CARNETS DE VOYAGES

Je consigne dans mes carnets toutes mes observations, mes lectures. Cela m'aide à observer. Si je ne peux pas décrire, c'est que j'ai mal regardé.

Blog de miriam

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Vols avec escales Paris- Zurich- Le Caire liquides et solides

Publié le : 13 Mai 2008
Vols avec escales Paris- Zurich- Le Caire liquides et solides

Nous n'avons eu qu'à nous féliciter du service de la Swiss qui entretien des relations de partenariat avec EgyptAir ce qui facilite les choses pour les vols intérieurs. Ponctulité, service, même une collation entre Paris et Zurich, confort. Transit de courte durée dans l'aéroport flamabant neuf et luxueux de Zurich. 

Toutefois il faut signaler qu'au retour les services de sécurité suisses ont confisqué tous les liquides achetés Hors Taxe dans les boutiques de l'aéroport du Caire même dans les sacs scellés.

Ils ont été intraitables et ont tout pris à tout le monde. ceux qui avaient investi dans des whiskies de luxe et de prix ont été les plus déçus.

Morale de l'histoire : si vous passez par Zurich choisissez d'autres cadeaux -  solides. Pour la halva pas de problème!


Plus d'infos pratiques

Guide de voyage - Egypte - (Actus voyageurs - Infos pratiques)


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Collection Barbier Mueller au Musée Jacquemart-André -Paris

Publié le : 13 Avril 2008
Collection Barbier Mueller au Musée Jacquemart-André -Paris

le Musée Jacquemart André est installé dans un monumental hôtel particulier Boulevard Haussmann. Les propriétaires, amateurs d'art ont donc conçu leur demeure comme un musée. les pièces de très grande dimension ont gardé leur décor Napoléon III, les plafonds peints et les tentures. Tous les tableaux sont des chefs d'oeuvres : beaucoup de portraits de peintres français mais aussi des Canaletto, Hubert Robert...
on passe ensuite dans la vaste salle de musique sur deux niveaux- une galerie en fait le tour - s'ouvrant sur le boulevard. Puis dans le jardin d'hiver d'où un magnifique escalier mène à l'étage. Une fresque de Tiepolo éclairé par une verrière aux frais coloris orne le niveau supérieur.
On arrive dans un  véritable musée consacré à la peinture italienne. je remarque tout de suite les Botticelli, ensuite Ucelli et Mantegna.
     la collection d'art Primitif se trouve donc en bonne compagnie!
Eblouissante! on ne sait que louer : les statues des dogons du Mali, l'art Senoufo ou les masques gabonais, l'art Baoulé de côte d'Ivoire est également remarquable. Je retrouve toujours avec autant de plaisir les "objets-force" du Congo hérissés de clous, les chiens à deux têtes, le personnage tenant un miroir sur le ventre planté de ferrailles d'un côté seulement.
      Que dire des masques polynésiens? Des savantes compositions de Nouvelle Irlande aux matières variées et colorées. Elles avaient fait l'objet d'une exposition il y a quelques mois au Quai Branly


Ecouen :Musée de la Renaissance

Publié le : 11 Avril 2008
Ecouen :Musée de la Renaissance

c'est l'opération de gratuité dans certains musées qui a été l'occasion de cette visite à Ecouen. Je ne connaissais pas cette remeure royale moins bien située que Fontainebleau, Versailles ou Vaux le Vicomte. En bordure de communes de banlieue peu touristiques comme Sarcelles, Gonnesse ou Villiers le Bel, le château est pourtant situé dans un cadre admirable sur une terrasse dominant un vaste paysage et entouré d'un beau parc où fleurissent en ce moment anémones et jacinthes sauvages qui nous rappellent que le printemps a bel et bien commencé.

l'édifice est construit selon un plan carré, en belle pierre claire où les hautes fenêtres Renaissance, cheminées élancées, autour d'une belle cour carrée pavée. On commence la visite dans la chapelle d'Anne de Montmorency. Beau plafond décoré aux motifs italiénisants et copie de la Cène de Léonard de Vinci. L'originalité de ce château réside dans ces décors de grotesques ou de frises de grisailles sous les plafonds ou dans l'encadrement des portes rappelant l'Italie. Autre élément de décor singulier : la peinture du manteau des cheminées (à moins qu'elles ne soient finement sculptée. Sur ces décors de cheminées dans des médaillons richement entourées, on retrouve souvent des épisodes de l'histoire de Joseph - cadet célèbre - le retour de la chasse d'Esaü met en évidence ce caractère - Ecouen est le château des Cadets : Anne de Montmorrency, puuis Henri II, lui aussi cadet qui n'étaiat pas promis à la Royauté. l'emblème d'Henri II, la demi lune orne à plusieurs reprises le château.

     Nous avons passé un grand moment à détailler les boiseries, les horloges, et les meubles Renaissances présentés de façon méthodiques au rez de chaussée. Peut être trop de temps parce que le château a fermé ses portes pour la pause de midi pendant que je découvrais à l'étage les appartements royaux ornés de tapisseries extraordinaires. Je suis donc passée trop rapidement devant la tenture de David et de Bethsabée - chef d'oeuvre majeur du château.


Babylone au Louvre - Expo temporaire

Publié le : 06 Avril 2008
Babylone au Louvre - Expo temporaire

C'est une très grosse exposition.
Au début, sans surprise, Hammourabi avec sa célèbre stèle nous accueille. Quelques stèles, quelques personnages en pierre dure noire, des sceaux décoratifs illustrent ce qui est l'essentiel de la présentation : des tablettes d'argiles gravées de textes cunéiformes. Expo très cérébrale, l'oeil a peu d'occasion de se réjouir. En revanche on touche de près toute la mythologie antique, et les légendes fondatrices qu'on retrouve dans les Ecritures : le Déluge, la Loi du Talion, la tour de Babel, la Genèse, Guilgamesh, Nabuchodonosor, Daniel et les Prophètes....Ecrits, sous nos yeux, transcriptions très poétiques, quelquefois simple jurisprudence, quelquefois prières, ou anacdote sur le mal de dents. Les, textes sont tellement passionnants qu'on en oublie le caractère  austère de ces petites tablettes de dix centimètres sur sept incisées de signes serrés.
On arrive aux lions et dragons de briques vernissées qui gardaient l'entrée de la ville. Céramiques d'un bleu merveilleux- précurseur des bleus des monuments turcs ou persans de la Route de la Soie? -
On a déjà parcouru toute l'Antiquité. le dernier roi de Babylone Une tête d'Alexandre nous introduit dans la période hellénistique -
jolis tanagras - Hérodote, le premier a décrit en historien et  non plus en poéte la ville de Babylone.
Et soudain, on quitte l'archéologie ou l'histoire et on glisse dans une Babylone fantasmée par les religions monothéistes. Babylone se confond avec la ville de la luxure, sorte de monstre dont la catastrophe de l'Apocalypse pourra servir de punition. Illustrations de manuscrits ancien, grimoires, même icones russes ou miniatures de textes musulmans. La ville réelle n'a plus aucune existence face à l'imaginaire. Dadns les pays protestants Babylone se confond avec rome qui a été mise à sac. La tour de Babel prend des allures de Colisée. la punition divine atteint aussi bien la Tour que la ville entière.
     Au 18ème siècle, Sémiramis, héroine de Voltaire prend le relais, c'est aussi le début d'une archéologie scientifique. on redessine les plans de la ville : trois des sept merveilles du mondes y figuraient, jardins suspendus, pont sur l'Euphrate et palais dans une triple enceinte...

Enfin l'Exposition se termine par la projection d'Intolérance de Griffith. On a déjà oublié les tablettes d'argile. Une salle présente les fouilles modernes pour nous les rappeler.


Babylone au Louvre - Expo temporaire
Babylone au Louvre - Expo temporaire

voyage Orly- Le Caire

Publié le : 30 Mars 2008
voyage Orly- Le Caire

16 février 2002 :

17 heures, Orly après un quart d’heure de taxi.

      Les formalités d’embarquement sont sécurisées, des rubans élastiques délimitent des files, on présente à chaque étape son passeport. Le passage des portiques n’est plus une simple formalité. Mon sac sonne. La policière me fait sortir mon appareil photo, mon porte monnaie, il me faut tout vider. En salle d’embarquement, je panique, le porte-monnaie n’est plus dans sa cachette ! A la boutique Hors Taxe, c’est mon pull et les polaires que nous égarons. Le voyage commence plutôt mal ! Enfin la carte d’embarquement de D  est introuvable.

     Notre avion Corsair part à l’heure. Le vol durera 4 heures 20 au dessus du massif Central, de Nice, Rome et la Crète.  De nuit on ne voit rien. Nous nous endormons toutes les deux. Cela nous permettra d’arriver relativement reposées à l’arrivée et surtout moins stressées qu’au départ.

    A l’aéroport du Caire, dès le premier couloir, le représentant d’Oriensce nous cueille. Toutes les formalités de visas, change, douane et bagages se déroulement par enchantement.

      Le taxi traverse Héliopolis, je reconnais les villas délirantes Belle Epoque, un boulevard monumental nous mène au Caire. La ville est tout à fait éveillée malgré l’heure tardive. On travaille même dans les magasins de chaussures. On apprendra que ce sont les soldes qui commencent et qu’il faut changer les prix.

    Notre hôtel Cosmopolitan est illuminé, je reconnais le hall avec son lustre de cristal monumental vu sur Internet.
Notre chambre est plus haute que large. Le mobilier est laqué foncé, un peu vieillot et même poussiéreux. Les draps sont impeccables. Nous avons même une petite terrasse, malheureusement jonchée de détritus, suffisante pour griller une cigarette mais pas trop sympathique.

   Le voyagiste de Sylviatours, correspondant d’Oriensce, suggère de modifier le programme des visites pour pouvoir dormir un peu plus tard. Les pyramides seront pour un autre jour !


Le Caire : Musée - clés pour comprendre

Publié le : 30 Mars 2008
Le Caire : Musée  - clés pour comprendre

8H 30 réveil sous un ciel nuageux.
Petit déjeuner dans la salle à manger monumentale un peu défraîchie. Le buffet offre des viennoiseries, des omelettes, de la purée des falafels et des vermicelles indéfinissables.

    9h30 : notre guide nous attend. C’est une vieille dame vêtue d’un ensemble en laine grise, jupe longue, gilet et turban de laine. Cette tenue vestimentaire m’inquiète un peu, j’ai seulement la chemise GAP en jeans sur une chemisette et D porte seulement sa chemise Lacoste. Est ce que cela suffira ? Zeinab parle un français parfait, appris au couvent, avec le même accent que les cousines.

Musée

    Notre taxi est un microbus, il nous conduit au Musée, (dans le trafic c’est aussi long qu’à pied). Notre guide facilite l’entrée, elle court-circuite les queues aux tickets et à la consigne, nous passons devant tout le monde (non sans entendre des réflexions peu amènes de ceux qui font les queues).

    Devant le Musée, il y a foule, les inévitables japonais mais aussi de nombreux étudiants égyptiens avec de très gros blocs à dessin.

    Arrêt devant Mariette Pacha puis devant un bassin contenant un buisson de papyrus et des nénuphars, plantes symbolisant la haute et la Basse Egypte.

    Dès l’entrée, une impression de manque de place évident, les plus belles statures sont les unes contre les autres, pas de recul pour les mettre en valeur.

Les clés pour comprendre

     Les commentaires de Zeinab sont un véritable régal : elle récapitule en trois heures toute l’histoire des pharaons.
Nous commençons donc chronologiquement par la stèle de Narmer, puis faisons connaissance avec les pharaons des Pyramides Djoser en calcaire blanc, Chéops, Képhren en pierre dure noire surmonté d’Horus et Myjkérinos

Zeinab nous donne donc les clés qui nous servirons ensuite : la position des pieds du Pharaon, vivant, en marche , mort en Osiris, les pieds joints, la barbe postiche, carrée de son vivant, recourbée, mort. Le terme Osisris remplace notre français « feu ». Nous apprenons à reconnaître les hommes des femmes à la couleur, les hommes sont bronzés, les femmes pas.

     Récapitulation des principales divinités, un truc pour ne pas confondre Anubis le chacal et l’animal sethien : regarder les oreilles coupées perpendiculairement de l’animal séthien.
Les scènes familiales sont pleines de tendresse.

     Puis nous passons rapidement au Moyen Empire avec une tête de Sésostris.

     Le Nouvel Empire est peuplé de personnages que j’ai rencontrés dans la littérature. La grand  Reine Hatcheptsout est une figure légendaire. Zeinab raconte de manière très vivante : Comment s’affirmer comme pharaon ? En revêtant la barbe postiche et en s’habillant en homme .

    Au fond d’une salle deux statues colossales Aménophis III et la Reine Tyi. Ce couple est anticonformiste, déjà ils sont représentés de la même taille, le Pharaon avait épousé une étrangère, venant de Syrie qui l’avait converti au monothéisme, mais cette religion était restée dans le cercle familial tandis que leur fils Akhénaton et sa femme Nefertiti ont voulu l étendre à toute l’Egypte. Une révolution artistique double la révolution religieuse, l’esthétique réaliste peut être interprétée par la relation d’Akhénaton avec la divinité unique : Akhénaton n’étant plus qu’un homme, plus besoin de le déifier ou de l’idéaliser comme les autres pharaons.

      Nous arrivons enfin à Touthankamon, un demi étage est consacré à tout le trésor mobilier dans son tombeau. Quatre chapelles d’or, grands coffres finement ouvragés, s’emboîtent les uns dans les autres, pour une fois, la présentation est astucieuse, une vitre réfléchit la chapelle suivante, Isis et Nephtis, ailes déployées protègent le pharaon. Ce n’est pas la richesse de tous ces ors qui m’impressionne mais plutôt la finesse des orfèvres. Zeinab nous laisse seules dans la salle des bijoux .Au centre, le masque fameux, autour, les parures, ce sont elles qui me plaisent le plus : finesse des émaux cloisonnés, des yeux incrustés du cobra et du vautour(symboles de la haute et de la Basse Egypte) . le vautour, avec toutes ses plumes émaillées bleu turquoise, orange cornaline et or m’a surtout impressionnée .Ces motifs se retrouvent sur les pectoraux, les bijoux. Nous sommes éblouies.

     Nous admirons aussi le mobilier, trône incrusté avec son marchepied, lit au sommier de palmier tressé, sièges pliants, personnages qui lui servent de serviteurs .A la fin nous n’arrivons plus à nous concentrer.

Nous étions très déçues par l’horaire retardé de 12h du vol de Nouvelles Frontières qui nous avait supprimé la première après midi de découverte libre du Caire et fait modifier notre programme de visites. Finalement, un point positif, cette première visite est l’introduction idéale à notre voyage. En trois heures, Zeinab, très pédagogue, a réussi à mettre en place toutes les notions fondamentales : la chronologie des Empires et des figures principales des pharaons, les symboles de la royauté, les analogies avec l’Egypte actuelle quand elle nous présente un personnage assis de l’Ancien Empire comme le modèle de l’Egyptien moderne avec sa petite moustache, son collier bleu
J’avais pourtant bien préparé ce voyage par une bibliographie monstre, la visite au Musée donne des images là où je n’avais lu que des chronologies indigestes. Les personnages ont maintenant des visages, les présentations sommaires sont faites, nous pourrons voir les sites !


le Caire : Déjeuner sur le bord du Nil

Publié le : 30 Mars 2008
le Caire : Déjeuner sur le bord du Nil

Le taxi longe le Nil vers le Sud. Enfin ! Le Nil ! Nous voyons des bâtiments administratifs, puis des hôpitaux, la faculté de médecine où la médaille d’or de Papa doit encore se trouver. Après l’aqueduc de Saladin, les maisons sont misérables, nous avons l’impression de quitter la ville, les berges du Nil sont envahies de roseaux. Une felouque passe avec sa voile.

Andréa

    Notre restaurant Andréa est une guinguette où le soir il y a même une estrade pour un orchestre. A midi, elle est presque vide. Nous passons devant des flamants roses, gris, leurs longues pattes roses et fines soutiennent un corps très léger et un cou immense, quand ils l’étirent ils sont très hauts. La table est couverte de mézés : aubergines en purée ou miniatures dans de la saumure, choux, salade de pommes de terre, tehina, haricots, falafels croustillants verts de persil …les pitas sont fines comme des crêpes, toutes petites, incrustées de sésame.
    Zeinab disparaît pendant un long quart d’heure, nous n’osons pas commencer sans elle. On nous apporte une assiette avec un demi poulet grillé, un peu sec, du riz délicieux avec une sorte de sauce bolognese. Pour dessert : une orange. Café turc pour moi, pour D du thé à la menthe.
    Des pêcheurs en barque passent et repassent. Un bac emporte des passagers et des marchandises sur la rive opposée où il y des serres.  L’endroit est très paisible, presque champêtre, malgré des immeubles affreux de l’autre côté de la route.


Le Caire : Citadelle , musée Gayer Anderson, soirée

Publié le : 30 Mars 2008
Le Caire : Citadelle , musée Gayer Anderson, soirée

Citadelle

     Le taxi longe l’aqueduc puis Fostat la ville des potiers : c’est un curieux chantier. Des rangées de sacs de chaux ou d’argile sont entassés le long de la route, des poteries sont alignées.
De véritables troupeaux de moutons attendent les acheteurs en pleine ville : vendredi prochain c’est l’Aïd El Kébir .En attendant, ils sont nourris de foin et de luzerne sur le trottoir. La présence de ces animaux est incongrue dans la ville. Nous nous dirigeons vers les carrières du Mokkattam face à la Citadelle.

Celle ci est couronnée de la mosquée de Mehémet Ali, très turque, les coupoles argentées sont les répliques de Sultanhamet, les minarets très fins sont pourtant différents. Les murs sont revêtus d’albâtre merveilleux. On se déchausse ici en entrant dans la cour immense, des tapis rouges sont déroulés pour faire un cheminement jusqu’à la mosquée. Au centre de la cour, la fontaine aux ablutions est finement décorée encore dans le style turc. Les arcades sont percées de fenêtre garnies de ferronneries par lesquelles on devine la ville en contrebas, les minarets, les coupoles, les minarets …A l’intérieur de la mosquée, un lustre à la mode turque. Les décorations ne rivalisent pas avec leurs homologues turques. Comme nous avons raconté à Zeinab que nous avons visité Istanbul elle ne nous fait pas trop de commentaires.

De la terrasse, parmi les constructions se détache le grand rectangle nu de la mosquée d’Ibn Touloun que nous allons visiter.

Musée Gayer Anderson

     Le musée Gayer Anderson est installé dans deux maisons jumelles reliées par un pont. Ces maisons anciennes sont surtout remarquables par leurs balcons de bois fermés qui dépassent des murs. Nous avons rencontré la première fois ce type d’architecture Rethymnon, en Crète, puis à Istanbul. Le musée est meublé merveilleusement. Ce que je préfère ce sont les moucharabiehs. Nous avons laissé les appareils photo à la consigne. Un vieil homme nous accompagne malgré la présence de Zeinab. Il mime avec humour les femmes observant par la fenêtre, de sa main il se cache la bouche pour imiter le voile, puis il imite le fumeur de kif dans les longues pipes et se vautre sur une banquette d’un air béat. Il nous fait découvrir les passages secrets du harem avec un regard malicieux. Ses yeux pétillent de joie.

Ibn Touloun

     Sans crier gare nous entrons dans l’immense cour d’Ibn Touloun. Il y règne une paix incroyable par comparaison avec l’agitation frénétique du quartier. Le soleil décline, il est près de cinq heures, la lumière est très chaude. Les arcades sont admirables, malheureusement il y a des échafaudages, des bâches en plastiques peu photogéniques.

Je monte à un  curieux minaret qui me fait penser à la tour de Babel.

    Nous renonçons à la promenade libre dans le souk de Khan Khalili. Nous sommes crevées. Le taxi nous reconduit à l’hôtel où nous trouvons un mot d’André. il n’est arrivé ce matin qu’à trois heures au lieu d’hier et passera entre 7 et 8 heures.
Entre-temps, je vais chercher une carte de téléphone. Un jeune homme très obligeant me montre le Central de Téléphone de la place Tahrir beaucoup plus économique. Il paraît très sympathique, mais j’ai du mal à m’en débarrasser je suis forcée de lui parler de mon mari jaloux qui m’attend à l’hôtel. je n’ai compris que plusieurs jours plus tard son rôle de rabatteur pour une boutique de parfums .

              Nous attendons André dans la chambre jusqu’à 8 heures croyant qu’il va monter. A 8 heures nous descendons chercher le dîner. André est au café en face, trois tables sur le trottoir et des narguilés.

   Felféla est une sorte de fast food à l’égyptienne. pour 12 LE (22 F) on sort avec une pita-falafel, et une autre avec du shwarma chacune. Nous rentrons avec nos provisions décidés à pique-niquer dans notre chambre. Mais dès les premières marches de l’escalier, scandale ! André n’a pas le droit d’accéder à notre chambre, j’essaie de parlementer, inutile, ordre de la police ! Nous le raccompagnons donc à son hôtel, on se perd complètement . la soirée se termine plutôt en eau de boudin.


Le Caire : Memphis

Publié le : 30 Mars 2008
Le Caire : Memphis

La route de Memphis



    Le microbus quitte le Caire pour la campagne. Nous longeons un canal d’irrigation .Dans le petit matin brumeux les champs de luzerne et de fèves sont vert vif. Les palmiers se détachent à contre-jour, silhouettes noires sur un ciel jaune pâle. Nous traversons des villages. Des charrettes multicolores sont chargées de bottes de carottes, de sorte de navets ou radis violets, d’artichauts et de choux fleurs. Dans les villages les pyramides d’oranges alternent avec les régimes de bananes.

    Des buffles partent aux champs, gris massifs, étranges. Beaucoup d’ânes aussi. Dans les villages d’étrangers pigeonniers en bois ressemblent à des miradors posés sur les toits. D’autres sont maçonnés tous coniques percées de gros trous ronds.

     Les villages sont très peuplés. Des femmes portent des charges sur la tête. Nous aimerions descendre du taxi, profiter de l’atmosphère rurale, faire des photos. Mais c’est hors programme.

     Zeinab pérore, nous fait un cours sur les divinités antiques, nous parle des triades. Nous allons à Memphis, la ville de Ptah, le dieu coiffé d’un bonnet. Ptah, dieu fondateur, par la parole donne la vie. Elle trace toute une cosmogonie, de la naissance de la Terre sortie de l’eau.

Mythologie


     C’est très intéressant, mais nous écoutons d’une oreille distraite, captivées par le spectacle de la campagne égyptienne. Je l’entends nous raconter les tribus nomades venues s’installer sur les bords du Nil. Ces nomades considéraient comme des divinités tout ce qui les dépassait, les bêtes féroces. Puis comparaison avec la Genèse. Triades : Isis, Osiris, Horus, aussi Ptah, Sekmet et … Nous aimerions seulement regarder les paysans du Nil.

Memphis


     Nous arrivons à Memphis dans un musée de plein  air presque désert L’endroit est un petit parc près de la palmeraie .Des colosses, l’un debout en granite, un autre en albâtre couché sous un abri. Nous rendons visite à Ptah, le dieu au crâne caché sous un bonnet rond, sur la stèle la triade Ptah, Sekmet et Pharaon.


Le Caire : Saqqarah

Publié le : 30 Mars 2008
Le Caire : Saqqarah

Nous quittons la palmeraie  pour arriver à Saqqarah dans le désert. Voici notre première pyramide : la pyramide à degrés de Djoser. Au bureau qui vend les permis de photographier, je suis très bien accueillie comme française, on me parle de Lauer, c’est plus sympathique que Chirac ou Zidane!

     Nous entrons sous une colonnade, la première en pierre, due à Imhotep ! D se fait hisser au sommet par le guide, elle a bien du mal à nous rejoindre !

     Zeinab nous explique la fête du Jubilée qui devait prouver que Pharaon était encore apte à gouverner, donc à protéger ses sujets, il devait donc combattre un taureau sauvage et courir sept fois autour de la cour. Cette histoire de taureau m’est familière, elle me fait penser à Cnossos et aux Crétois aussi à Christian Jacq où Ramsès enfant fut confronté à l’épreuve du taureau sauvage par son père Sethi 1er. Nous voyons les chapelles restaurées par Lauer. Cette restauration est discrète. Tout un chapitre du livre d’entretien avec Lauer que j’ai lu y est consacré.

      Zeinab nous laisse seules pour faire un petit tour. Un jeune militaire en armes nous escorte. Nous rencontrons aussi des chameliers qui nous proposent un « taxi », les montures sont pomponnées, heureusement ils n'insistent pas trop. Le policier nous conduit derrière la pyramide au serdab : une pierre percée à la hauteur des yeux : la statue de Djoser nous regarde les yeux fixant le soleil levant. Au loin les pyramides de Dachour.

      Nous retrouvons Zeinab plongée dans la lecture d’un livre relié : un livre de prières, un Coran ?

Mastaba de Mere Roka

     Le taxi nous conduit non loin de là au mastaba de Mere Roka, haut fonctionnaire des pharaons Ounas et Têti, vétérinaire. Les murs de la tombe sont finement ciselés. A l’entrée, un calendrier ancien : le croissant de lune représente le mois, quatre croissants forment une saison, il n’y en a que trois : l’Inondation avec des vagues figurant l’eau, un hiéroglyphe en carré évidé vers le bas ressemblant à une maison pour , la troisième est la saison l’hiver  des récoltes .Dans la première pièce, une scène de pêche :les différents poissons du Nil sont dessinés en détail une sauterelle dans l’herbe, une, grenouille …Des processions de serviteurs apportent au défunt tous les présents nécessaires Certains portent plusieurs canards par le cou, des oies, des paniers de fruits…. Le réalisme est saisissant, on voit ces paysans de la 6ème dynastie, il y a 4500 ans/ La beauté est à couper le souffle.

    Des ouvriers prennent soin des tombeaux, comblant la moindre fissure d’enduit. Ils nous proposent la truelle, prétexte à bakchich bien sûr, mais démarche combien sympathique !

La pyramide de Téti

    La pyramide de Téti n’est pas spectaculaire vue de l’extérieur, mais on peut la visiter et elle est couverte d’inscriptions, de formules magiques. Je m’engouffre avec enthousiasme sur un plan  incliné dans une étroite galerie où il faut se plier en deux pour marcher. Ce que je découvre n’est peut être pas spectaculaire pour le non initié à la lecture des hiéroglyphes mais c’est très excitant de se trouver sous une pyramide !

Ecole de Tapis

    La limite entre désert et terres cultivées est très nette. Nous passons sans nous arrêter devant le complexe d’Ounas en fouille. Puis nous nous retrouvons dans la campagne verdoyante vers Memphis. Nous nous arrêtons dans une « école de tapis » qui est un atelier où travaillent des enfants sur d’énormes métiers. Au dessus, il y a bien sûr, une galerie marchande. Méfiantes, nous ne sommes pas convaincues par « l’école » et évitons de tomber dans le piège de la galerie. Nous préférons rester au dehors à regarder la campagne. Nous aimerions faire des photos mai le premier plan est bien sale. Des ordures jonchent le bord du canal, les abris sommaires en torchis pour les animaux ne sont pas photogéniques vus de trop près.


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