Là haut, chez vous j'avais marché toute une nuit
sous la pluie, sous le soleil ardent, dans la neige,
la boue, les marécages
J'avais marché toutes les nuits du mois,
toutes les nuits et les jours de l'année
des années de la vie entière
c'était toujours une douleur, une angoisse,
toujours attendre demain
maintenant je voudrais me souvenir mais je n'y arrive pas
je n'arrive pas à me souvenir de
ce qu'il y a là de si beau.
Dino Buzzati - Poème-bulles
Y avait une fois un taxi
taxi taxi taximètre
qui circulait dans Paris
taxi taxi taxi cuit
il aimait tant les voyages
taxi taxi taximètre
qu'il allait jusqu'en Hongrie
taxi taxi taxi cuit
et qu'il traversait la Manche
taxi taxi taximètre
en empruntant le ferry
taxi taxi taxi cuit
un beau jour il arriva
taxi taxi taximètre
dans les déserts d'Arabie
taxi taxi taxi cuit
il y faisait tellement chaud
taxi taxi taximètre
que sa carrosserie fondit
taxi taxi cuit
et de même le châssis
taxi taxi taximètre
et tous les pneus y compris
taxi taxi taxi cuit
Raymond Queneau
Par les soirs bleus d'été, j'irai par les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, - heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud, mars 1870
Adieu voyages lents, bruits lointains qu'on écoute,
Le rire du passant, les retards de l'essieu,
Les détours imprévus des pentes variées
Un ami rencontré, les larmes oubliées,
L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu.
(...)
Alfred de Vigny
[i]"L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu..." Tu as donné ce titre à notre recueil, à notre voyage en poésies..
Chaque poésie n'est-elle pas un voyage? un départ vers l'imaginaire, un lâcher de ballons vers des cieux mystérieux?
" L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu... " Dans quel pays arrives-tu ainsi le soir, lorsque les dernières lueurs du soleil disparaissent à l'horizon? Quel est ton lieu sauvage et de quoi est-il fait? Te retrouves-tu dans un bois sombre, sur une lande déserte ou au bord d'une falaise déchiquetée?.. Et si je lis ce vers en même temps que toi, près de toi, es-tu sûre que nous nous retrouvions au même endroit à la fin de notre lecture ou à des mondes de distance?
Ton sentiment est-il le mien? Eprouves-tu l'envie d'arriver vite au bout de ton voyage, d'atteindre le château, la chaumière qui t'attend pour délasser tes membres, remettre de l'ordre dans ta toilette et ton esprit? Désires-tu au contraire prolonger ce moment, goûter le soir qui tombe sur ce sauvage lieu?
Tu vois, nous voyageons dans le mystère de la poésie.
"Est-il besoin d'île lointaine?"
Lorsque Louis VII répudie Aliénor d'Aquitaine, il perd du même coup la propriété du Limousin. Aliénor se remarie ensuite avec Henri II, roi d'Angleterre, et cette région tombe alors sous domination anglaise.
En 1199, les barons et Vicomtes du Limousin sont donc vassaux de Richard Coeur de Lion... mais témoignent un peu trop de sympathie au roi français. Qui plus est, ces vassaux semblent lui dissimuler un trésor (un bas-relief en or) conservé au château de Châlus. Le (bon?) roi Richard se lance alors, le 16 avril 1199 à l'assaut de Châlus. Erreur fatale ! Il y sera atteint d'une flèche mortelle... Bien qu'ayant gagné la bataille; il succombera à cette blessure à l'épaule 13 jours plus tard.
Châlus fut défendu par Pierre Brun, seigneur du château de Montbrun, situé non loin de là et que Richard assiégea également. Certains prétendent d'ailleurs que ce fut pendant ce siège et non à Châlus que Richard fut blessé. Mauvaises langues ! Montbrun est un si joli château, déjà auréolé de sa propre légende... laissons donc à Châlus la gloire que lui confère l'évocation de Richard Coeur de Lion.
Aujourd'hui il n'en reste que quelques ruines et un donjon dressé comme emblème de cet épisode de l'histoire. C'est une visite intéressante mais à coupler à mon avis avec une autre ( Brie, Montbrun), sous peine d'être un peu déçu.
Que se passa-t-il après la mort de Richard ? Jean Sans Terre (le méchant) hérita du Limousin mais ne tarda pas à le perdre face au roi français. Mais l'histoire avec l'Angleterre n'était pas encore terminée...
Pour se rendre à Châlus : à partir de Limoges, prendre la direction d'Aixe sur Vienne et la traverser, continuer sur la N21 jusqu'à Châlus via Sereilhac. Un conseil : évitez si vous pouvez la traversée (pénible) d'Aixe aux heures de sortie du travail.
Voici une adresse pour ceux qui veulent de la cuisine traditionnelle mais accompagnée d'un peu d'originalité. On pourra y déguster, selon le menu du jour, un magret de canard aux groseilles (recommandé !), une hampe à l'échalotte, une joue des porc aux pruneaux ou peut-être encore salades,tartes et cakes salés, avant de s'attaquer aux bons petits desserts maison avec en vedette la tarte Germaine.
La cuisine y est vraiment bonne et les prix peu élevés, duo plutôt sympatique ! Le midi, le menu est à 10,80 euros (entrée, plat,café ou plat, dessert, café) et le soir de 13 à 18 euros.
L'endroit est petit et apprécié, ce qui fait qu'il vaut mieux réserver.
Attention aux jours d'ouverture si on veut y aller le soir : la Germaine en soirée c'est uniquement du jeudi au samedi inclus. Les autres jours, ce n'est ouvert qu'à midi.
Aujourd'hui l'ancien "Château" est devenu le centre ville autour de la Place de la Motte et de l'Eglise St Pierre, à quelques pas de la Place de la République.
Mais on n'a pas une organisation de la ville autour de ce centre comme c'est souvent le cas ailleurs. Il continue d'y avoir plusieurs pôles annexes et le quartier de la Cité en est un, héritage de cette séparation du pouvoir au Moyen-âge.
De la prestigieuse abbaye, hormis la crypte, ne reste que le nom de St Martial donné à un centre commercial... et des petites coquilles St jacques fixées sur le sol de certaines rues, témoignant que la route de St Jacques de Compostelle passait par là et que Limoges joua un rôle important dans ce pélerinage.
Au Moyen-âge, trois pouvoirs s'exercent à Limoges : celui de l'abbé, de l'évêque et enfin celui du Vicomte.
Au IXème siècle en effet, une abbaye est fondée autour du tombeau de St Martial, premier évêque de Limoges. Entièrement détruite, il n'en reste aujourd'hui que la crypte (qui se visite) sous l'actuelle place de la République.
Le quartier de la Cité, lui, est le siège de l'évêque. La cathédrale St Etienne (en photo) en est le symbole. De style gothique - mis à part quelques vestiges romans intégrés dans la construction - la cathédrale telle que nous la voyons aujourd'hui fut commencée en 1273 et achevée seulement entre 1876 et 1888. Elle est adossée au palais épiscopal du XVIIIème siècle, actuellement devenu Musée de l'évêché.
Vers le Xème siècle émerge un troisième pôle à côté de l'Eglise St-Michel-des-lions constitué par la motte castrale du Vicomte de Limoges (aujourd'hui l'emplacement porte le nom de Place de la Motte).
Celui-ci sera rapidement relié à St Martial, faisant ainsi partie de l'ensemble du "Château St Martial".
Les relations entre "la Cité" et "le Château" sont loin d'être amicales au cours des siècles (à titre d'exemple le Vicomte incendie la Cité en 1105)et il faudra atteindre les suites de la révolution française, en 1792 pour que ces deux entités n'en fassent plus qu'une.
On ne dira jamais assez les bienfaits de "consommer local". D'abord c'est bon pour l'économie du coin, en plus on s'offre le petit plaisir de faire un pied de nez à la grande distribution et pour finir, c'est bon pour l'environnement. D'ailleurs avez-vous remarqué que les fruits achetés chez leur producteur ont un VRAI goût de fruit ? Bref, voici une adresse pour acheter la bonne pomme du limousin : les Vergers de Megeas, situés entre Limoges et Nieul où l'on s'approvisionne directement à la coopérative. Comme on aura pris sa voiture (mais quand même c'est mieux que d'avoir fait venir son kilo de pommes de Chine) on rentabilisera le déplacement en allant voir le très joli château de Nieul et en se promenant dans la belle campagne environnante.
Les Monts de Blond avec leur relief tout en courbes très rondes plantées de forêts sont un écrin de verdure enserrant précieusement de magnifiques villages comme Mortemart ou Montrol-Senart, des étangs où se reflètent ciel et arbres ou encore d'étranges chaos granitiques et dolmens dressés ça et là. En se baladant, on se laisse attirer par les noms donnés à ces pierres gigantesques : pierre branlante, pierre aux sacrifices, Rocher aux fées... C'est ce dernier que l'on voit ici en photo. A la préhistoire, il servit d'abri puis de nécropole. Aujourd'hui on se plairait assez à penser qu'il puisse être le lieu où se réalisent les légendes; être la demeure des fées qu'évoque son nom...
On y accède par un petit sentier après à peine dix minutes de marche et c'est toujours un plaisir de le voir surgir, massif, énigmatique et solitaire...
Pour s'y rendre : difficile à indiquer sans carte, mais en se rendant au hameau de Peyrelade, la plupart des rochers/dolmens sont indiqués. Choisissez le nom qui vous plaît le plus ou réservez-vous la journée pour les voir tous.
Niché dans les Monts de Blond en Haute Vienne, le petit village de Montrol-Senart a su avec intelligence valoriser son patrimoine.
On peut y suivre un parcours baptisé "nostalgie rurale" qui nous amène à pénétrer dans plusieurs maisons du bourg laissées ouvertes aux visiteurs. Leur intérieur témoigne fidèlement de la vie des campagnes limousines à la fin du XIXème- début du XXème siècle. On peut donc voir l'école communale avec ses pupitres en bois, ses encriers et la leçon de morale écrite au tableau; entrer chez le sabotier, la tisseuse de chanvre, le coordonnier ou le paysan. Les outils, les objets quotidiens parlent d'un temps révolu et invitent à imaginer le village tel qu'il pouvait être alors.
Le lavoir (en photo) accolé à une petite halle du XIXème siècle fait face à une très belle église romane du XIIème-XIIIème siècle qui contribue également au charme de Montrol-Senart.
Ce petit village aurait pu sombrer dans l'oubli, mais il a préféré se faire mémoire de la vie rurale de sa région à la manière d'un petit éco-musée où tout est libre d'accès : il suffit de pousser les portes...
Attention néanmoins : les maisons sont fermées l'hiver. Réouverture au 1er mai.
Voici une liste peut-être incomplète? des marchés à Limoges qui se tiennent le samedi matin :
- Place Carnot / Marceau : c'est le plus grand avec une partie réservée aux producteurs bio. Le seul qui ne présente pas uniquement des étals de nourriture, mais aussi quelques vêtements, tissus, objets bon marché.
- Place des Carmes
- Place des Bancs. Un tout petit marché où l'on acquiert très vite ses habitudes. La petite maraîchère de Verneuil a les légumes les moins chers de la terre; le producteur du Vigen vous explique comment cuisiner panais, topinambours et rutabagas. Et "le hollandais" vous fera découvrir des saveurs inédites : outre son fromage aux noix ou au poivre, il vous fera goûter aussi du fromage parfumé au mélilot, à l'ortie, à l'ail des ours... Attention,c'est une drogue et on devient vite un client régulier !
Voilà quelque chose comme 150 ans que la marque Bijou née à St Yrieix en Haute-Vienne fabrique ses madeleines qui y sont devenues célèbres. Non pas qu'elles aient quelque chose de particulier, mais elles font tout simplement partie du "paysage gustatif" de la région. Sur Limoges, on peut les acheter au 32, avenue des Bénédictins (vers la gare).
Il n'y a guère le choix si l'on veut aller au ciné à Limoges : soit on opte pour le Lido et ses trois salles Art et essais, situé près de la gare au 3, avenue du général de Gaulle; soit on se rend au complexe des Grands écrans, 9-11 place Denis Dussoubs (en photo). On nous annonce aussi la création d'un multiplexe hors centre ville près de la technopole Ester. La programmation de ces cinémas est consultable sur internet : www.grandecran.fr
A noter aussi : le ciné-club des centres culturels municipaux et la semaine du cinéma russe (en 2006 elle a eu lieu à la mi-mai)
Autre politique environnementale en pratique dans ces quartiers : l'éradication - presque réussie - de la voiture. Les propriétaires sont invités à acheter une place de parking en même temps que leur maison dans un des grands parkings collectifs, un peu excentrés. Les places pour se garer dans les rues sont en revanche payantes et très chères. L'alternative est donc d'emprunter le tram ou de se déplacer en vélo. Les personnes qui ont renoncé à posséder une voiture mais en auraient besoin ponctuellement peuvent recourir au car-sharing : des voitures collectives en quelque sorte, à disposition sur des emplacements réservés dans ces quartiers.
Résultat de l'opération : les enfants sont rois dans les rues où ils peuvent faire du roller, du hockey, du vélo... puisque le danger de la circulation est écarté. Vu de l'extérieur, cela donne une image idyllique : des gamins qui dessinent sur les trottoirs à la craie ou jouent presque sans surveillance tandis que les adultes jardinent tranquillement ou papotent entre voisins.
On se demande alors qui sont ces priviligiés. Une allemande nous a dit que ce sont "des verts", des écolos convaincus, donc, mais, vu le prix d'achat des maisons, des gens plutôt aisés qui ont les moyens de vivre en accord avec leurs idées. La ville a essayé tout de même d'aller dans le sens de la mixité sociale et ces ensembles comportent donc des logements sociaux. On peut toutefois ce demander si celle-ci est vraiment réussie. En tous cas, Vauban est aussi le lieu où se développe une forme de culture alternative. De très nombreux camions-roulottes ont envahi les rues, comme une revendication au droit de vivre autrement, selon d'autres modes.
Sans doute faudrait-il que les villes françaises se mettent aussi à y réfléchir.
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