En remontant le Boulevard Atatürk vers le nord, on arrive à Kizilay, qui est à la fois une grande place avec un parc bordée d’immeubles ultra modernes et le cœur névralgique de la ville. Il y avait beaucoup d’animation ce samedi 6 décembre : une foule de gens pressés qui font les courses du samedi, une circulation dense mais assez ordonnée, des taxis en grand nombre, une importante station de métro…Bref, tous les attributs d’une grande ville européenne.
Environ cinq cent mètres plus au nord toujours en remontant le boulevard Atatürk, on arrive à la place Sihhiye, aisément reconnaissable grâce à son disque solaire en bronze représentant trois taureaux. L’original qui date de 2.000 ans avant J.C. se trouve au musée des civilisations anatoliennes.
Ce segment du boulevard de Kizilay à Sihhiye est certainement l’un des plus animés de la ville.
Très animée avec de grands immeubles de bureaux, nettement moins modernes que ceux de Kizilay, la place Ulus, au coeur du quartier du même nom, a beaucoup de petits commerces et de bus. La classe populaire turque y est dominante...
Ce bar à salade, situé sur la droite de l’avenue Tunali Hilmi Caddesi, en sous-sol, est agréable et propre.
J’y ai consommé une salade et une orange pressée, toujours excellente. En matière de boisson, ne jamais boire un jus de fruit en bouteille, mais désigner d’un geste le tas d’orange ou de fruits frais toujours bien en évidence pour commander une boisson pressée. C’est tellement meilleur et plus sûr...!
Les prix sont à l’image du quartier, parfaitement « occidentalisés ». j'ai payé 9 euros... Pour une halte, cela passe, mais disons que l’endroit ne vaut pas le détour...
Très animée avec de grands immeubles de bureaux, nettement moins modernes que ceux de Kizilay, beaucoup de petits commerces et de bus, la place Ulus se trouve au centre du quartier du même nom. Elle est ornée d’un monument de la Victoire sous forme d’une statue équestre en bronze de Mustapha Kemal et des scènes exaltant la guerre de l’indépendance et la Renaissance de la Nation en 1923. Ce monument symbolise le soldat Turc, la femme turque et le Turquie moderne...
Le quartier est plus modeste avec des cireurs de chaussures et des vendeurs ambulants. Beaucoup d’hommes dans les rues et des femmes âgées faisant leurs courses. Peu de jeunes...
En continuant le boulevard, on trouve sur cinq cents mètres beaucoup d’hôtels d’assez bonne qualité, de toute évidence fréquentés par une clientèle turque et certainement bien moins chers que les grands hôtels « internationaux » du quartier Kavaklidere au sud de la ville.
Une colonne d’époque romaine, appelée la colonne de Julien (seconde moitié du 4ème siècle) orne la petite place qui se trouve sous l’esplanade de la mosquée Haci Bayram. A son sommet se trouve un chapiteau corinthien couronné d’un curieux nid de cigogne dont on ne sait s’il est parfois fréquenté par ses propriétaires. Si vous cherchez cette colonne, inutile de demander dans la rue où elle se trouve car les gens du coin ne la connaissent que sous le nom de Belkis Minaresi, ou minaret de la Reine de Saba, même si elle n’a rien à voir avec la fameuse reine.
Le coin est tranquille, à l’écart des rues commerçantes agitées. J’y ai déjeuné sur le pouce d’un sandwich et d‘un jus d’orange pressée.
A l’est de la place Ulus on traverse un quartier modeste mais très animé, avec ses rues bordées d’échoppes de toutes sortes, un marché couvert débordant d’étoffes et de vêtements, ses vendeurs à la sauvette et sa gare routière envahie de micro bus. De toute évidence, on vient là, parfois de loin, pour acheter et vendre. Les femmes avec des foulards sur les cheveux portent de modestes sacs en plastique; les hommes coiffés de bonnets de laine ont les traits fatigués de ceux pour qui la vie n’est pas facile. Ils parlent entre eux et portent moustache.
On aperçoit le minaret d’une moquée auquel sont accolés des restes romains très imposants. Il s’agit de la mosquée Haci Bayram, construite au 15ème siècle, qui jouxte le Temple d’Auguste construit au premier siècle avant JC. Du temple, il reste un très beau mur exposé plein ouest face à la citadelle, un magnifique portique, ainsi que de nombreuses inscriptions bilingues commémorant les œuvres de cet empereur et publiant ses édits en grec et en latin pour être compris de tout le monde dans un empire romain alors à son apogée.
Le temple fut partiellement détruit au 5ème siècle pour faire place à une basilique chrétienne, laquelle fut ensuite désaffectée et remplacée par la mosquée actuelle au 15ème siècle. Pour le spécialiste en histoire des religions, ce site archéologique se lit à livre ouvert. Il témoigne aussi de la richesse de ce patrimoine turc dont les strates historiques se perdent dans la nuit des temps.
L’ensemble mosquée et temple est entouré d’une belle esplanade qui sert de parking avec une partie piétonnière, avec une très belle vue sur les quartiers pauvres de la citadelle.
En remontant le boulevard Atatürk vers le nord, on arrive à Kizilay, qui est à la fois une grande place avec un parc bordée d’immeubles ultra modernes et le cœur névralgique de la ville : mosquée Kocatepe, place Sihhiye, opéra...
La mosquée Kocatepe est la plus grande mosquée d’Ankara. Sa construction, récente, a suscité pas mal de polémique. Certains y ont vu une réaffirmation de l’Islam dans la vie politique turque et une concurrence avec le mausolée d’Atatürk, symbole de la sécularisation de la Turquie. De fait elle est monumentale et bâtie sur une vaste esplanade plutôt bien conçue au sein d’une opération d’urbanisme qui a restructuré tout un quartier. L’ensemble qui comporte des immeubles réguliers, dominant une place avec un jardin et des parkings en sous-sol, est tout à fait acceptable.
La salle de prière, magnifique et grandiose, est illuminée de vitraux colorés. Au sol, d’épais tapis rouges donnent de la chaleur à cet espace immense. Ce jour là, il n’y avait pas quinze personnes pour écouter le prêche d’un imam, alors que la salle aurait pu en contenir plusieurs centaines.
En ce dimanche matin ensoleillé de décembre, une petite foule s’assemble autour de deux cercueils déposés à une extrémité de l’esplanade. Je suis resté quelques instants pour observer de toute évidence un enterrement. Hommes et femmes portent comme un badge les photos des défunts collées sur le revers de leur veste. Quelques couronnes mortuaires arrivent et sont déposées à côté des cercueils. Ceux qui sont déjà là saluent les nouveaux arrivants, de petits groupes se forment et entament des conversations discrètes. Les hommes sont habillés en sombre, les femmes portent foulard et pantalon car il fait froid. Vers midi l’appel à la prière du muezzin retentit, mais personne ne bouge. Finalement une voix appelle par le haut parleur, les conversations s’arrêtent, le temps d’un discours ou deux, en dernier hommage aux défunts. Il n’y aura pas de pas de cérémonie particulière à l’intérieur de la mosquée. Puis c’est la levée des corps. Les cercueils sont amenés à épaule d’hommes jusqu’aux fourgons mortuaires garés à proximité en présence d’une foule de 200 personnes environ qui commencent maintenant à se disperser lentement, comme à regret.
En continuant le boulevard Atatürk au-delà de la place Ulus, toujours vers le nord, on repère sur la gauche un modeste portail avec un drapeau turc qui ne paye pas de mine. Cette entrée donne sur une très belle esplanade herbeuse décorée d’une série de tombes romaines et byzantines, de nombreux chapiteaux numérotés et de pieds de colonnes, disposées en rectangles, qui indiquent la présence d’une palestra, jeu romain de balles.
Au-delà, sur une butte à l’écart du boulevard et du bruit de la circulation, se trouvent les fondations de bains romains entourées d’une clôture agrémentée d’un espèce de chemin de ronde qui permet de visualiser le site assez bien. On peut voir, ou plutôt deviner, les piscines de différentes températures, le frigidarium, le caldarium et le tepidarium. Il n’en reste bien entendu que les bases des colonnes. Ces bains, connus sous le nom de bains de Caracalla, empereur romain du début du 3ème siècle après J.C., ont été utilisés pendant environ cinq siècles.
Au total une visite très agréable, un havre de paix, sous un pâle soleil de décembre. Je me suis amusé à déchiffrer les inscriptions grecques ou latines qui figurent sur les tombes et les colonnes...
Le coût de la vie dépend bien entendu du taux de change, mais il est en général beaucoup moins élevé qu’en France. Mais attention quand même aux zones à touristes où la différence est moins évidente.
Une fois passé la police et la douane, il est facile de trouver un distributeur de billets multilingue qui crachera les livres turques dont vous aurez besoin. Vous vous apercevrez vite que les pièces turques sont en tout points semblables aux euros. On les différencie par la présence du croissant et de l’étoile. Le taux de change (1,85 livre turque pour un euro en décembre 2006), a tendance à varier en raison de l’inflation interne qui est de l’ordre de 10% par an. De temps en temps, il faut donc ajuster le taux de change vers le haut. Au moins les choses sont claires à présent en matière de change. Il n’en a pas toujours été ainsi. En 2001, les autorités monétaires ont décidé d’enlever six zéros à une livre turque tellement dévaluée que l’on ne s’y retrouvait plus...
Pour aller en Turquie, la véritable porte d’entrée est l’aéroport d’Istanbul. Si vous voyagez par Air France, qui ne dessert pas Ankara, vous devrez prendre la correspondance, ce qui est d'ailleurs facile. Après quarante minutes de vol supplémentaires par Turkish Airlines, on se trouve dans la capitale turque. Les aéroports de ces deux villes sont résolument modernes et très efficaces. Ne vous attendez à aucun dépaysement, certainement pas celui que j’ai vécu il y a plus de quarante ans en arrivant par le port d’Istanbul dans un bateau qui venait d’Athènes... Eh oui, pour voyager économiquement on voyageait en bateau, car l’avion était un luxe à l’époque !
Le taxi de l’aéroport au centre ville est sans histoire car on paye en fonction de ce que dit le compteur. Il faut compter 65 livres, soit 35 euros, car l’aéroport est loin de la ville. Quoi qu’il en soit, le touriste moyen a beaucoup moins de chance de se faire arnaquer par les chauffeurs de taxis turcs qui fonctionnent au compteur qu’à l’aéroport d’Athènes ou dans certaines villes italiennes. En général ils sont serviables, mais il faut s’assurer qu’ils ont bien compris où vous voulez aller...
Voici un excellent restaurant de poisson qui dispose d’une grande salle avec piano et trompette et de deux petites salles plus intimes. A proximité des grands hôtels et notamment de la tour ronde du Sheraton, il est surtout fréquenté par des étrangers. Il n’y a pas de menu, ni de prix, ce qui peut rendre le client de passage un peu méfiant.
On est invité à choisir soi-même son poisson en pointant du doigt dans de grands bacs à poisson frais à l’entrée. En guise d’entrée, je me suis laissé proposer un pot-pourri de crustacés et de morceaux de poisson crus, parfaitement délicieux, accompagnés d’une gigantesque salade. Les poissons étant de toute évidence trop gros pour une personne seule, j’ai ensuite demandé une grillade de trois rougets. Le tout pour 50 livres turques, soit 25 euros, sans dessert, ce qui est cher pour la Turquie. Mais il faut dire que c’était bon.
Le service est un peu trop empressé, presque brouillon et ils "profitent" un peu trop des étrangers. Mais ça marche. Il est prudent de réserver.
Le mausolée d'Atatürk ne fait pas vraiment dans l'intime et l'austérité... Néanmoins, un jour férié national turc tel que le 11 novembre, jour de la mort du père des turcs, la foule est nombreuse et et l'atmosphère solennelle.
Dans le quartier de Hisar, dominé par la citadelle d'Ankara, les rues étroites sont bordées de maisons ottomanes, ornées de balcons en bois et peintes de couleurs vives. Les enfants y chahutent dans une ambiance qui reste populaire...
Située sur un piton rocheux qui domine Ankara, la citadelle comporte deux enceintes dont la première date de l’époque romaine. C’était un ouvrage de défense et ses murs, constitués de gros blocs de basalte, ont été beaucoup détruits et reconstruits au cours des siècles, notamment par les ottomans. Ce n’est pas un monument historique, mais un lieu de vie. Les rues étroites, pas bien entretenues, sont bordées de maisons anciennes, ornées de balcons en bois et peintes de couleurs vives. Les enfants chahutent, les adultes vont et viennent. Tous sont de condition modestes.
On y remarquera quelques maisons ottomanes bien restaurées qui abritent en général des restaurants aux noms inattendus,- le Pineapple, le Washington-, autant d’indices que le lieu n’a pas échappé à l’attention du tourisme « branché ». J’y ai pris un thé et un gâteau au chocolat pour six euros : les prix aussi sont branchés sur le tourisme international...!!
Du sommet, on a une belle vue sur les faubourgs nord d’Ankara. Le quartier qui entoure la citadelle est aussi pittoresque avec ses petites rues pavées, en pente et bordées d’échoppes et de boutiques de souvenirs, genre bazar. La nuit, elle est illuminée.
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