Si vous écoutez le guide du Routard, la pizzeria da Bafetto dans le quartier de la Piazza Navone est l'endroit où l'on propose les meilleures pizzas de Rome comme en témoignent l'affluence des Romains et la queue devant le restaurant. Et c'est bien vrai, la pizza y est délicieuse, la pâte très fine et la spécialité - la pizza Baffeto - vaut le coup!
Cela ne m'a pas ennuyée de faire la queue et d'attendre environ 20 minutes puisque j'étais avertie qu'il le fallait pour gagner le paradis! Cela ne m'a pas déplu de partager la table avec de parfaits inconnus puisque c'est une stratégie qu'adoptent les clients entre eux pour accélerer le processus.
Par contre, j'ai trouvé déplaisant l'attitude du patron qui manifestait ouvertement son impatience devant un couple attablé qui n'avait même pas terminé le café. Malheureusement cette attitude de la part des restaurateurs est assez fréquente à Rome et nous en avons fait les frais nous aussi à la terrasse d'un café! Le tourisme est une manne appéciable mais le touriste est décidément un pigeon à plumer.. et vite s'il vous plaît! Hélas! où est passée la gentillesse bon enfant des restaurateurs des années soixante!
Pizzeria da Baffeto :
Via del Governo Vecchio 114
Quartier Piazza Navone
Tel : 06 68 61 617
Rome : il y a tant de lieux que je veux revoir, en particulier, l'adorable église médiévale Santa Maria in Cosmedin, ma préférée, qui forme un ensemble unique dans sa simplicité et sa finesse avec les petites temples antiques qui lui font face et la Fontaine dei Tritoni de la Piazza Bocca della Verità.
Il faut savoir que la Piazza Bocca della Verità est le berceau de l'antique cité de Rome. Elle occupait l'emplacement du Forum Boarium, le marché aux boeufs, qui s'étendait très loin jusqu'à l'Aventin. Près du Tibre s'était installé le premier port de Rome, le Portus, qui permettait aux Romains d'entretenir un commerce florissant avec l'extérieur. A l'Est de la place se situait le marais où, selon la légende, la Louve recueillit les enfants Rémus et Romulus, neveux du roi Alba qui les avait fait jeter dans le Tibre.
Août 1964 : soleil de plomb, canicule. Rome flamboie, ce qui ne nous empêche pas d'arpenter les rues de la cité, Josette et moi, guide en main, avide de tout voir, de ne rien oublier, trempant nos pieds échaudés dans l'eau fraîche des fontaines. (Heureusement il y en a beaucoup à Rome!)
Soudain nous arrivons sur la place qui réunit d'une manière éblouissante Antiquité et Moyen-Age, alliant les couleurs aussi, le marbre blanc à la brique rouge.
Il y a, là, le petite temple rond d'Hercule (à l'époque on l'appelait fallacieusement temple de Vesta) qui paraît gracile avec ses colonnes à chapiteaux corinthiens coiffé d'un toit de briques, puis un temple rectangulaire dont la partie pleine est encadré de fines colonnes ioniennes. Il me rappelle la Maison Carrée de Nîmes en plus petit et est dédié à Portunus, divinité des ports en l'honneur du premier port de Rome.
Et puis, bien sûr, voilà la belle Sainte Marie in Cosmedin avec son portique et son élégant campanile trilobé du XIIème siècle, petite église si fine, si délicate qu'elle reçut le nom de Cosmedin, du grec kosmelikos, relatif à la parure, à l'ornement, cosmétique. C'est une rencontre comme l'on fait parfois dans une ville, coup de foudre qui reste toujours en mémoire.
Peu de visiteurs, surtout en ces heures les plus chaudes de la journée! Nous n'omettons pas, au cours de cette visite, de plonger notre main dans la Bouche de la Vérité pour imiter Audrey Herpburn, ce qui nous paraît follement romantique ! Cette Bouche, dans mon souvenir, ne se trouve pas sous le portique de Santa Maria. Mais.. je me trompe, bien sûr, puisqu'il paraît qu'elle est fixée là depuis 1632. Imprécision du souvenir.
Septembre 2007 : Du Trastevere, ce quartier "de l'autre côté du Tibre", je pars avec mon mari, en direction de Santa Maria in Cosmedin dont nous apercevons, de loin, le campanile ajouré. Le Ponte Fabricio nous permet de traverser le Tibre en passant sur la pittoresque île Tiberina, sorte de grand navire dont la proue fend les eaux du fleuve en deux.
L'arrivée sur la place me surprend. Tout d'abord elle est très grande et présente d'autres monuments que ma mémoire a occultés : l'arc de Janus, lourd et massif qui date du IVème siècle, la casa dei Crescenci construite au XIème siècle qui incorpore dans ses murs des colonnes et des chapiteaux antiques. Plus loin, l'église de San Giorgio in Valabro, une des premières églises médiévales de Rome.
Le temple d'Hercule et Portunus sont en restauration. On ne voit rien d'eux car ils sont enveloppés dans des toiles épaisses, entièrement cachés aux passants. On dirait des oeuvres de Cristo!
Sous le portique de Santa Maria in Cosmedin - toujours aussi belle- un groupe de japonais fait la queue pour se faire photographier devant la Bouche. Celle-ci est réputée, d'après la légende pour happer la main des menteurs. Leur visite s'arrêtera là, le temps d'une photo! Inutile de dire que nous renonçons à nous approcher de cette superbe tête du Dieu Neptune (ou d'une divinité fluviale?) gravée dans le marbre et qui fut jadis une plaque d'égout.
Mais l'intérieur de l'église que personne ou presque ne visite est à ne pas rater. C'est d'ailleurs agréable de l'avoir pour soi! Conservée dans sa simplicité primitive, elle présente un plan basilical à trois nefs, avec une abside délimitée par une balustrade derrière laquelle s'élève un autel surmonté d'un baldaquin gothique. La nef centrale, plus large, est séparée des deux nefs collatérales par des colonnes supportant des arcades dont certaines sont, semble-t-il, issues de temples antiques. Les fresques de l'abside, le beau pavement aux décors géométriques des Cosma*, le toit en charpente achèvent la décoration de cette petite église qui a été édifiée sur des vestiges romains, agrandie par Adrien Ier en 772-795, et qui fut le lieu de culte d'une communauté grecque exilée à Rome au temps des iconoclastes.
* Les cosma : nom générique donné aux marbriers, sculpteurs, ornementistes romains du XII et XIIIème siècles
Arrivée à Rome : nous prenons le bus à la gare de Termini en direction du quartier du Trastevere où nous logeons..
Voilà près de quarante ans que je ne suis pas retournée à Rome. Que reste-t-il des souvenirs que j'ai conservés en mémoire? Pendant tout le séjour je ne cesserai - parfois indépendamment de ma volonté- de faire un aller-retour entre passé et présent, entre la ville de ma jeunesse et celle de l'âge mûr, entre deux sociétés aussi, celle des années soixante, celle du XXIème siècle... Et Dieu sait combien le contraste entre les deux est étourdissant!
L'heure pourrait être à la nostalgie et bien non! Car l'autobus traverse maintenant la Piazza Venezia et voici que le monument de Victor Emmanuel II se dresse devant moi dans toute sa blancheur éblouissante. Elevé à la mémoire du premier roi d'Italie, Victor Emmanuel II, il est le symbole de l'unité italienne.
Souvenirs, souvenirs...Nous avons 18 ans. Place Venise! Nous sommes face au monument. De jeunes romains, attirés par la présence d'étrangères, (A nous, à nous, les petites françaises!) fondent sur notre groupe. Ils nous expliquent avec force gestes et rires que le monument dont le surnom officiel est " l'Autel de la Patrie" est aussi appelé par la population : "la Machine à Ecrire" ou encore, autre disgrâce, "la Pissotière".. Examinons-le, ce monument, avec plus d'attention! Ma foi, ils ne sont pas si fous, ces Romains!
Et je me demande, debout dans l'autobus qui m'emporte vers le Trastevere , si, en ce début du XXIème siècle, les Romains sont toujours aussi iconoclastes et s'ils ont conservé intact ce goût de l'auto-dérision.
J'ai séjourné à Rome à plusieurs reprises sans avoir pris le temps d'aller voir la Villa Borghese et son parc. Pour ce séjour du mois de Septembre 2007 cette visite s'imposait donc et cela d'autant plus que j'ai dû renoncer à celle de la chapelle Sixtine n'ayant pas le courage de faire deux kilomètres de queue pour les musées du Vatican.
En Septembre, il vaut mieux réserver pour la villa Borghese, et cela est même indispensable sinon obligatoire en Juillet et Août. Le nombre de visiteurs est en effet limité à 90 personnes et la durée de la visite est fixée à deux heures, de 9h à 11h, puis de 11h à 13h, de 13h à 15h et cela jusqu'à la fermeture à 19h. Mieux vaut donc ne pas arriver en retard car, passé ce laps de temps et même si vous n'avez pas terminé, les gardiens vous font sortir sans échappatoire possible pour laisser place au groupe suivant. J'avoue que c'est plutôt frustrant de devoir quitter le musée sans avoir tout vu mais après réflexion je pense que cette organisation permet d'éviter les inconvénients de queues interminables, la cohue et les bousculades devant tableaux et statues. Certes, la visite est rapide mais au moins on peut voir les oeuvres d'art dans de bonnes conditions.
La villa Borghese a été construite au XVIIème siècle par les architectes Flaminio Ponzio et Giovanni van Santen (Vasanzio) pour le Cardinal Scipione Borghèse, neveu du pape Paul V afin d'abriter ses collections de statues.
Parmi ces oeuvres, celles du Bernin, Apollon et Daphné, Enée et Anchise, David... témoignent d'un art porté à la perfection même si je n'aime pas particulièrement le baroque et le maniérisme de l'époque. L'enlèvement de Proserpine, par exemple, est un groupe saisissant : le mouvement du corps de la jeune femme qui se tord dans les bras de Pluton, la violence qui s'exprime malgré le maniérisme de la forme, la force brutale du Dieu dont les doigts s'enfoncent dans la cuisse (littéralement car le marbre se fait chair), les trois têtes de Cerbère au pied de son divin maître, tout est ici extraordinaire comme le sont aussi les différents angles de vision qui changent notre perception de l'oeuvre quand on tourne autour du groupe.
A noter aussi la célèbre statue de Pauline Borghese par Canova; je l'avais vue cent fois dans des livres d'Art sans savoir qu'elle était là!
Au premier étage la pinacothèque expose des peintures de grands Maîtres : Boticelli, Raphael, le Pérugin, le Parmigiano, plusieurs tableaux du Caravage, Titien, Rubens, Granach...
Dans mon petit musée personnel, j'ai emporté un splendide portrait d'homme d'Antonello da Messina, expressivité du regard et jeu des couleurs, le rouge de la robe, le noir de la toque sur fond sombre.. Un Carpaccio, tête de femme aux cheveux enroulés sur le sommet du crâne, blond vénitien, quatre rangs de colliers différents peints avec une précision d'orfèvre, enfin, une petite madone à l'enfant de Bellini...
Villa Borghese
Piazzale Scipione Borhese 5
Tel. +39 06 32810
Fax. +39 06 32651329
Réservation conseillée en semaine, obligatoire le samedi et le dimanche.
Vous devez payer les billets aux guichets du Musée. Un retard de plus de 30 minutes par rapport au début de la visite entraîne l'annulation de la réservation.
Du mardi au dimanche
ouvert de 9h à 19h
visite toutes les deux heures
cafeteria
Si vous aimez les visites hors des sentiers battus, loin des hordes de touristes, de la foule et du bruit , allez visiter le musée de la villa Giulia, un peu à l'écart du centre historique, près du grand parc de la Villa Borghese.
Il présente une riche collection d'objets étrusques provenant des nécropoles situées au nord de Rome : Vulci, Véies, Cerveteri, Pyrgi, Bolsena, Castro, et des sites italiques du Latium préromain : Falerii, Capena, Palestrina.
Le charme de cette visite réside d'abord dans la villa Giulia elle-même, ancienne résidence d'été du pape Jules III, édifiée en 1556. Devenue un musée au XIXème siècle, cette villa Renaissance a un charme fou avec ses jardins enclos dans des murs décorés de stucs et de fresques, son nymphée orné d'une mosaïque romaine et de cariatides supportant un balcon ajouré de balustrades. On peut s'y reposer à l'ombre des arbres, sur un des bancs en pierre disposés dans les allées. Un hâvre de calme et de paix.
Le musée permet de découvrir le lointain passé de ce peuple qui vivait sur un territoire correspondant à l'actuelle Toscane et à une partie du Latium, peuple fabuleux comme en témoigne leur civilisation raffiné, peuple mystérieux car on ne connaît pas vraiment son origine. De récentes études de leur ADN tendent à prouver qu'ils sont proches des populations anatoliennes de la Turquie actuelle. Les plaques d'or de Pyrgi - exposées dans le musée- et sur lesquelles sont gravés deux textes semblables, l'un en étrusque, l'autre en phénicien, ont permis de déchiffrer quelques mots de la langue étrusque sans toutefois en lever complètement le secret.
Les nombreux vases à figures noires sur fond rouge ou rouges sur fonds noirs, les buccheri (céramiques qui imitent le bronze), les bijoux d'or finement ciselés, les mobiliers des tombes, toute une multitude d'objets, font revivre la vie quotidienne de ce peuple. Les remarquables statues de l'Apollon de Veies, du sarcophage des époux de Cerveteri, les reconstitutions des frontons des temples de Falerii montrent la grandeur de cette civilisation qui lutta pendant des siècles contre Rome et finit par être détruite.
Un musée passionnant donc où l'on peut s'offrir le luxe de ne pas faire la queue, où les visiteurs (peu nombreux mais intéressés) peuvent prendre le temps de regarder, d'étudier, d'admirer... Croyez-moi, c'est quelque chose de rare et de précieux à Rome.
On peut coupler la visite avec celle de la villa Borghese. Par exemple, comme nous l'avons fait, voir le matin le musée de la villa Borghese (attention mieux vaut réserver : visite limitée à deux heures .) restauration au cafe dell'Arti tout près de la villa Giulia que l'on peut visiter l'après midi puis promenade et repos dans le parc Borghese.
Musée Étrusque de Villa Giulia
Piazzale de Villa Giulia 9, à Rome, quartier Flaminio, pas loin de Viale delle Belle Arti.
bus : lignes 52, 88, 95, 490, 495, 926.
Horaires du Musée Étrusque de Villa Giulia : du mardi au dimanche : 8h30-19h30
Prix : 4 €, 2 € de 18 à 25 ans, gratuit pour les moins de 18 et les plus de 6 0ans (CEE).
Fermé le lundi.
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