Le musée Cernuschi (prononcer ski à la fin, le fondateur est un Italien) a réouvert ses portes en juin 2005 dans une nouvelle mise en scène qui laisse toute sa place à la lumière naturelle. C'est un musée de petite taille, qui se visite en 1H30 et qui est spécialisé sur la culture chinoise (tandis que le musée Guimet bien plus grand couvre toutes les cultures asiatiques). C'est donc une visite idéale pour préparer un voyage en Chine ou au contraire pour le poursuivre. La collection permanente évoque tout particulièrement les principaux arts et artisanats depuis l'époque des Shang (bronze, jade du 2ème millénaire avant J-C) jusqu'à l'époque des Tang (9e siècle, avec les fameuses céramiques vernissées de 3 ou 5 couleurs). La collection de la dynastie intermédiaire des Han est tout simpement magnifique : le musée possède de nombreuses mingqi, statuettes funéraires représentant servantes ou danseuses très gracieuses. L'art bouddhique est également présenté mais un peu rapidement, ce n'est pas le point essentiel. D'ailleurs le Bouddha le plus impressionnant de plusieurs mètres de haut vient du Japon et date du 19ème siècle. C'était la pièce préférée de Cernuschi et c'est autour de cette pièce que fut construit le musée avec une salle suffisamment haute pour l'accueillir. Un peu à l'écart des circuits touristiques, ce musée est très rarement plein. La flânerie n'en est que plus agréable. De plus en tant que Musée de la Ville de Paris, il est gratuit pour sa collection permanente. Enfin, il est situé à deux pas du Parc Monceau, qui peut compléter agréablement la visite.
Tissus brodés aux éléphants d'or, étang poissonneux traversé par un petit pont de bois, bananiers...et tout cela réunis avec goût. C'est le pari réussi par un des meilleurs restaurants thaïlandais de la capitale, le Blue Elephant, assez proche de Bastille. Le dépaysement est garanti. Les plats servis sont également de vraies oeuvres d'art (fleurs d'orchidées, légumes sculptés...), le service est très soigné. La réservation est indispensable, vous avez le choix entre 2 services (avant ou après 21h30). Pour un repas en amoureux préférez une place au semi-étage, si vous êtes plus nombreux, demandez à être placés après le petit pont de bois.
Pour découvrir ou retrouver avec délectation la vraie cuisine chinoise, forte en saveurs et épices, loin des fadeurs proposées chez les traiteurs, je vais régulièrement au Président, dans le quartier de Belleville. Tout est bien cuisiné et tout particulièrement le canard laqué à la mode pékinoise. Pour l'avoir dégusté à Pékin, je vous assure qu'il est servi et cuisiné exactement de la même façon (petits morceaux de viande à rouler dans des galettes avec ciboule et sauce aux huîtres). Et ce qui ne gâte rien, la grandiloquence propre aux édifices chinois généralement riches en fontaines, escalier monumental et végétation est à la hauteur de nos attentes. Le canard laqué façon pékinoise est le plat le plus cher de la carte (46 E en entier) mais on y mange facilement à 8 personnes. Sinon, il existe des menus à 9 et 12 euros pour le déjeuner ou des plats à la carte à des prix plus abordables.
Qui pourrait prétendre aller en Andalousie pour des vacances, sans voir le trio Séville/Cordoue/Grenade? La tentation est bien trop grande...et amplement contentée! Mais chacune de ces villes mérite une "visite rayonnante" ; leurs environs peuvent occuper agréablement toute une semaine. Depuis Séville, pour une excursion d'une journée mes préférences se portent sur les villages blancs de Carmona, Marchena et pourquoi pas le site archéologique d'Italica (gratuit pour les ressortissants de l'Union Européenne). Pour une boucle un peu plus longue, précipitez-vous en bord de mer et d'océan dans la ville de Cadix. Sur le chemin, faîtes une halte à Ronda qui offre une très belle promenade sur et au pied de son promontoire. Mais pour la soirée, l'ambiance espagnole est plus authentique à Cadix, lieu de résidence secondaire des Sévillans. Par comparaison,les Anglais complètement entichés de Ronda y sont bien trop nombreux.
Ce qu'il n'est pas utile de dire pour Séville, l'est peut-être pour Cordoue : à elle seule la ville mérite un séjour.Il faut prendre le temps de marcher dans son quartier nord vers ses ruines romaines, son parc et surtout le long du Guadalquivir. L'ancien quartier des souks à l'Est de la ville est également intéressant. Bref Cordoue ne se résume pas à l'émotion de sa mosquée-cathédrale. A quelques kilomètres de la ville se trouve le site d'une ancienne ville princière Madinat al-Zahra qui est une parfaite introduction à l'art califal.
Enfin, depuis Grenade vous n'avez que l'embarras du choix, en direction du nord et de ses oliveraies à perte de vue pour voir les villes Renaissance de Baeza, Ubeda et Jaen ou vers le sud en direction de Malaga, connue entre autres pour son "microclimat".
Cheminant par sauts de puce d'île en île, il faut pousser jusqu'à Vis, la plus occidentale des îles de Dalmatie centrale. La traversée en bateau depuis l'île de Hvar ou le port de Split peut déjà réserver quelques surprises : on peut y apercevoir l'aileron d'un ou deux requins et prendre le temps de méditer sur ce petit isolat, zone militarisée pendant la Yougoslavie de Tito. L'île fut strictement interdite aux touristes étrangers et pendant 50 ans, Vis vécut coupée du monde, en autarcie complète. Certains de ses habitants ont fui vers l'Italie à la nage. Aujourd'hui, cette île est ouverte et nous offre des paysages incroyablement préservés. Comme dans beaucoup d'îles croates, l'île porte le nom de la bourgade principale, Vis, située dans une baie au nord de l'île. La ville est en fait formée de la réunion des villages de Luka "le port" où arrive le ferry et de Kut. Kut est plus autenthique et bourgeois, c'est un lieu traditionnel de résidences secondaires des habitants de Hvar (nombreuses maisons patriciennes du 18es).
Avec son chapelet d'îles, la baignade (ou la plongée) est souvent ce qui motive un voyage en Croatie. Evidemment moins riche que son voisin italien, le pays offre cependant de belles surprises culturelles, moyennant quelques lectures... Les monuments ou sites n'ont effectivement rien de monumental (exceptions faites du palais de Split et des remparts de Dubrovnik) et il est facile de passer à côté. Pourtant la cathédrale de Sibénik est exceptionnelle par sa technique de construction (toiture de pierre sans maçonnerie), la basilique de Porec en Istrie et le site archéologique de Salona près de Split permettent d'aborder l'histoire des premiers siècles du christianisme (lieux de culte, nécropole partagée par des païens et des chrétiens...), tandis que la chapelle funéraire de Trogir nous plonge en pleine Renaissance. Et pour ne choisir qu'un thème, le fil conducteur peut être l'influence de Venise (remparts et orfèvrerie de Zadar) , peinture du monastère franciscain de Hvar...
Beaucoup de villes littorales sont construites de la même façon : un vieux centre piétonnier et une promenade en front de mer plus ou moins aménagée ; il est donc aisé de passer de la baignade à la visite !
Pour apprécier tout le charme des petits ports balnéaires ou des petites villes insulaires, il faut absolument éviter la période estivale. Cela semble une évidence, mais cela change vraiment la perception que l'on peut avoir des lieux. La Croatie ne compte que 4,7 millions d'habitants répartis dans de petites et moyennes villes : les promenades du soir en bord de baie, les visites de cathédrales étroites perdent tout intérêt au milieu de la foule. Depuis une quinzaine d'années, la Croatie est la Côte d'Azur des Allemands et elle devient une des destinations favorites des Français... Coincés par la période estivale, le mieux est certainement de visiter Zagreb et la région du Zagorje, beaucoup moins touristique. L'idéal étant de réserver ce parcours pour une deuxième visite et de privilégier la côte au printemps ou à l'automne.
En revanche, si vous êtes partis pour longer le littoral, depuis l'Istrie (à ne pas manquer) jusqu'à Dubrovnik, inutile de perdre du temps à Zagreb...Pour elle seule, le détour n'en vaut pas la peine. D'autant moins que les routes de direction nord /sud ne sont pas très nombreuses et souvent embouteillées.
Voici une adresse sympathoche de fin de journée : une courette de la médina avec des bancs où l'on vous sert un excellent thé à la menthe et où vous pouvez voir un "bon" film d'action ou à l'eau de rose, généralement américain sous-titré en arabe, diffusé sur une télé. Pour le petit plus : mêmes prestations que dans les cafés d'Amsterdam...Résultat, une ambiance détonnante. Les spectateurs sont exclusivement masculins, mais si vous êtes une fille accompagnée par un homme, pas de problème.
Parcourir le Maroc en voiture se fait sans embûches. Les routes sont assez bonnes et les Marocains ont une conduite dans l'ensemble sage et prudente. Il faut dire qu'il y a fréquemment des policiers en bord de route, ce qui est bien pratique pour demander son chemin. Surtout, à chaque entrée de ville, presque à chaque porte se trouvent des parkings de plein air, gardés nuit et jour à des tarifs très raisonnables : 5 dirhams la journée, 10 dirhams la nuit en moyenne. Pour se rendre d'une ville à l'autre, la voiture permet d'emprunter les routes de montagnes et de faire des haltes dans les petits villages. Par exemple de Fès à Meknès, la route est beaucoup plus jolie en passant par la départementale menant à la ville sainte de Moulay Idriss que par la voie directe (paysages variés du Moyen Atlas).
Après quelques heures de déambulation dans les multiples ruelles de Fès-el Bali, où la plupart du temps on ne voit pas le soleil, il est extrêmement agréable de prendre un peu de hauteur. La grande majorité des maisons fassies possèdent une terrasse de laquelle la vue est magnifique. On peut y rester longuement à regarder la vie des rues et maisons environnantes, à prendre un thé ou bain de soleil. Dans le souk, c'est un des atouts de nombreux commerçants, en échange d'une montée sur la terrasse, vous acceptez de regarder ses articles. Pour éviter ces sollicitations, aller déguster un thé sur le toit du fondouk Nejjarine. La vue est intéressante sur tous les côtés et le lieu fort paisible (du moins en basse saison touristique). Evidemment, profitez d'abord de la visite du très beau musée du bois exposé à l'intérieur. Entrée du musée 20 dirhams, thé 10 dirhams.
La médina compte beaucoup de hammams de quartiers, utilisés quotidiennement par la population. Généralement ils sont ouverts aux hommes tôt le matin et après 20h30 et réservés aux femmes toute l'après-midi. C'est une excellente manière de se plonger dans le mode de vie local...On est bien loin de l'ambiance cosy du hammam parisien de la Mosquée de Paris. Attendez vous en effet à être un peu déroutés si vous êtes habitués aux prestations des hammams occidentaux. Le mieux est de s'occuper de soi toute seule, ou entre amies, ou entre mère et filles. En effet, mon expérience de "lavement" fut un peu trop dynamique et coriace à mon goût : maintes et maintes bassines d'eau très chaude jetées à la figure plutôt que massage aux huiles essentielles...N'hésitez pas en revanche à y aller avec vos enfants (du même sexe) ils sont très nombreux à l'intérieur et votre présence de même que la leur sont tout à fait bienvenues. Le mieux est de commencer à faire quelques achats au souk : gant, savon naturel (sorte de mélasse marron vendue au poids)et tongues si vous n'en avez pas. Venez avec votre serviette et demandez à l'entrée un petit tapis de sol ou prenez un tabouret en plastique car le sol de la pièce principale est très chaud. Pour faire selon leurs usages, remplissez d'eau tiède les grands seaux et d'eau bien chaude les plus petits. Tout le monde est entièrement dénudé, sans aucune gêne, d'autant que l'atmosphère est voilée par la vapeur d'eau. Surtout, ne cédez pas à la tentation du verre d'eau fraîche qui vous sera certainement proposé. A la sortie ou à l'entrée, possibilité d'acheter de bons gâteaux maisons ou des verres de lait.
L'hôtel Al-Andalus, situé comme son nom l'indique dans le quartier des Andalous, est tenu par un vieux monsieur sympathique. Il n'est pas très propre, sent un peu le renfermé mais l'été tout sera ouvert. Surtout il ne vous en coûtera que 30 dirhams la nuit (soit 3 euros) et vous pouvez -au choix- apporter votre matelas sur le toit-terrasse et dormir à la belle-étoile avec une vue absolument magnifique sur toute la ville. Les douches sont grandes et avec de l'eau de chaude, tongues conseillées.
L'hôtel Moulay Idriss est situé dans le quartier des Andalous, un des coins les plus authentiques de Fès-el Bali. Il est juste derrière la porte Bab Ftouh, ce qui est très pratique pour y accéder en petit taxi ou en bus, notamment quand on arrive avec ses valises. Les chambres sont vraiment propres, lavées quotidiennement et elles sont réunies autour d'un patio assez agréable pour le petit-déjeuner ou les soirées. Les douches sont en revanche peu pratiques, elles sont situées dans les toilettes, et il faut payer 5 dh (0,50 euro) pour une douche chaude, mais 2 hammams sont tout près de l'hôtel (entrée 9 dirhams pour les femmes, 8 dirhams pour les hommes). L'hôtelier lui-même vous les indique.
On a souvent tendance à commencer la visite de la médina de Fès par l'entrée de Bab Boujloud et une fois que l'on s'engouffre dans une des deux rues principales, cela semble difficile de cheminer avec ses valises. C'est la partie la plus dense de la médina et la plus "chargée commercialement". Pour vivre au plus près des Marocains des quartiers populaires, dans un espace un peu plus aéré et riches d'autres spécialités que commerçantes, l'idéal est de se loger dans le quartier des Andalous. Et le plus pratique est de choisir son hôtel au plus près de la porte de ce quartier, Bab Ftouh, afin de pouvoir prendre les "petits taxis" pour rejoindre la ville royale ou la ville nouvelle, ou même l'autre entrée de la médina. Fès est une ville très étendue et quand les jambes fatiguent il est bon de pouvoir compter sur la proximité d'un accès voiture, d'autant que les trajets en taxis ne coûtent rien, en moyenne 10 dirhams (env 1 euro). Le quartier près de la porte est riche en petits bars populaires où on peut prendre thés à la menthe ou petits-déjeuners pour des sommes modiques, en fours à pain traditionnels et en hammams (plus pour se laver que pour passer des heures à se prélasser).
Qui n'a pas envié le baroudeur des années 1960 ou 70 qui a pu connaître le vieux Pékin, celui des hutongs, pousse-pousse et costumes Mao, celui qui malheureusement se réduit chaque année comme une peau de chagrin. Mais à tous ces nostalgiques qui craignent de retourner en Chine de peur d'être déçus, évitez certes la capitale (conseil à ignorer pour tous les autres !) mais précipitez-vous à Shanghai! Cette ville doit se visiter aujourd'hui car elle vous fait réellement vivre le dynamisme actuel du monde chinois, son énergie débordante ainsi que ses contradictions ; elle vous fait pleinement vous sentir au 21ème siècle. Face aux gratte-ciel de Pudong ou de ceux projetés sur les maquettes du Musée de l'Urbanisme, les tours de New-York ont un côté vieillot. Le meilleur moyen d'entrer dans la modernité est assurément d'emprunter le sight-water tunnel. Dans un wagonnet vitré, il vous fait passer du Bund à Pudong sous les eaux de la rivière Huang sous les sons et lumière d'un spectacle digne des plus grands effets spéciaux du cinéma. Soyons honnêtes la traversée ne dure que 5 mn, mais c'est un régal. Vous débarquez alors au pied de « l' Avenue du Siècle » encore en cours de construction, qui accueillera l'exposition universelle en 2010 qui aura pour thème « Meilleures villes, meilleures vies ». Prenez le temps de vous promener au pied de ses tours avant d'y grimper. La TV tower avec ses 3 sphères d'un rose métallisé est la chouchoute des touristes chinois, plutôt que de faire une queue assez longue et de payer un droit d'accès, allez plutôt prendre un verre au bar de l'hôtel Hyatt de la tour JinMao. La vue est la même, « la classe » en plus.
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