CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Nilomètre et quartier copte

Publié le : 14 Juin 2008
Nilomètre et quartier copte


Nilomètre

14h30, le chauffeur de ce matin nous emmène à l’île de Rhoda. Le palais Manyal que nous avions choisi est fermé. A la place, il nous propose le Nilomètre. Pour 80 livres il nous attendra. La promenade le long du Nil est embouteillée. Les berges sont bien aménagées et plantées. Elles seraient agréables sans cette circulation infernale. Le taxi traverse l’île par une avenue centrale bordée d’atelier de mécanique. Brusquement la route est barrée il faut continuer à pied à travers un parc en passant devant le petit musée consacré à Oum Kalthoum. Le Nilomètre est abrité sous une tour au toit de zinc pointu à l’extrémité du Nil dans les jardins d’un ancien palais. Nous y parvenons par une allée couverte de bougainvilliers roses et blancs en pleine floraison. Le sol est jonché de fleurs. On se retrouve dans une sorte de citerne creuse et vide de trois étages:en son centre une colonne gravée d’encoches
-    « au dessous de ce niveau et au dessus de celui là, pas de taxes »
Les encoches représentent les impôts proportionnels à la crue. Evidemment, je ne veux pas rater la descente dans la citerne pour voir le canal de communication avec le Nil à mi hauteur. Depuis qu’il y a un barrage à Assouan il n’y a plus de crue ni d’eau dans la citerne. Une rangée de fenêtres éclaire le puits. Les murs et les plafonds sont décorés de peintures élégantes de triangles colorés. Une série de gravure des savants de Bonaparte décrit l’installation avec la précision de dessin d’architecte.


Musée d'Oum Kalthoum

La visite au musée d’Oum Kalthoum est écourtée : nous ne disposons que d’un petit quart d’heure avant la fermeture. Je suis déçue. Je pensais que la musique nous accompagnerait. Le bâtiment est muet. Nous passons dans le silence devant des vitrines contenant les robes de scènes de la chanteuse, ses bijoux, des diplômes, des disques noirs et des vieux phonos. Sur le mur opposé : une mosaïque de photos. Sans musique cela n’offre que peu d’intérêt. 5 ordinateurs et des écouteurs permettent de visionner des documentaires d’époques mais cela manque de poésie et en plus cela bugue !

Nous prolongeons notre séjour à la pointe de l’île de Rhoda sur une petite terrasse à l’ombre d’un mur face au Nil. La température est délicieuse, le calme reposant. En face de nous, un bateau restaurant peint en violet est amarré. De petites barques passent. Des pêcheurs nous font signe de leurs embarcation.Les gros bateaux de touristes ont  des formes extravagantes.  L'un d’eux, « cristal du Nil », est une sorte de pyramide en verre fumé aux vitres taillées en triangles. Un autre imite les barques solaires des pharaons avec des lotus énormes en figure de proue. Les immeubles très hauts sont noyés dans la brume et se font oublier. Des palmiers forment des touffes gracieuses. Nous nous arrachons avec peine de tant de douceur.


Quartier Copte
Le quartier copte est juste de l’autre côté du fleuve. Le taxi attendra trois quarts d’heures. Un barrage militaire boucle le quartier. Seul un passage très étroit permet de passer à pied. Il n’y a pas une voiture. La promenade est donc très calme. Il faut descendre quelques marches pour rejoindre les rues anciennes à un niveau plus bas. On nous prévient :
-« Saint Serge est fermé, l’Eglise Suspendue aussi ainsi que la Synagogue, seule Sainte Barbara est ouverte !»
Les rues sont lavées à grande eau ce qui n’empêche pas un vent tourbillonnant de m’envoyer une poussière dans l’œil. Partout : des palmes et des roseaux tressés. Demain c’est le Dimanche des Rameaux. A Sainte Barbara on prépare fébrilement la fête, on accroche des feuilles tressées. On trimballe des échelles, des planches peintes en rose. Dans ce désordre bon enfant j’ai peu le loisir d’admirer les icônes. Nous passons entre des grands murs aveugles : églises ? Monastères ? Mausolées ? Rien ne vient nous éclairer si ce n’est une sculpture de Saint Georges combattant le dragon.
Où sont les habitants ? Vivent ils là ? Une femme, à l’ombre d’un  porche tresse de lourds épis de blé vert pour en faire des croix. Un jeune garçon prétend vendre des motifs de laine en forme de croix jaune et blanc 1 €.
Pour rentrer nous traversons Garden City – plus de jardins ! A 17H30 nous sommes rentrées. J’ai laissé 100LE au taximan qui a l’air content


Pyramides : Dachour

Publié le : 14 Juin 2008
Pyramides : Dachour

8h : un microbus jaune attend en bas du Cosmopolitan. Notre chauffeur s’appelle Nabil et s’exprime en assez bon anglais. Nous franchissons un pont après le Nilomètre. Au détour d’une avenue les Pyramide de Gizeh apparaissent. Mykérinos est cachée. Elles se fondent dans le voile de pollution et la brume de chaleur ; sans aucun contraste, je n’ai même pas le réflexe de les photographier. Nous traversons des banlieues bizarres aux immeubles de briques inachevés et déjà habités. Rares sont les immeubles crépis, les autres le seront-ils un jour ? La voirie est dans le même état d’inachèvement permanent.

Heureusement, nous atteignons la campagne. C’est l’heure où partent les animaux : vaches gamousses, ânes et moutons nous transportent de bonheur. Nous les photographierions tous. Nabil fait remarquer que nous en verrons d’autres !

8H32 : Pyramides d’Abu sir,

8h40 : celles de Saqqarah.

Le nouvel appareil photo numérique garde en mémoire dates et heures. Le classement des photos en sera facilité.
Comme pour celles de Gizeh, ces pyramides manquent de netteté.
Nous suivons avec grand plaisir la route de Memphis le long d’un canal et dans la verdure.

Le site de Dachour est bien gardé. Passé les guérites des sentinelles, nous sommes dans le désert. Contrairement aux sites proches du Caire, il n’y a pas de parking ni de vendeurs pour enlaidir l’endroit. Nous contournons la Pyramide Rouge de Snefrou pour photographier la pyramide rhomboïdale reliée par une piste que Nabil refuse de prendre avec le minibus jaune :

-    « ce n’est pas un véhicule de safari ! »

C’est un peu frustrant la Pyramide Rhomboïdale est vraiment belle, brillant sous son revêtement lisse et sa forme étrange. La Pyramide rouge est plus classique. D’ailleurs, elle n’est pas rouge ! Un sentier et des marches mènent à une ouverture. La montée sous e soleil est rude et courte. La descente à l’intérieur de la Pyramide se fait sur des planches de bois sur lesquelles on a fixé des cornières métalliques. Deux rampes de bois permettent de se tenir l’éclairage st assez pauvre. Quand d’autres visiteurs éclipsent les ampoules je me retrouve dans le noir et je regrette de ne pas avoir pris la frontale achetée pour l’expédition nocturne  au mont Moïse. On arrive à une salle au plafond très haut mais à section triangulaire très pointu. Des échelles nous conduisent à une autre chambre au plafond pointu. L’air est irrespirable. La remontée est beaucoup plus facile que la descente : la lumière extérieure qui se rapproche sécurise alors que l’obscurité inquiétait. Je compte les marches : 131. Même si les chambres sont vides je suis très heureuse d’avoir visité une pyramide. Avant de quitter Dachour nous photographions une pyramide un peu écroulée : celle d’Amenhat ou de Haouara ? Avec un palmier au premier plan, du sable blond à l’avant, elle se détache bien. Cela fera une jolie photo !


Meïdoum

Publié le : 14 Juin 2008
Meïdoum

Nous suivons la vallée du Nil vers le sud dans une campagne très verte. Les animaux reposent à l’ombre dans des abris  aux toits de roseaux ou de canne ou sous une tonnelle de volubilis fleuris tandis que les humains sont au soleil, accroupis dans la luzerne, mettent le fourrage en bottes ou sont occupés à d’autres tâches agricoles. Es ânes, eux, sont attachés au soleil. Le Nil est  beaucoup plus étroit que je ne l’imaginais. Nous quittons cette campagne cultivée pour le désert avant d’arriver à Meïdoum. Premier barrage de policiers et de militaires, les uns sont en noir, les autres en khaki. Nabil nous montre :
-« deux françaises »
IL doit détailler son itinéraire et parlementer un bon moment. Nous sommes escortées par un véhicule militaire : une grosse 504 bleue. A Meïdoum, un homme armé d’une mitraillette ne nous lâche pas d’une semelle. Au début, il joue les guides, montre les sarcophages abandonnés là. Un seul est en granite gravé. Les autres en calcaires sont dans un piteux état. En revanche, je monte seule à la pyramide qui ressemble à une tour de Babel à 8 étages. Un  militaire garde l’entrée. Un jeune en gallabieh bleue m’accompagne dans le couloir beaucoup mieux éclairé qu’à Dachour. J’ai de l’entraînement. A la fin, surprise : des échelles ! Je prends en photo mon accompagnateur tout étonné. Il a du mérite en savates avec son longue robe sui se prend dans les cornières. Nous avons lu dans Gallimard l’histoire des Oies de Meïdoum que nous espérons voir dans les tombeaux. Pleines d’espoir, nous rejoignons un monticule de briques foncées où sont percées des ouvertures. Des tombes ? Notre accompagnateur armé appelle cela un mastaba. Pour y entrer il faut se faufiler dans une porte étroite sur des pierres glissantes polies par le passage des visiteurs. Le couloir pentu est tapissé d’un sol poudreux. Aucun équipement, ni planche, ni rampe.
-    « Slowly, slowly ! »
En s’accrochant à la paroi, je cherche des prises de main. Brusquement, la pente douce fait place à un puits équipé d’une échelle. J’ai un instant d’hésitation. Je me force. D’autant plus que j’arrive sur une planche qui fait un pont, puis encore une échelle, finalement une chatière. Quelle idiotie d’avoir pris avec moi mon sac à dos qui reste coincé dans la petite ouverture carrée. La récompense c’est un  sarcophage ouvert – énorme – plus haut que moi. La remontée est plus facile. C’est toujours moins vertigineux de grimper à des échelles que de les descendre ! Je remonte avec la fierté de l’exploit accompli.

J’avoue que je n’ai pas beaucoup pensé aux Egyptiens de l’Antiquité – aux archéologues, si ! C’est plus sexy de faire de la spéléo dans une pyramide !
Notre gardien armé nous demande un bakchich – Cela allait de soi ! J’ouvre mon petit porte-monnaie. Une rafale emporte le bakchich et un autre billet. Et nous voilà à courir à la poursuite des billets sur le plateau !


En route vers le sud sur la Western Desert Road

Publié le : 14 Juin 2008
En route vers le sud sur la Western Desert  Road

Nous repartons derrière notre véhicule militaire. Nous voici jouant à Sarkozy et Carla en Egypte pendant quelques kilomètres. Dès que nous avons rejoint la route principale, ils nous abandonnent. La Western Desert road est une 4 voies, presque une autoroute qui descend dans le désert jusqu’à Assiout. Rares camions, quelques minibus et des pick up Chevrolet décorés. Bizarrement, l’éclairage n’est installé que d’un côté. Brille t il la nuit au moins ? Rien n’est moins sûr. Il est maintenant passé midi, la poussière vole, le ciel est blanchâtre. Il n’y a plus d’ombres. La chaleur rend tout gris. Cela m’endort.

Les chantiers du désert

Ce désert n’est pas beau. Il a été labouré par des engins de chantier. On y a déposé des gravats. Tout d’abord, je m’étonne de la présence de murs soigneusement maçonnés. Des murs dans le désert ? Pour enclore quoi ?C’est bien après que je découvre les arbres : palmiers ou tamaris ? Comment vont-ils pousser ? Intriguée, je réfléchis. Les tas foncés qu’on a apportés, ne seraient ce pas de l’engrais ? Je vois enfin les fins tuyaux noirs de l’irrigation. Les champs irrigués goutte à goutte apparaissent enfin. L’agronomie moderne va faire verdir le désert. Le goutte à goutte n’est pas réservé aux arbres. Des choux en bénéficient aussi. La mince bande de la vallée du Nil est bien trop étroite pour nourrir la population égyptienne. Le désert va prendre le relais.
Qui travaille cette terre ? A qui appartient elle ? Je demande à Nabil qui répond évasivement :
-    « big company »
Les investissements sont énormes. On imagine mal les paysans pauvres acheter les tuyaux, les pompes. Peut être le gouvernement ?j’aimerais approfondir la question. L’anglais de Nabil est un peu limité. Il est fatigué. Nous avons peur de le voir s’endormir dans cette étendue monotone sur la 4voies toute droite sans rien qui ne retienne l’attention et si, peu de circulation.

Sur la carte je vois 4 routes parallèles au Nil descendant vers Assiout/Une grande et une petite sur chaque rive. La western desert road est presque une autoroute mais la vitesse est limitée à 90km/h. Autoroute ? Pas tout à fait, des ralentisseurs très hauts remplacent bretelles et ouvrages d’art à chaque intersection.
Nous avons négligé le « beau restaurant  pour touristes » à la hauteur du Fayoum espérant trouver quelque chose de plus modeste pour acheter des sandwichs ou de la taamyia. Il n’y a rien du tout. A la sortie de Magaga, nous comprenons que nous ne trouverons rien à manger sur cette route. Il est déjà tard. Nabil dit qu’on achètera à Minia. Veut il nous faire sauter l’étape de l’église copte ?

Barrages

S’il n’y a rien à manger, les barrages de police eux abondent. Chaque fois, Nabil nous présente, donne son itinéraire. Deux fois il descend avec son paquet de cigarettes. Quand il remonte, il nous montre le paquet vide. Ce n’est sans doute pas le seul cadeau.
-    « combien gagne un policier ? « je demande,
-    « 600LE mais avec ce que donnent les gens il doit arriver à 2000LE , comment vivre sans corruption avec 600LE ?
-    « comment l’Etat Egyptien peut il payer plus à cette foule de militaires et de policiers ? »

Il nous faudra tenir compte de ces « cadeaux » dans le pourboire qu’on donnera à Nabil à la fin.

Les policiers lui ont expliqué comment aller à l’église à Deir-Gabal-At-Tair qui ne figurait pas sur son itinéraire mais qui était sur le descriptif du voyage donné par Oriensce. Nous quittons l‘autoroute à Samalut.

Cafétéria pour routiers égyptiens

Face à l’intersection : un grand parking et une sorte de restaurant pour routiers où nous tentons notre chance. Il y aura sûrement de l’eau. Pour les sandwiches, Nabil est sceptique. En effet rien à manger à la boutique en dehors des « snacks » emballés : chips, gaufrettes et gâteaux secs. Je vois des œufs, j’insiste. On veut bien me vendre du pain  (fine pita délicieuse) et du fromage en pack : une sorte de feta mal essorée. Nabil doute que cela me plaise. J’adore cela ! le problème sera de faire sortir le fromage par la petite ouverture que j’ai pratiquée dans le pack. Pour payer, Nabil me fait signe de ne pas sortir l’argent trop tôt. Pour acheter 5 pitas, une bouteille d’eau et un paquet de fromage il faut prendre son temps pour négocier. Le marchand laissera la bouteille à 3 LE (le prix du Caire) en tout il y en aura pour 12 LE . Il  semble que le marchandage soit une sorte de politesse dont nous avons perdu l’usage. Pas spécialement pour faire baisser le prix. Dans la société de consommation, nous achetons tant que nous négligeons la conversation avec le marchand. La marchandise est plus importante que la personne qui vend. Est-ce que nous regardons la figure de la caissière quand elle passe ses code-barres ? Est-ce qu’elle nous voit ?

bananes

L’arrêt au parking a été une erreur. Dès que nous traversons Samalut nous voyons des boutiques de toutes sortes et surtout des étalages de fruits. Nabil me demande :
-    « combien de kilos de bananes ? «
-    « kilos ?? seulement deux bananes «
-    « impossible, les bananes se vendent au kilo ! »
Nabil revient avec un sac en plastique noir contenant 1 kilo. Après les sandwiches, je n’ai plus faim. Heureusement que nous aurons un frigo à l’hôtel.

touktouks

Dans Samalut circulent d’innombrables touktouks les mêmes qu’en Asie, fabriqués en Inde et décorés de façon délirante à la gloire du conducteur le plus souvent mais parfois au nom de sa fiancée, de sa femme ou de sa fille. Pensant voir les mêmes à Minia, je néglige de les photographier, je le regretterai ensuite.


Le bac sur le Nil

Publié le : 14 Juin 2008
Le bac sur le Nil

Le bac et les clignotants
Il faut passer le Nil sur un bac. Nous nous arrêtons à un petit débarcadère dans la campagne. Des jeunes gens se baignent dans le Nil. D’autres y lavent une moto. En face la falaise est entaillée par une carrière monstrueuse. Le bac passe, chargé de petits camions et aborde un  peu plus loin. Nous nous sommes trompés d’endroit. La voiture contourne un bloc d’immeubles neufs un peu incongrus dans cette campagne. Nous nous trouvons face à face avec tous les véhicules qui se trouvaient sur le bateau en file serrée et peu désireux de nous laisser le passage. Un homme debout dirige la manœuvre. Je ne sais comment un camion force le passage et arrache le bloc des clignotants du microbus jaune. Nabil descend et constate les dégâts. Le bloc en plastique est sorti de son  logement. Il faudra sans doute le remplacer. Nous sommes consternées ? Si nous n’avions pas insisté pour aller voir cette église qui n’était pas sur son programme cela ne serait pas arrivé.
Ici, le Nil est très large, le bac très lent. La traversée dure une dizaine de minutes. Je vois une belle rayure sur la carrosserie.
Sur la rive Est j’avise un groupe d’immeubles bien crépis avec vue sur le fleuve. Je m’exclame .


Deir Gabal el Tair : église copte

Publié le : 14 Juin 2008
Deir Gabal el Tair : église copte

Le village copte de Deir –Gabal-at-Tair est perché en haut de la falaise.
Sur la place, de curieuses installations : des poutres multicolores assemblées en V renversés : ce sont des balançoires avec des nacelles métalliques peintes en damiers de couleur : la « Foire du Trône » villageoise. Les maisons de pierre ont de jolies arcades romanes et des croix sont peintes partout.
Devant la vieille église (il y a aussi une église neuve en ciment) une terrasse a un panorama qui vaudrait à lui-même le déplacement. Nous dominons la vallée cultivée, les petits champs en damier, les bosquets de palmiers. Pour le cadrage de la photo, c’est au jugé : le soleil se reflète sur l’écran de contrôle. Nos appareils manquent de viseur. Il existe maintenant des appareils numériques avec un viseur mais ils sont hors de prix.  On retravaillera à l’ordinateur !

La vieille église

Du dehors, la petite église ne paie pas de mine. Dans le narthex on se déchausse. Le porche y est sculpté de scènes minuscules avec des personnages, des animaux, des motifs géométriques. Ces sculptures figuratives rappellent un peu l’art roman. A l’intérieur le plan de l’église est celui d’une église grecque. L’iconostase est en bois travaillé en chevrons. Pas de sculpture figurative ici mais des icônes anciennes installées au dessus. Au mur,
les peintures sont modernes et sans grand intérêt.
C’est aujourd’hui le dimanche des Rameaux. De nombreux villageois endimanchés sont dans l’église. En dehors de tout service religieux, ils sont assis tranquillement  comme nous l’avons vu faire les musulmans dans les mosquées. Sont ils venus pour prier ou simplement pour se réunir ?

Nabil fait un film avec son téléphone portable puis  nous entraîne au monastère ; la boutique recèle tout un fatras allant de la cassette vidéo au Puzzle de la Fuite en Egypte mais pas de carte postale touristique que j’aurais pu acheter et envoyer. Nabil a choisi pour nous une brochure trilingue : La Fuite en Egypte illustrée 10 LE, c’est le moins qu’on puisse laisser.


Moyenne Egypte : agriculture

Publié le : 14 Juin 2008
Moyenne Egypte : agriculture

Agriculture
La route vers Minia est un enchantement. Au pied de la falaise blanche nous traversons un véritable jardin de petites parcelles. Le long de la route, à l’ombre, les animaux sont attachés. Leurs abris sont soutenus par 4 poteaux ou un enclos de roseaux. Certains ont bricolé une étable avec un muret de terre entre les troncs des palmiers. Comme toujours ce sont les ânes les moins bien lotis. Mais on prend soin de leur beauté. Certains sont artistement tondus. Les passages de la tondeuse ou du rasoir leur donne un aspect rayé des plus seyants.
Pour les vêtements la couleur en vogue semble être ici le violet vif anciens,. Les hommes le portent en turban, en écharpe ou en gallabieh. Les femmes en foulard de mousseline par-dessus une tenue noire. Le rouge est aussi fréquent en mousseline. Avec le vert de la luzerne, les couleurs vives des costumes égaient le village.


Welcome in Minia !

Publié le : 14 Juin 2008
Welcome in Minia !

Nefertiti, le symbole de la ville nous accueille : son buste et à ‘honneur au milieu du grand rond point à l’entrée de la ville. On traverse le fleuve sur un grand pont. La ville de Minia s’étire le long de la corniche aménagée en jardins. Il y a des grands immeubles modernes plutôt pimpants. La police loge dans un beau bâtiment blanc classique avec un fronton grec dans le style de l’Athènes du 19ème siècle.

Sur le voucher parisien nous sommes logées à en demi pension l’hôtel Aton mais le voucher de Sylvia Tours mentionne B&B au Mercure .La réception du Mercure se charge d’aplanir le malentendu . Nous sommes ravies de nous installer dans une grande chambre très claire et bien décorée : de belle lampes de cuivre martelé aux motifs une petite table basse au tour de cuivre aux mêmes motifs ? dans des cadres sous-verre des broderies : les oies de Meïdoum. Un vaste balcon avec des fauteuils de rotin a une belle vue sur la piscine et plus loin sur le Nil.

Dès que nous sommes douchées je me précipite à la piscine. La fraîcheur de l’eau me surprend. Il fait près de 40°C et l’eau est presque froide. Elle fait un  bien fou.
Nous dînons sur notre balcon soupes de légumes, tehina et salades et du poulet grillé et crème caramel pour dessert. C’est en plus très (trop) abondant.

Nefertiti, le symbole de la ville nous accueille : son buste et à ‘honneur au milieu du grand rond point à l’entrée de la ville. On traverse le fleuve sur un grand pont. La ville de Minia s’étire le long de la corniche aménagée en jardins. Il y a des grands immeubles modernes plutôt pimpants. La police loge dans un beau bâtiment blanc classique avec un fronton grec dans le style de l’Athènes du 19ème siècle.

Sur le voucher parisien nous sommes logées à en demi pension l’hôtel Aton mais le voucher de Sylvia Tours mentionne B&B au Mercure .La réception du Mercure se charge d’aplanir le malentendu . Nous sommes ravies de nous installer dans une grande chambre très claire et bien décorée : de belle lampes de cuivre martelé aux motifs une petite table basse au tour de cuivre aux mêmes motifs ? dans des cadres sous-verre des broderies : les oies de Meïdoum. Un vaste balcon avec des fauteuils de rotin a une belle vue sur la piscine et plus loin sur le Nil.

Dès que nous sommes douchées je me précipite à la piscine. La fraîcheur de l’eau me surprend. Il fait près de 40°C et l’eau est presque froide. Elle fait un  bien fou.
Nous dînons sur notre balcon soupes de légumes, tehina et salades et du poulet grillé et crème caramel pour dessert. C’est en plus très (trop) abondant.


D'El Minia à Beni Hassan

Publié le : 14 Juin 2008
D'El Minia à Beni Hassan

Les oiseaux se lèvent tôt à Minia : 4h30 au lieu de 5h15 au Caire. Ils sont très nombreux sur la corniche du Nil, peut être désorientés par l’éclairage urbain particulièrement lumineux. En face de l’hôtel, il y a un feu sophistiqué avec le décompte des secondes  qui restent 40 en rouge et 40 en vert. Sur le trottoir une série d’ampoules clignotent tantôt en rouge tantôt en vert. Le comble de cette débauche de signaux c’est que personne n’en tient compte : les voitures passent au rouge et les piétons seraient bien mal avisés de faire confiance aux 30 secondes restantes pour traverser.

Réveillée de bon matin, j’ouvre les lourds rideaux. Il fait encore nuit et impossible de me rendormir dans ce vacarme aviaire. A 5h30 je m’installe sur le balcon pour écrire et assister au lever du soleil sur la falaise de l’autre côté du Nil : vers 6heure un gros ballon jaune s’élève et il fait encore très frais.

Au petit déjeuner : fromage blanc et fromage jaune, tehina, concombre et tomates. Je savoure avec joie (et un peu de nostalgie) ce petit déjeuner moyen-oriental. Pas de jus d’orange, seulement du kerkadé. Le groupe de touriste italien demande des sacs en plastique pour des en-cas sur la route nous ne nous gênons donc pas pour emporter les œufs durs et du fromage.

Nabil nous accueille avec une rose et un petit brin de sauge chacune. L’attention est charmante même si les fleurs se flétriront pendant la journée en voiture. Il me fait signe de monter à l’arrière. La place à côté du chauffeur est réservée à la Sécurité. Puis il me demande discrètement « 10LE pour la police ». Ce n’est pas cher payé pour être débarrassé du policier de service !Nabil est ravi et rigole comme à une bonne farce. Je vais retrouver ma place à l’avant et lui sa liberté de conduire à sa guise : doucement avec des arrêts pour les photos. Nous mesurons mal cette occasion  exceptionnelle. Au retour, un policier en civil avec un talkie walkie prendra ma place. Plus question de photos. La voiture traversera en vitesse les villages et les champs. Nabil sera en conversation avec l’accompagnateur. Impossible de lui demander des explications, encore moins des arrêts inopinés. C’est donc après coup que nous nous rendrons compte du privilège de ce matin.
Nous traversons le Nil et prenons la route du sud par la berge orientale sur une toute petite route qui passe par les villages. Les paysans marchent, d’énormes ballots de luzerne sur la tête ou en chargent des charrettes à âne. Les femmes portent des costumes très colorés avec des voiles de mousseline violette ou verte. Je remarque de nombreux enfants d’âge scolaire au travail, - soit sur des ânes – soit dans un garage.
-    « Pourquoi ne sont ils pas à l’école ? » je demande à Nabil
-    « ce sont des fermiers, ils n’envoient pas leurs enfants à l’école »
Comme j’insiste il demande à un petit assis sur le bord de la route
-    « pas d’école ! » traduit il
Ce n’est pas vrai. L’école est un haut bâtiment de 4 étages, le plus haut du village. Nous verrons des écolières rentrer chez elles leurs cahiers à la main.

Nous faisons une collection de photo d’ânes malheureusement commencée trop tard. Nabil stoppe le petit car devant une jarre. Un quart émaillé est posé sur le couvercle en bois. Je cadre la photo. L’oiseau qui se désaltérait s’envole. Nabil a été plus rapide avec son téléphone. Il est très fier de ses collections de vidéos qu’il me montre en route : il a filmé l’intérieur des tombeaux d Beni Hassan et l’église d’hier. Je préfèrerais regarder le paysage mais je tiens à lui faire plaisir. Il est vraiment très gentil. Nous l’invitons pour la forme à dîner à l’hôtel. Il refuse, expliquant qu’il est chrétien et qu’il fait Carême pendant la Semaine Sainte. Il est orthodoxe et ne mange ni viande, ni poisson ni même du chocolat. En fait, il ne mange pas du tout quand il travaille. Hier soir, il a réparé la voiture et la rayure sur la carrosserie ne semble pas le chagriner.


Beni Hassan

Publié le : 14 Juin 2008
Beni Hassan

Tombeaux de Béni Hassan
Une marche d’approche sur une longue allée dallée entrecoupée de volées de 5 marches – en tout 350 – nous mène dans le désert vers la falaise où sont creusées les tombes sous un soleil de plomb. Nabil avait tenté de convaincre D de mettre un chapeau  dans un sabir bizarre
- « Where is the capello ? »
J’ai mis le voile turc par-dessus le chapeau vietnamien. Nous sommes escortées par ds militaires en armes. Un vieil homme en gallabieh bleue gris et turban bleu nous vend les billets 25LE « no photos ».

Tombe n°17
La tombe N°17 de Khity nous ébloui par la richesse du décor. Les murs sont couverts de dessins colorés qui racontent la vie quotidienne aux temps des pharaons. Nous prenons bien notre temps pour étudier les détails. Comme on nous surveille nous renonçons aux photos et je sors le carnet moleskine et D son carnet de comptes.  Nos anges gardiens sont aux petits soins : ils nous prêtent leurs bancs de bois et s’accroupissent au pied des colonnes très élégantes au chapiteau en forme de lotus fermé.
Les décors des tombes répondent à des canons immuables basés sur l’orientation. La particularité de Beni Hassan est que cette nécropole se trouve sur la rive orientale et non pas occidentale comme aux Pyramides ou dans la Vallée des Rois. Au début, il faut procéder à une orientation. Le panneau NW est occupé par des scènes de travaux des champs sur plusieurs registres. Le mur N, par des scènes de chasse dans le désert tandis que l’E représente des lutteurs des guerriers et la prise d’une citadelle, au sud on voit le défunt en grand format et les processions d’offrandes. D s’applique à compter les bœufs de deux troupeaux qui viennent à la rencontre les uns des autres. Les bouviers sont disposés de part et d’autre d’une canne, accolade symbolique. Les animaux sont très bien dessinés. Sur le registre situé en dessous, les offrants portent des poulets du pain et un bouquet de lotus ils sont suivis par un autre troupeau de bovins. Dans un coin, une sorte de hangar est représenté avec des réservoirs à coupole (greniers ?) on peut aussi penser à des ruches ? Le dernier grenier est accompagné d’un escalier, au dessous on bat le blé.
Je m’attache à dessiner une scène de champ de la paroi nord ouest : une frise à chevrons représente l’eau – bizarrement marron – (il eut d’agir de l’eau de l’inondation boueuse et fertilisatrice) : un canal d’irrigation, une frise de lotus orne le haut du registre. Entre les deux frises, dans un massif de végétaux verts, des paysans, torse nu, vêtus seulement d’un pagne court blanc, récoltent le blé comme aujourd’hui, accroupis ou agenouillés.

Tombe N°15 : Baquit II
Les mêmes motifs sont peints peut être en plus sophistiqué. La chasse sur le mur nord est amusante : parmi les gazelles, les oryx, les fauves se glissent 4 animaux fantastiques. Nous trouvons avec bien du mal le quadrupède à tête de serpent mais pas le griffon ni la licorne. Sur le mur nord la « vie turbulente des Princes » (Guide bleu) est aussi plus lisible que dans la première tombe.
Tombes n°3 et N°2
De Knoumhotep et d’Amenhat sont d’une autre facture. Les personnages sont beaucoup plus grands mais moins souples et moins élégants. Dans la tombe de Knoumhotep la scène la plus originale représente la caravane des asiatiques. Les personnages sont jaunes, les cheveux coupés courts, les barbes fines et noires. Ils apportent leurs marchandise sur des ânes bâtés et sont précédés d’un introducteur portant une lettre datant la délégation à l’an 6 du règne de Sésostris. Dans la tombe d’Amenhat, le Prince de la Gazelle, trois statues se trouvent encore dans la niche au fond. Nous nous attachons à observer les « navigations mystiques » : celle qui va à Abydos, plus au sud en remontant le courant se fait à la voile, vers Busiris en suivant le courant du Nil, les navigateurs ont replié les mats et s’aident du courant. J’adore ce genre d’observation de détails, il faut chercher exercer le regard et la récompense est une très jolie scène.
En sortant, pas de dilemme : le vieux gardien impose le tarif du bakchich. Le billet de 5LE que j’avais préparé sera « pour la Bolis », il me montre un billet vert de 20LE qu’il s’attribue.
D est exaspérée par l’escorte rapprochée. Elle décide de lambiner sous la cagna pour les agacer. Je presse le pas, deux me suivent. Après le premier banc deux turbans et deux armés la rejoignent. La cafétéria est rafraichie par deux ventilos, on m’offre un café turc délicieux. D arrive sur ces entrefaites, furieuse, les policiers l’ont obligée à marcher trop vite et son genou la fait souffrir. Nous n’en avons pas fini d’être accompagnées !


miriam
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