En 1880 environ, de jeunes artistes se regroupent et fomentent l’idée de créer une "Sécession plastique". Ils exposent pour la première fois en 1895 et forment en 1897 la "Sécession viennoise" dont Klimt est élu président.
GUSTAV KLIMT :
Klimt naît le 14 juillet 1862 dans la banlieue viennoise. Il fut initié par son père, ciseleur de métaux précieux. Il reçoit également avec ses frères un enseignement pratique portant sur les arts décoratifs, la peinture, la mosaïque, la fresque, puis plus tard la gravure. Mais son éducation reste aussi théorique, notamment sur les grands peintres classiques et l’histoire, sujet qui le fascine. Il découvre très tôt l’art de Makart, un contemporain, dont il reprendra les compositions dissymétriques.
Les frères sont vite engagés pour divers travaux de décoration architecturale, notamment pour le hall du Kunsthistoriches museum, aux formes extravagantes et déliées inspirées par l’art baroque. Ils forment une compagnie en 1881.
Klimt s’intéresse à l’art comme à cet art total que lui permet d’exercer les arts décoratifs. Les frises pour les bâtiments par exemple sont inspirées pour certaines des arts de l’Orient ancien dont il est un fervent admirateur. Il trouve aussi des sources de sujets dans la musique viennoise et allemande, comme le prouvent sa frise en l’honneur de Beethoven ou un tableau de 1899 intitulé Schubert au piano. L’influence de Wagner, de Johann Strauss sur son œuvre, la mélancolie de ses toiles, le choix de ses sujets théâtraux ou historiques, le firent dans un premier temps qualifier d’artiste à la sensibilité "absolument autrichienne".
Mais l’Art nouveau et les propres choix de Klimt, considéré comme le plus talentueux des artistes viennois, vont le pousser à se détacher de l’académisme, à participer à la création de la Sécession en 1897. Le succès rencontré dans ses premières années s’atténue alors en 1900, lorsque son style devint plus personnel et moins académique, plus flottant, montrant l’être humain comme une tache dans un univers mosaïque et doré. Cette technique s’inspire dans un premier temps de l’art byzantin, puis du photo-montage. Klimt déroge à l’organisation spatiale traditionnelle, explore la psychologie humaine, devient plus charnel, plus ambigu, plus porté sur le sexe. Klimt avait toujours attaché beaucoup d’importance a la sexualité, partant sur le principe que : "tout art est érotique". Mais il transcendait autrefois dans sa peinture le sexe en un art raffiné et délicat, ce qui pouvait être alors admis et même goûté.
Vienne est une ville plutôt froide architecturalement parlant, une grande métropole aux artères larges et passantes. Le quartier des maisons Hundertwasser, cet artiste autrichien de renom, fait alors l'effet d'ovni au coeur de la ville.
D'abord peintre et professeur d'académie, Friedensreich Hundertwasser refusa rapidement le classicisme et prôna une architecture originale et colorée, lieu de vie et de plaisir, dont ces maisons, bâties en 1985, demeurent en quelque sorte le manifeste. Le but de ces habitations est de permettre à l'individu de s'épanouir dans un environnement chaleureux.
Les étages bariolés, aux fenêtres irrégulières disposées de manière aléatoire, forment des lignes ondulantes dans toute la rue, une sorte de labyrinthe vertical auxquels s'accrochent des balcons, des escaliers extérieurs, des terrasses couvertes d'arbres et de verdure. Aucun appartement n'arrive à la hauteur de l'autre, les plafonds sont en décalés. De temps en temps émerge de la façade une tourelle surmontée d'un bulbe rond et doré.
Sous les immeubles, les arcades donnent lieu à un chemin pavé en mosaïque de terre cuite, avec des creux, des bosses, de véritables patchworks de couleurs vives et gaies. Des petites fontaines parcourent cette allée de promenade singulière.
On a peine à croire que des gens puissent vraiment habiter dans ce lieu féerique, avec ces escaliers biscornus et entièrement décorés, où chaque pièce de la maison, même les toilettes, devient une oeuvre d'art aux motifs géométriques et aux coloris étonnants.
Le quartier vaut vraiment le déplacement, un de mes lieux favoris et unique à Vienne.
Nantes est une grande métropole, bien que son centre en soit plutôt petit. Au milieu de la cité, l'on est parfois content de pouvoir trouver des coins de verdure, des espaces où se promener et échapper l'espace d'un moment à la vie urbaine.
Le parc Procès, à dix minutes du centre, fait partie de ces endroits agréables et reposants. Très grand, il est parcouru par de larges allées où faire du vélo, du tricycle pour les plus petits. Il comporte un lac autour duquel les personnes âgées aiment à se réunir pour discuter sur les bancs, tandis que les enfants nourrissent les cygnes et les canards.
On peut s'asseoir sur les pelouses pour faire bronzette ou aller observer le mini jardin botanique et ses variétés de plantes médicinales ou aromatiques près d'une sorte de petit pavillon orientalisant.
L'été, des descentes en voitures en bois, toboggan plutôt original, sont proposées aux enfants.
Bref, un parc comme il en existe tant, mais dont est bien content, justement, qu'il existe.
Dans le Connemara, entre Cliffden et Leenane, on peut admirer Kylemore abbey.
Autrefois habité par vingt-sept religieuses belges, ce splendide château est maintenant devenu un très respectable et très huppé collège pour jeunes filles. Qui est à celles-ci ce que Poudlard serait à Harry Potter. Et, effectivement, on se demande en voyant cette abbaye néo-gothique juchée au sommet d'une petite colline, avec ses toits sombres et fenêtres en ogive, si l'école n'abrite pas quelques obscurs rituels de magie. On aimerait bien retourner au collège pour le seul plaisir d'étuder dans un environnement pareil.
On ne peut bien sûr visiter que trois pièces à l'intérieur, qui ne sont pas d'ailleurs des plus intéressantes, salle à manger meublée 19ème et exposition de drapeaux de la brigade irlandaise.
En revanche, le parc emmenagé vaut que l'on s'y arrête. Soigneusement entretenu, il offre une promenade agréable de février à décembre. Le lac du site crée une ambiance de rêve, avec ses galets polis blancs qui éclaircissent la couleur de l'eau. Ravissant...
Et hélas trop touristique.
L'île de Versailles est un des plus jolis et des plus reposants endroits de Nantes. C'est une petite île sur l'Erdre, reliée à la terre ferme par un ponton de bois, et entourée de petits bateaux de pêche à l'ancienne, quilles peintes écaillées et rames abîmées.
Elle abrite un jardin japonais de toute beauté, dans l'esprit du zen et de la promenade. On passe d'un bassin que l'on traverse sur des rondins de bois à une allée de bambous étroite. Puis, on flâne sous les pêchers ou les pruniers en fleurs, qui au printemps, semblent neiger sur les tapis d'herbe et les chemins en gravier. On peut s'allonger dans l'herbe pour lire ou rêver. Au centre de l'île, un grand ponton en bois sombre passe au-dessus du mini-lac et des petits bassins de nénuphars...
Une maison japonaise aux shôji blancs et toits bas, entièrement en bois, est organisée autour d'une cour centrale, sorte de patio, et abrite un musée-aquarium.
L'île accueille également souvent de jeunes artistes contemporains, sculptures en plein air mêlant différents matériaux organiques, tel que verre, feuille, bois, ou pierre...
Dans un coin, un petit parc pour enfants leur permet de jouer et de se défouler.
L'avantage, c'est que le parc est peu fréquenté, et apporte donc une véritable bouffée de fraîcheur au coeur même de la ville.
L'île de Versailles
Quai de Versailles
Tram : ligne 2 vers Orvault grand-Val
Arrêt Saint Mihiel
Un autre incontournable lorsque l'on visite l'Irlande : les falaises de Moher.
Cette terre offre des paysages à couper le souffle et les cliffs de Moher demeurent un excellent exemple de ce dont est capable la nature. Nous sommes grisés par le vent et les senteurs qu'il apporte, sel, et parfum de terres lointaines sur l'eau, nappées souvent dans le brouillard. Impressionnant et unique, ce voyage nous plonge dans les abîmes d'un temps spécial, ou plutôt d'un temps hors du temps. Une telle vue nous sort de notre quotidien et de sa platitude.
Ces splendides falaises, sur la côte ouest, non loin du petit village de Liscannor et de Doolin, nous apparaissent au bout d'un chemin de terre qui serpente entre des prairies à l'herbe grasse. Soudain, on débouche sur une esplanade d'une hauteur de 215m en son point culminant. Le vent qui les a sculptés s'engouffre dans ces rochers, plongeant à pic dans les eaux. Découpés en dentelles, ils forment les lacets d'une côte sauvage. Beauté mystérieuse et farouche, mélange de couleurs et de lumières changeantes... La mer vient se briser souvent avec violence au pied des falaises, gerbe bleu-gris sur des roches sombres. Derrière notre petit parapet, il nous semble nous envoler.
La tour O'Briens, en 1835, fut conçue pour mieux surveiller la côte et les environs. Par beau temps, dit-on, on peut apercevoir les îles d'Aran, les Twelve Bens du Connemara ou les montagnes du Kerry. Je n'ai jamais pu le vérifier, y étant toujours allée par temps gris et mer agitée. Mais l'idéal, je crois, pour les âmes romantiques, serait de se planter au sommet des falaises un soir de grande tempête. Aaah... Fantasme de retourner l'Auberge de la Jamaïque à Moher....
Bref, on peut une fois de plus passer des heures à explorer ces créneaux naturels, et en particulier partir vers le sud jusqu'à un fort en ruines qui évoque en imagination d'antiques batailles et de sombres malédictions (l'Irlande étant une terre de légendes et d'histoires, il est conseillé de se prendre d'ores et déjà au jeu si l'on veut en profiter, cartésiens s'abstenir, merci). Attention, cet itinéraire prend un certain temps et il vaut tout de même mieux éviter de se faire piéger par la nuit à 215m de hauteur au-dessus de la mer.
Le Stephansdom, cathédrale Saint Etienne, est situé en plein coeur de la vieille ville, sur la Stephanplatz. Cette église romane fut commencée en 1147 et achevée en 1164, sous la direction du duc de Badenberg, Henri II Jasomirgott. Elle ne fut dédiée à son saint patron qu'en 1220.
La cathédrale est une édifice majestueux, au toit de tuiles polychromes et aux motifs géométriques complexes. En raison de nombreux incendies au fil des âges, l'église a dû subir plusieurs réfections et modifications, mais sa forme actuelle est inchangée depuis le XVIème siècle, date de la construction de la coupole par Kaspar et Hans Saphoy. Le bâtiment d'origine est donc roman, mais des éléments gothiques sont apparents. La nef, par exemple, appartient au style gothique, elle fut construite comme une coquille autour de celle romane, (détruite par la suite), afin de l'agrandir tout en pouvant continuer à célèbrer la messe. Deux chapelles, à côté des deux tours occidentales furent également rajoutées.
La construction de la cathédrale est l'objet de plusieurs légendes. Le portail principal de l'ouest est ainsi surnommé "porte des géants", en raison d'un véritable os de mammouth qui fut utilisé pour l'arche, et dont on crut longtemps qu'il appartenait à un géant. Les deux tours de l'ouest (façade principale), elles, sont désignées sous le nom de "tours des païens", les pierres récupérées pour leur construction venant d'un ancien campement romain, donc païen. La tour du nord (gauche) porte le nom d'Adleturm (tour de l'aigle). Ses travaux d'embellissement datent du XVème. Elle soutient la Pummerin, cloche qui fut détruite par un bombardement en 1945 puis refondue avec les débris. Elle sonne tous les ans l'arrivée de la nouvelle année pour porter chance à la cité. Selon la légende, la tour ne fut jamais achevée car son architecte, Hans Puchsbaum, se brisa les os après avoir rompu un pacte avec le diable en prononçant le nom d'un saint.
Sur la façade ouest (l'entrée principale), des niches romanes côtoient des figures à thèmes historiques. Sur le tympan, roman lui aussi, on peut voir un Christ dans la mandorle Son genou découvert symbolise sa puissance. Sur le chapiteau en dessous sont représentés apôtres et animaux mythologiques.
En contournant l'entrée vers le sud (la droite de la cathédrale), on peut voir le portail des Chanteurs, une petite porte qui illustre des scènes de la vie de saint Paul. La décoration est l'oeuvre d'Hans Puschsbaum, le même qui fut maudit par son pacte avec le diable. Jadis, c'était l'entrée réservée aux hommes. A côté, la tombe de Neithart Fuchs, chanteur d'amour courtois médiéval.
La tour Sud, la Steffl, flèche ou Petit Etienne, campanile gothique, mesure 136,44m et abrite la loge du sonneur. Celui-ci appelait les moines à la prière à Prime. Ces derniers passaient alors par la porte de la tour, dite "de la première petite cloche", "Primglöckleintor". La Steffl offre maintenant un point de vue imprenable sur Vienne.
Au Nord, outre la fameuse tour de l'aigle, on peut admirer pour les amateurs la chaire extérieure du Capistan, surmontée de "l'apothéose du saint", statue baroque du XVIIIème dont elle présente toutes les caractéristiques : corps en torsion, drapés outranciers des vêtements et soleil de la passion doré... Elle est dédiée au franciscain Saint Jean de Capistan d'Aquileia qui prêcha en 1451 la croisade contre les infidèles, les turcs.
L'extérieur est donc d'une grande richesse. On peut passer du temps à se rémémorer tous les épisodes de la vie des saints, à tourner autour de la cathédrale afin de distinguer le mélange des genres et des époques.
L'intérieur comporte lui aussi des éléments gothiques et romans auxquels s'ajoutent encore un maître-autel baroque ou un orgue moderne de 1960...
Le choeur central est dédié au Christ et à saint Etienne, le choeur nord (choeur des femmes, à gauche), à la Vierge, et celui du Sud aux apôtres.
Dans la nef médiane se tient justement, en son fond, l'autel baroque qui représente la lapidation de saint Etienne par le frère Tobias.
Vers le milieu de la nef, la chaire de Pilgram, "Pilgramkanzel", du nom de son auteur, de 1514, est un chef d'oeuvre du gothique : la pierre blanche ressemble à de la dentelle fragile et délicate. La chaire comporte un autoportait de son auteur, appelé "le curieux à la fenêtre", "Fenstergucker". Le chien, symbolisant le prédiacteur, repousse sur la rampe les carpauds et les lézards malveillants. Le chien représente de plus les frères dominicains (canis le chien ; les dominicains, les chiens du Seigneur).
Sur la nef de gauche, à l'entrée, se trouve la tombe du prince Eugène de Savoie (1754) et une crucifixion. La barbe du Christ de bois est faite avec de vrais cheveux. La légende veut que celle-ci continue à pousser. Au long de cette nef, on peut voir divers autels, celui du coeur du Christ, ou de saint Pierre et saint Paul par exemple. Un ascenceur mène au milieu à la Pummerin. Au fond, un autre autoportrait, en bois, de maître Pilgram orne le pied de l'ancien orgue.
Dans le pronaos de la tour de l'aigle, le Christ du Mal de Dents, sculpture en buste, rappelle une autre légende : de jeunes nobles, ayant blasphémé, furent affligés d'une rage de dents dont ils ne purent se guérir qu'en priant. Là se situe aussi l'entrée des catacombes où plusieurs milliers de Viennois sont enterrés. Gigantesques, elles s'étendent sous toute la Stephanplatz.
Enfin, un retable en bois polychrome d'une grande finesse, le Wiener Neustädter Altar, commandé par Fréderic III en 1447, comporte 72 panneaux aux effigies de saints qui dissimulent des scènes de la vie de la Vierge.
La nef des apôtres "s'ouvre" avec le badalquin de Maria Pocs, une icône hongroise qui aurait versé de vraies larmes au XVIIème siècle pendant la campagne du prince Eugène contre les Ottomans.
Le baldaquin de Füschel est une fois de plus l'oeuvre de Hans Puschsbaum.
Le pronaos de la tour sud fait l'objet d'une légende : une domestique, accusée à tort de vol, fut lavée de toute accusation après avoir prié la statue de la Vierge en cette chapelle. La sculpture fut donc surnommée Vierge de la Servante.
Près du choeur, la tombe de Fréderic III, en marbre rouge, s'orne d'une statue grandeur nature de l'empereur.
Site Internet: http://www.stephansdom.at/
Les visites guidées :
Visites guidées de la cathédrale :
Les dimanches et jours fériés : 15h00.
En semaine : 10h30 et 15h00.
Visites guidées des catacombes (toutes les demi-heures ou tous les quarts d'heure en fonction de la demande) :
Les dimanches et jours fériés : 13h30 - 16h30.
En semaine : 10h00 - 11h30 et 13h30 - 16h30.
Visites guidées de la cathédrale accompagnées d'une promenade sur le toit : tous les samedis à 19h00 de Juin à Septembre.
Lieu de rencontre : accès à la Tour Sud.
Visites guidées réservées à des groupes : uniquement sur demande préalable à adresser au Conseil de fabrique (Kirchenmeisteramt)
Montée sur la tour - Tour Sud :
Tous les jours : 9h00 - 17h30.
Ascenseur conduisant à la "Pummerin" - Tour Nord :
D'avril à octobre : 9h00 - 18h00.
En juillet et août : 9h00 - 18h30.
De novembre à mars : 8h30 - 19h00.
Galerie ouest
Visite du massif occidental roman - Exposition spéciale, entrée, portique du portail du Géant : tous les jours du 23.4 au 31.10.
Les dimanches et jours fériés : 13h00 - 16h45.
En semaine : 9h00 - 11h45 et 13h00 - 16h45.
Boutique de la cathédrale :
Tous les jours : 9h00 - 18h00.
L'hôtel de ville de Bruges, situé sur la magnifique grande place, est le plus vieux édifice gothique des Flandres. Il abrita en 1464 la première réunion des Etats généraux.
Bâtiment de 1376, il présente une architecture dentelée, très fine, avec de nombreuses flèches et statues de la même époque. Ce blanc édifice de pierre, matériau plus cher que la brique, au toit d'ardoise, est l'une des fiertés de la ville, à juste titre. Il date d'ailleurs de l'époque de l'apogée de la cité : au XIVème siècle, Bruges est la concurrente de Florence d'un point de vue artistique, son port est mondialement réputé, et sa puissance économique fleurit. Les produits de luxe circulent dans cette ville raffinée, habitée par les ducs de Bourgogne.
Les vingt-quatre blasons qui ornent la façade témoignent d'ailleurs de la volonté d'affirmer un pouvoir. Six fenêtres en ogive décorent de plus l'hôtel de ville, doté de 48 niches de statues de comtes et de comtesses de Flandres. Les sculptures originales de figures bibliques et princes flamands peintes par Van Eyck furent détruites en 1712 par les sans-culottes.
L'intérieur est organisé autour d'un monumental escalier de bois, qui conduit à la salle de conseil.
Celui-ci impressionne par la beauté et la richesse de ses couleurs. Les fresques entièrement dorées, tracées d'un pinceau fin et raffiné, sont signées Albert et Julien de Vriendt (1895). Elles illustrent les étapes historiques de l'histoire de la ville, ses batailles, ses réunions diplomatiques, une scène religieuse... Les représentations des chevaux dans toutes les attitudes demeurent en particulier impressionnantes, dynamiques et complexes.
On circule sur un tapis rouge au centre de la vaste pièce, qui mène à la table de bois aux pieds massifs où siégait le conseil, devant l'imposante cheminée. Celle-ci constitue une pièce maîtresse de l'art gothique, avec ses dorures, ses statues d'anges et ses ogives sculpturales.
Dans une petite salle annexe, des cartes anciennes finement illuminées permettent de se rendre compte du développement de la cité au fil des âges.
En bas, des tableaux représentent encore une fois l'Histoire de Bruges, "la mort de Charles le Téméraire" et celle de Marie de Bourgogne. Mais ces oeuvres un peu massives et pompiers ne font que peu d'effets après avoir vu la salle du conseil et son plafond ouvragé.
Hôtel de ville, grand-place
Ouvert de 9h30 à 17h
Entrée 2,50€, réduit, 1,50€ (ticket combiné avec le palais du Franc).
Francfort, célèbre et mondialement connu pour la saucisse du même nom... L'espèce de petit machin plongé dans l'eau bouillante, accompagné d'une purée collante un soir de pluie, lorsque l'on rentre tard de l'école après l'étude... Chacun garde des souvenirs traumatisants de cette cuisine lyophilisée qui nous a appris sur les bancs de l'école l'existence de cette ville derrière la frontière. Mais... Le vrai goût des saucisses de Francfort dégustées sur place réconcilierait presque les amateurs... de gras. Huile et graisse jaillissent de ce petit rondin grillé.
Non, non, quelle horreur la cuisine allemande, s'exclame t-on alors ! Oui, si l'on se tient à cela. En réalité, l'Allemagne propose des trésors de saveurs et Francfort à ses spécialités qui méritent que l'on s'y arrête.
Par exemple, le "Handkäs’ mit Musik " (fromage mariné avec du sel, du poivre, de l’huile et des oignons et servi avec du pain noir), peut se déguster avec des côtelettes servies avec de la choucroute, et de la "grüne Soße" (sauce verte).
Le fameux vin de pomme, l'Äppler, sorte de cidre, se boit dans des verres cannelés typiques de la région.
Les friandises tels que le Stollen, gâteau de Noël aux fruits confis, ravit les palais et adoucit en dessert la saveur plus forte d'un Schneegestöber (pâte à tartiner à base de camembert et de fromage frais).
Dans le quartier de Sachsenhausen, beaucoup de restaurants proposent une cuisine régionale. De nombreuses tables et de nombreux plats sont ainsi à découvrir au fil du séjour, qui feront irrémédiablement changer les visions erronées que nous gardons des recettes de cette ville.
1- Office National Allemand du Tourisme (ONAT)
47, av. de l'Opéra, 75002 Paris.
Tél : 01-40-20-01-88. Fax : 01-40-20-17-00.
Internet : www.allemagne-tourisme.com.
Mail : gntopar@d-z-t.com
Bureaux fermés au public mais service information du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.
2- Office franco-allemand pour la Jeunesse
51, rue de l'Amiral-Mouchez, 75013 Paris.
Tel : 01-40-78-18-18.
Internet : www.ofaj.org
Métro : Glacière.
3- Institut Goethe
17, av. d'Iéna, 75016 Paris.
Tel : 01-44-43-92-30. Internet : www.goethe.de.
Métro : Iéna.
Réception ouverte de 9 h à 21 h (sauf le week-end).
Bibliothèque ouverte de 14 h à 20 h, (sauf le week-end), cinéma, expositions, etc.
3- Ambassade d'Allemagne
13-15, av. Franklin-Roosevelt, 75008 Paris.
Tel : 01-53-83-45-00. Fax : 01-43-59-74-18.
Internet : www.amb-allemagne.fr. M. : Franklin-Roosevelt.?
4- Consulat d'Allemagne
28, rue Marbeau, 75116 Paris.
Tel : 01-53-83-45-00. Fax : 01-40-67-93-53.
E-mail : service.consulaire@amb-allemagne.fr
Ouvert de 9 h à 11 h. .
Métro : Porte Dauphine.
Dans la série des "visites du monde économique et financier des grandes puissances européennes", on peut visiter la bourse de Francfort.
Celle-ci a été construite entre 1874 et 1879, mais ses origines sont beaucoup plus anciennes : Francfort était depuis le IXème siècle la capitale économique de l'empire Romain-Germanique, ne cessant d'accroître sa richesse grâce aux privilèges impériaux, et ce jusqu'au XVIème siècle. Maintenant, avec son dôme de 43m, la bourse est surnommée "la cathédrale des capitalistes". Elle constitue le plus gros marché d'échange allemand et l'un des principaux au monde (demandez sur place pour davantage de renseignements quant aux actions et aux capitaux, et uniquement pour les visiteurs très motivés).
Le bâtiment en lui-même est plutôt joli. Avec son dôme et sa grande place circulaire, il ressemble à une sorte de temple moderne. Dans l'entrée, deux statues symbolisent les valeurs de la bourse, le taureau représente le marché naissant, l'ours le déclin...
Les visites guidées, du lundi au vendredi, proposent une exposition audiovisuelle expliquant la façon dont la Bourse fonctionne, ainsi qu'une exploration dans la galerie.
A vrai dire, tout ceci est assez inutile. Il suffit de voir le hall pour bien saisir le fonctionnement de cet édifice et pour repérer l'intérêt architectural du tout. Ceux qui ne se passionnent pas pour les échanges de flux dans le monde risquent de s'ennuyer mortellement au cours d'une visite plus poussée.
En face, séparée de la vieille ville par le fleuve Main, la nouvelle ville dresse ses tours, ses barres d'immeubles de métal et de verre, son centre économique et névralgique qui vaut à Francfort le surnom de "Manhattan européenne".
C'est là, dans un grand édifice moderne aux formes arrondies, un peu plus bas que les autres si l'on excepte sa tour (qui rappelle les vigies des forteresses du Moyen-âge), qu'est installée la BCE, la banque centrale européenne. On y pénétre par un hall gigantesque, qui résonne de petits bruits feutrés, avec des matériaux faussement rétros, bois laqué et parquet flottant. Tout est classe, net, aéré, les gens s'y affairent dans des costumes trois pièces ou petits tailleurs impeccables, encadrés par des vigiles discrets aux oreillettes dernier cri. Luxe, argent, travail : bienvenue dans le bussinessworld ! Au centre du hall, tous les drapeaux de l'union européenne s'alignent bien sagement au garde-à-vous...
Durant une heure trente de visite guidée (obligatoire), on peut découvrir ce qu'est le monde de la finance de nos jours : on erre dans de vastes amphithéâtres insonorisés avec des baies vitrées extraordinaires qui offrent un panorama sur la ville. Le bâtiment principal est d'ailleurs l'Eurotower, une grande tour qui permet d'avoir un point de vue sur Francfort.
Dans les salles, on peut l'espace d'un instant se prendre au jeu en s'enfonçant dans des fauteuils de cuir qui avalent littéralement les corps (entre parenthèses, on se demande comment le conseil de la banque parvient à ne pas s'endormir lors des réunions).
On apprend aussi comment fonctionne le système de traduction simultanée en plusieurs langues pour les conférences : les traducteurs se tiennent dans de petites alvéoles où ils renvoient dans les casques reglés sur un canal le discours dans le langage adéquat.
Bref, la visite mérite le détour comme une curiosté sur un monde que peu de personnes, finalement, connaissent : celui du G8, des grandes puissances économiques... Intéressant... Et pour tout dire, un peu écoeurant aussi...
Attention, il est conseillé de réserver trois mois à l'avance par écrit et avec un formulaire de demande qu'il faut imprimer sur le site :
www.ecb.int/ecb/visits/how/html/index.fr.html
Les visites ont lieu presque tous les jours, du lundi au vendredi, sauf ceux où se tiennent des réunions.
De plus, la sécurité est maximale dans le bâtiment, ce qui siginife fouilles et nécessité de pièces d'identité.
Pour couronner le tout, la visite est interdite aux moins de 16 ans.
Avantage ? Tout est gratuit.
Francfort vit au rythme des fêtes et des coutumes locales.
Un petit repère de calendrier (certainement non exhaustif, Francfort étant une ville très dynamique) :
Mars :
Festival de jazz (dates variables)
Avril :
Dippemess
Cette fête trouve son origine au 12ème siècle et célèbre le printemps. C'est avant tout une réjouissance qui donne lieu à un marché d'artisans et des stands de nourriture fleurissent un peu partout. Des parcs d'attraction et des petits groupes de musique se créent à cette occasion.
Juin :
Wäldchestag ("Jour dans les bois"), fête nationale
Le mardi de la Pentecôte, les Francfurtois vont dans les bois autour de l'Oberforsthaus dans le secteur de Niederrad.
De la même manière, un parc d'attraction est monté, avec stands de bière et groupes de musique.
OpernPlatz Fest (à peu près du 22 juin au 1 juillet)
Sur la place de l'Opéra, une semaine de concerts et d'animations se joint à des dégustations culinaires.
Juillet
Sound of Frankfurt
Ce festival de musique, en cente-ville, se déroule en plein air. Plus de 70 performances, sur 8 scènes différentes, s'étendent sur plus de 12 heures de shows.
Ce festival a également lieu à Hauptwache, Stoltzeplatz, dans la Zeil et à Konstablerwache.
Höchster Schloßfest : La fête du château. Ce festival folklorique se déroule dans le Jardin Bolongaro.
Août :
Mainfest, festival du Main dans la vieille ville.
En centre ville, sur la Römerplatz comme il est de traditon depuis l'époque des empereurs, 120 jardins d'été, manèges d'enfant, stands de jeux, de tirage, de de tir et concerts ont lieu. Le mainfest constitue une tradition multiséculaire des fêtes de pêcheurs.
Museumsuferfest : La fête des musées.
La nuit consacrée à la visite des musées propose également concerts et stands. C'est un hommage à l'art et à la culture francfurtoise.
Bernemer Kerb
L'un des festivals les plus vieux à Francfort (1608) se tient le deuxième week-end d'août autour de l'église Johannis. Concerts live, stands d´Apfelwein (vin à la pomme) et parades se côtoient.
Octobre :
Fête de la bière (moins réputée et de moindre importance qu'à Munich toutefois)
Novembre-décembre :
Marché de Noël sur la Römerplatz...
Non loin de la place principale de la vieille ville, la Römerplatz, se trouve la Kaiserdom, cathédrale impériale, aussi nommée cathédrale Saint Barthélémy.
Ce splendide et majestueux édifice gothique, tout en hauteur et en pointes, date de 850. Bâtie à l'origine sur la tombe d'un noble carolingien, l'église n'est dédiée à son patron, saint Barthélémy, qu'en 1239. Cet évêque fut en effet sanctifié en hommage à ses dix couronnements impériaux.
La cathédrale avait non seulement une vocation religieuse, mais aussi politique, visant à affirmer et soutenir le pouvoir des empereurs. Dès 1356, l’élection des empereurs eut d'ailleurs lieu au sein même de la cathédrale, suivie peu après par l'inévitable couronnement d'ordre divin.
Joyau architectural, l'église est surmontée d'une tour de 96 mètres, reconstruite après un incendie en 1967. Bien que son ascencion demande un minimum de courage pour de pauvres petites jambes, et surtout pour les gens sujets au vertige (attention, attention, toute petite rampe dans les escaliers), la récompense en vaut la peine. De là-haut, on peut contempler un panorama extraodrinaire sur Francfort, de la vieille ville jusqu'à la nouvelle, avec ses gratte-ciel et ses immeubles modernes. De cette tour gothique, le paysage déroute, amuse, dans ses contrastes et son paradoxe.
L'intérieur de la cathédrale est beau, avec ses arches flamboyantes. Ses trois nefs du XIIIème siècle abritent une fresque du XVème de Bartholomew, un Van Dyck, un calvaire du XVIème et autres curiosités qui méritent que l'on s'y arrêtent... L'autel du Sommeil de Mai, au centre, date de 1434.
Beaucoup d'allemands viennent encore prier régulièrement dans la cathédrale, et l'atmosphère y est donc très silencieuse, très feutrée.
Il y a environ 4500 marchés de Noël, Weihnachtsmärkte, dans toute l'Allemagne : marchés immenses, fantastiques, possédant chacun leurs caractéristiques bien particulières... Il serait impossible de tous les lister ou même d'essayer de les distinguer. La seule chose dont on s'aperçoit en débarquant sur un marché de Noël allemand, c'est que nous, français, sommes bien loin d'égaler cette tradition ancestrale. Nos propres petites places avec leurs quelques stands font bien piètre figure à côté des ces manifestations d'une importance capitale. En Allemagne, célèbrer Noël, Weihnacht, est un art qui se met en place dès la fin du mois de novembre. La neige qui recouvre de son blanc manteau les villes et les campagnes aide aussi à se mettre dans une ambiance, que le sud de la France est bien loin de toujours posséder...
A Francfort, le marché de Noël se déroule sur la ravissante Römerplatz. Les stands de bois, couronnés de branches de sapin, de houx vert et de guirlandes lumineuses et multicolores, s'épanouissent et remplissent totalement un espace pourtant grand. Des allées de lumière et de couleur se créent, véritable labyrinthe visuel... et olfactif.
Les odeurs enivrent totalement le visiteur. On saute de senteurs sucrées de pains d'épice au caramel, à celles plus corsées du vin chaud à la cannelle...
Et pour peu que l'on goûte ! Difficile de s'arracher à ces saveurs plus intenses, plus douces et plus chaudes qu'en France. Les pains d'épices notamment, avec leurs formes de père Noël, d'animaux extraordinaoires, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, savamment décorés au sucre glace, demeurent une fête pour le palais. On y trouve aussi le Stollen, gâteau traditionnel allemand préparé à la fin de l'année, issu d'une tradition vieille de plus de 500 ans. Pain aux fruits farci au massepain, il est servi chaud ou froid. Plusieurs variétés de "Stollen" sont préparées, dont l'une avec des fruits confits dans le rhum, farcie d'une crème d'amande et repliée comme une grosse crêpe. Cette forme est un symbole de Jésus bébé, emmaillotté dans ses langes.
Enfin, les friandises, marrons chauds et pommes glacées, massepains, amandes grillées, sont montées en pyramide, ou s'étalent dans des corbeilles sur lesquelles sont accrochés de petits carillons.
Car le son fait également partie de ce voyage des sens au coeur même du marché. Les grelots répondent aux cris des vendeurs, aux rires des enfants surexcités et aux musiques de Noël très souvent diffusées, ou encore mieux, chantées directement par la chorale locale. Soudain, un claquement sec retentit : c'est le fouet d'un père Noël débonnaire qui parcourt la place en tous sens, poursuivi par une cohorte de petits déchaînés (et des parents qui essaient de les rattraper, pauvres parents).
Enfin, les stands des artisans de la région et de la ville enchantent également, avec leurs jouets, créations sur bois, bougies multicolores...
En général une grande crèche est installée au milieu du marché.
La Römerplatz devient l'espace d'un mois un lieu de réjouissances et de fêtes.
Il faut cependant savoir que le plus connu des marchés de Noël est celui de Nuremberg, la ville du jouet, le plus grand celui de Stuttgart, et le plus ancien celui de Dresde(1434), appelé "Dresdner Striezelmarkt". Sa spécificité en est justement "l’Original Dresdner Christstollen", d'après une vieille recette du XVème siècle.
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