carnets de voyages

Je consigne toutes mes observations et mes lectures dans mes carnets. Si je n'arrive pas à décrire c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Alexandrie - Agora, peplum

Publié le : 18 Janvier 2010
Alexandrie - Agora, peplum

De l'Alexandrie antique, du Phare, de la Bibliothèque... il reste finalement peu de choses en regard de la grandeur de la cité antique : la colonne Pompée, les catacombes...
A la veille d'un voyage en Egypte, la sortie du film Agora est bienvenue.
Ce film est un peplum intellectuel.

Intellectuel, puisque l'héroïne est Hypatie, philosophe ayant vraiment existé, personnage oublié. Elle enseigne les théories de Ptolémée, d' Aristarque, la géométrie...

Peplum grandiose avec des reconstitutions "pharaoniques" magnifiques, colorées et inspirées. Peplum, les scènes de foule, d'émeute quand les chrétiens abattent la statue géante de Sérapis et brûlent la Bibliothèque.

Il fait revivre une période qu'on connaît assez peu : la montée du christianisme dans l'Empire Romain, de proscrits clandestins, esclaves ou anonymes surgit une armée sous l'autorité de ses évêques qui dictera sa loi au Préfet romain baptisé mais dépassé.
Relire le livre passionnant de Lacarrière : les Hommes Ivres de Dieu
Le film délivre un message humaniste de tolérance, montrant le fanatisme des chrétiens triomphant, la manipulation des Écrits Saints (épître de Saint Paul terrifiante).On commence par abattre les statues, mais on  ne s'arrête pas en chemin, les Juifs sont persécutés, puis on veut voiler les femmes,  on accuse Hypatie de sorcellerie et on fait plier l'autorité romaine laïque.

Si les intentions sont louables, si la reconstitution historique est fouillée, cela ne fait pas d'Agora un grand film. Intello, historique, mais surtout peplum avec grandiloquence et lourdeur. Que font les vues aériennes dans une mise en scène sans finesse?


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Tetro de Coppola

Publié le : 17 Janvier 2010
Tetro de Coppola

Tetro se déroule en Argentine, Coppola est un grand réalisateur américain. La VO est en Anglais et en Espagnol... Loin du Parrain, le réalisateur signe un film original, noir et blanc, avec une grande recherche esthétique.
Deux frères se retrouvent, le plus jeune rejoint l'autre dans son exil argentin. Le grand fuit cette rencontre, fuit le passé tragique... On devine un drame.
Le noir et blanc impose un certain décalage, intemporel, jeux de lumières, éclairages parfaits, est-ce un hasard si Tetro est éclairagiste dans un théâtre un peu minable ? Tetrocini, théâtre, ciné... peut être je gamberge ?
Plusieurs jours plus tard, le film résonne encore. Association d'idées, tragédies familiales, Atrides ? Lagides ? Contrairement à Œdipe, Tetro n'épouse pas Jocaste, la mère meurt et c'est le père qui épouse la jeune fille. pourtant le meurtre du père est inscrit en filigrane.

Quelques jours plus tard, le film vibre encore, et si je m'étais complètement trompée ? Si le thème principal n'était pas la figure du père autoritaire mais plutôt la rivalité entre les frères. Double rivalité entre le père et son frère, lui aussi chef d'orchestre et la rivalité entre Tetro et Bennie écrivains tous les deux ?

Flash-backs colorés sur une musique des contes d'Hoffmann. Copélia est désarticulée. Copélia, Coppola. j'associe encore. Peut être je me trompe ?
Images de La Boca intemporelles, le noir et blanc souligne cet aspect désuet, l'arrivée d'une citroën dernier cri et d'un  ordinateur portable nous remet dans le siècle.
Festival surréaliste devant un  glacier patagonien,la pièce de théâtre gagne le "Prix des Parricides" finalement je classerai ce film en Argentine.


Blanche neige de Preljocaj à la Maison des Arts de Créteil

Publié le : 15 Janvier 2010
Blanche neige de Preljocaj à la Maison des Arts de Créteil

La soirée a bien commencé : d'anciens élèves attendaient sur le parvis.Grâce au  partenariat de la Maison des Arts avec les collèges et les lycées . Les jeunes se réjouissent de cette sortie nocturne. La MAC joue à la perfection son rôle de lien social. Chaque fois que je vais au spectacle je rencontre des anciens élèves, des collègues, des parents...

La naissance de Blanche Neige est tonitruante, draperies noires et grand renfort de fumigènes! Les décors sont astucieux, on voit l'héroïne grandir par un subtil échange de fillettes et de jeunes filles. Puis les danseurs de la troupe très nombreux animent le palais. Le ballet devient presque classique. Les costumes sont merveilleux - pas étonnant puis que c'est un grand couturier: Jean Paul Gaultier qui les a conçus. Celui de Blanche neige est déconcertant : on dirait qu'elle a perdu sa jupe, elle apparaît le cul nu,la mousseline blanche dévoile plus qu'elle n'habille.
Les décors se succèdent. comment a-ton figuré les arbres de la forêt? Un commando menace la jeune fille, pacifique, un cerf passe.
Les sept nains sont des acrobates qui sortent d'un mur et dansent sur la paroi verticale sur la musique de Mahler. ma préférée est la sorcière et ses chats noirs. la scène de la pomme est violente. Je regrette de ne pas avoir révise le conte. Myriam l'a lu à sa fille la veille : elle retrouve tous les éléments que j'avais oubliés.
Magnifique ballet.
Est-ce de la danse contemporaine?sommes-nous dans le ballet classique? Les tableaux se sont enchaînés avec la facilité de la danse traditionnelle. Ce l'originalité, de la recherche mais pas de provocation inutile ni d'intellectualisme caractérisant l'art contemporain? Où est-ce cela le post-moderne réussi?

pour visionner un extrait
www.youtube.com/watch?v=Sb5Q3FyqKKc&feature=related


Blanche neige de Preljocaj à la Maison des Arts de Créteil
Blanche neige de Preljocaj à la Maison des Arts de Créteil

les Contes de l'Âge d'Or film

Publié le : 11 Janvier 2010
les Contes de l'Âge d'Or film

Une comédie en quatre sketches "à l'italienne"? Plutôt à la Roumaine, avec son humour rural allumé, rigolard et toujours poétique. Des braves gens toujours prêts à faire la fête, à manger et à boire malgré les directives ubuesques d'un régime craint et absurde.
voici un extrait du premier sketch, mon préféré
http://www.allocine.fr/video/player_gen … 45730.html


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Vincere de Bellocchio

Publié le : 09 Janvier 2010
Vincere de Bellocchio

A lire le résumé de l'histoire, je n'aurais pas  choisi ce film. La maitresse de Mussolini, c'est plutôt people! L'Histoire par le petit bout de la lorgnette???
D'entrée de jeu, je suis fascinée par l'esthétique des images. Bellocchio est un maître, il intercale des images d'archives, construit ses plans comme des tableaux d'époque. Allusion au futurisme qui a inspiré Mussolini,jeux d'ombres et de lumière. Cinéma dans le cinéma. De nombreuses séquences se déroulent au cinéma. C'est en regardant les actualités que l'on voit l'histoire se dérouler. Citations: The Kid émeut la mère qui ne voit plus son enfant. On croit aussi reconnaitre Potemkine. Impressionnante projection d'une Passion  sur le plafond d'un hôpital de campagne installé dans une église où la femme légitime de Mussolini soutient son mari blessé, Piéta?
L'aspect politique du film est aussi intéressant: on assiste au tournant de l'histoire, quand Mussolini, socialiste ardent, anticlérical, pacifiste, quitte l'Avanti pour fonder le journal nationaliste et s'engage dans la guerre de 14. Omni-présence des religieuses dans le film pendant la période fasciste quand le Duce renie son anticléricalisme pour s'appuyer sur le Vatican et l'Eglise.
Beaucoup de lyrisme, trop théâtral? Peut-être pas en regard des mimiques du Duce dans ses discours filmés


"Bonbon Palace", un roman d'Elif Shafak.

Publié le : 04 Janvier 2010

Bonbon Palace est un immeuble de l'Istanbul d'autrefois, prestigieux avec des balcons tous différents, son paon qui orne la façade, mais passablement déclassé, en proie à la vermine et aux ordures.
Elif Shafak raconte l'histoire de ce bâtiment, sa préhistoire même, quand le terrain était occupé par un double cimetière turc, sa construction par des russes fuyant la révolution et la vie de l'immeuble aujourd'hui, habité par des coiffeurs jumeaux dont le salon concentre les commérages, un gérant âgé religieux qui raconte des histoires effrayantes à ses petits enfants, des femmes au foyer accros à la propreté ou aux séries de télévision... ou encore la gardienne aux prises avec un gamin qui refuse d'aller à l'école...

Le narrateur, un professeur de philosophie, est moins réussi que les portraits de femmes. Ses beuveries ou ses considérations sur les femmes peuvent même être exaspérantes. Cependant il est le pivot de l'intrigue qui anime le roman.  La chute est imprévue (et je préfère ne pas la dévoiler)...

La construction de ce roman est habile, polyphonie de voix variées, échantillon de la petite bourgeoisie stambouliote.  Il a une parenté évidente avec La Vie,Mode d'emploi, de Perec ou l'Immeuble Yacoubian, mais il n'est pas de leur niveau littéraire. Il manque un je ne sais quoi d'âme.

Cependant c'est une plongée intéressante dans la ville d'Istanbul qu'on ne soupçonne pas quand on se contente des quartiers touristiques. Et toujours, je cherche à deviner la vie banale des habitants des villes lointaines, vie à laquelle je ne peux pas accéder. Istanbul, mégalopole de 16 millions d'habitants, peut-être beaucoup plus, ne doit pas se résumer à Topkapi, la Mosquée bleue ou la Corne d'Or...


Pièces d'Identité - film de Dieudonné Ngangura Mweze(RDC)

Publié le : 13 Décembre 2009
Pièces d'Identité - film de Dieudonné Ngangura Mweze(RDC)

Le festival Etoiles d'Afrique a donné une  opportunité de revoir de film datant de 1999.

Pourquoi écrire sur un film qui n'est plus distribué dans les salles?

Justement pour qu'on le demande!

Le vocable d'"identité" a résonné bizarrement en moi en notre époque sarkozyste... j'avais pensé passeport, visas, contrôles policiers...
Identité française???

Et bien non! d'abord, le film est tourné en Belgique. Congolais ou belge? Là n'est pas non plus la question! Aussi exotiques que les fêtes africaines, les costumes traditionnels, masques et autres, la gueuze qui se consomme sans modération, l'atomnium et les décors bruxellois.Le politiquement correct n'a pas contaminé les soirées trop arrosées des anciens colons qui dégoisent des propos ouvertement racistes mais non pas empreints de nostalgie de leur jeunesse.

Un roi de village Mani Kongo fait, le voyage à la recherche de sa fille Mwana étudiante, tout du moins le croit-il, perdue de vue. Il arbore son costume traditionnel de roi, casque de perle et bâton sculpté. Ce sont ses pièces d'identité. Première surprise pour moi!personnage en costume folklorique, le bon sauvage(?), je crains le pire. les bons sentiments, les affreux colons personnifiés par un commissaire de police de caricature qui humilie la jolie jeune fille africaine trop naïve. Trop facile! Opposition noir et blanc? Trop facile encore.
le film est beaucoup plus nuancé. Chaque personnage révèle sa part d'ambiguïté, les bons et les méchantssont répartis dans chaque camp. La naïve Amanda sort de prison, elle a convoyé de la drogue ou des faux papiers. Son ancien ami, un sapeur "tout est dans la marque" que le roi africain qualifie de "mal habillé" est un petit maquereau minable. Que dire du faux chauffeur de taxi, faux congolais, vrai métis, vrai délinquant. De l'étudiante qui a perdu tout contact avec l'Afrique et qui s'est inventé des ancêtres dans un cimetière bruxellois? Les piliers de bistro du Katanga ne sont peut être pas aussi "noirs", leur attachement à l'Afrique est lui aussi ambigü...amour dévoyé. Les bonnes sœurs, en revanche, ne sont pas épargnées, ni les travailleurs sociaux. Que dire du "Père blanc", africain noir de peau qui expulse Mani Kongo de force du foyer lui intimant l'ordre de prendre l'avion le jour même? quand au contraire le commissaire de police lui permet de se renflouer et le réconforte.

Par de là des personnages secondaires attachants, les décors d'une Belgique folklorique, les images d'archives de l'Exposition Universelle et de l'Indépendance du Congo donnent une dimension moins anecdotique. Anecdote : le Roi des Belges se fait voler son épée au cours des cérémonies d'indépendances. Scène en miroir des pièces d'identité du roi Mani Kongo!


le château de Vincennes

Publié le : 12 Décembre 2009
le château de Vincennes

Aux portes de Paris, à la sortie du métro, tout le monde connait sa silhouette, mais qui a tenté la visite?

L'entrée est discrète, il faut presque de l'audace pour suivre l'écriteau piéton et passer sous la porte de la tour du village. Point de queue, les touristes sont rares. l'entrée de la billetterie à peine visible.

Les gens pressés peuvent  traverser l'esplanade et sortir sur la place côté Parc Floral et voir les extérieurs sans être importunés et découvrir la galerie classique et les pavillons royaux datant de Louis XIV, merveilleux ensemble inattendu à l'ombre du grand donjon.
les curieux prendront leur billet et attendront la visite guidée (comprise dans l'entrée) ou l'audio-guide très pratique et détaillé.
De Saint Louis à Louis XIV, le Logis Royal proche de la forêt, alors giboyeuse, a été occupé par les rois de France.

Souvenir de l'épisode de la justice rendue sous un chêne, on a planté en 1952 un chêne sur l'emplacement du manoir royal. Il semble tout jeune et tout frêle, 60ans, c'est la prime jeunesse pour un arbre!
Dans le donjon, c'est Charles V qui a laissé son empreinte...

Plus tard, Vincennes a été la prison de Diderot, Sade, Raspail...
et ceux qui s'intéressent à l'histoire militaire retrouveront le chasseur de Vincennes (pour moi, une statue sur le bord de l'autoroute) dans la cour des harnachements.

La sainte chapelle est fermée jusqu'au 10 février, nous reviendrons.


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J'aurais voulu être égyptien - Alaa El Aswany

Publié le : 11 Décembre 2009
J'aurais voulu être égyptien -  Alaa El Aswany

Alaa El Aswany est l’auteur de L’Immeuble Yacoubian.
J’aurais voulu être Egyptien [/b]est un recueil de nouvelles. La première, Celui qui s’est approché et qui a vu, est longue d’une centaine de pages. Point de vue très pessimiste, presque désespéré sur une Egypte enlisée dans la corruption et la médiocrité. Dans la préface, l’auteur raconte ses démêlés avec la censure et explique la différence entre l‘art du littérateur qui peut créer des personnages abjects et la vraie vie.

Oscillant entre fascination de l’Occident comme dans la première nouvelle, conformisme ou hypocrisie pseudo religieuse, les héros des différentes nouvelles ne sont pas épargnés. Difficile d’accorder notre sympathie à  celui qui écrit une lettre fleurie de formule pieuse pour refuser de payer la clinique pour sa mère au prétexte que l’hôpital public est aussi bien, à celui qui découvre le décès de son père alors qu’il a avalé une première cuillerée de fèves à la tomate et qui est marri de pas avoir le temps de finir le plat avant  que ne reprenne le jeûne du Ramadan….

Ce livre très noir ne laisse que peu de place pour l’empathie comme dans l’Immeuble Yacoubian  ou dans Taxi de Khaled Al Khamissi.


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Les hommes ivres de Dieu - Jacques. Lacarrière

Publié le : 28 Novembre 2009
Les hommes ivres de Dieu - Jacques. Lacarrière

Lacarrière est un passeur merveilleux. L'été Grec inoubliable a été longtemps ma référence en Grèce. Et voici qu'il m'accompagnera dans mon prochain voyage en Egypte.
Si l'Egyptomanie concerne dieux et Pharaons de l'Antiquité, si Bonaparte et ses savants nous ont aussi familiers, Nasser, Sadate, Moubarak et l'Égypte moderne apparait sur nos écrans de Télévision... N'oublions pas les Coptes!
Avant d'être terre d'Islam, l'Égypte fut la terre des premiers chrétiens. Les touristes n'échapperont pas à la Fuite en Égypte! On connaît moins les premiers moines. Le moine - monos: un seul, en grec - fut d'abord un ermite allant au désert. Et le désert, lieu mystique par excellence s'est peuplé de saints pas tout à fait inconus : Saint Antoine et se tentations, la Thébaïde, Saint Paul de Thèbes, ou la conversion de Thaïs....
Lacarrière raconte donc Saint Antoine, saint Pakôme et le terrible Chenouti. Il analyse la fin de l'Empire Romain païen,  la mort du dieu Sérapis, la fondation des monastères-ceux qu'on peut encore visiter au Wadi Natroun- enfin les stylites, les brouteurs, dans les déserts voisins de Syrie.
Loin d'être un livre d'érudit ennuyeux, c'est  une lecture facile et particulièrement distrayante. Tellement riche et variée est l'humanité!


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