Blog de Elea

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Le Pont Charles

Publié le : 07 Aout 2006

Le Pont Charles, sur le fleuve Moldau (nom allemand) ou Vltar (nom tchèque) est surnommé "le pont des amoureux". Et il porte bien son nom : romantique, magique, en particulier à certaines heures.

Le matin, la brume s'élève du fleuve et le nappe dans une humidité poétique, d'où émergent, silhouettes fantomatiques, les trente statues de grès noir. Baroques, elles retracent l'histoire de la vie religieuse de la ville, saints, représentants de l'Eglise catholique. Elles témoignent d'une active participation à la Contre-Réforme. Une jolie légendes les entoure : la nuit, à l'abri des regards, il est dit qu'elles s'éveillent pour parler théologie.   
Dans la journée, les touristes prennent le pont d'assaut et le rendent nettement moins agréable et il faut attendre le soir avant de le voir, illuminé par les réverbères de la ville qui se reflètent dans l'eau noire, reprendre son charme. Très éclairé, il apparaît alors comme un grand point brillant entre les rives. Avec ses flambeaux au-dessus des parapets baroques en pierre, encadré par des tourelles gothiques et des portes de pierre en arceaux à chaque extrémité, il semble rappeler un autre temps, un ailleurs envoûtant.
La tour, côté rive droite, est considérée comme l'une des plus brillantes réalisations gothiques d'Europe, ornée de fines statues de saints (Saint Guy patron de la Bohème) entourant le roi Charles IV. On peut monter dans la tour afin de jouir d'une très belle vue.

De l'autre côté, la plus petite des deux tourelles date du premier pont de Prague, le pont Judith, détruit puis remplacé par l'actuel pont Charles. Romane, datant du 10ème siècle siècle, elle semble plus frêle, moins impressionnante que ses soeurs gothiques(elle se visite également).
Malgré l'impression de finesse qu'il donne, le pont est en réalité une solide construction : il s'appuie sur seize énormes piliers de grès et est protégé par des rondins de bois qui repoussent les blocs de glace charriés par le fleuve en hiver.

Le large pont, sur lequel s'intallent souvent des vendeurs ambulants de produits artisanaux, correspond ainsi tout à fait à l'esprit du quartier de Malà Stana, la vieille ville aux jardins et aux palais baroques, si romantique. Un peu plus loin, d'ailleurs, la roue d'un moulin tourne dans l'eau, éclaboussant de gouttelettes le promeneur. Sur la rive gauche se succèdent, juste au sortir du majestueux pont, de petites ruelles magiques. On peut aussi traverser l'île verte, l'île Campa, superbe jardin floral bordé d'arbres majestueux. On est conquis ou alors vraiment blasé ! Car Prague, de toute façon, est une ville qui se définit ainsi : séductrice. Il suffit de lever les yeux dans les rues et de contempler ce qui nous entoure pour l'aimer. Pour André Breton, le père du surréalisme, la ville représente d'ailleurs "la capitale magique de l'Europe".


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Festival de cinéma d'Angers

Publié le : 27 Juillet 2006
Festival de cinéma d'Angers

La ville d'Angers reconduit tous les ans, pendant une dizaine de jours, fin janvier, son festival de cinéma, le Festival Premiers Plans, dont ce sera en 2007 la 19° édition.

Comme son nom l'indique, la compétition officielle met à l'honneur une cinquantaine de premiers ou deuxième courts et longs-métrages de fiction de réalisateurs débutants, essentiellement européens. L'occasion de s'intéresser aux différentes formes cinématographiques de l'Europe au sens large du terme, de découvrir que l'esthétique de nos proches voisins peutê-tre, justement, éloignée de nos habitudes françaises... On a pu, par exemple, retrouver cette année le clinisme esthétique à l'Allemande proche du courant photographique actuel de l'Ecole du Nord... Comme partout, la sélection est inégale, entre heureuses surprises et tristes navets : il faut s'attendre à tout.

Le festival organise bien évidemment des hommages à des cinéastes français reconnus. Cette année, la retropsective de Louis Malle était tout simplement enchanteresse, présentée par des spécialistes de son oeuvre, des collaborateurs dont la sublime et intelligente Jeanne Moreau. Elle a su évoquer avec tendresse et simplcité les tournages du réalisateur. En 2005, les fans de Truffaut ont eu droit également à voir et revoir tous ses films.

Des thèmes accompagnent également ces deux principales programmations : en 2006, Vers la Turquie présentait ainsi un panorama de films turcs récents. Un autre thème Une journée particulière, conduit par le film du même nom d'Ettore Scola, regroupait une série de films originaux se déroulant sur une seule journée.

Beaucoup d'autres hommages gravitent en parrallèle de ceux-là. Le plus intéressant est le festival Petits Plans destinés au jeune public, films, dessins animés, animations rencontres et débats enchantent les petits. Mais il ne faudrait pas s'en priver sous pretexte que l'on a dépassé l'âge limite ! En effet, j'ai pu découvrir des films d'animation tchèques de toute beauté et d'une poésie rare.

Enfin : les rencontres. Laissons-là les tables rondes où discutent des personnalités sur un sujet donné, pour en venir directement au moment privilégié et magique du festival : les lectures de scénario. Durant trois heures environ, des acteurs nous lisent des scénarios en cours ou en voie de réalisation. On communique en silence en écoutant des histoires, rappel d'un temps passé de l'enfance. Et lorsque le scénario est vraiment bon, vivant et visuel, alors on voyage. Les acteurs profitent aussi pour nous faire du jeu en direct, un régal ! Hélas, lorsque l'histoire est faible, l'ennui est garanti : quitte ou double...

La liste n'est pas  exhaustive, il faut y aller par soi-même pour découvrir toutes les richesses de ce festival. Une seule chose à déplorer cependant : que les dés soient pipés au niveau de la sélection. Le piston est apparent à Premiers Plans, et, comme par hasard, c'est cette année une Angevine qui a raflé le prix de la compétition...

Les lieux
Le festival se déroule dans différents lieux, le Centre des Congrès étant réservé à la compétition officelle et aux grands évenements. C'est également là qu'a lieu l'accueil des publics.

Accueil du Festival
Centre de Congrès d'Angers,
33 boulevard Carnot
02 41 88 92 94
Ouvert tous les jours de 9h à 22h30.

Les autres lieux :
Cinémas les 400 Coups
12, rue Claveau
02 41 88 70 95

Cinéma Gaumont Variétés
34, boulevard Foch
02 41 87 47 57


Les tarifs
Tarif normal 5 €
Tarif réduit 4 €  (jeunes moins de 25 ans - carte partenaires - demandeur d'emploi).

Carnet 5 places (+ 1 place gratuite ou le catalogue) 20 €

Pass Festival 55 €
avec soit une entrée inauguration, soit une entrée clôture + catalogue + affiche.

Pass Festival 50 €
avec le catalogue + affiche

Entrée inauguration payante 8€
Entrée clôture payante 8 €

Pass Professionnel 30€
Pass Partenaires 30 €
Pass Scolaires  3 jours 20 € - 10 jours 42 €
Entrée scolaire en groupe 3,5 €.


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Le Festival des trois continents

Publié le : 27 Juillet 2006
Le Festival des trois continents

Le Festival des 3 Continents à Nantes, qui existe depuis maintenant vingt-sept ans sous l'intiative des frères Jalladeau, a lieu lors de la dernière semaine de Novembre. Il a pour objet de favoriser et de développer le cinéma d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine.

Statistiquement peu présentes sur nos écrans, à part peut-être en ce qui concerne l'Asie, ces cinématographies sont pourtant d'une qualité rare et diffèrent des productions classiques américaines ou européennes. Il s'agit alors de donner une chance à de jeunes réalisateurs, beaucoup de premiers ou de deuxième films constituant ainsi la compétition officielle en fiction au cinémale Katorza. En parallèle, des cinéastes confirmés viennent présenter leurs nouveaux-nés, ou voient leur oeuvre constituer une rétrospective aux cinémas Gaumont et le Katorza. On peut citer parmi les institutions Tsai Mi-Iang, ou encore Hou Hsia Hou Hsien, au demeurant révélé par le festival une bonne décennie auparavant.

Les "hommages" constituent le moment fou-rire du Festival des 3 Continents. Cette année, c'était la Cathay film qui était représentée, une société de production Hong-kongaise sévissant surtout dans les années soixante à quatre-vingt, spécialisée dans les films kitschs : épopées de sabre avec zooms dignes de la Shaw brothers, comédies musicales sentimentalistes sous fond de mambo... Hilarant !

Du côté documentaire, la compétition se déroule au Cinématographe, avec des oeuvres originales, bien loin du classique et éprouvant "do-cucu". Cette année, le prix est revenue à une jeune réalisatrice japonaise, Haruno Kato, pour son superbe et émouvant film sur la maladie de sa mère. Sans moyen, sans technique, d'une forme indescriptible et complètement instinctive, ce film a fait l'unanimité tant chez les spectateurs que chez le jury (en effet, les prix sont decernés dans les deux catégories à parité entre les votes du public et les membres du jury).

Enfin, le forum "Produire au Sud" réunit des producteurs avec leurs réalisateurs issus des trois continents. Chacun présente un projet de scénario, le gagnant se verra remettre une aide financière afin de concrétiser le dit projet. Intéressant surtout pour qui se penche sur l'économie du cinéma, le forum est destiné tout de même à un public spécialisé. Le festivalier peut donc s'en passer.

En revanche, les autres films valent le détour, bien qu'il ne soit pas toujours évident de choisir parmi les centaines de films. Il faut faire confiance au hasard et essayer de diversifier les selections. Une dernière chose : ne pas attendre le jour même pour aller chercher ses places, le festival étant très populaire ! Il est de plus fortement conseillé d'acheter des cartes pass cinq places pour être tranquille. 

Les billets et les réservations pour la fiction se font à l'Espace des trois continents dans un passage situé rue Scribe.

Quant aux soirées d'ouverture et de clôture, on peut s'en passer. Robes de soirées, tenues chics, paillettes et strass : "mon dieu, il est formidable", "tout le monde est formidable", "j'adore", finissent en effet par porter un peu sur les nerfs. On est ravi de voir que tout le monde s'aime dans ce monde de brutes, mais on serait encore plus content si c'était vrai et non pas hypocrite. A force d'applaudir et d'entendre dix fois le même discours, on ne pense plus qu'à une seule chose : le buffet !!! Qui lui par contre, ne vole pas sur la marchandise. Mais bon, c'est un peu dommage pour la culture, non ?

Contentons-nous du plaisir du Festival et du cinéma.


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Irish Coffee

Publié le : 02 Juillet 2006
Irish Coffee

Oui oui oui, le café italien est absolument délicieux et varié, c'est indubitable.

Mais l'Irish Coffee est unique au monde, et vaut son pesant de cacahuètes si je puis m'exprimer de la sorte. On peut le déguster partout en Irlande, dans tous les pubs. Il nous accompagne tout au long du voyage, comme un trait entre les régions. Savoureux, légèrement brûlant, comme épicé, mais crèmeux à la fois. Autant un dessert qu'une boisson !
Et facile à faire chez soi. Du coup, de retour dans la Home Sweet Home, lorsqu'on regrette un peu l'Irlande, on peut toujours se rappeller les ambiances festives des soirées au pub en se faisant sa grosse tasse de café amélioré. Idéal pour les soirs d'hiver, pour se pelotonner sur un lit et papoter jusqu'à des heures avancées de la nuit, rêver voyages, collines et falaises, pluie battante...

La recette est la suivante :
Un quart de wisky.
Deux quarts de café brûlants.
Rajoutez de la cassonnade à votre goût.
Un quart de chantilly pour couronner le tout.

Bon, honnêtement, le résultat est un peu moins corsé que le véritable Irish Coffee. Mais si on se sent de tenir la route question wisky et de rivaliser avec les irlandais face à ce breuvage subtil (bonne chance, faut se lever tôt), on peut toujours forcer la dose...


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Chambre avec vue

Publié le : 02 Juillet 2006
Chambre avec vue

Comment se rendre absolument, définitivement et irrémédiablement ridicule à Florence, et qui plus est, en être fier : mode d'emploi.
C'est très simple, avec Chambre avec vue de James Ivory (prononcer avec des coeurs dans la voix), à condition de bénéficier d'un contexte initial un peu particulier.

Le mien par exemple... Imaginez...
Vous avez six ans, vous essayez sagement de dormir, suivant ainsi les ordres de votre mère, fermant les yeux avec application et vertu, car il y a école le lendemain. Mais, hélas, depuis un moment, les piaillements surexcités et les gloussements ravis de vos grandes soeurs vous parviennent depuis le salon. Que peut bien provoquer cette hilarité ? Seraient-elles par hasard encore en train de regarder leur film culte, Chambre avec vue ? Il est bien difficile de dormir.

Mais les grandes soeurs en question ont heureusement résolu d'éduquer la benjamine et y consacrent leur mercredi après-midi (Quel sacrifice !).
Résultat : vous vous déclarez fan du film. Mais pour être honnête, vous n'avez pas tout compris à cette histoire XIXème siècle racontant la passion torride d'une jeune fille de bonne famille anglaise rêvant d'échapper aux conventions. Baisers volés, pâmoison dans les champs de blés et sentiments exacerbés par la belle ville de Florence se succèdent dans un tourbillon de robes blanches.
Il faudra attendre quelques années avant de tout saisir et donc d'apprécier le film à sa juste valeur. 

Et quelques années de plus pour vous ridiculiser.

J'arrive à Firenze, toute contente de découvrir une nouvelle ville, de nouvelles visites et lieux en perspective... Et d'un seul coup... En débarquant sur la splendide et magique Piazza della Signoria, je me retrouve en terrain connu.

Oui, oui, c'est bien là qu'Hélèna Bonham Carter se réfugie sous les arcades du Square à côté du Palais Vecchio, avec ses murs solides et sa haute stature. De là, debout sur les grandes dalles noires et blanches, elle observe la rixe entre deux italiens, sur le parvis de l'immense place historique. Aucun doute possible : un peu plus loin, la fontaine où est portée la victime de la bagarre n'a évidemment pas bougé, avec son dieu Neptune, son cortège de chevaux un rien grandiloquent... On feint de s'évanouir au même endroit qu'elle, et on s'attire les regards torves de centaines de touristes grouillant sur la place... Ah... On reprend contenance, tandis que notre héroïne, elle, s'enfuira dans la prolongation de la Piazza, sous les arches couvertes de la Galeria delli Uffizia.

Je me prends à suivre son trajet, à me positionner, sur les rives de l'Arno, à l'endroit exact où s'est tenue l'actrice. Etait-elle sur ce petit balcon surplombant le fleuve et ses couleurs dorées au coucher du soleil ? Où bien sur celui-ci qui offre une meilleure vue sur le plus beau et le plus vieux pont de Firenze, le Ponte Vecchio, avec ses échoppes d'orfèvre ?
J'essaye de retrouver les angles de prise de vue, en me fiant à la profondeur de champ sur les Offices, long défilé de pierres grises, blanches, et noires débouchant sur la place principale. En revenant à plusieurs moments de la journée, peut-être réussirais-je à retrouver la même lumière que dans le film?
Cette luminosité riche, chaude, et chaleureuse frappe les bâtiments, changeant leur couleur, leur texture. Florence est une ville de matières, en relief, bossuage architectural et statues à chaque coin de rue.

Comme l'un des personnages de Chambre avec vue, je jette le guide par-dessus mon épaule pour me perdre dans le dédale des petites rues Renaissance aux maisons majestueuses et étroites, errer sans but dans le quartier de Santa Croce, et enfin, sur la piazza Santissima Annunziata, saluer la statue équestre du Grand Duc Ferdinand 1er, d'un tonitruant :
- "Buongiorno, buongiorno Ferdinando !".
Derrière, l'Eglise et l'Hôpital des Innocents m'adressent un regard interrogatif mais bienveillant, à l'image de la cité entière.

Pour continuer le pélerinage, une visite à la Basilica di San Lorenzo est obligatoire. Certes, elle ne possède peut-être pas le charme de Santa Croce ou de Santa Maria del Fiore, car elle est plus austère et rigoureuse. Sa façade extérieure est de plus inachevée, et donc à l'état brut. Mais on n'est fan d'Ivory ou on ne l'est pas...

Enfin, on se souvient du baiser fougueux échangé par les amants sous le soleil de Toscane, dans les collines donnant sur la ville lumière... Il serait tout de même dommage de se priver du spectacle ravissant des blés murs et de la campagne Florentine, qui entoure la ville d'un écrin vert et or... Donc, on énerve prodigieusement ses compagnons de voyage jusqu'à obtenir une virée sur les hauteurs de Florence. Et même sans aller dans la nature, on peut avoir un panorama unique sur la cité, tout en visitant des lieux splendides comme la Basilique San Miniato, non loin de la Piazzale Michelangelo...

Bref, Chambre avec vue a le mérite d'être non seulement génial (et c'est déjà pas mal) mais aussi de bien présenter la ville de Florence et de constituer une bonne approche pour le voyage toscan.
De plus, une édition DVD prestige vient de sortir, et un coffret Ivory avec Chambre avec vue, Maurice, et Retour à Howard Ends. Presque à regretter de déjà les avoir en cassette...


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La tournée des librairies

Publié le : 29 Juin 2006
La tournée des librairies

Nantes possède une grande quantité de librairies plus ou moins spécialisées, plus ou moins belles, mais en tout cas très fournies. Parmi toutes celles qui existent, j'en conseillerais trois pour les amateurs de shopping culturel.

Dans le passage Pommeraye, Album s'est spécialisée dans la BD en tous genres. Elle possède par exemple un coquet rayon manga, qui côtoie les traditionels héros comme Boule et Bill ou Mafalda. Elle propose également de splendides livres-albums de collection, notamment sur les secrets de tournage des films d'animation de Miyazaki. Mais Album vend également des affiches, des gadgets en étroit rapport avec la bande dessinée ou l'animation, comme des porte-clès Marsupilami, ou des sacs l'Etrange Noël de Mr Jack... Enfin, la librairie organise fréquemment des rencontres avec des dessinateurs à la sortie des nouveaux albums : cette année, par exemple, Loisel est venu dédicacer son dernier tome de Peter Pan

La librairie Coiffard, quai de la fosse, demeure avant tout un objet esthétique. C'est une ancienne boutique entièrement en bois, étroite et tout en longueur, un peu sombre. Son atmosphère feutrée est due au tapis épais qui couvre le sol. Etonnamment, la librairie est coupée en deux par la rue : pour simplifier, on a d'un côté, les livres plus récents (poches etc...), de l'autre, les ouvrages "de collection". Dont un grand nombre sont d'ailleurs consacrés au voyage, carnets de route (à débusquer parmi les rayonnages), sur différents pays.

Enfin, rue des des Vieilles douves : l'Atalante. Sa particularité est d'être à la fois magasin et centre d'édition exclusivement spécialisé dans l'héroïc fantasy et le roman policier. L'Atalante vend donc ses parutions et s'est d'une autre façon consacrée à la vente d'ouvrages relatifs au cinéma. Idéal pour débusquer des livres depuis longtemps disparus sur tel ou tel cinéaste, pour trouver des albums en anglais sur les films de série B, photos inédites à l'appui... Ou des affiches bizarroïdes sur des longs-métrages dont on a jamais entendu parler. Les libraires sont de plus des passionnés et tous prêts à papoter avec vous, à débattre du dernier film sorti, à vous conseiller sur les policiers les plus alambiqués...

Bref, après avoir fait le tour des trois plus belles librairies de Nantes, on a un sac de douze kilos, le porte-feuille allégé et de longues soirées en perspective.


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Ville mirage, ville mensonge...

Publié le : 28 Juin 2006
Ville mirage, ville mensonge...

Ah oui, c'est beau Amsterdam... Des canaux, des tulipes et de "joulies-joulies" petites maisons... Ah oui, vraiment, c'est beau Amsterdam...

Vous faites partie de ces gens qui peuvent s'extasier devant un bulbe de fleur et, dans un autre genre végétal, faire vos emplettes dans les boutiques de cannabis? Alors n'hésitez pas, bandez-vous les yeux, fermez-vous le coeur, Amsterdam est faite pour vous!

Jamais je n'ai autant été dégoûtée, révulsée par une ville. Ville de mensonges, ville hypocrite, Amsterdam se pare d'un aspect culturel pour mieux dissimuler sa fange. Des boutiques, dans toutes les rues, étalent fièrement leurs couleurs : des drapeaux à feuilles vertes, des encens au cannabis, des chaussettes assorties... Mais, plus loin, une fille fume un malheureux joint : l'agent de police qui fait copain-copine avec les vendeurs des dits magasins lui colle une amende. "Mon dieu, ciel, enfin, il faut bien protéger la jeunesse, l'innocence des bambins ! "  Les dits coeurs purs sont au même moment en train de faire leurs emplettes dans le cannabis-shop d'à côté. Fumer à l'extérieur n'est pas légal, alors, braves gens, entrez au moins dans un café.
Ce café du quartier rouge par exemple, où vous pourrez en plus jouer à faire circuler des petits sachets de farine ! Que c'est rigolo ! Remarquez, pas besoin d'entrer, les mains baladeuses qui se posent au creux de votre ventre lorsque vous passez les ponts, vous proposent l'héro pour moins chère encore.

Dans un autre style d'achat, on peut aller voir les superbes vitrines du même quartier, dans des maisons si "pittoresques"... Là, des femmes en cage allument des petites lanternes rouges pour signaler qu'elles sont disponibles, et se frottent obligeamment aux vitres afin de faire admirer leurs petits strings de dentelle. Il vaut mieux qu'elles s'approchent après tout, sinon, on risquerait de ne même pas voir la ficelle. Les touristes s'amusent, rient de ce spectacle, texto : "atypique, charmant et original". Le monde entier cautionne avec volupté la traite des blanches, les visiteurs s'extasient dans toutes les langues, et les messieurs choisissent la marchandise. Ah oui, c'est beau Amsterdam, et l'économie fonctionne tellement bien. En vieille réac que je suis, je prononce le mot "être humain". Oups, la bourde ! Gâcherais-je l'innocent plaisir du touriste au coeur pur ? 

Enfin, pour ceux qui s'inquiètent des picks pockets, rassurez-vous, quant à cette rue du moins : les macs veillent au grain, et ne veulent tellement pas avoir d'ennui avec la police (braves et honnêtes macs), que les voleurs évitent la zone s'ils ne veulent pas finir dans le caniveau d'à côté.
Car Amsterdam est une ville propre qui sait faire son ménage toute seule comme une grande. Ainsi, ce sidaïque, en manque, livide et en train de crever sur un pont n'y restera pas longtemps. Cela fait mauvais effet, et gêne le libre échange et les flux commerciaux. En suppliant le dealer de lui vendre sa dose, en m'accrochant au passage la jupe d'un air desespéré, ce cadavre en sursis dérange la vue sur les canaux. Encore une fois, quelle réactionnaire je fais ! Première fois que je voyais crever quelqu'un en direct... Mieux que le journal télé, Mesdames et Messieurs : Amsterdam la capitale !

Alors, on se réfugie dans le "grand et beau" parc d'Amsterdam, conseillé par tous les guides touristiques. Et cric cric, des morceaux de verre éclatent sous nos pieds : seringues de la veille. Je n'ai même plus envie de sortir, juste l'envie de gueuler dans les rues, de frapper sur la petite mémé que je reconnais. La respectable dame aux cheveux blancs qui achète ses fleurs était la même bonne française qui riait des "courtisanes" deux jours plus tôt.

Ah oui, c'est beau Amsterdam.
J'ai le coeur au bord des lèvres.


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Le Béguinage

Publié le : 27 Juin 2006
Le Béguinage

Quand on disait que Bruges avait du charme... Quand on disait qu'il était facile de s'y détendre et de s'y sentir bien... On avait même pas encore parlé du Béguinage, qui, dans la série "zen", s'intègre miraculeusement bien.
Le Béguinage est un ensemble de bâtiments où vivent les Béguines (comme son nom l'indique, oh surprise), des religieuses à la coiffe blanche et à la robe noire. Il existe depuis 1245 et est dirigé par la "Grande demoiselle", l'équivalent d'une mère supérieure.
Les jolies petites maisons blanches des soeurs entourent une grande cour cloîtrée et pavée où poussent des narcisses et des jonquilles (pas en hiver mais on s'en serait douté). On déambule dans ce lieu coupé de l'extérieur, calme et paisible, où les religieuses, sur le pas de la porte, se livrent à des travaux d'aiguille. L'ambiance un rien désuète et silencieuse intrigue, charme. On peut roucouler à loisir : "mon dieu que c'est typique". Personne ne viendra vous embêter et contester cela. Le béguinage est fait pour çela, conserver une atmosphère authentique et pieuse.
Pour rester dans le typique, visiter la Maison des Béguines, à l'entrée du monastère. Elle a conservé son aspect du XVIIème siècle. La petite salle de séjour et la cuisine demeurent austères, avec des meubles anciens en bois, sobres. Mais, petit luxe, rideaux de dentelle et objets de décoration à caractère religieux viennent égayer l'espace (youpi comme on dit de par chez nous, qu'est ce que c'est rigolo une assiette avec une croix dessus). La presse à linge ancienne rappelle qu'à l'origine, les Béguines lavaient et repassaient la laine pour les tisserands de la ville.
Bon, bon, bon, c'est très bien tout cela mais ne partons tout de même pas avant d'avoir jeté (pas trop loin) un coup d'oeil à l'Eglise. Datant du XIVème siècle et dédiée à Sainte Elizabeth, la patronne des Béguines. Cette petite église est de composition simple. Elle comprend quelques tableaux intéressants, mais ne présente pas non plus un caractère exceptionnel...
Non, décidement, on préfère une fois de plus retourner dans le cloître et profiter de "l'authentique".

Le Béguinage (près du lac d'amour) est ouvert toute la semaine et toute l'année de 7h à 12h15 et de 15h à 18h.


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Paris je t'aime

Publié le : 26 Juin 2006
Paris je t'aime

Paris je t'aime... Le principe est simple : dix-huit courts métrages d'éminents cinéastes, chacun consacré à un arrondissement de Paris, sont réunis dans un seul film dont le titre exprime la volonté scénaristique : écrire une déclaration d'amour, à la vie, à Paris, aux êtres qui l'habitent.
Exploration de la capitale en des termes affectueux, observation de la vie des gens, qui se séparent, se croisent, se retrouvent, apprennent à s'aimer, divorcent ou se déchirent... A chaque quartier son histoire : nous voyageons avec les personnages dans des endroits plus ou moins connus, plus ou moins touristiques et traités également... avec plus ou moins de réalisme et de succès.
En effet, si l'idée même du film reste belle, tout n'est pas à la hauteur des ambitions du producteur. On peut par exemple regretter que dans certains courts, Paris ne demeure qu'un prétexte à une histoire qui pourrait se situer n'importe où. C'est par exemple le cas de Quartier Latin de Depardieu-Auburtin, où n'importe quel restaurant un peu chic aurait fait l'affaire, de même que n'importe quelle avenue aurait convenu dans Parc Monceau de Cuaron.
De la même manière, certains scénarios sont très faibles, voire pitoyables et n'ont pas à mes yeux leur place à côté de vrais travaux de cinéastes, profonds et intelligents. Je pense notamment à Porte de Choisy de Christopher Doyle, stupide, vulgaire et incompréhensible.
A côté de cela, on trouve des courts vraiment très bons, touchants, ou drôles, avec un point de vue de réalisation original, mais aussi un regard humain et argumenté sur la ville de Paris : là s'effectue le voyage. D'un seul coup, la ville n'est plus un prétexte, mais devient un personnage à part entière, qui à son rôle dans les rapports entre les êtres, agit directement sur la vie des gens et influence leurs comportements. Un regard critique s'exerce alors, nous amenant à nous interroger sur notre capitale, ses faux-semblants, ses disparités sociales... La vision des français par les frères Coen, dans Tuileries, est ainsi hilarante. On n'en dira pas plus si ce n'est que métro, Joconde et bohème ne font pas toujours bon ménage... Loin du 16°, de Walter Salles (Carnets de voyage) et Daniela Thomas, de très loin mon favori car le plus fort émotionnellement à mes yeux, reste quant à lui d'une sevérité absolue sur les classes sociales. Là, Paris est remis en question : amour ou haine? Il y règne un mélange ambivalent de douceur et de cruauté dont le personnage principal est le reflet.
D'autres réalisateurs ont choisi, au contraire, de parler de la beauté de la cité, avec un point de vue tendre et bienveillant, sur cette grâce de Paris, finalement fragile et maladroite, à l'image par exemple de la jeune fille de Faubourg Saint-Denis interprétée par Nathalie Portman (film de Tom Tykwer).
Bref, même si le tout est inégal, Paris je t'aime vaut tout de même le déplacement, ne serait-ce que pour le petit nombre de vraiment excellents courts métrages. Et puis, ce film représente une occasion rare de voyager dans des lieux que nous connaissons tous au moins un petit peu, de les rédecouvrir sur un autre angle, et l'espace d'un instant, d'arrêter de marcher dans ses rues comme des français. Nous empruntons sur notre propre capitale le regard d'étrangers... Et ça fait du bien.


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La cathédrale Saint Pierre

Publié le : 22 Juin 2006
La cathédrale Saint Pierre

La cathédrale Saint Pierre, près du quartier merveilleux de Bouffay, mérite le détour(bien plus beau point de repère à Nantes que l'immondice que constitue la tour de Bretagne, centre commercial phallique et marronnasse).
Certes, elle n'est sans doute pas le plus beau édifice gothique de l'histoire de France, mais toujours est-il qu'on l'aime bien à Nantes... Comme point de rendez-vous... Ou parce qu'elle abrite tous les ans sous ses arches (ou presque) la grande fête foraine.

La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, de style gothique donc, a été commencée en 1434, période de prospérité, sous l'impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l'évêque Jean de Malestroit. Elle a subi de nombreuses modifications, et n'est d'ailleurs complètement achevée qu'en 1891.
Et encore maintenant, elle fait l'objet de fréquentes rénovations qui m'ont empêchée de la voir pendant près d'un an !
L'avantage, c'est qu'elle se présente désormais parée d'une blancheur immaculée (tufeau calcaire pour les spécialistes), qui semble la grandir, répondre à cette volonté de l'art gothique "de monter au plus près de Dieu". Les deux tours qui encadrent la façade principale surplombent la place où s'assemblait la foule, sous les cinq portails en voussures. Une chaire extérieure était d'ailleurs réservée aux prèches devant la populace.

L'intérieur semble plus fin que l'extérieur, avec ses grands piliers, ses arches, et surtout ses tombeaux forts célèbres (pour quiconque s'est tapé, si vous m'excusez l'expression, un exposé sur la sculpture au XVIème siècle et a du béatifier devant des dizaines de saints). Sérieusement, le tombeau de François II et de Marguerite de Foix (parents d'Anne de Bretagne), exécuté au début du XVIème siècle par Michel Colombe et Jean Perréal, est universellement reconnu comme un chef d'oeuvre. Et le petit chien aux pieds de Marguerite possède une importance capitale (si si si), symbole de la vanité et donc de la mort à venir (le plus drôle dans le dit exposé). Sinon, on vous dira que les tombes représentent un trait entre les époques (Moyen Âge-Renaissance) et les influences (italiennes sur style français). Ah, êtres bassement matérialistes !

Oh, j'oubliais, dans le style anecdotique et romantique : d'Artagnan est passé par ici !! Pélérinage donc obligatoire pour tous les enfants qui se sont enthousiasmés devant ce chef d'oeuvre incontestable de l'histoire du cinéma qu'est La fille de d'Artagnan. Et vi vi vi, c'est bien sur ce parvis de la place Saint Pierre que le méchant  Nicolas Fouquet est arrêté par le beau d'Artagnan le 5 septembre 1661, sur ordre de Louis XIV le gentil.

Je termine donc ici sur ces affirmations historiques de la plus haute exactitude, en vous recommandant de prier pour l'âme des trois mousquetaires qui furent quatre, ou cinq si on compte Albert.


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Une maison Georgienne

Publié le : 22 Juin 2006
Une maison Georgienne

Number Twenty Nine - Georgian House Museum
Dans une vieille maison d'un quartier historique de Dublin se tient un musée-reconstitution dans le même style, en évidemment plus réduit, que celui du folk parc de Bunratty.
La demeure reproduit en effet l'intérieur et le style de vie d'une maison bourgeoise de la fin du XVIIIème siècle, début du XIXème (1790-1820).
Le mobilier, les lourdes tentures en velours et l'épais tapis de l'entrée, témoignent de la richesse et du train de vie d'une telle famille aisée, vivant au milieu d'oeuvres d'art et d'un décorum parfois grandiloquent. Les chambres spacieuses et confortables des membres de la famille, toutes aménagées à partir d'élèments de l'époque, permettent d'approcher le style géorgien.
Mais ce qui reste vraiment intéressant dans cette visite, est sans contexte la notion de contraste.
Les chambres de bonnes, très sobres et dépouillées, semblent presque nues au regard de la nursery saturée de jouets pour des enfants rois.   
Je ne sais pas si c'est le but premier, mais j'ai ressenti au cours de cette visite une extaordinaire critique des classes sociales et de la société en général. La situation semble prextexte à des tensions, comme chaque fois que se mettent à nu de frappantes inégalités. Une maison révèle mieux que quiconque la mentalité de ses habitants.
En dehors de cela, cependant,la maison en elle-même ne demeure pas absolument incontournable. Je pense qu'elle convient à une fin de journée, pour se détendre, ou aux visites en famille. Les enfants avec qui j'ai effectué la découverte de la maison, restaient en effet fascinés par les mannequins dans les cuisines ou dans les chambres d'enfant et surtout... devant la salle de jeu... 


Number Twenty Nine - Georgian House Museum
Fitzwilliam Street Lower
Dublin 2
Tel : +353 1 702 6165
Fax : +353 1 702 7796

Mardi au samedi : 10h-17h
Dimanche : 13h-17h
Fermé le lundi et les deux semaines avant Noël.
Adultes : 4.50 euros
Etudiants : séniors 2 euros
Gratuit pour les moins de 16 ans.

Bus : 7,10 ou 45 depuis City Centre.


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Trinity College

Publié le : 19 Juin 2006
Trinity College

Trinity College, la plus vieille université d'Irlande, doit sans doute être la plus belle de toutes... Mille fois plus belles que nos facs françaises. Dix mille fois plus... Bref, on aimerait bien pouvoir faire n'importe quelles études pour avoir le privilège de snober son monde en disant "je suis à Trinity !!!".
L'extérieur n'est certes pas extraordinaire, mais une fois franchies les grilles, on se demande où on a atteri, tant le parc resssemble plus à celui d'un palais que d'une université. Bref...
Créée par la reine Elisabeth Ière (au départ pour les protestants en 1592, et ce jusqu'en 1873), l'université a du être conçue comme un temple du savoir, complètement isolée de l'extérieur, d'où une impression de calme et de dépaysement par rapport à l'univers citadin. Visiblement, le culte de l'instruction a bien réussi, si l'on considère les personnalités "mineures" qui en sont sorties : entre autres, Jonathan Swift (l'auteur des Voyages de Gulliver), Oscar Wilde, Bram Stocker (l'auteur de Dracula), Samuel Beckett et Isaac Newton. Rien de très conséquent quoi !

Dans la cour, un campanile datant de 1852 trône comme un rappel de cette vocation quasi religieuse de l'étude. Plusieurs bâtiments du XVIIème et XVIIIème siècle en brique rouge, ainsi que la chapelle de l'université (la première à recevoir toutes les confessions en Irlande), entourent des pelouses grasses et riches. Le site s'étend sur près de 20 hectares.


Mais la visite en elle-même est sans contexte constituée par l'Old Library (la Vieille Bibliothèque). Il est dur de ne pas devenir fou devant tant de livres assemblés, réunis avec leurs tranches rouges, dorées ou vertes sur des rayonnages hauts de dizaines de mètres, dans une odeur de bois et de poussière. La lumière tamisée filtrant à travers les fenêtres vient frapper sur tel ou tel ancien ouvrage, le désignant d'un doigt mystique. On se promène à petits pas dans cet atmosphère silencieuse, qu'anime seulement le bruit du papier crissant. Des escaliers de bois conduisent à un étage qui fait le tour de cette long room de 65m de longueur. Plus de 200 000 ouvrages, souvent très anciens, comme un exemplaire original de la proclamation de la République d'Irlande, sont blottis sur les étagères. Pour prendre une comparaison un peu terre à terre, on se croirait dans la bibliothèque du château de la Bête dans La belle et la bête de Disney. On a envie de tourbillonner au milieu de tous ces souvenirs, de toutes ces histoires et sciences que contiennent les livres, qui semblent nous appeler de petites voix chuchotantes. Eve et Adam face à la pomme défendue : les ouvrages sont interdits...

Ensuite, la Old library contient l'éminent Livre de Kells (Book of the Kells), l'un des plus vieux et des plus beaux manuscrits que le monde connaisse, véritable chef d'oeuvre de caligraphie et d'enluminure, oeuvre d'art d'un autre temps. Les moines de Kells, de St Columcille's Monastery de l'île lointaine d'Iona (côte ouest de l'Ecosse), le réalisèrent autour de l'an 800. 680 pages d'une extrème finesse, conservées soigneusement avec des lumières basses dans des vitrines, contiennent quatre Evangiles en latin, chacun précédé d'une préface, d'un résumé et d'un sommaire.
La richesse des couleurs, dont certaines proviennent du Moyen-Orient, la précision des détails, sont admirables. Des motifs floraux dont chaque fleur est reconnaissable côtoient des monstres légendaires qui semblent tout aussi réalistes.
Le manuscrit est conservé à Trinity College depuis le XVIIe siècle. 

D'autres mansucrits de moindre importance sont également visibles : le Livre de Dimma (VIIIème siècle), le Livre de Durrow (VIIème siècle) et le Livre d'Armagh (IXème siècle).

Enfin, on peut voir une harpe ayant, selon la légende, appartenu à Brian Borù, grand chef celte vainqueurs de Vikings danois en 1014 (mais récemment le carbone 14 a daté l'instrument au XVème siècle... Dommage... Même si la harpe n'en reste pas moins la plus ancienne d'Irlande).


Trinity College Library
College Street
Tel. : (+353)16 08 16 61.
The Old Library
Ouverte toute l'année (sauf pendant les vacances de Noël), du lundi au samedi de 9h30 à 17h.
le dimanche de 12h à 16h30 d'octobre à avril, de 9h30 à 16h30 de mai à septembre.
Entrée adulte : 7,50€ et 6,50€ pour les étudiants.


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Château de Bunratty

Publié le : 19 Juin 2006
Château de Bunratty

Non loin d'Ennis, dans le comté de Clare qui fait partie de la région du Burren, se trouve le Bunratty Castle.
Château-fort médiéval construit au XVème siècle par le marquis de Thomond, il constitue une bâtisse solide, massive, parfaitement conservée, malgré, nous dit-on, un passé agité... Situé sur la rivière Shannon, il possède une position stratégique.
La vocation militaire de l'édifice demeure d'ailleurs évidente, avec ses meutrières étroites, ses douves et son allée de canons. Quatre tourelles de six étages encadrent sévèrement une tour rectangulaire plus petite, et le château donne une impression d'austérité et de rigidité : la fonctionnalité avant la beauté.
A l'intérieur, de beaux meubles médiévaux en bois, sculptés, reconstituent bien l'univers de l'époque. Mais en vérité, ce n'est pas le château qui semble le plus intéressant à Bunratty.

Je préfère personnellement le Folk parc attenant. On se promène dans un village rural du XIXème intégralement reconstitué, avec ses maisons de toits de chaume et ses murs blanchis à la chaux.
Les différentes classes sociales sont représentées : fermes, commerces et ateliers nous présentent la vie des diverses professions du village. La maison du docteur, ainsi, n'a rien à voir avec celle du plus pauvre fermier. L'intérieur est remarquablement retranscrit (à part peut-être les toiles cirées à cerise sur les tables). On a vraiment l'impression de pénètrer chez les gens, dans leur intimité, à un moment donné. Cela satisfait une soif de curiosité que l'on éprouve tous, pouvoir se faufiler chez les gens et essayer de les imaginer à partir de leur environnement. Cette impression est rendu d'autant plus présente que le musée "vit", le forgeron est toujours présent (enfin à mon avis ce n'est pas le même depuis deux siècles), des vaches vivent encore dans la ferme, des démonstrations de tissage ont lieu régulièrement. La viste, tout en instruisant, permet alors de laisser vagabonder l'imagination. De plus, on est la moitié du temps en plein air. On se balade dans le village assez étendu. C'est une promenade idéale pour les familles, errance sans souci, décontractante.
C'est d'ailleurs le cas de toute l'Irlande. Jamais je n'ai visité un pays plus reposant, plus accueillant : on s'y sent "adopté" et on y vit... Tout simplement... Et souvent ce n'est pas aussi évident qu'il paraît.
Le château de Bunratty est un outil pédagogique pour les écoles et les enseignants, mais je trouverais dommage de ne le limiter qu'à un seul but instructif. 
Enfin, la dernière curiosité que propose le site de Bunratty est le banquet médiéval au château. J'ai assisté de loin à la préparation d'un de ces repas, dans la grande et majestueuse salle de la forteresse : menu médiéval et ambiance folk un rien kitschounet... Mais je suis sûr que cela doit faire partie du plaisir, d'être servi par des servantes en henin, avec des harpes et des danses traditionnelles. Spécial, mais sans doute amusant...


Bunratty Castle & Folk Park
Bunratty, County Clare.
Contact : Booking Office
Téléphone : (061) 36 07 88
Fax : (061) 36 10 20O)
Toute l'année : 9h30-17h30
Juin-Août : 9h00-18h30(dernière entrée : 16h15)   
Durée de la visite : 3 h (et plus si affinités)
(Réservations obligatoires pour le banquet de 17h30 ou de 20h45).

Adresse utile :
Ennis Tourist Information
Ennis, Co. Clare. (toute l'année)
Téléphone : (065) 682 83 66
Fax : (065) 682 83 50


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Découverte zen...

Publié le : 16 Juin 2006

Le Tashi Delek, 10 rue du Briord à Nantes, dans le quartier Bouffay, est ma nouvelle découverte coup de coeur... Et aussi mon nouveau QG. Voilà c'est dit !

Tashi Delek veut dire bonjour en tibétain. C'est une salutation autant qu'une bénédiction. Le bar à thé est à l'image de cet accueil philosophique et zen : on s'assoit sur des poufs multicolores au ras du sol, au milieu de tentures de drapeau tibétains, de carillons de tissus ravissants.
Là, on découvre une centaine de thès différents aux noms prometteurs et souvent compliqués, dont le goût subtil et raffiné étonne. Le mieux, ce sont les thès spéciaux "fleurs de thé" : une esthétique et une philospohie de vie plus encore qu'une dégustation. Dans des théières en verre, une fleur aux vertus appaisantes s'ouvre sous l'effet de l'eau chaude, dégageant un arôme délicat. Lorsque le bol est vide, la fleur se referme et les patrons, accueillants, souriants et toujours à l'écoute, vous rajoutent de l'eau... Exotique à souhait. Naissance de bouddha cotoie Pavillon de printemps, Rose de l'eden et Douceur d'Osmanthus.
Ensuite, narguilés parfumés achèvent de nous décontracter (dizaines de goûts dont mangue et pêche délicieux !!!)
Une soirée entière, agréable, relaxante entre amis...
Génial.


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Klimt à Vienne : Le Baiser (2)

Publié le : 06 Juin 2006
Klimt à Vienne : Le Baiser (2)

LE BAISER, 1907, 180x180cm, Österreichische Galerie, Vienne

Le baiser, sans doute le tableau le plus connu de l’artiste, est l’allégorie de l’amour spirituel et charnel. Les deux corps sont fondus l’un dans l’autre, unis de manière fusionnelle, grâce notamment à l’interpénétration de la couleur dorée et des motifs des vêtements des amants, dont on ne sait où ils se finissent. Ils sont formés de minuscules petits fragments de peinture reproduisant l’art de la mosaïque si cher à Klimt. Cet or forme aussi une aura de pureté qui devient l’éclatante figuration, personnification de l’amour. Les paillettes, les étincelles du fond suggèrent le désir et l’abandon de la femme, ceci renforcé par l’expression extatique, les yeux fermés, de son visage. Encore une fois, c’est la femme qui est le personnage principal, puisque l’attention est concentrée sur sa figure, puisqu’elle "contient" le plus d’étincelles colorées. Les ronds et les tourbillons de sa robe, formes auxquelles va la préférence du peintre, correspondent à la pensée de l’auteur à propos de la fécondation et de l’éternel retour, métaphore plus générale pour lui de la vie. L'homme, quant à lui, est défini par des rectangles, des formes géométriques plus strictes. Le couple est agenouillé sur un parterre de fleurs, dans un univers et un lieu trouble et indéfinissable, que leur passion suffit à déterminer et à remplir. La toile est donc riche en symboles, très chargée. Elle comporte beaucoup de détails qui tendent à montrer le goût symboliste érotique de Klimt.

Le Baiser fait partie de la collection permanente de la Österreichische Galerie au palais du Belvédère à Vienne.

Horaires d'ouverture : du mardi au dimanche de 10 h à 18 h
Tarifs d'entrée :
Adulte 9€ / - 27 ans 6€ / de 11 à 18 ans 3€ / + 60 ans 7€ 50

Site Internet : http://www.belvedere.at


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