paris mais des nôtres, à Avignon, qui étaient fort belles! Plus loin dans le temps, encore, à la démolition, au XIX° siècle, de la Commanderie des Hospitaliers de Saint Jean, splendide bâtiment médiéval dont il ne reste plus qu’une seule tour - pour mieux nous le faire regretter - sur la place Pie. Quant à nos remparts, le joyau de notre ville, ils n’ont été épargnés que par l’intervention énergique de Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments Publics en Provence. Alors, prudence !


L'abbaye de Saint Ruf

Publié le : 04 Mai 2006
L'abbaye de Saint Ruf

J’allais l’autre jour me promener du côté de l’abbaye de Saint Ruf hors des remparts. Il faut prendre, pour y parvenir, l’avenue du même nom qui s’ouvre près de la gare routière vers le sud est d’Avignon. Quand vous arrivez à une bifurcation où se dresse la première école communale laïque de notre cité, prenez la rue à gauche qui vous amène au parc qui abrite cette abbaye. Celle-ci est située approximativement à 2kms du centre ville. On peut y aller en voiture car le stationnement est facile ou en autobus (départ place Pie).

Me voilà en train de photographier les vestiges de cet édifice, autour duquel les joueurs de boules s’activent, quand deux vieux avignonnais, 80 années bien sonnées, m’adressent la parole :
- Vous vous intéressez à l’abbaye ?

La conversation s’engage. Ils m’expliquent qu’ils ont joué, enfants, parmi ces murs quand l’abbaye en ruines était laissée à l’abandon. Là, s’ensuit une dispute amicale entre les deux compères :
- Ne l’écoutez, il n’est même pas avignonnais !
Indignation de l’un qui s’écrie :
- Et comment, je suis pas avignonnais ? Je suis arrivé à Saint Ruf, j’avais 3 ans, même qu’on était à la maternelle ensemble !
L’autre me prenant à témoin, levant les yeux au ciel :
- Vous voyez bien ! Arrivé à trois ans! qu’est-ce que je disais ? Il n’est pas avignonnais !

Mes illusions s’effrondent. Moi qui me suis installée il y a vingt ans à Avignon et qui me croyais presque intégrée ! Adieu veaux, vaches, cochons, couvées... Mais bon... Continuons !

Et les voilà toujours se disputant en train de me raconter leurs frasques enfantines sur les ruines de l’abbaye :
"Quand nous étions "minots" l’abbaye était pour nous un lieu de cachette et un terrain de jeu formidable. Au milieu des murs en ruines, branlants et noirs, rendez-vous de tous les chats du quartier, les tombes des religieux enterrés dans le sous sol de l’édifice depuis des siècles, saccagées, étaient ouvertes. On farfouillait là dedans à qui mieux mieux ! Dans les caveaux béants, on trouvait des squelettes, des ossements. Un régal ! On jouait à se faire peur en se poursuivant avec les crânes - qui sait ? -  de Saint Ruf ou  des quatre chanoines fondateurs... Les os nous servaient d’épées et on se battait en duel avec fougue. Haut les coeurs, d’Artagnan et les trois mousquetaires, on ferraillait, croisant vaillamment les fémurs de ces pauvres moines profanés !  Dans les bâtiments de l’abbaye, la mairie avait installé une station d’épuration. C’était là que se faisaient les vidanges de la ville, et je vous prie de croire que ça ne sentait pas bien bon" !

Grandeur et Décadence ! Quelle est donc cette abbaye à l’origine d’un art "ruffien" dont l’influence rayonna, dit-on, sur tout le pourtour de la Méditerranée ?

A l’endroit où sélevera plus tard l’abbaye de Saint Ruf se réunissent les premiers chrétiens d’Avignon. L’existence d’une chapelle est attestée sur cet emplacement dès le X° siècle. En 1039, quatre chanoines obtiennent de Bénézet, leur évêque, la concession de cette chapelle pour se retirer et fonder une communauté religieuse observant des règles austères. Elle est dédiée à Saint Ruf qui fut évêque d’Avignon car elle contient le tombeau du saint. Ce dernier était le fils de Simon de Cyrène qui aida le Christ à porter sa croix. C’est le début de la grande concrégation monastique de l’orde de saint Ruf, une des plus importantes du midi de la France avec saint Victor de Marseille.
Pour relever la petite église, la communauté développe une importante école d’architectes et de sculpteurs. L’abbaye de Saint Ruf devient un des fleurons de l’architecture romane provençale dont l’influence s’étend sur toute la Méditerranée.
De toute beauté, en forme de croix latine, elle comprenait une vaste nef aboutissant à un transept à croisillons sur lequel s’ouvraient l’abside et deux absidioles. A la suite de la guerre contre les Albigeois au XIII° siècle, les religieux quittent l’abbaye et se retirent à Valence. L’influence de Saint Ruf décroît. Au XIV° siècle, l’abbaye hors les murs, est en rase campagne, isolée, menacée. On la fortifie en rehaussant ses murs que l’on couronne de créneaux. En 1763, la nef principale menacée d’écroulement est démolie. Après la révolution, elle est classée bien national. Bien qu’elle soit classée en 1889, son état va en détériorant. Dans la première moitié du XX° siècle, des habitations qui s’appuient sur ses murs vont être construites. La mairie l’utilise, nous l’avons vu, comme usine de transformation de déchets.

De nos jours, débarrassée de ses constructions parasitaires, il ne reste plus que le chevet comprenant le transept, l’abside et ses absidioles et le clocher carré aux deux gracieuses fenêtres jumelées et à colonnettes dominé par un toit à quatre pans. Autour s’étend un parc pour enfants qui est malheureusement mal entretenu. Mais les vestiges méritent bien une petite visite.

Voir diaporama sur l'abbaye dans le carnet de voyage : Avignon, l'île sonnante
http://www.voix-nomades.com/blog-idc-31 … nante.html


L'abbaye de Saint Ruf
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