Londres avec les enfants, ce sont d'abord les parcs. Kensington Gardens, puisqu'il est tout près de l’endroit où nous habitons. Je suis surprise de le revoir si différent de l’époque où je l’ai découvert dans les années 1970. C’était un parc très verdoyant, aux pelouses propres et bien entretenues, à l’ambiance chic. Des jeunes filles pouvaient s’y promener sans jamais être importunées.
En ce mois d’aôut, il est brûlé et les pelouses rases, évènement que je n’aurais pas cru possible à Londres. De jeunes touristes étrangères, en quête d’aventures, se font aborder par des jeunes gens d’origine indienne manifestement en chasse. Où sont les gentlemen guindés de la prude Albion que j’ai connue jadis ? On s’absente longtemps d’une ville et on la retrouve avec un tout autre visage.
Quoi qu’il en soit, mes filles aiment beaucoup Kensington Gardens parce que c’est là que se trouvent la statue de Peter Pan et des terrains de jeux ombragés par de grands arbres.
Saint James Park, près du palais de Buckingham, est un parc plein de charme. Océane, qui adore les animaux et Alyse, aussi, attirent les oiseaux avec des graines qu’elles achetent à un marchand, toujours le même. Il connait les fillettes maintenant et les attend pour leur vendre des sachets, puis il leur montre comment faire pour ne pas effrayer les moineaux et les pigeons. Elles se transforment toutes deux en statue de sel, pétrifiées, et les volatiles se posent sur leurs mains, leurs bras, leur tête même.
Les balançoires les attirent. Les grandes poussent leur petite soeur et s’essayent à l’anglais avec de jeunes londoniens.
Puis au moment de la relève qu’il ne faut surtout pas rater, nous courons tous ensemble, voir les gardes de la reine, dans leur uniforme rouge et leur bonnet à poils, exécuter leurs exercices rituels, empesés mais, ô combien, solennels !
Regents’s Park : les fleurs, la végétation splendide, les bassins, font de ce parc mon préféré. L’atmophère y est animée. De nombreuses personnes assises sur des chaises en location écoutent jouer un petit orchestre installé dans un kiosque. L’eau est partout, rafraîchissante, Alyse fait tout son possible pour s’y noyer - En vain !- Océane pour attirer canards et cygnes. Nous grimpons sur une colline appelée Primrose Hill. Là, au milieu des bosquets, de petits écureuils gris, curieux et gourmands, s’approchent de nous en humant l’air, les moustaches frémissantes. Nos filles s’approchent d’eux prudemment, leur tendant des cacahuètes. Un des graciles animaux s’approche, plus près, de plus en plus près, même Aurore se tait et retient son souffle... Il saisit l’offrande, se recule un peu et debout sur ses pattes de derrière, un oeil prudent fixé sur nous, il le grignote avec avidité. Je pense, en le voyant, au film de Lubitsch La Folle Ingénue dans lequel Charles Boyer explique à Jennifer Jones dont il est amoureux qu’il faut donner des "peanuts to squirrels" et non des "squirrels to peanuts"...
Pendant ce temps, Alyse s’est trouvée une autre activité : avec ses trois ans, sa blondeur enfantine, ses yeux bleus et son teint de camélia, elle attire, tout au long de ce séjour, l’admiration de japonaises qui se déplacent en groupe. Comme l’attirance est réciproque, elle est toujours prête à partir avec l’une d’entre elles, sans un regret, et je dois la surveiller. Cette fois-ci, elle est dans les bras d’une jeune femme qui nous lance pour s’excuser avec des grands sourires maternels : "she’s cute.. so cute!".
Nous terminons comme chaque jour la promenade en savourant la glace qui est devenue un rituel pendant ces vacances si chaudes à Londres !