Il faut savoir que se garer à Florence est un vrai problème. Les parkings souterrains sont chers et le stationnement dans les rues très restreint et réglementé. Nous avons laissé notre véhicule sur la place du marché San Ambrogio près de laquelle nous habitions. Les interdictions variant selon les jours, il fallait être très attentifs aux panneaux explicatifs et ne pas se tromper. De plus notre voiture a été visitée pendant la nuit. Heureusement, il n’y avait rien à voler et nos voleurs ont eu l’amabilité de ne pas casser les vitres! Mais nous avons compris que se garer dans la rue n’est pas sans danger!
Les hôtels sont souvent très chers à Venise. Nous avons choisi de louer un bungalow dans un camping situé juste en face de Venise, de l'autre côté de la lagune, à Ponte Sabione. Il y a plusieurs campings de nos jours mais nous restons fidèles à celui que nous avons découvert, le Camping Miramare. Il est familial. Les gens y viennent avec leurs enfants et les nuits sont donc très calmes. Les bungalows comptent trois ou cinq places. Ils sont propres et comportent une salle de bain avec toilettes. Les couvertures sont fournies mais pas les draps. Il est possible de laver son linge au bloc sanitaire commun (machine à laver). Une petite supérette située dans le camping permet de faire des courses rapides. Un restaurant jouxte le camping. On peut y manger de succulentes pizzas mais il est possible aussi de les emporter. Chaque jour le bateau nous amène à Venise et c'est un voyage merveilleux, reposant. Prendre une carte d'abonnement qui réduit bien le prix du transport. Attention ! emportez des produits antimoustiques!
Le camping est ouvert d'avril à Novembre.
Dans le centre de Florence mais un peu à l’écart de l’afflux des touristes, entre Santa Croce et la Piazza Cesare Beccaria, se tient le Mercato San Ambrogio, un marché de fruits et légumes très populaire. Dans les halles situées sur cette place, on peut prendre des plats servis sur de grandes tables où se restaurent les marchands et les habitués du quartier. Original.
Aout 2005
Retour à Florence
Nous avons loué un appartement non loin de la basilique Santa Crocce. C’est un quartier populaire, un peu éloigné des grands lieux touristisques même s’il est proche de la plus grande des églises de Florence. Le matin nous y voyons les gens partir travailler en bicyclette, ou en bus. Le marché San Ambrogio s’anime et nous allons y faire nos courses avec les ménagères du coin. De toutes petites boutiques à la devanture étroite et sombre, épiceries, boulangeries, drogueries, cafés s’ouvrent sur la rue, avec devant leur porte des groupes d’hommes discutant volubilement, le verbe haut, le geste éloquent. Près de la Basilique où se trouve l’école du cuir, les boutiques de sacs et vêtements en peau sont nombreuses.
Nous reprenons contact avec Florence. Qui sait si nous la reconnaîtrons? si elle nous reconnaîtra..
Certes, ce n’est plus la Florence de mes quinze ans; elle a vécu l’uniformisation européenne. Quel que soit le pays d’Europe où je suis allée toute jeune, je sens, quand j’y retourne, que chacun de ces pays a perdu un peu de ce qui se faisait sa spécificité. Il ressemble toujours un peu plus à l’autre, aux pays de l’Union. Pas complètement ! mais... on ne peut plus éprouver ce sentiment un peu magique de dépaysement, cette sensation d’être transporté ailleurs dans un monde différent du nôtre ! C’est cela l’Europe, et même si l’on peut en éprouver du regret, au moins on ne se fera plus la guerre entre voisins ! Les ouvriers de Pologne, de France, d’Italie ou d’ailleurs y seront encore plus durement exploités par un capitalisme triomphant qui a cessé d’être à l’échelle d’un pays.. mais comme l’a chanté Brassens "nos filles et nos garçons" y font "l’amour ensemble et l’Europe de demain" !
De plus Florence subit une telle pollution que la circulation des véhicules à moteur y est sévèrement réglementée. Et puis, comme partout le tourisme de masse s’est encore élargi, les queues sont interminables, le temps de visite sévèrement minuté dans certains lieux ( chapelle Brancacci, Gozzoli..). Adieu le recueillement, la méditation devant l’oeuvre de votre choix. Stendhal n’aurait plus le temps d’éprouver son syndrôme*!!
Les italiens n’ont plus la chaleureuse attention qu’ils portaient à leurs touristes même désargentés. Ils n’en ont ni le temps, ni l’envie ! Trop, nous sommes trop nombreux, nous déferlons sur la ville comme une nuée de sauterelles. Nous apportons des devises, certes, mais les rapports humains ne sont plus ce qu’ils étaient !
Désenchantement alors ? Nostalgie passéiste ?... Mais Non ! Car le centre historique de la ville est là, immuable dans sa grave beauté, avec ses palais fortifiés, ses places où l’Histoire vit, ses oeuvres d’art qui vous happent au détour d’une rue. Les statues silencieuses vous interpellent du haut de leur piedestal, vous contemplent sur les murs de l’église Orsan Michele, se mêlent à la foule dans la Loggia dell’Orcagna, dans la cour du Palazzo Vecchio, sur la place de la Signoria. Partout, Verrochio, Donatello, Cellini, Ghiberti, Della Robia... viennent au devant de vous, s’offrent à vos regards.
Alors, je suis allée à mes rendez-vous. j’ai revu la fine silhouette dansante de la dame en bleu peinte par Domenico Ghirlandaio sur le mur de Santa Maria Novella; elle s’avance d’un pas léger, toutes voiles dehors dans la chambre où vient de naître la Vierge; elle porte d’un air altier un panier sur la tête; elle est belle comme le sont ses compagnes autour d’elle; elle est ma préférée. J’ai revu l’Homme aux yeux gris du Titien dans le désordre indescriptible du palais Pitti. Les tableaux montent toujours à l’assaut du mur jusqu’en haut, tout en haut là où il vous faudrait une échelle pour les contempler. Et lui, le beau jeune homme d’un autre temps, il est là, à la même place depuis plus de quarante ans. C’est fou ce que les conservateurs des musées sont ... conservateurs! J’ai revu les ailes des anges de Fra Angelico et l’air triste de ses vierges auréolées sur les murs du couvent de San Marco, le visage d’enfant boudeur de la Vierge siennoise de Simone di Martini aux Offices, et l’éveil de l’Aurore dans les chapelles médicéennes ... J’ai revu la silhouette du Vieux Pont, les jambes plongées dans l’Arno où s’ébattent des loutres, et l’adorable petite église San Miniato perchée sur sa colline au-dessus de la Piazzale Michel Ange. De Là j’ai contemplé Florence. C’était toujours ma ville.
* Le syndrome de Stendhal : dans son journal de voyage en italie, Stendhal consignait les sensations qu’il avait éprouvées lors d’un séjour à Florence en 1817. En sortant de la basilique de Santa Crocce, il ressent un émotion extrême liée, dit-il, "à la contemplation de la beauté sublime". Un sentiment de panique s’empare de lui, accompagné de palpitations, de vertiges. La psychiâtre Graziella Magherina a observé les mêmes symptômes sur des touristes visitant Florence hospitalisés dans ses services; elle a donné à cette maladie le nom de "syndrome de Stendhal".
Novembre 1994
Sur les traces du film de James Ivory
Le film de James Ivory, Chambre avec vue, - d’après le roman Avec vue sur l’Arno de E.M Forster -, fut pendant des années l’un des films préférés de mes filles. C’est donc sur les traces de la charmante héroïne anglaise, la belle Lucy Honeychurch, en voyage à Florence, que nous allons marcher cette fois-ci. D’abord une visite obligée, celle à la statue équestre de Ferdinand 1° sous laquelle nous nous plaçons pour lancer à la cantonade comme le fait la compagne de Lucy : "Buongiorno, Buongiorno, Ferdinando! ".
Le Ferdinando en question reste sourd à nos appels mais il attise notre curiosité. Qui est-il ce Grand Duc (1519-1574) perché sur son monumental cheval au milieu de la place de la Santassima Annunziata? Il faut se plonger dans l’arbre généalogique de la famille de Médicis pour le découvrir : fils de Cosme 1°, il fait partie de la branche de Laurent l’Ancien, collatérale à celle de son frère Cosme l’Ancien (1389-1464), ce dernier considéré par les Florentins comme le Père de la Patrie. La branche de Cosme l’Ancien porte des noms prestigieux : Laurent le Magnifique (1449-1492), son fils le pape Léon X, Catherine de Médicis reine de France, épouse d’Henri II. C’est dans la descendance de Cosme l’Ancien que naît Alexandre (1510-1537) qui sera assassiné par son cousin de la branche de Laurent l’Ancien, Lorenzino que Musset rend célèbre sous le nom de Lorenzaccio.
C’est clair, non? Mais enfin l’amour du cinéma mène à tout et nous retenons surtout, chauvinisme oblige, que Ferdinando est l’oncle de Marie de Médicis, reine de France, épouse d’Henri IV. La vaste place, où il se dresse est splendide dans son élégante sobriété limitée par la basilique de la Sainte Annonciation et par la belle loggia de Brunelleschi qui orne l’hôpital des Innocents. Sur les arcades courent les médaillons en terre cuite bleue de della Robbia qui représentent les enfants orphelins ou abandonnés accueillis dans cet hôpital. Ces innocents qui étaient déposés subrepticement dans un "tour" à l’entrée de l’hôpital, recevaient, paraît-il, dans ces lieux, une éducation soignée, avec l’apprentissage du latin et de la musique.
C’est sur la Place du Vieux Palais della Signoria, que la jeune fille de notre film nous conduit ensuite. Là, devant la Loggia Dei Lanzi (ou della Orcagna) elle s’évanouit après avoir assisté à une rixe suivie d’un meurtre... le Persée de Benvenuto Cellini tendant vers nous la tête tranchée de la Méduse, les Sabines se débattant dans les bras de leur ravisseur, forment l’arrière plan prestigieux de cette scène devant laquelle une de mes filles se pâmait chaque fois. Il faut dire que c’est là qu’intervient le beau jeune homme qui prendra soin de Lucy sur la rive de l’Arno, près du Ponte Vecchio.
Enfin une autre très belle scène nous amène à l’intérieur de la basilique Santa Crocce là où sont enterrés les grands personnages italiens, Dante, Galilée, Machiavel, Michel Ange, près de la chapelle ornée des magnifiques fresques de Giotto...
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