Le site de Dendérah est immense : un Temple énorme, un « petit » Mammisi, une basilique chrétienne, un Lac sacré, un « petit » temple d’Isis, des murs d’enceinte en brique.
C’est une erreur de cumuler les visites d' Abydos et de Dendérah dans une même journée. C’est le même itinéraire mais ce sont deux visites qui méritent chacune une journée spéciale. Notre capacité d’émerveillement n’est plus intacte, nous avons déjà beaucoup piétiné. Les batteries des appareils photos sont à plat et nous ne disposons que de peu de temps.
Le site de Dendérah est consacré à Hathor.
Mammisi : Hathor allaite le Pharaon (ou Horus). Cela apparait comme une évidence. Hathor, la vache donne du lait. Malheureusement, de nombreuses figures ont été martelées.
De la Basilique copte, il ne reste que les fondations, quelques arches décorées de motifs géométriques.
Le grand temple set presque intact. Les colonnes impressionnantes sont toutes surmontées de la tête d’Hathor, femme aux oreilles de vache. Une moitié du temple a été nettoyée. Le plafond est décoré dans une dominante de bleu et de turquoise, lapis-lazuli. Ciel étoilé. Hiéroglyphes colorés.
De la grand salle hypostyle on entre par une rampe dans une plus petite, puis insensiblement dans une encore plus petite. Les proportions sont gardées chaque fois les dimensions de la porte, de la salle et la hauteur de plafond diminuent, la pénombre s’épaissit. Miracle d’harmonie. Dans les chapelles on retrouve les barques. Hathor à l’entrée accueille le visiteur avec un plateau de fleur, debout perchée sur une rampe de papyrus.
André me montre le plafond d’une salle carrée. Nout en fait presque le tour. On repère d’abord ses pieds, puis à angle droit sa jupe, nouvel angle droit au niveau du sexe d’où le soleil sort régénéré dardant ses rayons sur un arbre. Sa tête se trouve dans l’angle opposé où elle avale le disque rouge. Le plafond est coupé en deux : moitié nuit avec les étoiles, moitié jour avec les rayons !Ce plafond tout à fait merveilleux n’est pourtant pas le plafond astronomique célèbre. Il faut monter sur la terrasse (ou aller voir l’original au Louvre) et voir le zodiaque.
La montée en pente douce avec des marches très plates est presque une rampe (on pense à la Giralda). Une procession gravée dans le mur nous accompagne. La descente, plus raide s’effectuera aussi entre une haie d’honneur. Malheureusement on ne peut pas grimper tout en haut pour avoir une vue d’ensemble sur le site.
Le Lac sacré est maintenant un jardin planté de palmiers. Autrefois un Nilomètre était en fonction.
Le mur arrière du grand temple où Cléopâtre, Marc Antoine et Césarion sont figurés à l’égyptienne est en face du temple d'Isis.
A Qena, notre chauffeur nous montre une grande mosquée très décorée, il propose d’aller la voir. Pressés de rentrer nous déclinons cette proposition. Je le regretterai en découvrant par al suite sur le Guide Gallimard que cette mosquée est très fameuse.
Les verts paysages que nous avons traversés le matin sont noyés dans un mélange de brume de chaleur et de fumée : les paysans mettent le feu aux champs après la récolte de la canne, on brûle aussi des ordures près des canaux. Partout s’élèvent des colonnes de fumée.
Nous arrivons de nuit à Louxor : occasion de voir le temple illuminé.
Au débarcadère des ferries, un homme nous interpelle : c’est D E qui est allé à Nour El Gournah pour prendre de nos nouvelles. 1£E le ferry, 1£E le taxi, en une demi-heure nous sommes rentrées au funduk.
C’est un privilège immense d’être la seule visiteuse à Médinet Habou, enfin presque seule puisque j’ai l’attention des gardiens.
- « Where do you come from? » sempiternelle question!
Un vieil homme s’attache à mes pas. Devant le Pylône, « Ramsès III ». Le pharaon a triomphé des ennemis, il s’élance, brandissant un fouet. An tas, à ses pieds, les mains coupées des vaincus. Les énormes gravures ressemblent à celle de Ramsès II dans la bataille de Kadesh : même attitude du pharaon sur son char, même cheval empanaché. Je commence à réviser mes idées quant à la bataille de Kadesh. Ce que j’avais pris pour une narration exacte se trouve transposé ici. Il faudrait être égyptologue pour faire la part du symbolique et de l’anecdote.
L’anecdote, je vais la trouver plus tard, après être passée dans une autre cour avec les colosses et les chapiteaux en bouton de lotus colorés. Le gardien me montre des scènes très colorées. Je ne trouve pas la bataille navale : elle est à l’extérieur du temple dont il faut faire le tour. Le gardien me montre aussi une scène avec des poissons, un taureau debout et un autre aux pattes liées.
Il est 7h30, temps de boucler les valises. Le transfériste de Sylvia vient nous chercher à 10h. Le petit car emprunte la route d’hier le long du canal avec les maisons aux façades colorées et aux picots de dentelle bordant le toit. Tant de maisons restent inachevées en Egypte, celles-là sont presque exceptionnelles. Le transfériste se charge de l’embarquement mais seulement sur le vol Egyptair. Il faudra reprendre les valises au Caire et les ré-enregistrer.
Vol agréable au dessus du désert qui, vu d’avion raconte une autre histoire qu’au ras du sol : histoire de canyons et de rivières, d’inondations, érosion puissante de l’eau. Quand ? Est-ce le travail d’orages isolés et violents ou une histoire ancienne quand, il y a 25 000 ans et que le Sahara était encore vert ? Je guette les pyramides, crois les reconnaître. L’avion fait une boucle survole des quartiers neufs d’immeubles de brique rouge plantés serrés.
Nouvel évènement : de grosses chutes de neige à Zurich ont retardé le trafic. L’avion n’est pas arrivé, 1h30 de retard. Irruption cocasse de l’hiver au Caire.
Albert Cossery, écrivain égyptien de langue française, évoque une Égypte rurale, intemporelle, originale, inattendue.
Ses personnages cultivent la paresse comme un art de vivre consommé. Le patriarche, Hafez, ne descend plus de sa chambre, Galal le fils aîné depuis 7 ans ne se réveille que pour manger. Rafik, lui, aurait pu échapper à ce destin. Il a entrepris des études d'ingénieur et a ébauché une romance amoureuse. Le plus jeune, Serag, est blâmé par tous pour ses velléités d'entreprendre un travail.
L'artiste local, peintre raté de monochromes, seul au village, leur reconnaît le statut d'artistes. Univers original tant on ne s'ennuie pas dans cette maison ensommeillée. Il s'y trame même des intrigues...
La fin de la pauvreté ? est un documentaire coup de poing ! Le point d'Interrogation est le sujet du film.
Le débat prévu à l'issue de la projection tarde. On est estomaqué. Impossible de retenir les chiffres ahurissants et pourtant vrais. Les morts de faim chaque jour, les millions de dollars versés par l'Afrique aux pays riches, au nom de la dette... Les diapos interrompent le cours des images avec ces chiffres toujours aussi considérables. Ce sont les pauvres qui financent notre richesse.
Ne feignons pas de l'ignorer : c'est en 1492 qu'a commencé la mondialisation. L'or et l'argent des Amériques a permis le développement du commerce, l'esclavage, la révolution industrielle... On pourrait croire que tout est terminé : l'esclavage, la colonisation. Voire.
Après le rappel historiques, les économistes analysent la mondialisation actuelle, les prix Nobel, Mr. Stiglitz et Amartya Sen, témoins plus qu'honorables et crédibles.
Mais c'est un film que nous sommes venus voir. Des histoires, des personnages. Les images sont éloquentes. Les paroles des pauvres sont touchantes, en Portugais au Brésil, en Anglais au Kenya, en Espagnol en Bolivie. Elles racontent toujours la dépossession des terres par des multinationales, les privatisations, la destruction des solidarités traditionnelles.
Deux séquences s'opposent : la première montre la messe dans la magnifique cathédrale baroque de Sucre, tandis que les Blancs sont sur les bancs des travées, une indienne s'assoit par terre. La seconde raconte la guerre de l'eau, gagnée par les Indiens. Victoire de la communauté sur la privatisation.
Leçon de morale : il existe des biens communs qu'on ne doit pas privatiser : l'eau, l'air, l'éducation et la santé. Cette leçon devrait aussi prévaloir dans nos pays riches. Nous avons aussi à apprendre des indiens de Bolivie.
A voir absolument : http://www.lafindelapauvrete.com
Miriam
Le récit commence avec la fermeture des temples païens par Théodose en 391. Plutôt qu'un livre racontant l'histoire de l'Égypte, elle-même, c'est plutôt la chronique des voyageurs qui ont découvert l'Egypte...
Et ce, depuis la plus haute Antiquité : d'Hérodote et Strabon aux savants de Bonaparte et aux archéologues modernes.
Les pillards et les savants, les artistes, les aventuriers. Champollion l'érudit ou Belzoni, l'hercule.
Quel plaisir de suivre ces aventures! et de feuilleter les illustrations variées et pertinentes.
Merveille du monde disparue, mais non oublié. le Phare fascine toujours.
Un joli livre de la collection Découvertes Gallimard raconte le Phare, ses représentations anciennes ou inventées.
Un beau livre d'archéologie pour imaginer les splendeurs disparues
La collection Découvertes Gallimard n'est plus à présenter.
Ses livres sont tout simplement indispensables.
Agréables à feuilleter avec une iconographie variée et soignée, un texte passionnant, des documents anciens...
Jean-Yves Empereur raconte la ville antique mais aussi chrétienne, arabe et ottomane ou cosmopolite sans oublier Alexandrie d'aujourd'hui.