Impossible de rater l’énorme bâtiment du Parlement sur le Ring, à l’ouest du centre ville ! L’édifice central est agrémenté de colonnades à la grecque qui, dans l’imaginaire de nombreux architectes de la fin du 19° siècle, étaient à la fois une dette et un hommage rendu à la démocratie grecque antique.
Les ailes latérales, un peu moins hautes, prolongent le bâtiment central et donnent à l‘ensemble un aspect monumental imposant, pour ne pas dire un peu écrasant. A l’entrée, la monumentale statue de Pallas, la déesse grecque de la sagesse, semble dire au visiteur ou à l’élu que la démocratie est fille de la sagesse à moins que ce ne soit l’inverse !
Parlament: Dr Karl-Renner-Ring, 3
Que Vienne ait des allures de grande ville bourgeoise, on le savait ! Mais pour s’en rendre compte par soi-même, rien de mieux que de faire le tour du centre ville par le Ring, cette succession de grands boulevards où se dressent, musées, bâtiments publics, grands hôtels, salles de spectacle, cafés et boutiques. On y respire une prospérité de bon aloi, sûre d’elle-même, ni vulgaire, ni tapageuse. Trottoirs larges et propres, transports publics commodes, circulation maîtrisée…Le voyageur le plus exigeant se manquera pas de se laisser séduire par une capitale que l’histoire a surdimensionné par rapport au pays qu’elle représente dorénavant. Du temps de la splendeur de l’empire austro-hongrois, c’était un peu du cœur de l’Europe qui battait ici.
Pour le tour complet du centre ville par le Ring, compter deux heures à pied tranquille.
La place des Musées est à elle seule un condensé de vie culturelle intense qui rassemble le musée Léopold, le musée d’art moderne, des centres d’architecture, des studios de production multi media, des ateliers d’art, des bars et des restaurants. L’endroit, très animé, piétonnier, mériterait plusieurs visites. J’y ai déambulé un samedi soir en me promettant d’y revenir. Sur la place Marie-Thérèse, se trouvent le Musée d’histoire naturelle et le grand Musée d’art et d’archéologie, certainement l’un des plus riches du monde.
On peut se cultiver à Vienne sans effort. Tout est à portée de main, ou plutôt de promenade urbaine, policée et tranquille. En songeant à toutes ces richesses artistiques accumulées au cours des siècles par les familles royales, les mécènes, les collectionneurs et dorénavant mises à la disposition du grand public des capitales européennes, je ne pouvais m’empêcher à la marée montante du bétonnage généralisé, du commercialisme publicitaire et de la laideur urbaine agressive qui est l’apanage de tant de villes où l’histoire est niée, notamment dans le tiers-monde. Quel privilège exorbitant que le nôtre !
Quartier des Musées: Museumsplatz et Maria-Theresien Platz à un bloc du Ring
Si vous aimez les peintures de Schiele, Klimt, Kokoschka, Moser et l'expressionisme autrichien en général pendant la première moitié du 20°ème siècle, c’est au musée Léopold qu’il faut aller. Le bâtiment, d’architecture moderne (il date de 2001), n’est pas particulièrement original, mais les collections qui proviennent d’une donation du couple Léopold, sont remarquables.
Ce qui m’a frappé, c’est l’actualité de cette peinture, révolutionnaire pour une époque marquée par la première guerre mondiale, des révolutions sociales, la fin de l’empire austro-hongrois et l’émergence de l’Europe centrale telle que nous la connaissons encore aujourd’hui. L’époque est sombre, marquée par le pessimisme qui caractérise les mondes qui finissent. Le réalisme des paysages urbains, des portraits et des corps dénudés traduit parfaitement le nihilisme et les angoisses du moment. Impossible de ne pas faire le lien avec certains peintres latino-américains d’aujourd’hui.
Avant de quitter le M
musée, on ne manquera pas une visite au Café Léopold d’où on a une belle vue sur la Museumsplatz.
Leopold Museum, Museumsplatz 1, ouvert tous les jours de 10h à 19h. Entrée : 9€.
L’appartement viennois de Freud, aujourd’hui transformé en petit musée, se trouve au nord-est de la ville à trois rues au-delà du Ring. Le quartier ne manque pas d’allure avec ses rues larges et rectilignes et ses grands trottoirs. Le fondateur de la psychanalyse résida ici de 1891 à 1938, date où il dut émigrer à Londres. De l’appartement original il ne reste que l’entrée avec le chapeau et la canne du grand homme, et la salle d’attente. Celle-ci est particulièrement intéressante car c’est aussi la pièce où Freud se réunissait tous les mercredi soir avec ses collègues psychanalystes pour échanger leurs expériences et faire avancer la nouvelle discipline. Le mobilier est d’époque : fauteuils rouge grenat, une armoire pleine de ces statuettes en terre cuite anciennes que le maître collectionnait, un gros poêle en faïence typique d’Europe centrale…
Les autres pièces ont été vidées de leur mobilier. Le fameux canapé où s’allongeaient les patients et le bureau de Freud se trouve au musée Freud de Londres. Les murs sont entièrement décorés de photos, d’articles de presse relatant sa vie et ses combats et de distinctions diverses. On vous donne à l’entrée un catalogue avec toutes les références nécessaires. Le public de visiteurs est jeune, respectueux, largement féminin. On parle à voix basse, un peu comme dans une église…
Sigmund Freud Museum, Bergasse 19. Ouvert tous les jours de 9 à 17h. Entrée: 7 €.
Sans conteste l’un des plus agréables en Europe. Peut-être en raison de sa taille (moyenne), de ses boutiques (bien achalandées), de ses restaurants (nombreux) ou de sa signalétique (excellente). Pour qui déteste le temps perdu à déambuler dans les salles d’attente ou les couloirs d’aéroport, celui-ci est un moindre mal. On a au moins le sentiment qu'il a été conçu pour le confort des usagers. Un signe qui ne trompe pas : les emplacement de toilette sont nombreux et indiqués par des panneaux très visibles et, comble de sollicitude pour le passager dont les intestins sont en déroute, chaque indication de toilettes vous renseigne aussi où se trouvent les suivantes…
Cet aéroport est la plaque tournante pour toutes les correspondances à destination des villes d’Europe centrale et du sud-est non desservies depuis Paris.
Un nouveau métro rapide relie l’aéroport au centre-ville (Wien Mitte) et il vaut mieux éviter les taxis car c’est loin. Pendant que je déchiffrais les instructions du distributeur automatique de billet, un voyageur obligeant est venu me dire, d’abord en allemand puis en anglais, que la ligne de métro traditionnel à deux pas assure le même service pour deux fois moins cher (3,40 euro). Va donc pour le métro moins cher, mais avec quelques arrêts en plus…
Je n’avais que 24 heures à passer à Vienne et donc le choix entre un hôtel à l’aéroport et une chambre en centre ville. Comme mon avion partait en fin d’après-midi le lendemain, j’ai opté pour l’hôtel de l’aéroport afin d’y laisser mon bagage et d’aller déambuler tranquillement en ville toute la journée du lendemain.
Au NH, juste en face de la sortie de l’aéroport, j’ai trouvé le confort que l’on est en droit d’attendre d’un quatre étoiles: réception spacieuse, immenses salons modernes et belle chambre récemment décorée. Sans surprise, les prix sont ceux auxquels on doit s’attendre dans ce genre d’établissement qui reçoit une clientèle d’affaires entre deux vols : 145 euros la nuit, plus 18 euros de petit déjeuner. Une fois n’est pas coutume.
Hotel NH : aéroport de Vienne, en face de la sortie. Tél: 431 70 15 10
A droite du Holiday Inn de Sarajevo, se dressent trois tours de bureaux modernes dont l’une abrite les services de la mission de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe). Le but de cette organisation dont le siège est à Vienne est de développer des institutions démocratiques dans les situations d’après conflit, de promouvoir les droits de l’homme et d’assurer la sécurité des personnes. A Sarajevo, l’OSCE s’efforce de renforcer la viabilité de la Bosnie-Herzégovine en tant qu’état indépendant.
Il faut savoir que ce pays est encore très fragile. La Bosnie-Herzégovine se compose à l’heure actuelle de deux entités : la fédération de Bosnie-Herzégovine, multi-ethnique mais à dominante bosniaque et la Républika Rspska ethniquement homogène. La première est divisée en 10 cantons à dominante tantôt bosniaque, tantôt croate ; la seconde est peuplée uniquement de serbes. Pour être complet il faudrait y ajouter le district autonome de Brcko. Ces institutions politiques et administratives, extrêmement complexes pour un petit pays de …, sont le résultat des accords de paix de Dayton (1995). Elles entravent le développement économique et social du pays.
Malgré le soutien administratif et financier constant et massif de la communauté internationale, la viabilité politique du pays est encore mal assurée. L’Union européenne a signé en janvier 2008 un Accord de stabilisation et de coopération qui fait naître beaucoup d’espoir.
Une modeste plaque apposée à l’angle d’une rue et d’un pont rappelle qu’en cet endroit l’archiduc, héritier de l’empire austro-hongois et son épouse, ont été assassinés par un nationaliste serbe Gavrilo Princip le 29 juin 1914. A cette époque, la Bosnie-herzégovine, ancienne province ottomane, fait partie intégrante de l’empire austro-hongrois. Cette situation est contestée par la Serbie qui prône la réunion autour d’elle de tous les Slaves du sud.
Cet attentat, somme toute banal, dans un coin reculé de l’immense empire austro-hongrois, va entraîner, par le jeu des alliances européennes, le déclenchement de la première guerre mondiale.
Le petit musée qui se trouve à côté de la plaque est intéressant.
Le siège de Sarajevo a duré trois ans et demi de 1992 à 1995. La ville, encerclée par les forces serbes, a été bombardée quotidiennement pendant des mois d’affilée à un rythme de 300 obus par jour. Les pertes humaines ont été estimées à 12.000 morts et 50.000 blessés. Les dégâts causés aux bâtiments officiels et culturels et aux immeubles d’habitation ont été considérables.
Les traces de la guerre sont heureusement de moins en moins visibles car la reconstruction a fait de réels progrès. Le macadam des rues parfois éclaté par une grenade ou un obus est soigneusement préservé tel quel. La présence de tombes musulmanes dans certains parcs publics de la ville, témoigne encore d’un temps où la ville assiégée manquait d’espace pour enterrer ses morts. Mais les logements ont été reconstruits et de nouvelles tours de bureaux sortent de terre, témoignant de la vitalité retrouvée de la ville.
Dans les esprits et les cœurs cependant, la méfiance est toujours là et les signes de repli identitaire abondent, à commencer par ces familles qui préfèrent envoyer leurs enfants dans une école loin de chez elles pour être sûre qu’ils ne seront pas maltraités par leurs camarades dans une école dominée par un groupe ethnique qui n’est pas le leur. Cela ne simplifie pas la tâche des autorités qui s’efforcent de développer la scolarisation des enfants. La population serbe de Sarajevo a fortement diminué en émigrant dans la République serbe de Bosnie. Ces questions sont tellement sensibles qu’aucun recensement de population de la Bosnie-Herzégovine n’a été effectué depuis 1992…La population actuelle de la ville est estimée à 400.000 habitants. Sarajevo reste une ville multi ethnique, même si la guerre a causé le départ de nombres de croates et de serbes.
Construite dans un style mauresque de la fin du 19° siècle, elle se dresse fièrement au bord de la rivière. Bien éclairé la nuit, l’édifice a belle allure. Pendant la guerre les bombardements ont provoqué un incendie qui a détruit les archives nationales qui s’y trouvaient. C’est toute la mémoire de la Bosnie multi ethnique que l’on a voulu détruire.
Les travaux de restauration ont commencé, mais avancent lentement. A l’intérieur, plusieurs piliers ont été remplacés et l’édifice est maintenant sécurisé. Mais c’est encore un immense chantier. Aux dires de l’architecte avec lequel nous avons pu parler, il manquerait encore quelques 15 millions d’euros pour financer l’achèvement des travaux. Personne n’est en mesure de dire quand le chantier sera terminé.
C’est le seul hôtel de classe internationale de la ville. Pendant le siège de Sarajevo, c’est là que les étrangers et notamment les journalistes rongeaient leur frein dans l’attente de nouvelles. Les chambres qui donnent toutes sur un grand patio intérieur sont vastes et confortables, même si la déco et le design mériteraient d’être un peu rafraîchis.
Compter 140 euros la nuit, petit déjeuner/buffet très abondant compris. Il y a beaucoup moins cher dans le centre ville.
L’entrée principale de l’hôtel se trouve sur un grand boulevard qui mène au centre ville, la fameuse sniper alley que les tireurs d’élite serbes retranchés dans les collines dominant la ville tenaient sous la menace de leurs fusils à lunette pendant la guerre.
En face, deux immeubles modernes ou réhabilités servent de siège au gouvernement et aux différents ministères. Pour traverser le boulevard, il suffit maintenant de faire attention aux voitures. Rien ne rappelle les évènements tragiques qui se sont déroulés ici.
Tant qu’il fait beau, en été ou au printemps, pas de problèmes. Mais en hiver, prenez vos précautions car le brouillard monte de la rivière fréquemment et envahit la ville et l‘aéroport, situé à moins de vingt minutes. Cela fait douze ans que la guerre est finie, mais on n’a pas encore trouvé les moyens d’équiper l’aéroport de Sarajevo de radar convenable et d’un système d’atterrissage tous temps. Les vols annulés ou détournés vers Mostar dont l’aéroport est plus ensoleillé ne se comptent plus. Le seul problème, c’est qu’il faut deux heures et demie de bus pour rallier Sarajevo depuis Mostar.
Sur ce chapitre, Austrian Airlines qui bénéficie du hub de Vienne qui dessert toutes les capitales d’Europe centrale et orientale a la réputation d’être une compagnie ultra prudente et d’annuler ses vols vers Sarajevo alors que d’autres compagnies les maintiennent…Allez comprendre !
Evidemment, pour décoller, c’est la même chose. En clair, si vous avez un emploi du temps serré, Sarajevo l’hiver, ce n’est pas gagné. C’est un peu dommage car cet aéroport qui a été le seul lien entre la ville assiégée et le reste du monde de 1992 à 1995 a une valeur symbolique réelle.
C’est une ville de montagne bâtie sur un plateau à 600 mètres d’altitude et traversée d’est en ouest par une rivière de montagne, la Miljacka. La plupart des édifices historiques se trouvent à proximité de cette rivière que l’on traverse par une bonne douzaine de petits ponts. Le climat est continental et froid l‘hiver avec un enneigement abondant. En 1984 Sarajevo a organisé les jeux olympiques d’hiver.
Le centre ville est entouré de collines urbanisées par des chalets de montagne. L’hiver la ville, mal éclairée et désertée assez tôt en fin d’après-midi, est quelque peu austère. Quand les beaux jours arrivent, par contre, c’est un enchantement. Le bazar turc, au pavage récemment rénové, avec ses échoppes de souvenirs pour touristes, ses fontaines d’ablutions, ses restaurants et ses salons de thé reste une destination très prisée des touristes.
En plein centre ville, une église orthodoxe voisine avec une église catholique et une mosquée, témoignant du passé multi ethnique et multi culturel de la ville. L’empire ottoman, celui des très chrétiens Habsbourg et le monde orthodoxe se sont côtoyés, affrontés et succédés ici. Jusqu’à la guerre de 1992, Musulmans bosniaques, catholiques croates et serbes orthodoxes ont assuré une tradition de tolérance et de coexistence pacifique qui faisait l’orgueil de la ville.
Elle se situe à l’entrée du Vieux bassin dont elle commandait l’entrée. Autrefois incluse dans les remparts qui ceinturaient la ville, il n’en reste qu’un bâtiment qui domine l’écluse. C’est un bon pont de départ pour la visite de la ville. C’est aussi d’ici que partit Samuel de Champlain pour coloniser le Canada et fonder Québec en 1608.
|
142 contribution(s)
7 pays renseigné(s) Voyageur nomade Info auteur |
|
|
Derniers articles
|
|
|
Recherche
|
|
|
Lien(s)
|
|
|
Carnets de voyage
|
|
|
Photos :
122 photo(s)
|
|
|
Vidéos :
0 vidéo(s) |
|
|
Audios :
0 audio(s) |
|
|
Archives
- Mai 2007 - Mai 2006 |
|
|
Pays
|
|
|
Mes amis Voix Nomades
|
|
|
Fil RSS du blog de Jean_Pierre
|