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Tigua au fil des jours

Publié le : 14 Mars 2007
Tigua au fil des jours

Quelques vues de notre séjour. Aurélia et Sébastien


Tigua au fil des jours
Tigua au fil des jours
Tigua au fil des jours
Tigua au fil des jours
Tigua au fil des jours
Tigua au fil des jours

Musique andine !

Publié le : 14 Mars 2007

Jean-Luc nous fait aimer les musiques populaires (Russe...) des pays qu'il traverse, celles qu'on écoute dans les taxis, les simples troquets ou par hasard, dans un bus ou à la radio. Voici donc une chanson pour lui, celle de Cholo Juanito (album : Osito Pardo), musique andine péruvienne écoutée dans les contrées équatoriennes (village de Tigua, province du Cotopaxi).

Aurélia et Sébastien


Tienes frio ?

Publié le : 14 Mars 2007
Tienes frio ?

« Tienes frio ? »
Une parole se perd dans le vent froid qui balaie les flancs de la montagne de Tigua.
« Tienes frio ? »
Une deuxième fois, plus haut, plus fort.
Deux enfants me regardent avec leurs billes rondes, allongés dans les champs sur terre battue. Deux petites voix qui viennent rompre le silence venteux. Le ciel est bas et lourd.
Tendre la main pour toucher les nuages.
Personne aux champs, en ce milieu d'après-midi, un dimanche. L'odeur de  terre humide remonte. Du silence à perte de vue : l'heure des siestes, du repos, l'heure de ne rien faire.

Un retour en arrière. La Lozère, dans la maison familiale, Louis, mon grand-oncle est attablé. Il ne dit rien. Seul le bruit de son couteau qui épluche une de ces petites pommes fripées est perceptible.Toutes paroles seraient malvenues. Il est de ces silences qui portent en eux l'explication de toutes choses.
Par le fenêtre de la cuisine s'égare un rayon de soleil timide qui éclaire le journal posé devant lui. Les murs de granit. La pièce en clair-obscur. Le visage buriné de Louis, modelé par la lumière.
Sur le poële, un verre de vin qui chauffe. Louis rajoutera un sucre.

Ici, Daniel peint, à la lueur d'une fenêtre. Sans voir le paysage, enfermé dans son établi qui lui sert aussi de chambre, il peint des paysages de Tigua, des scènes de vie, des femmes en tenues traditionnelles. Une palette de couleur dans cette chambre terne qui tamise tous les bruits.
Il garde son chapeau comme Louis gardait sa casquette.
Il ne parle pas ou très peu seulement quand on le presse de le faire.
Ses yeux parlent pour lui. Il regarde, il observe, retranché dans son mur de silence. Louis regardait avec son oeil unique qui riait, qui parlait.
Toujours l'odeur de la terre, de la pierre humide dès que l'on franchit le seuil de la maison.
La chienne vous regarde partir sans détacher ses yeux sombres de votre silhouette qui s'éloigne. Soulagée de votre départ. Elle reste avec son maître dans l'enclos protégé de son territoire. Tous deux enfin seuls, en cette fin d'après-midi.

Aurélia


Wolf, un colporteur de mémoire

Publié le : 14 Mars 2007
Wolf, un colporteur de mémoire

C'est une rencontre rare, à 3500 mètres d'altitude, dans une communauté rurale andine équatorienne. Un professeur de théâtre vient ici enseigner sa passion. Il est beau, charismatique. Un sage plein de cette sérénité qui caractérise les Hommes libres et engagés. Des enfants marchent plusieurs heures des vallées voisines pour venir le voir. Parfois, dans d'autres régions d'Equateur, c'est lui, - Wolf -, qui parcourt ce même chemin, loin de toute route, vers des communautés isolées. Il enseigne son Art par le corps, le mouvement, la méditation. Des rituels appris aux quatre coins du globe, de Corée aux Etats-Unis.

Il est revenu au pays. A Tigua, les membres de la communauté utilisent leurs masques et jouent des contes traditionnels avec une chorégraphie moderne, dans l'église de ce hameau de quelques dizaines d'habitants. A sa façon, Wolf donne de nouvelles clefs pour perpétuer la mémoire de cette communauté. Se réapproprier un imaginaire sans se folkloriser, signe définitif d'une acculturation. Il parcourt son pays ainsi.

Recemment, dans une communauté autochtone du Canada oú il se trouvait, une vieille dame lui dit : « Pour nous, wolf (le loup), c'est l'animal sacré qui enseigne ».

Oui, Wolf, dit « Sinué », c'est un peu tout cela, un passeur contemporain, un messager andin.

Sébastien


Une déclaration d'amitié

Publié le : 14 Mars 2007

Un jour, nous avons été invités dans une classe de Tigua... et nous avons reçu une déclaration d'amitié pour le moins surprenante !

Sébastien


Tigua

Publié le : 14 Mars 2007
Tigua

Pour traverser l'Equateur, il n'y a d'autre voie possible que de descendre vers le Sud le long du « couloir andin », entre les deux chaînes de volcans. De cette plaine centrale, il suffit alors de prendre une route transversale. On change d'univers pour accéder aux altitudes andines où les communautés rurales « autochtones » vivent dans des conditions difficiles et enclavées. Les « indigenas » appellent leur univers le « paramo » : des alpages, des champs et des steppes de montagne, où la rudesse du climat et les conditions de vie guident une façon de vivre et de penser.

Tigua, petite communauté de quelques centaines d'habitants à 2 heures de route de Latacunga. Nous y sommes restés 4 jours à rencontrer les habitants et nous immerger dans la vie de ce village. Nous avons découvert un univers à part à la mesure de nos espérances : les luttes politiques du passé, les contestations indigènes, le mode d'organisation du village, la place considérable de l'Art (théâtre, musique, peinture) dans la vie des habitants. Nous avons pu photographier les ateliers des peintres les plus célèbres, interroger des paysans, le président de la communauté, le directeur et le professeur de l'école...

Aurélia et Sébastien


Cochasqui

Publié le : 14 Mars 2007
Cochasqui

Entre Otavalo et Quito se trouve Cochasqui, sur les flancs du volcan Fuya Fuya. Près de 15 pyramides construites bien avant les Incas, probablement par les Quitucaras, originaires d'Amérique centrale. Est-ce là l'explication de ces étranges architecture, dont les formes sont inédites en Equateur ?  Difficile d'en savoir plus. La nature de ce site fait débat. Destin étonnant, car c'est ici que la Condamine disposa une de ses stations pour les mesure astronomiques de sa mission, sans rien savoir de tout cela.

Quelques centaines de mètres plus bas, on distingue des restes de routes incas... Cochasqui est évidemment un point de passage de l'ancienne route Inca reliant Otavalo à Quito.

Aurélia et Sébastien


Cochasqui
Cochasqui

Otavalo – La lagune de Mojanda

Publié le : 14 Mars 2007
Otavalo – La lagune de Mojanda

La lagune Mojanda est probablement la plus belle de la région.  La route s'élève jusqu'à 3700 mètres d'altitude. Le volcan Fuya Fuya, qui donne vie à la lagune, ne se montrera pas, tout comme de nombreux autres volcans dans la région. Les nuages le protège de façon quasi permanente.

Aurélia et Sébastien


Otavalo – La lagune de Mojanda
Otavalo – La lagune de Mojanda

Messe dans la basilique de Quito

Publié le : 14 Mars 2007

Messe donnée par le père Luis Eduardo Rodrigues, à qui nous avons tant parlé. 1000 enfants des écoles voisines assistent à l'office.
1er mars 2007

Sébastien


Messes à Quito

Publié le : 14 Mars 2007

Eglise de la Merced, dimanche 25 février 2007 (fichier audio).
L'Equateur et ses messes, chaque jour et à toutes heures. Foi partagée dans la religion chrétienne, communion collective envers une appartenance commune : églises combles, attentives. Musique pop en hommage à la vierge. La communauté est soudée autour de son ciment. Dès la fin de la messe, la salle s'élance vers l'autel et cherche le contact avec cette eau bénite projetée sur la foule par le prêtre. Dévotion presque païenne...

Un office à l'église de San Francisco
Je m'agace toujours de ces sermons moralisateurs, autoritaires et archaïques, qui ont tant marqué l'histoire de l'église en Amérique latine. Évangélisation accusatoire. Mise à l'index. Suspicion de la Faute. A San Francisco, l'ancienneté de l'église - la plus vieille de Quito – et la patine décrépite de cette nef tout en bois, semblent avoir déteint sur la messe de ce dimanche matin :

" Ne tombez pas dans la tentation ! Il est autorisé d'apprendre sur d'autres cultures, d'autres siècles, mais attention à l'égarement. Nous sommes dans un monde de tentation : et vous? Votre race? Vos valeurs ? La nation équatorienne est intelligente mais si dispersée... Elle est si peu persévérante. De l'orgueil, de la fierté, de la foi (sic) !

La curiosité serait-elle encore, chez certains prêtres d'Amérique latine, un acte païen?

Sébastien


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