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 Cinq semaines au Cap vert
Cap-Vert Cinq semaines au Cap vert Dans ce carnet :
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21 photo(s)
Crée le 17/06/06
Dernière modification le 21/06/06

Découverte de 5 îles en 5 semaines, chez l'habitant. Notre premier contact avec l'Afrique.

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 12. Mindelo, la ville de Cesaria Evora - Cap-Vert
la baie de Mindelo

La maison de Cesaria Evora

Avant la visite touristique de Mindelo, nous avons des objectifs pratiques : la banque, TACV. Nous commençons par la Maison de Césaria Evora.
Nous avons pris nos repères hier. Nous trouvons même un raccourci pour aller à la place Amilcar Cabral ombragée et ornée de deux petits kiosques, l’un ouvert, - kiosque à musique -, l’autre original, servant de buvette.
De la place part une artère commerçante avec les principales banques et TACV. Plus loin, à angle droit, la Rua Lisboa avec le marché aux légumes, des célèbres cafés et le palais du peuple peint de rose et joliment décoré. Un peu plus haut après le Lycée nous trouvons la maison de Césaria Evora. Tout le monde la connaît et nous aide volontiers. C’est la maison la plus importante de la rue, deux étages, crépie de neuf en jaune mais fermée de barres aux fenêtres.

Marché aux poissons

Nous faisons un tour au marché aux poissons pour admirer les azulejos des artistes locaux très colorés. D’énormes thons gisent par terre, sur les étals des garoupas rouges, des chinchards et des poissons de taille moyenne ressemblant à des maquereaux.

Plage

La plage est située  à quelques minutes de l’hôtel Che Guevara, une mer turquoise sans vagues. Quand on se baigne, on sent quand même le ressac. Je ne me sens pas en confiance dans l’océan comme en Méditerranée. Il faut nager sans relâche pour ne pas se laisser emporter. Personne ne s’éloigne du bord, je n’ose pas nager bien loin et fais des allers retours le long de la plage. L’eau est très rafraîchissante, la baignade plus tonique que délassante.
Sieste.

Les informations à la télé

A 17h30 nous allons à l’Alliance Française pour voir les informations de CFI. Le gros poste de télévision est installé dans la cour en face du bar. Nous nous installons à une table carrée dans la courette, une autre cour est protégée du soleil par une treille qui court sur un filet. TF1 ne nous apprend rien d’intéressant, -bTour de France, lutte contre la délinquance des mineurs, inondations... Des musiciens débarquent avec leurs instruments, les accordent pendant le journal télévisé que nous sommes seules à regarder. Une chanteuse et deux guitares commencent à répéter. C’est inattendu, très agréable. Un autre groupe avec une guitare électrique se prépare. Mindélo est la capitale de la musique capverdienne, nous en goûtons un échantillon.

Jeudi 18 Juillet : SUZUKI, visite de l’île

On loue un 4X4

Notre petite 4x4 SUZUKI est toute blanche, toute neuve, très haute sur roues comme il se doit. Comme d’habitude, nous faisons trois fois le tour de Mindélo avant de réussir à en sortir en nous aventurant dans les quartiers des collines, misérables mais beaucoup moins qu’à Praia. Le centre de Mindelo est petit mais nous découvrons une ville plus étendue.

Le Monte Verde n'est pas vert du tout

A la sortie de la ville : le désert est rouge, orange, ocre, mauve, marron. Dans le lit des ruisseaux des arbustes très verts différents des acacias défeuillés que nous avons vus ailleurs.
La route pavée est à deux voies séparées par un pavage blanc. La signalisation routière est présente. Sao Vicente est décidément une île moderne !
Nous grimpons des lacets serrés le long d’une paroi verticale pour arriver au sommet du Monte Verde qui, malgré son nom, n’a rien de vert, comme le Cap Vert d’ailleurs, excepté les touffes de sisal portant de longues hampes fleuries et les petites taches jaunes des lichens. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour admirer le panorama sur la baie.
Ce matin, le ciel est gris, couvert. Le plafond nuageux coupe la dernière ligne des crêtes. Dès qu’on s’élève au dessus de la baie de Mindelo on comprend que la dernière barre rocheuse est une île. La baie est donc plus ouverte que nous le pensions hier. Le bras de mer qui sépare Sao Vicente de Santo Antao est étroit, lisse et bleu profond.

A mesure qu’on avance dans la journée les nuages se dispersent. Les sommets déchiquetés de Santo Antao apparaissent, coupés de banc d’ouate qui s’effiloche. Juste en dessous du sommet, un âne chargé de feuillage vient à notre rencontre. La montagne n’est pas aussi désertique qu’on pourrait le croire. Des terrasses minuscules sont soigneusement binées. J’admire la ténacité de ceux qui les ont construites et qui continuent à les cultiver. Cultiver quoi ? Mystère ! Nous sommes à la veille de la saison des pluies, tout est prêt pour les semailles. Au sommet du Monte Verde des antennes sont gardées par des soldats qui nous escortent vers le meilleur point de vue.
Je choisis un autre endroit pour dessiner et peindre. Luxe inouï ! Nous avons la radio dans le 4x4 et captons RFI.

Retour à la mer

Descente vers la mer : les nuages sont partis, il fait un temps magnifique, frais grâce au vent. Ne pas s’y fier, c’est ainsi qu’on attrape des coups de soleil.
Près de l’eau deux cratères anciens ont été arasés par l’érosion. Il ne reste plus que deux cercles noirâtres sur un sol clair.
Détour par Salamansa, gros village très misérable, certaines maisons sont peintes de couleurs très vives, jaune, vert. Les enfants en vacances depuis peu traînent partout. Nous préférons ne pas nous attarder.
Une piste longe la côte, nous profitons du 4x4. Sur les rochers des enfants pêchent de gros poissons. Le rivage est plein de coquillages cassés, certains atteignent une quinzaine de centimètres de long. Malheureusement, aucun intact.
Plus loin, des hérons gris se détachent sur la roche rouge orangé.
Baia des Gatas est une belle plage célèbre pour son festival de musique au mois d’Août. Elle est aménagée avec une grande estrade et des poubelles (luxe ici !) et est bordée de quelques villas blanches. L’eau est très calme, limpide d’un turquoise pastel dans les piscines naturelles. La baignade est sans risque mais c’est très peu profond et il faut aller loin pour avoir assez d’eau pour nager. Heureusement, j’ai mon masque. Des coraux blanchâtres (morts) font de jolis oreillers sur lesquels furètent plusieurs sortes de poissons : un régal !! j’ai l’impression de me trouver dans un aquarium tropical. Comme la baie est protégée par une jetée et des bancs de rochers, je peux faire du surplace, ce qui était difficile à Tarrafal.
Je retourne à l’eau à trois reprises.
Il ne serait pas prudent de rester des heures entières à la plage sans ombre, même si nous ne souffrons pas de la chaleur (de retour au Residencial Che Guevara nous serons bien rouges).
Pendant la baignade une bonne douzaine de planches à voile sont apparues, venant de la mer, sans doute de Calhau. Non loin d’ici, nous décidons donc de nous y rendre. Sur la carte c’est tout près, une piste contournant le Monte Verde devrait nous y conduire.
La première tentative pour trouver la piste tourne court : quelques dizaines de mètre et nous sommes dans la cour d’une ferme. La deuxième route nous mène au pied du monte Verde dans une petite ribeira (lit d’un oued à sec) cultivée avec soin. Le lit de la rivière est barré par des digues cimentées, des terrasses de bonne taille et de bonne terre sont cultivées à l’ombre de beaux palmiers. L’eau est pompée grâce à une éolienne à nombreuses pales en tôle selon un modèle ancien. Des puits circulaires entourés de murets de pierre sont de taille imposante, deux à trois mètres de diamètre, de là sort tout un système de tuyaux.
Au pied du Monte Verde, une plus grande exploitation avec des serres et sur des terrasses une irrigation goutte à goutte. Fin de la piste. Nous n’arriverons pas par là à Calhau. Toutes les personnes interrogées sont formelles, le raccourci indiqué sur la carte n’existe pas, il faut retourner à la Cidade.
Nous ne regrettons pas notre équipée dans les terres : les paysages sont magnifiques, toujours des crêtes et des pics déchiquetés à l’horizon, les collines rouges et les oasis minuscules.
A Mindelo, nous trouvons facilement la route directe qui passe par deux grandes ribeiras avec des palmiers, des éoliennes et des jardins de légumes, salades, choux, oignons. Est-ce la présence de la grande route droite ? La largeur des ribeiras, tout simplement l’habitude ? C’est moins charmant que sur la petite piste.
Calhau est un village plutôt laid : quelques maisons prétentieuses, du parpaing, un grand terrain de foot, quelques barques de pêche.
La plage est gardée par deux cônes noirs, volcans plutôt récents d’après le bon état de conservation, l’un d’eux est éventré sans doute carrière de scories pour faire du parpaing.
Des panneaux portant des mises en gardes polyglottes et rouillées nous accueillent : «plage dangereuse, praia perigosa... ». D’imposants rouleaux se déversent sur plusieurs rangs d’écume blanche dans une eau verte sur une longue plage de sable blanc qui s’accumule à la base de la falaise de basalte noir formant parfois de petites dunes. Triangles blanc éclatant sur un mur noir, ce sable blanc est un mystère pour moi.


Vendredi 19 Juillet, : Sao Pedro, Flamengos !

La route de Sao Pedro qui est celle de l’aéroport, asphaltée, n’offre aucun intérêt. Elle traverse une zone industrielle embryonnaire, puis toute droite traverse un territoire plat, grisâtre, plantée seulement des acacias du reboisement. La plage, en revanche, est magnifique : sable blanc, mer turquoise, écume éblouissante du rouleau, obstacle impressionnant interdisant toute baignade. A l’arrière de cette barre, la mer est d’un bleu profond lisse. Selon les guides, des tourbillons traîtres la rendent particulièrement dangereuse. La règle du jeu est de ne se baigner que si les capverdiens se baignent et surtout pas seules. Aujourd’hui, la plage est déserte.
C’est un plaisir inouï que de marcher pieds nus sur le sable mouillé, se laisser lécher les orteils par la vaque. Dominique m’attend avec la Suzuki au village situé à l’autre extrémité de la plage. Là, quatre ou cinq barques reposent sur le sable, plus loin, sur une sorte de banquette rocheuse, des maisons pittoresques. L’une d’elles est particulièrement curieuse. On dirait un visage avec deux yeux et le nez avec ses fenêtres carrées cerclées de vert. J’entreprends de peindre les barques et le village. Bien entendu, les fillettes de sept ou huit ans accourent avec des garçonnets et m’entourent. Cela les amuse beaucoup. Comme ceux de Cidade Velha ou ceux de Tarrafal, ils sont très sensibles aux ressemblances, peu leur importe que ce soit beau ou laid, ce qui leur plaît c’est qu’on identifie les barques et les maisons. Pour cela ils me dictent les numéros des barques me donnent le nom des propriétaires des maisons.

Pour arriver à la plage Flamingos, juste derrière le promontoire, il faut retourner presque jusqu’à Mindelo et emprunter la piste sableuse. Au pied des éoliennes modernes, le sable clair poussé par le vent du nord forme de toutes petites dunes claires qui se détachent sur la roche ocre, marron et rouge nous rappelant le Sud Marocain. Nous avons confiance dans notre 4x4 et ne craignons pas de nous enliser (aventure récurrente dans nos voyages). Ce sable est sujet d’étonnement : d’où provient il ? Sa position au nord est de l’île me suggère une origine saharienne. Peut-être est-il marin ? J’aimerais bien résoudre cette énigme. Peut-être, à la rentrée, vais-je envoyer un email à l’auteur du Guide Olizane qui est géologue ?
Cette piste aventureuse n’est pas très longue (6kmx2) mais elle est très amusante. On se dirait perdues quelque part dans le Hoggar ou dans le Sahara, l’immensité en moins. De temps en temps, un arbre très vert se détache. Comment fait-il pour être si vert ? Sans doute le sous-sol de la ribeira contient de l’eau. Le vent lui modèle la silhouette. Arrivées à la plage, encore du sable blanc et des vagues. Le retour est aussi beau quoique moins aventureux puisque nous connaissons le chemin.
Pendant que je peignais, Dominique a trouvé dans le Petit Futé une plage dont le guide dit le plus grand bien. Sur la route de Lazaretto, après la zone industrielle, nous tombons au beau milieu de manœuvres militaires. Les soldats s’exercent avec des mitrailleuses lourdes sur des chariots tirés à bras. Le plus étrange est qu’ils laissent passer notre voiture en plein milieu de leur exercice. Je n’ose quand même pas prendre des photos. Moro Branco n’est vraiment pas l’endroit sympathique décrit dans le guide. Accès difficile à l’eau et environnement industriel, chantier et terrain militaire. Usines.

Baignade à la plage de l'hôtel

Retour vers midi au Residencial. Je vais seule à la plage faire une rapide mais rafraîchissante baignade.
Nous retournons l’après midi à Baia das Gatas, la belle piscine naturelle. L’eau est plus agitée qu’hier, plus trouble aussi. Je nage longtemps. Dominique me rejoint. Pour les photos sous marines c’est un peu loupé. En fin d’après midi, nous remontons au Monte Verde. Sous la lumière du soir, tout semble différent. La montagne a perdu ses couleurs roses et rouges, elle est marron et beige. La baie de Mindelo brille d’un éclat métallique, les crêtes sont bleutées et noyées dans la brume. On ne voit plus les autres îles noyées dans la brume. Au sommet du Monte Verde, une nappe de brouillard très dense nous engloutit. Il ne reste plus qu’à redescendre.
J’aime beaucoup nos « révisions » : du haut du Monte Verde nous avons pu revoir tous les lieux visités : la belle plage de Calhau et ses rangs de vagues blanches, ses triangles de sable blanc sur le basalte noir, Baia da Gatas et l’eau turquoise enserrée dans les rochers, les cratères érodés et les cônes de Calhau... Nous pourrons rendre la voiture sans regret.

Samedi 20 juillet : Mindelo

Journée lessive. Avant de déménager, il faut remettre de l’ordre dans nos affaires. C’est agréable d’utiliser un bac à linge même si on économise l’eau.
Nous visitons au centre culturel une très jolie exposition de Luisa Queiros, surtout des acryliques (avec jus de citron !!) et des collages. Ce que j’avais lu sur cette artiste dans Notes Atlantiques, - «femme noire, fils blanc, femme blanche, fils noir» -, me l’avait rendu très sympathique. Je ne suis pas déçue par son œuvre sauf que j’aurais aimé voir ce tableau qui ne figure pas dans cette exposition.
En revanche, l’atelier de Tchalê et la Maison Figueiras sont fermés. Dommage ! J’avais beaucoup aimé le tableau aux Alizés à Santa Maria, cette femme et son enfant m’avait fait penser aux peintures de Robert Bombézy. Quant à Figueiras, ce que j’ai vu au marché au poisson ne m’a pas vraiment enthousiasmé. J’aurais aimé en voir plus.
Tour au marché aux vêtements africains : les petites échoppes en ciment sont décorées d’azulejos très portugais, légendés en Anglais, rappelant le temps où Mindelo ravitaillait la flotte anglaise. Les «
rues» sont attribuées  aux pays africains. Au centre deux placette et des kiosques, des bancs, de l’ombre. Les Capverdiens ont l’art d’aménager des placettes..
Nous trouvons un jeu d’Awélé pour 1800$. C’est beaucoup moins que ce que demandait le sénégalais de Sao Felipe, mais la boîte est moins bien sculptée. Nous faisons toutes les boutiques d’art africain avant d’en acheter un, gros et lourd pour 2000$, mais avec une sculpture originale. C’est assez curieux, il n’y a vraiment rien pour les touristes, ni cartes postales, ni souvenirs. Tous les marchands de souvenirs sont sénégalais. Les batiks sont parfois fort beaux et me tentent. Les vêtements en batiks sont assez quelconques.
A midi, belle baignade avec le masque. Dominique reste à l’ombre d’un acacia sans se mouiller.
Le soir nous répartissons les affaires que nous emmenons à Santo Antao et celles que nous laisserons ici dans la valise.
Vers 6h, peinture sur le port.
Dîner de Cuscus : tranche de semoule qu’on mange chaud avec du beurre de fromage de chèvre et de la mélasse.
un petit port
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