Blog de palla_d'oro

  >>

Carnet de voyages en Crète, berceau des Dieux

 : Page(s) 1 2 3

Crète, le culte du taureau : le musée d’Héraclion (2)

Publié le : 08 Mai 2006
Crète, le culte du taureau :  le musée d’Héraclion (2)

La fresque n° 15  salle 14 du musée d’Héraclion provenant du palais de Cnossos peint avec beaucoup de précision le déroulement des jeux avec le taureau, véritables cérémonies religieuses au cours desquelles les prêtres et prêtresses de ce culte risquaient leur vie en sautant au-dessus de l'animal. Cela pourrait expliquer la légende du Minotaure.

Hommes et femmes participaient à ce jeu, tous habillés de la même manière, d’un pagne avec un noeud sacré dans les cheveux. L’acrobate devait saisir le taureau lancé au galop par les cornes comme on le voit sur cette scène, exécuter un double saut périlleux pour se  rétablir sur ses pieds à l’arrière de la bête. Il fallait une adresse, une dextérité sans pareille, pour accomplir ce tour de force. Même si les cornes du taureau étaient rognées, le jeu n’en restait pas moins dangereux. Il pouvait entraîner des blessures ou des accidents mortels comme de nos jours, d’ailleurs, les corridas et les jeux de lâchers de vachettes qui se pratiquent dans certaines villes d’Espagne ou du midi de la France. Les jeunes filles et les jeunes hommes, entraînés dès l’enfance, étaient consacrés à ce culte.

Dans son roman, "Sinouhé l’Egyptien", Mika Waltari, écrivain Finlandais, entraîne son héros, Sinouhé, dans un voyage qui l’ amène de l’antique Egypte où il vit à la Crète.
Le jeune homme tombe amoureux d’une prêtresse du taureau, acrobate, qu’il ne pourra, malgré son amour, arracher au culte qui la dévore. Tout en donnant son interprétation personnelle du mythe du minotaure, Mika Waltari, cet  érudit philosophe, nous offre de cette civilisation crétoise (et égyptienne aussi) une peinture étonnante et passionnante.
Un livre très intéressant et plaisant si vous voulez vous mettre dans l’ambiance avant votre voyage en Crète ou dans l’Egypte ancienne...


Crète, le culte du taureau :  le musée d’Héraclion (2)

Crète, le culte du taureau : le musée d’Héraclion (1)

Publié le : 08 Mai 2006
Crète, le culte du taureau :   le musée d’Héraclion  (1)

Tous les pays du pourtour méditerranéen ont voué un culte au taureau,  incarnation de la force virile, de la fécondité,  et l’ont défié dans des jeux qui étaient aussi des célébrations rituelles. Dans la civilisation crétoise le taureau est partout comme en témoignent les objets, les statuettes, les fresques trouvés dans les site archéologiques qui lui sont dédiés au cours des millénaires.

La visite du musée archéologie d’Héraclion, splendide, passionnante,  permet de s’initier à ce culte qui marque la civilisation minoenne.

Dès l’époque prépalatiale (c’est à dire 2600-2000 av. JC) apparaissent des petits objets cultuels comme ce vase en forme de taureau avec des acrobates accrochés à ses cornes ( salle1 vitrine 4) prouvant  que les jeux de taureaux étaient déjà célébrés dans ces temps reculés.

A l’époque paléopalatiale qui suit (2000-1700), périodes des constructions des grands palais comme Cnossos, Mallia, Phaistos, le culte du  taureau se poursuit à travers les masques pourvus de  cornes que les prêtres portaient pendant les cérémonies (salle 2 : vitrines 20 et 24), les  rhytons en forme de tête taureau (salle 3 vitrines 38) ou de taureau entier ( vitrines 34 et 36)

Après le catastrophique tremblement de terre de 1700 qui détruisit les palais, de nouveaux palais sont reconstruits sur les mêmes sites..

C’est l’époque néopalatiale qui est la plus brillante de la Crète. Dans les neuf salles du musée consacrées à cette période  la représentation du taureau est omniprésente.
Un des objets les plus admirables, est sans doute, la tête de taureau sculptée dans une pierre noire de la salle 4 (vitrine 51) Son muffle cerné d’une  bande blanche en nacre semble luisant et doux au toucher. Ses yeux en cristal de roche et ses cornes dorées lui donnent vie.
L’acrobate en ivoire (vitrine 56), mutilé (il lui manque une jambe) est incomplet puisqu’il représente un jeune homme bondissant au-dessus d’un taureau disparu.  Quoiqu’il en soit c’est une oeuvre émouvante par sa finesse et sa gracilité. Il attire l’attention tant le personnage est saisi dans le mouvement, suspendu dans l’espace. Il s’’envole, étonnant de légéreté. La scène est d’une telle précision que l’on n’a aucun mal  à visualiser ce saut fantastique, l’imagination suppléant sans peine à remplacer l’animal absent.

Le musée d'Héraclion : une visite à ne pas manquer


Crète, le culte du taureau :   le musée d’Héraclion  (1)

Crète, lecture de Racine : la fille de Minos et de Pasiphaé

Publié le : 08 Mai 2006

La fille de Minos et de Pasiphaé : c’est ainsi que Phèdre, Phaidra, la Brillante, la Phèdre de Racine, princesse crétoise, faisant illusion a sa double hérédité, dépeint le combat qui se livre en elle entre le mal et le bien, entre l’ombre et la lumière.
La pièce de Jean Racine est une tragédie où l’obscurité le dispute au jour, où les monstres de la Grèce antique s’affrontent. A travers elle, c'est toute l'histoire de la Crète qui nous est donnée à voir.

Lumière : Phèdre, la fille de Pasiphaé, petite fille du soleil, coupable d’amour incestueux envers Hippolyte, le fils de Thésée, cherche à fuir son crime

                                   Misérable et je vis? et je soutiens le vue
                                   De ce sacré soleil dont je suis descendue 
       


Ombre : Phèdre responsable de la mort de son beau fils Hippolyte veut se réfugier dans la mort :

                                   Où me cacher? Fuyons dans la nuit infernale...

mais elle sait qu’elle y retrouvera son père Minos, juge aux Enfers
       
     
                                    Mais que dis-je? Mon père y tient l’urne fatale   
                                    Minos juge aux enfers tous les pâles humains
 
     
Ombre et lumière : Dans ce combat, il faut, pour que la lumière triomphe que Phèdre, la  brillante, entachée de noirceur, mette fin à sa vie
                                             
                                    Et  la mort, à mes yeux, dérobant la clarté
                                    Rend au jour qu’ils souillaient toute sa pureté.


Ombre et Lumière. Crète. Le rouge des fresques  des palais minoens éclaboussent  ta blancheur,  les  taureaux noirs aux cornes d’or veillent sur toi même s’ils ne livrent plus de combats. Tu as tué tes monstres mais l’ombre de Minos et de Pasiphaé s’étend toujours sur toi.


La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (2)

Publié le : 08 Mai 2006
La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (2)

Le troisième panneau  du Maître des Cassoni Campana au musée du Petit Palais d'Avignon peint l’arrivée de Thésée, le fils d’Egée, débarquant en Crète avec les autres prisonniers. S’éloignant de la nef, Thésée, en armure, met pied à terre. C’est le plus original et le plus énigmatique de tous les tableaux.
La compositionest, en effet, très curieuse. Le peintre brouille les pistes en représentant la même scène deux fois. D’abord, en plan d’ensemble, dans le lointain, devant un palais, Thésée parle aux deux filles de Minos et de Pasiphaé, Phèdre et Ariane. Au premier étage du palais on distingue deux petites silhouettes à peine perceptibles. Ensuite, mais cette fois, de près et en gros plan, Thésée s’entretient avec les jeunes filles. La même scène ? Non car les gestes de jeunes gens se sont modifiés. Les personnages au premier étage ont changé de fenêtre comme pour épier les jeunes gens : Il s’agit d’un homme et d’une femme. Qui sont-ils?  Que font-ils ?
A droite, le récit continue avec la même singularité : Ariane et Phèdre sont assises devant l’entrée du labyrinthe. Ariane tient un fil à la main. Le dédale est curieusement représenté, tronqué à mi hauteur de manière à apercevoir ce qui se passe au centre. Thésée est en train de terrasser le minotaure qui  apparaît vu par le peintre un peu comme un centaure, avec un corps d’animal et un torse humain. 
Puis l’artiste se joue des répères chronologiques : derrière le labyrinthe deux scènes, l’une représente Thésée s’enfuyant avec les deux jeunes filles après avoir tué le monstre. L’autre, peint le minotaure dévorant des êtres humains. Il est fait prisonnier et il est entraîné par des soldats qui le conduisent vers... le labyrinthe ?
On a l’impression que les deux scènes sont contemporaines et se passent après l’exploit de Thésée. Ce qui est impossible. En fait, on s’aperçoit que la scène tourne autour du labyrinthe qui est cylindrique. Si, après la fuite de Thésée, on lit le récit vers la droite on retourne vers le passé. Si au contraire on le  lit vers la gauche, on part vers le futur. L’avenir, c’est la nef qui attend Thésée et ses compagnes, c’est le bateau dont Thésée a oublié de retirer la voile noire et qui  s’éloigne en direction de la Grèce...

Enfin, la quatrième et dernier panneau du Maître des Cassoni Campana est l'histoire d’Ariane abandonnée à Naxos. Un lit avec baldaquin où ont dormi les trois jeunes gens figure en gros plan sur la gauche. Thésée et Phèdre, debout et habillés, s’enfuient vers la nef, laissant Ariane nue, endormie dans le lit. A l’arrière plan, on voit la nef s’éloigner, contourner la côte et arriver en vue d’une cité, Athènes. Egée qui guette le retour de son fils, voyant la voile noire, croit que celui-ci est mort. Il se jette de la tour, petit pantin désarticulé. Ariane, elle, est recueillie par Dyonisos que l’on voit arriver de loin avec son cortège de personnages mythiques, faunes, bacchantes, et animaux fabuleux.


La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (1)

Publié le : 08 Mai 2006
La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (1)

Le musée du Petit Palais à Avignon abrite la collection Campana riche de nombreux tableaux de Renaissance. Là, l’histoire de Thésée et du Minotaure est racontée par un peintre d’origine française, qui partit à Florence au début du XVI° siècle. Son nom est inconnu, c’est pourquoi on l’appelle du nom de la collection du palais : Le Maître des Cassoni Campana.

Qu’est-ce qu’un cassone? C’est un riche coffre de mariage décoré par un peintre. Chacun des épisodes du mythe de Thésée est ainsi peint sur les quatre panneaux du coffre.

Le premier tableau décrit les amours monstreuses de Pasiphaé avec le taureau. Il s’agit d’une  sorte de bande dessinée où se déroulent de gauche à droite mais aussi du premier plan au dernier, différentes scènes narrant l’histoire. Il faut donc lire notre BD à la fois linéairement mais aussi en profondeur.
Au premier plan, à gauche, Pasiphaé, du balcon de son palais, aperçoit le Taureau blanc; elle descend dans le parc, vêtue d’une riche robe rouge et verte, couverte d’une chasuble dorée virevoltant autour d’elle, vêtement contemporain de l’artiste. Les cheveux blonds retenus par un ruban de couleur bleu, les pieds chaussés de spartiates et s’appuyant légèrement sur un bâton, elle s’approche du taureau.
Derrière elle, désobéissant à Poséidon, Minos refusant de sacrifier le bel animal tue un taureau brun. Dans l’arrière plan ce dernier, consumé par les flammes, est sacrifié au Dieu sur un table d’offrande.
A droite, toujours au premier plan, Pasiphaé tend une touffe de fleurs au taureau. Un second plan, à l’arrière, peint Pasiphaé, égarée par la passion,  demandant conseil à Poséidon armé d’un trident. Puis Pasiphaé, sur les conseils du Dieu qui retient l’animal, se glisse dans le corps d’une vache fabriquée par Dédale et séduit le taureau. De leur union naîtra le Minotaure, monstre à tête de taureau et au corps humain, qui se nourrit de chair humaine.
L’arrrière plan, au loin, tout en douceur et nuances subtiles, dessine une ville aux tours ajourées. Elle s’étage sur une colline.  Dans le lointain apparaissent presque estompées des montagnes diaphanes. Leurs pieds sont baignés par la mer sur laquelle les contours à peine esquissés de petits voiliers voguent allègrement.

Le paysage à l’inverse des hommes aux passions violentes et dont se jouent les Dieux, est tout de sérénité. Il est très composite : cyprès entourant le palais  rappelant l’Italie dans les peintures de la Renaissance, ville, au loin, de style nordique, aux glacis bleutés. Aucune note de réalisme dans le paysage. La Crète, si ce n’est par le récit, est absente ici.

Le deuxième panneau du Maître des Cassoni Campana raconte le combat de Minos contre Athènes. Le roi Minos pour venger son fils Androgée parti à Athènes  et tué par Egée attaque les Athéniens et emporte la victoire. Il exige que le la Grèce livre un tribut de sept jeunes filles et de sept jeunes gens à la Crète pour être sacirifiés au Minotaure.

La lecture se fait de gauche à droite, de l’arrière plan au premier. A l’arrière on aperçoit les Crétois assiégeant Athènes ceinte de remparts crénelés et arborant des clochers et des tours, une Avignon située dans les brumes du Nord de la France. Au premier plan, sur une éminence qui domine la ville, Minos sur son cheval blanc lève son épée pour terrasser un adversaire. Au centre un groupe armé, à cheval, hérissé de lances et d’étendards, à droite de jeunes athéniens  amenés prisonniers  en Crète par des soldats. La troupe disparaît ensuite dans un défilé de montagne.


La Crète au musée du Petit Palais d’Avignon (1)
249 contribution(s)
12 pays renseigné(s)
Ecumeur du monde
Info auteur
Derniers articles
Recherche

Lien(s)
- aurelia frey

Carnets de voyage
Photos : 1020 photo(s)
Montréal : Musée des Beaux-Arts, le groupe des Sept
Montréal : Le groupe des Sept
Montréal, Le Mont Royal : Rencontre avec le Bonheur (2)
Montréal, Le Mont Royal : Rencontre avec le Bonheur (1)

Vidéos : 0 vidéo(s)

Audios : 0 audio(s)

Archives

Pays
Mes amis Voix Nomades
- coranne
- jaccactus
- miriam
- amandine
- Aurelia_Frey
- lydia
- Elea
- claudialucia
- yerf
- la_CLIN
- sebjal
- sylvain_doudou
- stephanieT
- claire_thiriet
- Charlexandrie
- msarth44
- akwaba
- chemin_inca

Fil RSS du blog de palla_d'oro

Hébergé par Voix Nomades
1 2 3