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Voix Nomades - Accueil >> Carnets de voyage >> Carnet de voyage Cuba >> miriam >> 10. Trinidad : musées et plages, rando à la cascade
 Carnet de voyage – miriam
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 Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad....
Cuba Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad... Dans ce carnet :
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Crée le 25/06/06
Dernière modification le 25/06/06

Premier voyage à Cuba, découverte de la Havane.

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 10. Trinidad : musées et plages, rando à la cascade - Cuba
sur la plaza mayor, des musiciens

Promenade le matin dans les rues de Trinidad par un soleil estival. Le vent souffle, atténuant la chaleur. Si, de plus, on choisit le trottoir à l’ombre, la température est parfaite.
Les enfants des écoles vont en rang à la Foire du Livre. Ils sont réunis dans une salle pour assister à un spectacle. En route, ils mangent des glaces ou des oranges. Un homme pousse une petite charrette grillagée contenant des oranges. Avec une curieuse machine, il les pèle, un fin ruban de zeste vert se déroule, puis il coupe l’orange par moitié. Je ne sais pas comment les enfants arrivent à manger sans se mettre du jus partout !

    Nous commençons à mieux voir les boutiques, les vendeurs de légumes, les échoppes de pizza. Sur le bord du trottoir, on vend des paniers en vannerie. Des vieux confectionnent aussi des petits objets décoratifs en tressant des fibres de palmier : une tortue portant une graine ovale en guise de carapace, des crocodiles. Les touristes échappés de leurs cars occupent les rues les plus restaurées aux maisons peintes de couleurs vives.
Plus loin, les pavés deviennent plus inégaux, les façades plus délavées, les ferronneries moins élaborées, les intérieurs plus petits et très pauvres. Des chiens squelettiques dorment dans la rue. Toujours des cages à oiseaux.

Musée romantique

     A dix heures nous entrons dans le musée romantique en même temps que des fournées de touristes. La présence de cette foule enlève une partie de son charme à la visite. Contrairement à la plupart des maisons de la ville, le palais est construit avec un étage avec des balcons (vue extraordinaire). Le musée romantique s’appelle ainsi à cause de l’époque sans doute. Il est entièrement meublé avec une sophistication extrême : biscuits français, porcelaine de Meissen, cristaux de Baccarat, marbres d’Italie. Seuls les meubles sont cubains. Nous sommes prises en main par une des gardiennes du musée qui malheureusement se contente de désigner les objets précieux et de nommer leur provenance. Le luxe de ces aristocrates sucriers est inouï. Une baignoire de marbre ressemble à un sarcophage antique. Elle ne comporte ni arrivée d’eau ni vidange. C’était la tâche des esclaves. Seule mention de l’esclavage. Tout ce luxe nous éblouit mais la foule gâche notre plaisir.

Musée de l’architecture

     Le musée de l’Architecture est moins prisé des touristes en car. La gardienne qui nous sert de guide est plus intelligente que la précédente. La visite est donc beaucoup plus plaisante. Cette belle maison coloniale est bâtie sur un plan similaire à la nôtre, en beaucoup plus grand. La salle de réception est immense : son plafond de cèdre est extrêmement décoré à l’espagnole, presque à la marocaine. Elle est flanquée de salles plus petites servant de chambres à coucher. A l’arrière, une galerie s’ouvre sur le patio. Dans cette pièce, les femmes brodaient, cousaient au frais. La vaste cour est bordée des chambres des domestiques d’un côté, de l’autre d’annexes utilitaires, cuisine extérieure, wc etc... Au fond, un petit édicule abrite une centrale à gaz (acétylène) pour l’éclairage. La citerne couverte se trouve dans un coin de la cour. L’eau de pluie est soigneusement captée par tout un système de gargouilles et de gouttières. Le sol est pavé de marbre importé d’Italie. Un détail architectural nous avait intriguées à La Havane : les demi-cercles, au-dessus des hautes portes de bois, nous les retrouvons ici en fines lamelles de bois disposées en éventail pour l’aération.
Comme au Maroc, la climatisation est l’art de faire circuler l’air dans les pièces aux hauts plafonds. Ici, tout est courants d’air, claire-voie, persiennes, lattes …La belle maison à étage et à galerie ressemblant aux sobrados capverdiens a été transformée en galerie d’art. Une salle est consacrée à un peintre dont la peinture fait penser à la sérigraphie de Robert. Motifs africains, couleurs primaires, dessins un peu naïfs.

Musée municipal

     Nous avions remarqué des touristes au sommet d’une tour carrée dominant la plaza Mayor. Nous voulons les imiter et tournons autour du « bloc » puisque c’est ainsi qu’on nomme un pâté de maisons. Nous nous retrouvons dans le hall du musée Municipal occupant, lui aussi, un Palais à étages (le plus grand) construit autour d’un patio à arcades. Deux étages plus une sorte de colimaçon dans une cage en bois et au final, une échelle conduisant à la terrasse. On se bouscule dans l’escalier. Magnifique vue sur la plaza Mayor et la montagne en toile de fond.

   Les collections du musée Municipal sont éclectiques, la présentation, un peu vieillotte. Toujours des panneaux bilingues noir sur blanc. Des photos anciennes, des fac-similés de lettres. Toujours une très grande place aux exploits guerriers. Ici, la Révolution n’est pas au premier plan, plutôt les luttes pour l’Indépendance.

L’esclavage

J’apprends  de nouvelles choses sur l’esclavage :
- 14 000 esclaves travaillaient aux plantations au début du XIXème siècle
- le développement de ces plantations est relativement récent (un décret autorisant la Traite est daté de 1789)
- c’est l’effondrement des plantations d’Haïti qui a stimulé la production à Cuba

L’une des photos de Manaca avec la tour à 7 étages vue hier me surprend. Sur la photo, pas de trace du mignon village. Près de la tour, une énorme maison (le restaurant actuel) et plus loin, la sucrerie avec quatre cheminée qui a maintenant disparu. C’est surtout l’absence du village qui m’étonne.
Dernière visite : l’église. Intérieur peint en blanc, sobre. Des chapelles ont été rénovées avec des autels en bois moderne de facture assez grossière. Les statues de bois sont assez étranges : nombres sont habillées avec de vrais habits de tissu. Une scène représente une barque sur des flots de bois bleu portant des personnages (apôtres ?) habillés comme des cubains actuels en chemise kaki avec les manches retroussées. Ils rament au pied d’une Vierge flottant sur des petits nuages baroques.

Pizzas cubaines en monnaie nationale

     Comme hier, nous achetons un déjeuner populaire en monnaie nationale (je donne 1$ et on me rend un billet inconnu de 10 pesos) nous achetons deux pizzas cubaines, au fromage jaune, cuites dans des assiettes en fer blanc, type militaire. Le four est un bidon (genre bidon d’essence) horizontal posé sur un support métallique. Je fais la queue, le pizzaiolo m’appelle "companera" ce qui m’amuse. On essore la pizza du gras avant de l’arroser de ketchup. C’est un peu bourratif mais cela a bon goût.
Nous faisons un peu de lessive que nous étendons dans le patio avec celui de la dame.

Plage

    Avant d’aller à la plage, nous faisons un petit tour au port de Casilda. De l’ancien port sucrier et esclavagiste, il ne reste plus rien. Quelques baraques et des barques de pêcheurs sur des pontons de bois. Nous sommes mal accueillies, c’est bien la première fois depuis notre arrivée à Cuba.
Pour aller nous baigner, nous avons le choix entre la Plage d’Ancon et celle de La Boca. Du côté de la Boca, la côte est rocheuse tandis qu’à Ancon, il y a une belle plage de sable, deux hôtels et quelques parasols en paille. La Mer Caraïbe ressemble à l’Atlantique du point de vue de la couleur. Le sable est assez grossier mais plein de coquillages. Ce qui change c’est la température ! Je me trempe sans aucun préparatif et nage parallèlement à la plage avec beaucoup de plaisir. Dominique m’attend, adossée à un arbre. Vers 17h30, elle s’impatiente.

   La petite station de La Boca est très différente d’Ancon et de ses beaux hôtels pour touristes. Le village de vacances pour Cubains est vide en cette saison, quelques maisons fleuries proposent des chambres à louer. Le bord de mer est très animé avec des pêcheurs. Certains plongent, d’autres sortent des filets pleins de tout petits poissons brillants ressemblant à des anchois. Nous nous approchons. En marchant sur le rocher, nous découvrons des coraux et des coquillages énormes. C’est un calcaire récifal construit. Nous attendons le coucher du soleil qui se cache dans de petits nuages. Une sorte d’arche est du plus bel effet : l’eau scintille avec des reflets dorés et orangés. Les silhouettes des pêcheurs se découpent sur le rocher. Un petit teckel à poil ras tire sur sa laisse. Il est rigolo. Nous écoutons avec émotion son aboiement de teckel.
Après le coucher du soleil, nous retrouvons les gens du teckel sur une charrette tirée par un cheval, le teckel occupe la place d’honneur derrière le cheval.

    Dominique échafaude des plans. Et si nous restions une nuit de plus à Trinidad ? ce serait bien tentant ! Mais il faudrait garder la voiture un jour de plus.
Nous rentrons à la nuit tombée en ramenant une femme et sa petite fille.

Dîner

     Hélena a fait des poivrons farcis aux légumes : chou, carottes, courge jaune. C’est délicieux. Les tomates de Cuba ont un goût de vraies tomates. Quand on pense qu’en Crète ou à Chypre, elles poussent hors-sol ! Il faut aller à Cuba pour retrouver des vraies tomates.
Soirée dans le patio, toute la famille, Héléna, sa fille et sa mère regardent le feuilleton brésilien (j’ai reconnu la musique).

Le mural

J’ai oublié de parler du « Mural » qu’on a trouvé dans tous les musées. C’est une grande feuille de papier blanc sur un support d’environ 1mx1.5m sur laquelle toutes sortes d’informations intéressantes sont placardées. Au Musée romantique :
-     une information sur la transmission du SIDA avec dessins explicatifs sur la pose du préservatif
-    un article de journal daté de fin janvier relatant une explosion de bombe à Moscou
-    un article encore antérieur sur les exploits d’un tennisman dans un tournoi
-    la liste des employés sur un tableau récapitulatif, certains sont soulignés en rouge
-    le nom des employés modèles de Janvier
-    au Musée d’Architecture, moins d’informations générales mais un organigramme du personnel et la liste des employés modèles.
-    A la galerie d’art, les employés récompensés voient leur nom artistiquement écrits sur du papier kraft tout aussi artistiquement déchiré
-    En outre, une liste désigne les critères de sélection de ces employés récompensés (comment ?) : assiduité, retards, initiatives, travail supplémentaire ( ?), agriculture (dans une galerie d’Art !) etc…

Mercredi 26 février : Trinidad sous la pluie

Au petit matin, le crépitement des grosses gouttes qui s’écrasent sur le ciment de la cour nous a réveillées. L’averse a duré quelques minutes mais le ciel reste menaçant. Cela contrarie notre projet d’excursion à la montagne.
Je fais un tour à la Galerie marchande moderne- en $- pour chercher des yaourts. Les touristes allemands en mangeaient au petit déjeuner. Je m’oriente maintenant bien dans les rues de Trinidad. Notre gîte est un peu en retrait de la Ville Historique. En trois minutes j’arrive au centre. Les enfants des écoles sont encore en sortie, gym sur la place de la Mairie en short et en T-shirt blanc au milieu des passants.

Topes de Collantes

La montée est impressionnante, la route heureusement en bon état. A chaque détour, nous pouvons admirer le panorama jusqu’à la mer. Les flancs de la montagne sont couverts d’une végétation très dense : arbustes épineux, grands arbres souvent couverts de lianes. A un arrêt, nous avons la surprise de trouver un curieux oiseau grimpeur brun avec une longue queue qui saute de branche en branche. Un petit écriteau prévient "route dangereuse". La route décrit une sorte de huit en épingles à cheveux.
Topes de Collantes est une station de cure... Le village est très laid, peu d’agriculture, des HLM dans un état désastreux, une sorte de lycée moche, au sommet, un hôtel monstrueux, soviétique, véritable ministère de Bucarest, des parkings immenses. Sous le ciel gris, ce n’est guère engageant... L’employé à l’accueil, en revanche, est très aimable. Il nous dirige sur un parking. A l’entrée, c’est 6.5$ par personne pour descendre à la Cascade (trois heures par un sentier difficile). Nous renonçons, il recommence à pleuvoir, c’est un peu décevant.
A l’entrée de Trinidad, une pancarte signale une autre cascade à 5 km. La piste longe une rivière sinueuse bordée d’arbres immenses. Nous rencontrons des cavaliers. En remplacement de la randonnée de Topes de Collantes nous pensons aller jusqu’au restaurant et à la pisciculture, je ferai le chemin à pied.

Une autre cascade : très belle promenade

A côté du restaurant, un jeune homme se précipite pour nous vendre des tickets d’entrée pour le sentier de la cascade : 6.5$ "comme toutes les cascades de Cuba", jus d’orange à la fin inclus. Selon lui, le sentier est facile : 3.5 km en 2h30.
Le temps s’est amélioré. Je persuade Dominique de venir. Nous emportons le pique-nique. Le sentier est très, très bien aménagé. Des panneaux rappellent l’histoire de l’esclavage. Dans ce massif montagneux, des esclaves marrons pouvaient se réfugier. Le sentier s’élève ensuite au flanc de la montagne dans une jungle touffue. En contrebas, la rivière. Rapidement, le « chemin facile » devient très pierreux et très glissant. Heureusement, il est équipé d’une rambarde. Les équipements sont très bien conçus : le bois est attaché par des liens végétaux du meilleur effet avec des poubelles en palmes très discrètes. Nous avançons en pleine jungle dans la touffeur et l’humidité d’après l’averse. Les oiseaux invisibles font un raffut exotique. Des lianes dégoulinent des arbres. Au sol, des mousses étranges frisées, des fougères…
Un animal énigmatique : silhouette de lézard, des ventouses aux doigts, une crête blanche sur le dos roux, reptile ou batracien ? Je n’ose pas attraper cette créature gracile. Tout à l’heure, un oiseau étrange a attiré notre attention : gros comme un pigeon, marron avec une longue queue. Sa démarche est étonnante, au lieu de voler de branche en branche, il marche et sautille en haut de son arbre.
Une sorte de buvette restaurant dans une jolie paillote aux murs de planches blanchies ressemblant à une maison de village, sert des repas à de nombreux touristes. Retrouvant nos collègues touristes, l’aventure dans la jungle prend une allure plus tranquille. Nous pique-niquons dans un coin ombragé sur de jolis bancs de bois en face d’un trou d’eau avec un petit ponton pour la baignade. Des centaines de petits poissons nagent dans l’eau limpide. Je jette des miettes de pain, les poissons grouillent et font de furieux remous. En rentrant, Dominique débusque un petit serpent très mince qui sort du chemin assez paresseusement pour que nous puissions l’observer. Le chemin du retour est plus facile. Un observatoire a été construit pour observer les ruches suspendues des abeilles sauvages. Ce sont des gâteaux de cire allongés suspendus à la falaise comme des stalactites. A la jumelle je distingue bien les alvéoles mais pas les abeilles.

Plage

Le temps s’est remis au beau. Nous retournons à la mer. D’abord à la Boca, sur une petite plage que nous avions repérée à l’arrière d’un petit port de pêche. Quelques petits palmiers donnent de l’ombre. Le sable est grossier et l’eau n’est pas très claire. Nous préférons nous installer plus loin. Un restaurant de fruits de mer, annoncé par une gigantesque langouste de plâtre, est abrité dans une paillote ouverte à tout vent. Il a installé sur la plage des parasols en paille et des lits de plage. Nous en louons deux et y passons le reste de l’après midi. La mer est haute. Avec le vent, les vagues sont trop fortes pour nager près des rochers. J’avais pris les sandalettes en plastiques. Comme j’avais transpiré pendant la promenade, je suis ravie de pouvoir me rafraîchir dans l’eau.  Les vagues ne sont pas assez fortes pour me déséquilibrer sur les galets, mais je ne peux pas nager. Les baignades sont donc courtes.
Sur un petit ponton de bois, nous assistons à un spectacle inédit : une blonde en string s’appuie à la rambarde et se penche. Monsieur photographie ses fesses. Elle fait bouffer sa crinière dans le soleil et prend des poses suggestives. Les vagues viennent se briser sur la petite digue. Aphrodite nait de la vague. On se croirait dans un magazine porno. La lanière de son soutien-gorge descend jusqu’à celle qui lui passe dans la raie des fesses et renforce l’obscénité des poses suggestives. Toute la plage écarquille les yeux. Même les trois Italiennes en bikini qui allumaient les messieurs d’un certain âge sont scandalisées.

Coucher de soleil à la Boca

Vers 6h, nous retournons à la Boca. Les pêcheurs ne sont pas venus, sans doute à cause des vagues. Nous sommes déçues de ne pas retrouver l’animation de la veille. Même le soleil n’est pas aussi brillant. Les montagnes sont grises et de gros nuages bourgeonnent. Est-ce encore un front froid ? Le dernier nous avait apporté du mauvais temps pour trois jours. Nous avions lu qu’en février, il y avait en moyenne quatre jours de pluie. Nous allons dépasser largement cette moyenne.

Notre maison coloniale

Avant de partir demain pour La Havane, il est temps que je parle de notre maison coloniale. Elle est située 126 calle Cienfuegos sur la route principale qui va de Cienfuegos à Sancti Spiritu. Mais le nom est une coïncidence : les gens précisent Camillo Cienfuegos, le compagnon de Che Guevara.
La façade est peinte en vert amande. Elle s’ouvre par une très haute porte de bois marron antique. La fenêtre est grillagée avec des motifs en rosace évoquant un soleil et ses rayons. On entre par une pièce toute en longueur qui sert de bureau avec des bibliothèques remplies de livres. Le salon est très vaste, carrelé de motifs floraux imitant un tapis. Un portique de quatre colonnes sépare la pièce en deux, deux colonnes de chaque côté et deux au milieu. Quatre fauteuils cannés en bois foncé meublent chaque partie. A l’arrière, un piano, une chaîne Hi-fi et la télévision, sont les seules concessions à l’époque moderne. A l’arrière du salon, une longue galerie couverte communique avec le salon par trois ouvertures dont l’une est fermée par une grille représentant le soleil, comme celle de l’extérieur. Des persiennes de bois marron avec des lattes orientable ferment la maison. Le patio est une vaste cour rectangulaire cimentée avec trois bacs plantés de verdure. Dans le massif rond au milieu pousse un aloès en fleur, dont je cueille une feuille grasse pour calmer les piqûres de moustiques au coucher du soleil à la Boca. Les deux autres bacs sont carrés, le premier occupé par des rosiers énormes, celui du fond par sept bananiers. Des potiches contenant des palmiers complètent la verdure.
Face à la galerie, au fond, le comedor et la cuisine sont également fermés par les mêmes persiennes que celles de la galerie. La longueur du rectangle est occupée par quatre chambres aux portes laquées de crème, avec des fenêtres grillagées. Dans le salon de jardin, deux berçantes métalliques et une petite table. Notre chambre est très haute. Le plafond de bois en pente se termine par un auvent à l’extérieur. Les meubles anciens sont sculptés de motifs floraux. Face au lit, un curieux meuble tarabiscoté : un très haut miroir est encadré par deux petites commodes à tiroirs recouvertes de marbre, autour du miroir, un cadre compliqué avec des colonnettes et un frontispice à sculpture en coquille. Au-dessus du lit, un crucifix de bonne taille sur un cœur. J’ai essayé de faire raconter à Helena l’histoire de la maison. Celle-ci a deux cent ans mais son arrière grand-mère l’a achetée il y a cent ans. La grand-mère y est née. Quand Héléna était adolescente, on y donnait des fêtes et on dansait dans le salon. Mais le père est mort et depuis il n’y a plus eu de fêtes.
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