CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

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Sicile : deux fois deux semaines aux vacances de Pâques.

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1.Sicile 1998 - Vol CDG/ Catane. Arrivée à Syracuse

Publié le : 20 Octobre 2006
1.Sicile 1998 - Vol CDG/ Catane. Arrivée à Syracuse

Vol Alitalia
Départ de Créteil à 5H20, beaucoup trop tôt ! Embarquement à 7H50 – arrivée à Rome à 10 H. L’avion pour Catane a plus d’une heure de retard. A 14H14, nous attendons les bagages sans avoir encore déjeuné. Le ciel est couvert et l’atmosphère saturée d’humidité.
Notre carrosse est une Polo verte.

En route vers Syracuse
Nous rejoignons Syracuse par une sorte d’autoroute. La végétation est exotique : eucalyptus, mimosas croulant sous les grosses boules jaunes inodores, malheureusement. Orangers, glycines et bougainvillées sont en fleur mais le ciel est tellement gris que les couleurs sont éteintes. Le relief me surprend : une sorte de vallée creusée dans la pierre blanche, sèche, est ce une carrière,
A l’entrée de Syracuse : les tuyères des raffineries. L’entrée de la ville n’est pas engageante. De plus la pluie se met à tomber.
Pour trouver l’hôtel, je demande le chemin. Je bredouille encore un peu mais je comprends tout. Le travail avec les cassettes n’aura pas été inutile.

Ortigia
Sous la pluie, nous partons à Ortigia – L’île sur laquelle est bâtie la vieille ville. Le long de la mer, une promenade avec des ficus énormes. La fontaine Aréthuse est peuplée de canards. Nous y découvrons nos premiers papyrus. Elle n’est pas extraordinaire, c’est son nom qui me plait et me semble très poétique.
La Porte Marine est finement ciselée. Les façades des palais sont surchargées de balcons, de moulures. Mais derrière la façade l’immeuble tombe en ruine. La nature reconquiert se droits. Les plantes colonisent les corniches et s’insinuent dans les fissures. Je garde les yeux levés pour ne rien perdre des décorations, des moulures, des sculptures, des têtes grimaçantes. Si la lumière n’avait pas été si triste j’aurais fait plein de photos.
Nous entrons dans la Cathédrale pendant la Messe. De nombreuses personnes vont communier. La façade baroque très surchargée contraste avec l’intérieur très simple. A l’arrière, les colonnes antiques sont imbriquées dans la maçonnerie du mur massif. J’achète une glace aux amandes sur la place.
Vers 18H, les rues s’animent, la pluie a cessé et tous sortent. Nous rentrons fourbues.


2. Syracuse sous la pluie

Publié le : 20 Octobre 2006
2.   Syracuse sous la pluie

Après une nuit réparatrice, l’orage nous a réveillées vers 6h30. Petit déjeuner buffet en compagnie d’un troupeau arrivé en car, suisses et allemands, habillés de survêtements hideux vert et violets d’une mode ancienne. Buffet mais café « américain » que je renvoie. Nous sommes en Italie, j’explique au garçon qu’il n’est pas question de boire cette lavasse ! Ce dernier m’apporte un espresso en souriant.

Catacombes
La route panoramique longe la zone archéologique sous une pluie battante. Nous avons bon espoir que le temps va s’arranger et préférons nous abriter aux catacombes de San giovanni. La guide nous emmène munie d’un parapluie et d’une grosse torche. La visite est en Italien que je suis ravie de comprendre. Ces catacombes occupent l’ancien réseau d’adduction d’eau du temps des Grecs. Les citernes sont creusées dans la pierre. Les couloirs correspondent aux canaux souterrains. Ce sont les cimetières des premiers chrétiens. Les tombes sont réparties dans des sortes de caves au plafond voûté en arc de cercle. Au sol, jusqu’à vingt tombes sont creusées dans la roche côte à côte, le père et la mère occupant les premières places, ensuite on inhumé les enfants. En plus des grandes tombes dans la paroi, de petites niches rectangulaires étaient destinées aux enfants ou aux ossements. Bien sûr, actuellement, c’est vide. Il faut donc imaginer les dalles de marbre pour les gens riches, de terre cuite pour les plus modestes. Du marbre, il ne reste plus rien. Quelques traces de fresques et quelques gravures subsistent. Notre guide évoque par leur nom les défunts qu’on a identifiés : beaucoup de femmes. Une certaine Adelpha dont le mari, connu, lui avait fait confectionner un sarcophage orné de nombreuses sculptures. Une autre jeune femme morte à 27 ans s’était convertie au christianisme à 13. Dans une chapelle, le tombeau monumental d’un pape. Des paons, symboles d’immortalité, des croix grecques, une barque gravée figurait le christianisme luttant sur la mer, le poisson, signe de Jésus, au dessus une bulle : l’eucharistie.

Notre guide raconte la vie des premiers chrétiens avec force détails. Quand elle a l’impression que je comprends mal, elle recommence.

San giovanni
Nous ressortons à l’air libre pour visiter l’Eglise San Giovanni, à l’origine une basilique byzantine. Nous retrouvons le plan initial avec la croix grecque. Les Normands l’ont agrandie ensuite, laissant les arcs gothiques. Les tremblements de terre successifs ont détruit l’église normande. A l’extérieur, un portique catalan. Des restaurations plus récentes ont encore modifié l’ensemble. La crypte byzantine est la plus ancienne église de l’Occident. La guide nous montre les fresques puis l’emplacement de Saint Marziano envoyé à Syracuse par saint Pierre.
Toutes  ces histoires des anciens chrétiens paraissent terriblement vivantes. Elles ne sont pas empoussiérées par de la bigoterie et sortent, toutes fraîches de l’Antiquité.

Latomies
Après la visite, le temps ne s’est pas amélioré. Il pleut toujours autant quand nous visitons donc la zone archéologique, suivant les troupeaux de français, belges... jusqu’aux latomies, les carrières de pierres antiques, souterraines mais pas mal effondrées. Elles sont envahies par une végétation luxuriante, citronniers, magnolias, glycines... Une des attractions de la visite est l’Oreille de Denys, une fente dans la falaise qui donne une acoustique extraordinaire à la salle. A notre arrivée un italien chante à voix basse, on l’entend de très loin. Malheureusement un groupe de français entonne « Les Montagnards sont là !». Nous fuyons ces hordes hurlantes.
Le théâtre grec est creusé dans la roche. Au dessus, une grotte avec une petite cascade. Sous la pluie, bien sûr, c’est beaucoup moins charmant.

Musée archéologique
Le Musée Archéologique est très moderne et bien conçu. Une surprise : la faune naine des îles de Méditerranée. L’éléphant nain de Malte et de Sicile ainsi que des hippopotames nains et des cerfs.
Les vitrines de la Préhistoire et de l’âge de Bronze sont un peu répétitives. Les objets grecs sont très nombreux. Les vases un peu ennuyeux. J’ai préféré les figurines en terre cuite représentant des déesses et des animaux.
Après un pique-nique dans la voiture nous faisons route vers Acireale, toujours sous la plie passant devant des raffineries et des complexes chimique puis traversant des vallées arides.


3. Pâques à Taormine

Publié le : 20 Octobre 2006
3. Pâques à Taormine

La route dans les orangeraies[/i]

     Enfin le soleil ! La route longe la mer. Nous nous arrêtons dans les petits ports. Les barques peintes de couleurs vives ont été hissées sur la plage. Le village paraît désert, les bars sont ouverts. On entend la messe à l’église mais dans la rue, personne. J’entre dans un  bar en quête d’une carte de téléphone. Tout le monde est bien aimable Le barman propose de faire de la monnaie pour téléphoner de son téléphone à pièces.
La route serpente ensuite dans les vergers d’orangers et de citronniers enclos par de hauts grillages installés sur des murs de lave et surmontés de barbelés. Les entrées sont monumentales : imposants portails de fer. On doit craindre ici les voleurs d’oranges ! Les agrumes sont en boutons à peine éclos. Dommage ! J’aime tant le parfum des orangers ! Peut être à la fin du jour, à la chaleur, s’il fait beau...
Au dessus des orangers nous découvrons l’Etna, coiffé d’un nuage épais qui en cache le sommet. De temps en temps apparaissent des plaques de neige, mais elle a bien fondu. La présence du volcan est impressionnante et un peu magique. Les villages sont plutôt sales. Le tourisme n’a pas encore fait de ravage. Des campings discrets sont cachés dans les orangeraies. Les volets des maisons sont résolument fermés mais de nombreux balcons sont fleuris.
Après le rivage rocheux, noir des laves de l’Etna, battu par de belles vagues où l’eau semble bleu très foncé, une plage de sable fin longe la route bordée d’eucalyptus, de mimosas et de roseaux. Taormine apparaît enfin, perchée sur de curieux pitons rocheux et la côte découpée se profile dans la brume.

Giardini Naxos
Arrêt à Giardini Naxos. Un beau bateau de croisière mouille devant le port. Sur la plage, de nombreuses barques. Autour du port, de nombreux hôtels et restaurants. Giardini Naxos fait très « station balnéaire » d’un tourisme international, friqué et triomphant.

Montée sur Taormine
La montée sur Taormine est impressionnante. Nous avons négligé les conseils des guides qui proposaient de laisser la voiture et de prendre le téléphérique. Arrêts photos pour le panorama sur la côte découpée de criques avec une île rattachée par un cordon de sable. A l’entrée de Taormine, il faut laisser le véhicule au parking. Nous avons de la chance, il reste une place. Pour 2000 LI, on peut rester une heure. C’est bien court pour s’organiser !

Corso Umberto 1er
On entre dans la ville par une belle porte carrée : la Porte de Messine. Le Corso Umberto I est bondé. Une foule compacte de touristes bruyants et vulgaires piétine devant le palais Corvaja, crénelé et massif. Il faut bien viser pour photographier les fenêtres élégantes et le portail. En nous frayant un chemin nous jetons un œil sur les belles boutiques du Corso. L’église Santa Catarina est ouverte. Pour Pâque une curieuse décoration représente a Cène. Les personnages sont en carton. Sur la table : de faux fruits, des pains. Au sol une décoration florale très laide. Le tout fait un peu désordre parmi les colonnes baroques blanches.

Castel Mola
Il nous faut retourner au parking pour mettre un autre ticket. Dominique suggère de monter au dessus de Taormine à Castel Mola. Nous dépassons le Château Sarrazin qui coiffe un piton rocheux pour arriver à un village très haut perché. La place est dallée d’un damier noir (lave) et blanc (calcaire) et très animée. Les hommes endimanchés occupent toute la rambarde et les tables d’un café très pittoresque carrelé de faïence bleue. Il y a moins de touristes, surtout pas de groupes. Beaucoup sont montés à pied par une chaussée très en ente, des couples ou des familles beaucoup plus calme et plus sympathiques que l’espèce grégaire d’en bas. Dans la rue principale, des boutiques de souvenirs moins luxueuses qu’à Taormine présentant surtout de la céramique aux teintes jaune citron et bleu, toute sorte de terre cuite, et de la dentelle. Au sommet de la montagne, les ruines d’un château peu identifiable mais une vue magnifique sur Taormine et la mer.

Pique nique dans les fenouils
Pour déjeuner, Dominique engage la voiture dans une route étroite descend en vertigineuses épingles à cheveux. Après 150m on se demande bien comment nous allons faire demi-tour. Finalement après une manœuvre au frein à main la voiture est garée face à la mer. La végétation me passionne : les fenouils géants sont en pleine floraison; de belles ombelles jaunes arrondies. Je casse une tige, déception : cela ne sent rien. Au creux de l’épingle à cheveu, le coin est aménagé en une petite terrasse ombragée par un mûrier, une tonnelle de vigne. Les fleurs me sont inconnues : de grosses marguerites jaunes et des orange vif. Il y a surtout une sauge à feuilles veloutées et inflorescences jaunes. Les coquelicots sont en fleurs. Au menu, une assiette nordique, avocat et tomate. Il fait si chaud que je me cache à l’ombre.

Taormine
Nous nous séparons. Dominique retourne à Taormine par la route et je prends le petit sentier. La descente est très raide mais la promenade merveilleuse dans les fleurs, les jolies maisons plus ou moins bien  entretenues. Un court de tennis gardé par un énorme chien de berger paraît bien incongru dans un endroit aussi abrupt où même les voitures se garent sur le toit des maisons. En un quart d’heure, j’atteins l’église Santa Catarina. Il est 14H30. la place est déserte, les groupes au restaurant. La ville est donc très agréable à visiter. Les boutiques sont fermées mais pas toutes. Je marche, les yeux fixés à la hauteur des balcons pour ne rien perdre des sculptures autour des portes et des fenêtres. Une place est occupée par la Télévision puis une autre place, en face, a une curieuse fontaine : un cheval qui crache de l’eau. La cathédrale est massive et crénelée et ressemble au Palais Corvaja. Dans les jardins d’un bâtiment gothique – la Fondation Mazullo – les sculptures modernes dans la lave sont très réussies. Le jardin est frais, fleuri avec des palmiers et des orangers. Un agave en fleurs, magnifique, se détache. Nous rentrons sans nous presser ar les jolies ruelles pour éviter le Corso Umberto 1er qui a commencé à se peupler vers 16H.
Visite au Théâtre grec, en très bon état de conservation (ou de restauration, puisque l’été de nombreuses manifestations s’y déroulent). Bâti de brique, ce matériau évoque plutôt les monuments romains que grecs. Le site est extraordinaire. Du haut des gradins, entre les colonnes on voit la mer et l’Etna.


3. Pâques à Taormine

4. Lundi de Pâques à Pantalica - Noto

Publié le : 20 Octobre 2006
4.  Lundi de Pâques à Pantalica - Noto

Notre petite épicerie, en face de l’église, est ouverte. Elle est bien achalandée, les marchands sont aimables. C’est l’occasion de voir les informations à la télévision. La terre a tremblé en Slovénie.
Jusqu’à Catane nous longeons la mer. Le temps est magnifique, la route vide, les Siciliens ne sont pas encore levés. La traversée des faubourgs de Catane est sans intérêt à part l’épaisse coulée de lave qui forme un mur de plusieurs mètres de haut en pleine ville.
Cette fois, l’Etna se profile dans toute sa splendeur. Le petit nuage blanc qui le coiffe donne l’illusion de la neige. Nous quittons la route principale pour aller vers Lentini, ville juchée sur une colline, que nous évitons puis vers Calentini que nous évitons aussi. La campagne de collines très vertes et fleurie est parsemée de gros blocs de lave. Est-ce une coulée ? Ou une projection de l’Etna ? La terre est très foncée. Des vaches paissent dans les prés. Arès Calentini, nous voyons des vergers d’agrumes. Les roches volcaniques font place à un paysage plus aride et calcaire. Notre carte est sommaire.

Sortino
Nous nous dirigeons au jugé vers Sortino, petite ville perchée, très tranquille qui se réveille à peine en ce lundi de Pâques. Nous nous promenons au hasard à la recherche d’un Musée des Puppi, fermé. Découverte de l’église « Chiesa Madre San Giovanni » avec une très belle façade baroque sur une vaste place pavée de galets noirs et blancs verdie par l’herbe. C’est très théâtral inattendu dans une si petite ville. La lumière est très belle tour les photos.
Contre toute attente, les magasins sont ouverts. On achète une grosse bouteille d’1.50L de vin rosé et des côtes de porc, des oranges et des tomates. Nous nous sommes inquiétées pour rien !

Pantalica
Pantalica est une nécropole préhistorique dont la description dans les guides nous avait frappées. Elle est proche de Sortino. Surprise ! Nous n’y sommes pas seules ! Il y a un embouteillage. Les gens sortent des voitures. Nous aussi. La route s’arrête net. Il faut abandonner l’auto et continuer à pied. Nous suivons des groupes de jeunes dans la montagne sur un bon sentier très fleuri qui mène dans les gorges. Le site est impressionnant ! Surtout quand on songe aux tombes creusées dans la falaise. En plus du site archéologique, le spectacle des piques niques italiens est folklorique. Ils ont apporté avec eux des ballons de foot (dans des gorges !!), des instruments de musique, des glacières, des radiocassettes, des paniers…ils poussent des hurlements du genre de ceux des supporters de foot. On se suit à la file. Heureusement il n’y a pas encore trop de monde. Les gens s’installent confortablement pour passer une journée près de la rivière. Nous remontons. La voiture est coincée. Impossible de faire demi tour. Dominique fait une marche arrière acrobatique d’au moins un  kilomètre et demi entre les familles qui continuent à arriver avec glacières, thermos et guitares.
Il est à peine midi, trop tôt pour déjeuner et pour rentrer. Après rapide consultation des guides, nous décidons de pousser jusqu’à Noto. De Sortino, on reprend la route de Syracuse puis Florida et Canilattini, retraversons la vallée du fleuve Anapo (celui qui a creusé les gorges de Pantalica). Vers Florida, la vallée est ample cultivée d’orangers et de riches vergers irrigués (on voit deux bassins de retenue des eaux pour l’irrigation). Les crêtes calcaires sont plus arides. En cette saison il y a tant de fleurs que le paysage est très riant. Les coins à pique nique sont très occupés ! Il doit y avoir une tradition de pique nique le lundi de Pâques dans cette région.

Noto
Nous arrivons à Noto vers 14H. La ville est vide de touristes. Le ciel bleu intense, la lumière idéale pour les photos. Comme on nous avait prévenues, nous sommes moins déçues de découvrir les échafaudages. Les restaurations après le tremblement de terre vont bon train. Commencées en 1996, elles semblent en bonne voie.
Nous sommes éblouies par le décor très théâtral, plus classique que baroque, cependant. La pierre est très lumineuse avec une teinte chaude dans les jaunes. Des balcons en fer forgé dépassent, soutenus par des corniches très ornées. Difficile de décrire toutes les façades – ou il faudrait recopier le guide, qui lui-même, cite Dominique Fernandez. J’essaie de photographier des détails : têtes monstrueuses et griffons. Photo aussi des perspectives : une église à façade convexe en haut d’une rue très en pente. Tout est théâtral, démesuré. Nous montons dans la ville haute. Au hasard de la promenade, nous rencontrons un vannier (que je n’ose pas photographier). Un grand bâtiment mériterait la photo, mais c’est la prison.
Glace aux fraises délicieuses !
Vers 17H, nous remontons en voiture par Avola, Syracuse, Catane. C’est aussi l’heure du retour pour les Siciliens partis pique-niquer. Nous Nous trouvons bloquées dans des embouteillages effarants. Retour au gîte à 20H15.


4.  Lundi de Pâques à Pantalica - Noto
4.  Lundi de Pâques à Pantalica - Noto

5. Premier tour à l'Etna

Publié le : 20 Octobre 2006
5.  Premier tour à l'Etna

Départ vers 9H sous les nuages. Nous partons sans étudier l’itinéraire. Au lieu de rejoindre Nicolosi nous nous retrouvons à Zaffarena Etna. Nous suivons la signalisation "Etna", puis la station de ski et le téléphérique "funivia". Nous traversons des villages très urbanisés puis des vergers. La route monte alors très vite et nous sommes alors sur une coulée gigantesque. La coulée est recouverte de scories, la surface très irrégulière labourée par une charrue monstrueuse. Les lacets de la route recoupent les roches étonnamment fraîches. Sur les bords, les arbres sont encore dans leur tenue d’hiver, châtaigniers défeuillés, genêts arbustifs. J’ai du mal à apprécier l’épaisseur de la lave et les dimensions réelles de la coulée. Rapidement il fait très froid.

1900m d’altitude
Nombreux cars garés au parking. Il faut s’habiller chaudement. Heureusement, nous avons pris les parkas. Les nuages sont tout proches et cachent l’arrivée du téléphérique. La piste de ski n’a plus de neige mais à la limite du couvert nuageux un petit cône est saupoudré de blanc.
Comme tous les autres touristes, nous grimpons sur les bords d’un tout petit cratère : le cratère Silvestri. Un petit sentier dans la pouzzolane en fait le tour. Vue magnifique sur la plaine de Catane dans la brume, la mer et plus près de nous, d’autres petits cratères boursouflés.
Renseignements : la montée en téléphérique et le transfert en jeep dure 2H30. On nous les déconseille formellement à cause du temps "bruto tempo". Je note les coordonnées de la funivia pour leur téléphoner avant le départ.
Même à mi-pente, c’est très impressionnant de se trouver dans ce désert de scories. On a l’impression d’être retourné en hiver, la végétation est très différente de celle d’en bas.

Redescente par adriano
Descente par la route de Nicolosi puis vers l’ouest par Adriano.
Vers 1000m, nous retrouvons les vergers en fleurs, poiriers, pommiers, cerisiers. A cette altitude la végétation est en phase avec celle de France. Un joli tapis de petites fleurs fait une belle tache de couleurs. Face à l’Etna les petites montagnes sont très découpées. Accroché sur une crête, un village retient notre attention.
La visite d’Adriano est recommandée par nos livres. Nous cherchons surtout à nous ravitailler. La ville, très sale,  paraît misérable. Episode amusant : des gamins au crânes tondus se battent sauvagement, deux adultes n’arrivent pas à les séparer. Au marché : pendillocheries, pendeloques et miroirs pieux, jeans de contrefaçon. On se croirait dans le Tiers Monde. Après avoir fait trois fois le tour de la ville Dominique repère finalement la place principale. Il est treize heures.  Tout est fermé, même le jardin public.
La tour normande moyenâgeuse, carrée, en pierre de lave est sans grâce. Une église possède une entrée curieuse avec une colonnade antique de basalte gris. Un podium gâche la photo. Pour Pâques, on y a représenté un Mystère du Moyen Age. Nous enrageons d’être passées deux jours trop tard !
La façade classique de l’Eglise est plus intéressante avec une jolie alternance de lave sombre et de pierre claire. Fermée elle aussi.
Nous cherchons le pont sarrasin pour le pique nique. On ne trouvera pas.

Pique nique sous un olivier
Si la ville, grise  sous les nuages, nous a paru triste, en revanche, ses abords sont  riants. Jardins de légumes irrigués : oignons, choux, salades dans des petits carrés délimités par des murettes de blocs de lave. Partout des maisons bases avec des tuiles romaines, des bassins d’eau pour l’arrosage. Après avoir tourné dans les jardins nous trouvons le coin idéal pour s’arrêter : un olivier pour l’ombre, des orangers abandonnés en fleurs, plein de fleurs des "grandes marguerites" jaunes et de la luzerne violette. Le ciel s’est dégagé. Nous photographions les orangers, fruits et fleurs mélangés, les toits de tuiles et les murettes écroulées.

Centuripe
Le village perché nous paraît tout proche. Nous le localisons sur la carte. Il s’agit de Centuripe qu’on atteindra par la route D’Enna Catane. Nous montons dans les orangers en fleurs. Dommage qu’il n’existe aucun moyen de conserver le souvenir des odeurs ! Je retrouve le parfum des nuits chaudes d’Israël, Dominique celui de Menton. Nous ouvrons les fenêtres de la Polo pour en profiter. La route grimpe entre les terrasses. De jolies fermes sont dispersées dans la campagne.
Au  niveau du fleuve Simeto, curieux contraste entre une barre de grès soulevée faisant face à une coulée de lave. Le village perché se rapproche ses maisons sont accrochées à l’éperon rocheux à l’altitude de 720m. En dépassant le village on a une vue dégagée jusqu’à Catane. Malheureusement l’Etna est toujours dans le nuage. Centuripe est engourdi par la sieste. Les boutiques sont fermées mais quelques hommes traînent sur la place du village. Le plan de la ville est simple : une seule rue épouse le sommet de la crête. De part et d’autre plusieurs rangées de maisons très hautes avec des petits passages couverts, des escaliers et des ruelles étroites. Notre passage n’est pas inaperçu. Notre tenue doit déplaire. Les regards qu’on nous lance sont plutôt désapprobateurs.
Retour vers Catane par Paterno, encore une ville juchée sur sa colline. A Catane, je loupe le panneau annonçant l’autoroute. Ce qui nous vaut des embouteillages bien désagréables.


6. Bel tempo sur l'Etna

Publié le : 20 Octobre 2006
6.  Bel tempo sur l'Etna

Ce sont les oiseaux qui nous ont réveillées. Je téléphone à la funivia : « bel tempo » !
Petit déjeuner sur notre terrasse avec la brioche de Pâques soldée au supermarché.

En route
Départ à 8h par Nicolosi. Mauvais plan ! Nous nous trouvons avec tous les gens qui partent au travail à Catane et tournicotons dans la banlieue. Nous avons mis autant de temps qu’hier ! La voiture grimpe allégrement sous un ciel magnifique

Téléphérique
A 9H37 nous embarquons dans les petits téléphériques à 6 places en compagnie d’autres français. En dessous de nous, la piste de ski – sans neige – mais surtout la coulée de 1983, bien noire, labourée de noirs sillons. La montée dure un bon quart d’heure. La "jeep" est un petit car de 18 personnes où nous sommes bien secoués. Il fonce comme un bolide soulevant la poussière jusqu’à 2900m.

2900m
J’ai deux pulls, mon anorak fluo, un bonnet des gants. Le soleil cogne mais je n’ai pas trop chaud. Nous suivons les autres sur un sentier tels des chenilles processionnaires, à la queue leu leu. Le chemin traverse des névés très sales de neige recouverte de cendres noires. Le cratère est tout proche, mais inaccessible dans un nuage blanc.
Il y a deux cratères, un grand plus lointain et un  autre, plus proche, plus petit, plus noir. Au sol, des vapeurs sortent de petites grottes de lave. Il me vient une idée : le nuage blanc qui cache en partie le cratère de droite n’est peut être pas un nuage, c’est alors le panache du volcan ? J’ai bientôt la confirmation de cette hypothèse. Nous arrivons à un fil interdisant le passage : altitude 3000 m. Interdit d’aller plus loin. Je suis déçue. Je pensais voir le bord du cratère. J’attendais une véritable expédition, avec le guide – que nous avons payé ! – ms grosses chaussures de montagnes sont bien inutiles !

L'Etna est en éruption
Le guide – anorak rouge rutilant, lunettes d’alpiniste et bonnet noir – est planté devant une petite caverne d’où s’échappent des fumerolles. Il explique que l’Etna est en éruption. C’est la raison de l’interdiction de monter plus haut. Il montre le panache. Blanc, c’est de la vapeur d’eau. De temps en temps des activités explosives font jaillir es fumées noires – des cendres – et même des blocs. Il faut écouter et guetter ces explosions. Avec le bavardage des touristes, on n’entend rien. Chacun veut se faire tirer le portrait devant un pilier de lave. Les projections sont pourtant fréquentes. Quelquefois on voit jaillir des bombes très haut au dessus du cratère et on entend crépiter l’explosion. En observant mieux, on voit qu’une petite pyramide s’est construite à l’aplomb des jets par accumulation de ces projections. Les fumerolles qui s’échappent du petit cratère forme des petits ronds comme les signes de fumée des Indiens, les bouffées sortent irrégulièrement.
Au retour, Dominique s’éloigne à une dizaine de mètres du sentier fréquenté. Nous nous  asseyons sur un rocher. Le sol est tout chaud. Nous avons l’impression d’être seules. Par endroit, des petits tas de sable noir tout chaud : les cendres. Nous restons assiste un bon quart d’heures à guetter les activités explosives. Nous sommes surprises de découvrir une grande fissure au flanc, une autre coulée et des petits cratères : La vallée del Bove.
Nous achetons une pizza au refuge.

Giarre
La descente sur Zaffranea Etnea se fait en partie dans le brouillard. Nous arrivons sous temps couvert à Giarre En route nous demandons notre chemin à une sourde-muette. Je n’ai rien compris mais Dominique si ! Giarre est bien la ville des fleurs annoncées dans nos guides .Sous les nuages c’est un peu terne quand même !
Nous rentrons par la route côtière ans voir la mer mais à travers les orangeraies qui embaument.

Aci Trezza
Après un arrêt au gîte pour un shampoing, nous prenons la SS114 qui mène à Aci Trezza, rivage cyclopéen. Il faudra photocopier la légende d’Ulysse et de Polyphème comme légende des photos pour l’album. Les petits ports sont très jolis avec les barques multicolores échouées sur la plage. Les plus gros bateaux de pêche sont prêts à partir avec filets et flotteurs. Promenade sur le Lungomare.

Aci Castello
Aci Castello, encore un petit port, mais surtout une vieille forteresse normande qui ait corps avec le rocher.

AciReale
Aci Reale est une ville très animée. 1èh est l’heure de la sortie des Siciliens du travail : d’où embouteillages dans la rue principale et éternels problèmes de parking. Trois églises monumentales ont des façades baroques. Nous nous reposons un moment dans la cathédrale peinte de fresques curieuses plutôt belles. J remarque sur la façade de San Sebastian une rangée d’angelot tenant des guirlandes toutes baroques !


6.  Bel tempo sur l'Etna

7. Catane

Publié le : 20 Octobre 2006
7.    Catane

Matin « nebuloso ». Nous avions pensé aux îles, trop loin, le temps n’est pas sûr ! Pourquoi ne pas visiter Catane ?
La SS 114 suit le littoral. Vues merveilleuses sur Aci Trezza et Aci Castello, la riviera des cyclopes, puis suivant Lungomare nous trouvons tout de suite un parking gardé payant exactement devant la Via Etnea, l’artère principale de Catane.

Pescheria
Pescheria : le Marché aux poissons (et aux légumes et fromages aussi). Tout est très frais, les poissons luisent dans les caisses. On les croirait sortis du bateau le matin même. Sardines, anchois maquereaux, poulpes, seiches et crevettes de toute taille; les marchands nous proposent même de goûter aux crevettes toutes crues. La foule est très dense. Les fruits et les légumes sont très appétissants. Nous faisons nos achats. C’est très bon marché. Je surveille la monnaie. J’ai tort d’être méfiante. On nous la rend avec une exactitude surprenante. Pour 35 000 LI, nous rentrons avec de l’espadon (photographié entier, son éperon mesure au moins un mètre), des crevettes, des melons, des nèfles, des tomates des brocolis, de la laitue, du provolone, des oranges...

Cathédrale
Nous suivons l’itinéraire proposé par le guide Visa : cathédrale, la façade est cachée par des bâches. L’intérieur est très vaste, sobre. Gros piliers classiques. Un ecclésiastique, momifié repose dans un cercueil de verre. C’est un peu macabre.

L'éléphant et Via Etnea
Nous photographions l’éléphant Liotru, symbole de la ville, et remontons la Via Etnea bordée de palais très imposants aux façades très ornées aux balcons et corniches sculptés. Ici, on utilise beaucoup la taille des pierres en diamant. Je m’attendais à une ville noire en pierres de lave. Les palais sont construits en calcaire clair. Les trottoirs et les rues sont dallés de lave.
Belles boutiques : Dominique achète des mocassins de cuir fin  marron. Ce qu transforme la promenade  en séance de patinage sur cuir neuf.

Bellini
Nous entrons dans la maison de Bellini en même temps qu’une classe d’écoliers coiffés de casquettes de base-ball jaunes. Ils sont très sages, passionnés par les objets et les pianos ayant appartenu à Bellini. Nous nous écartons alors de ka Via Etnea pour trouver le Théâtre Bellini, l’Opéra de Catane, avec sa façade sculptée très surchargée.

Un couvent qui ressemble à un palais
Une rue de traverse nous conduira à l’Eglise san Nicolo avec sa façade étrange ornée de colonnes géantes tronquées. Le couvent des Bénédictins, voisin, est magnifique. Il ressemble plutôt à un palais qu’à un couvent avec des sculptures autour des portes et des fenêtres d’un baroque très surchargé, ses pierres bosselées à la taille "diamant".
De retour au gîte, nous déjeunons sur la terrasse de l’espadon, salade verte provolone et melon.
Le temps se couvre. Il pleut trois gouttes ce qui ne nous empêche pas d’aller à la mer. Nous reprenons la petite route dans lez citronniers et les orangers jusqu’à Riposto. Le port est désert, pour cause de sieste.

Une après midi à la mer
A FiumeFreddo nous traversons un bosquet de mimosas aux fleurs à gros grain sans aucun parfum et parvenons à une plage de sable gris qui s’étend sur une dizaine de km entre Riposto et le Cap Schizo. La plage est presque déserte. Il y a seulement un pêcheur et une gamine en maillot de pain sous un  parasol et trois vieux assis sur une barque... Les vagues d’une belle écume blanche se détachent sur la mer bleu très foncé. Je me déchausse pour me tremper les pieds. Le sable est tiède, l’eau froide. De près, elle est transparente d’un bleu de bonbon à la menthe glaciale. Allongées sur le sable nous prenons un bain de soleil.
Giardini Naxos, le vent s’est levé en tempête. Des vagues blanches hérissent la surface de l’eau. Taormine se détache très nettement avec ses collines très escarpées. Eclairée par le soleil du soir qui surplombe en ce moment l’Etna. Les constructions de la ville, les maisons de Castel Mola, même notre coin pique nique de dimanche se voient de loin avec précision. Vers le Sud Ouest, l’Etna est à contre-jour.

Archéologie la colonie grecque de Naxos
Nous visitons les fouilles archéologiques de l’ancienne colonie grecque de Naxos qui se trouve dans un verger de citronniers et de néfliers. La lumière est très belle, le ciel dégagé par le vent. C’est une promenade très agréable. Les ruines ne sont pas faciles à interpréter par des profanes. Nous voyons des alignements de blocs de basalte, les fondations des habitations ou un temple. Les fours pour cire la céramique (terracotta) sont plus spectaculaires. Le petit musée renferme de jolies poteries. J’aime surtout les figurines. En haut à l’étage, les corniches du temple sont reconstituées.
Retour par la SS 114 qui roule bien. Le soleil se couche derrière l’Etna.


7.    Catane

8. Gorges de l'Alcantara - Etna face nord

Publié le : 20 Octobre 2006
8. Gorges de l'Alcantara - Etna face nord

Calatabiano

    En sortant de Giardini Naxos un panneau annonce des forteresses, des églises à Calatabiano à l'entrée du « fleuve » Alcantara. Mauvaise pioche ! Impossible de trouver des timbres à la poste. Les deux employés inoccupés refusent de nous servir. Nous poireautons cinq bonnes minutes malgré l’intervention d’une dame outrée. Le château Sarrasin est perché en haut de la colline. On y grimpe par un escalier. Dominique renonce. J'essaie pour ma part de monter par la via Castello, qui s’avère être une impasse.

Chèvres et bergers
Sur la charmante route qui longe le fleuve nous rencontrons deux bergers, un en triporteur, l’autre à pied, poussant devant eux un troupeau de chèvres à la robe soyeuse aux longs poils blancs et aux cornes torsadées. Elles sont difficiles à gouverner et volent les citrons dans les vergers. Je troupeau avance à vive allure. J’ai du mal à les suivre pour les photographier.

Gorges d'Alcantara
Sur le parking des gorges d’Alcantara 5 cars de scolaires sont garés. Bêtement, je néglige la location de bottes et cuissardes qui montent jusqu’à la poitrine. C’est dommage parce qu’elles sont indispensables pour atteindre les cascades. Nous nous contentons de suivre le sentier panoramique à la descente –remontée en ascenseur – Le torrent coule entre des orgues basaltiques. Si les ados n’avaient pas été là cela aurait été une promenade agréable. malheureusement, ils se bousculent, s’éclaboussent et nous ne faisons qu’une visite éclair.
Francavilla di Sicilia : un couvent de Capucin est signalé « visite obligatoire » ! Nous montons donc sur la colline près du cimetière – « Mi dispiace, e chiuso ! »Nous annonce un « capucin » coiffé d’un curieux bonnet de toile noire. Tant pis. Nous nous contenterons de la vue sur l’Etna enneigé qui se détache sur un ciel très bleu.

Castiglione di Sicilia
En face un village perché : Castiglione di Sicilia. Nous déposons la Polo sur un parking et découvrons des églises charmantes. La première a ses murs revêtus d’une véritable marqueterie de marbres colorés d’un luxe inattendu pour une si petite église. Au sol, une décoration de Pâques, des pavés d’orge ou de blé germé (herbe à chats), autour des grains de riz, des feuilles d’olivier.
Plus haut, nous allons par des ruelles à la forteresse grecque. De la forteresse elle-même, il ne reste plus rien. L’endroit est imprenable : un roc de grès domine toute la vallée et le village. De ce belvédère, on peut admirer les toits, surtout ceux de l’église en contrebas avec sa coupole et sa croix grecque du plan byzantin. Vue d’ici elle paraît toute petite. Sa façade est baroque ouvragée avec des colonnes torses sur un escalier majestueux .L’arrivée d’un groupe de randonneurs, sacs à dos, grosses pompes et shorts, va nous donner l’occasion de visiter l’intérieur. Le contraste avec la simplicité extérieure est saisissant. Les dimensions de la coupole paraissent exagérées. Un lustre de cristal taillé attire le regard. Il serait plus à sa place dans une salle de bal d’un  palais. L’intérieur est décoré de moulures baroques peintes en blanc. On ne se croirait vraiment pas dans une église !
Un autre belvédère, encore lus haut, est surmonté d’une étoile – plutôt une comète – électrique posée sur un château sarrasin ou normand – portail gothique -. L’ensemble est bien en ruine. Toujours adossé à un gros bloc de grès. Une curieuse crèche en paille est un souvenir de Noël sans doute.
Le vent qui souffle en tempête soulève des nuages de poussière. A l’heure du déjeuner le ciel est couvert et il fait bien froid. Nous restons dans la voiture pour déguster un menu de choix : crevettes roses achetées au marché et tout juste ébouillantées, un avocat – un peu mou- acheté sur la route pour Dominique et pour moi une tomate et des olives délicieuses.

Etna face nord
Nous montons à l’Etna par la face nord en traversant des forêts (vergers ???) de noisetiers et des vignes sur des terrasses. La végétation est très différente de celle de la face sud. Les vergers sont très bien entretenus. Après Linguoglossa la route s’élève en virages (tornante) dans une pinède extraordinaire. Les pins ont des dimensions impressionnantes. On ne voit pas de coulées comme sur l’autre côté. La pinède a tout recouvert. Est-ce la richesse du sous sol volcanique ou le climat sicilien qui explique la taille extraordinaire des arbres ?
Finalement nous aboutissons à une station de ski avec remontées mécaniques, pistes de fond, grand parking. Pas de neige. De téléphérique, point ! Dans un joli restaurant aux allures de chalet de bois, on peut acheter les billets pour des excursions en jeep. Pas d’excursion aujourd’hui non plus ! En raison du vent (et surtout de l’affluence réduite). Le guide explique que de toutes les façons la route n’est praticable qu’en dessous de 2600m. Après c’est enneigé. Pas trop de regrets, donc. Je fais donc une promenade d’une petite heur seule sur un sentier balisé dans la pinède puis ans un bois de hêtres. J’atteins une coulée et arche sur la surface très dure et crevassée pour arriver à un cratère recouvert de scories. Marcher dans les scories est vraiment très pénible. Au retour Dominique m’attend très inquiète, une nappe de brouillard a envahi le parking pendant mon absence. Je ne me suis aperçue de rien.

Isola Bella
Dernière étape : Isola Bella, la plage de Taormine. La route de Messine fait une corniche au dessus d’une eau transparente. Des rochers forment des îles. Très jolies criques avec des barques peintes.


9. Morgantina Piazza Armerina, Grecs et Latins

Publié le : 20 Octobre 2006
9.  Morgantina Piazza Armerina, Grecs et Latins

Campagne sicilienne.

    Nous laissons aujourd’hui notre maison de Santa Tecla après un ultime petit déjeuner sur la terrasse. Pour éviter Catane nous prenons l’autoroute à Aci Reale en direction d’Enna et Palerme.
La plaine de Catane est vraiment vaste occupée par des vergers d’agrumes, quelques champs, des maraîchers et des jachères. Sur les collines, les champs de blé du « grenier à blé de l’Italie ».

Morgantina

    La route tournicote avant d’arriver à Morgantina. Le site archéologique se trouve au flanc d’une colline. Le parking est ombragé par des oliviers énormes. La vue est magnifique, l’Etna coiffé de neige tranche sur les collines vertes de blé tendre.Une allée dallée de lave toute droite conduit aux fouilles. Nous sommes presque seules. Aucune explication, comme d’habitude, des Hollandais nous donnent une revue très bien faite avec un plan des fouilles actuelles et un plan de la ville du temps des Grecs. Nous pouvons nous représenter la vie des habitants 200 ans avant J .C. Nous entrons par la Palestre d’un côté du quadrilatère qui borde la cité. Un autre côté est formé par la Stoa, où les Philosophes et leurs disciples discutaient en marchant Les greniers et les entrepôts étaient alignés en face de la Stoa L’Agora avec les boutiques d u marché Au centre de l’Agora un escalier trapézoïdal, au milieu un  petit sanctuaire de Déméter et de Perséphone avec un autel rond et le trou pour les offrandes. Adossé à une autre colline : le Théâtre. C’est une promenade très agréable tandis que nous imaginons la vie des anciens.
Nous entrons dans le village le plus proche Aidone, très calme. Toujours des hommes endimanchés sur la place. Dans les rues, quelques boutiques. On achète du vin. Excellent d’après la vendeuse, c’est un vin pétillant rouge un peu bizarre.

Piazza Armerina les mosaïques de la Villa Casale
Piazza Armerina, une petite ville animée. Nous suivons les flèches «Mosaïques». Pour une fois, c’est bien indiqué ! Nous arrivons à la Villa Casale à 12H30. Elle ferme de 13H 30 à 15H (contrairement aux indications des guides). Nous préférons attendre.
Nous trouvons donc un endroit charmant sur une colline de sables et de grès. Les fleurs sauvages m’enchantent. Rien que dans les nuances de bleu. J’en dénombre six sortes différentes : véroniques, myosotis, iris, d’énormes muscaris…en plus des asphodèles, des coquelicots, deux sortes de cistes blancs et roses. Au menu : salade de la mer, fougasse œufs et patates pour Dominique, tomates et olives pour moi !
Nous sommes les premières à faire la queue pour la visite des mosaïques. Rapidement les scolaires envahissent la villa. Les mosaïques sont très colorées et très variées. Elles décrivent la vie des Romains à l’époque de Dioclétien (4ème siècle après J.C.). Nous entrons dans les bains et nous voyons les serviteurs. Puis une immense scène de course dans le Circo Maximo à Rome. On distingue tous les détails, la couleur des équipes, le public et même les Dieux. Une autre grande  mosaïque raconte la chasse aux fauves destinés aux jeux du Cirque, l’embarquement et le débarquement des animaux... Ces derniers sont rendus de manière très réaliste. En même temps, ils sont très décoratifs. Puis nous reconnaissons Orphée et Eurydice, plus loin Le Cyclope et Ulysse. Dans une autre pièce sont présentés les Travaux d’Hercule.

Canicatti
Nous décidons de poursuivre la route jusqu’à Canicatti. Le nom nous a séduites. Arrivons à Canicatti, la ville est bien décevante. Nous avons du mal à trouver un hôtel. Pas terrible. C’est plutôt un bordel à vrai dire.


10. Agrigente, vallée des temples

Publié le : 20 Octobre 2006
10.  Agrigente, vallée des temples

7H Réveil à l’Hôtel Petit Fleur. Pas de petit déjeuner prévu. Cappuccino debout au bar. Beau temps. 25 km nous séparent d’Agrigente.

L'hôtel Tre Torri
     Nous arrivons à 8h  à l’Hôtel Tre Torri, très bien situé en bas dans la vallée des temples. Il y a trois tours un peu prétentieuses, un lobby très vaste avec des tapis persans, cela fait très luxueux. Notre chambre donne sur la piscine dans laquelle aujourd’hui il y a une véritable tempête qui a balayé même les sièges en plastique. Après avoir monté les bagages nous partons à la découverte des Temples.

Les temples   
Tout d’abord la surprise ! De loin, je cherche à tout prix à prendre la photo, a me rendre compte que nous aurons beaucoup d’autres points de vues et occasions meilleurs de plus près. Le ciel est d’un bleu intense, pas de nuages.

Temple d'Héra
Le Temple d’Héra comporte une belle colonnade mais il n’est pas complet. La pierre est ocre, presque orange avec une belle texture gréseuse et calcaire renfermant de nombreux fossiles,de pectens et d’huîtres. Les temples sont entourés d’une végétation merveilleuse. Les oliviers noueux semblent aussi antiques que les édifices. Des fleurs bleues violettes font un tapis coloré qui contraste avec la pierre d’Agrigente ; des amandiers complètent cet ensemble méditerranéen.
Nous prenons notre temps et logeons la falaise et les  murailles de la ville ancienne. Les caveaux des tombes paléochrétiennes sont taillés directement dans la roche. La promenade parmi les fleurs et les arbres est très tranquille. Peu de touristes, surtout des individuels.

Temple de la Concorde
Le Temple de la Concorde est complet. Il est très harmonieux. Nous prenons plein de photos, toujours avec le ciel bleu en toile de fond.

Temples d'Hercule
Nous poursuivons jusqu’au Temple d’Hercule, beaucoup plus en ruine que les précédents. C’est un amas de blocs énormes. Au début c’est un chaos. Puis en lisant les explications, tout s’organise.

Dioscures
Le Temple des Dioscures a été peu restauré. Il est très poétique.
Nous cherchons l’Agora, les Temples des Divinités chtoniennes. Le système hydraulique est très impressionnant. Nous continuons la promenade jusqu’à midi et demie sous les oliviers et les amandiers parmi les fleurs jaunes : anthémis, les mauves et d’autres inconnues. Les touristes sont arrivés. Le site est si vaste que nous ne sommes pas dérangées. Le ciel se couvre un peu. Le vent se lève.

pique nique à la mer
Pique nique au bord de la mer. La station balnéaire de San Leone est un peu décevante. Le rivage est bétonné... Il y a des militaires dans les rues. La mer est très agitée.

Visite de la ville Santa Maria dei Greci
Nous visitons la ville l’après midi pendant la sieste. Nous garons la voiture derrière le Duomo. Belle façade en pierre ocre, une tour normande, un bel escalier. Mais c’est fermé. Nous descendons les petites rues en pente et les ruelles étroites. Arrivons à l’Eglise Santa Maria dei Greci toute petite derrière un immense portail fermé. Un voisin nous ouvre l’église juste pour nous et nous en fait la visite guidée. Cette petite église résume à elle seule toue l’histoire de la Sicile. Elle est bâtie sur l’emplacement d’un sanctuaire grec dont il reste les colonnes cannelées. Les Byzantins en ont fait ensuite une église avec des fresques encore visibles. Les Normands ont complété le portail gothique. Puis les Espagnols au 17ème siècle, on voit un sarcophage baroque…
Dominique tente une descente par les petites rues avec la voiture. C’est vraiment très étroit, très en pente. Il y a des tournants. On se demande bien si la voiture va passer.

Les temples au coucher du soleil
Après une douche à l’hôtel TV5… nous retournons voir le coucher du soleil sur la vallée des Temples. Nous reprenons l’itinéraire de ce matin. La lumière est merveilleuse. Le ciel bleu intense. La pierre a pris une teinte chaude. Les fleurs ont moins d’éclat mais on y a gagné au parfum. L’acacia en grappes blanches sent très fort ainsi que cyprès et thuyas.

Illuminations
Nous attendons les illuminations auprès du Temple de la Concorde. Les éclairages font ressortir la structure interne du Temple, donnent plus de relief avec des ombres nouvelles. Ce temple est presque en trop bon état. Le Temple d’Héra  apparaît plus mystérieux. Pour revoir le Temple d’Hercule nous reprenons la voiture à la nuit noire, sous e ciel étoilé. Le vent est tombé. Il ne fait pas froid, la nuit est douce.


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