<< Voix-nomades.com, publiez votre carnet de voyage : carnets voyages par pays, récits de voyage, photos et blogs, expatriés >>
318 carnets créés, dont 3579 photos et 4133 articles publiés
Voix Nomades - Accueil >> Carnets de voyage >> Carnet de voyage Cuba >> miriam >> 6. Cayo Levisa
 Carnet de voyage – miriam
Vous êtes dans le carnet de voyage de miriam
Pour voir ses autres contributions dans voix-nomades.com, rendez-vous sur sa page perso de voyageur.

Ecrire à l'auteur | Ajouter cette contribution à mon guide perso | Signaler un contenu non conforme | Imprimer

 Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad....
Cuba Cuba, La Havane, Vinales, Trinidad... Dans ce carnet :
14 article(s)
0 diaporama(s)
5 photo(s)
Crée le 25/06/06
Dernière modification le 25/06/06

Premier voyage à Cuba, découverte de la Havane.

Rechercher une contribution dans ce carnet :

Recherche par type


Recherche par pays

Carnets de route, regards photographiques, textes imaginaires, projets professionnels ou personnels, « passions voyageuses »….les carnets de voyage prendront la forme que vous leur donnez. Recherchez et publiez autant de textes, de diaporamas photos ou de dessins que vous souhaitez.

Créer/Gérer son carnet

 
 6. Cayo Levisa - Cuba
comme sun radeau sur la mer prêt à lever l'ancre vers la Floride...

Des mogotes à la mer


     Le minibus traverse la région des mogotes. La paroi des buttes est rongée par l’érosion, creusée de grottes formant des entrelacs de dentelle calcaires. Je révise mes connaissances botaniques, de fraîche date. Au tournant de la route, la fameuse grotte de l’Indien (un complexe touristique). Puis des étables collectives et un assemblage de maisons de ciment toutes pareilles, décalées par rapport à la route. Un kibboutz ? Cela y ressemble.
Nous traversons un bourg très animé : Las Palmas . Il y a un monde incroyable dans la rue et sous les portiques. Que font-ils ? Les courses ? Nous voyons un marché. Quittant la montagne, les cultures changent : des bananeraies, les bananiers sont très hauts.
Au loin la mer, grise barre à l’horizon. La chaleur et l’humidité sont palpables. Nous découvrons nos premières rizières inondées, certaines sont en terrasse comme en Asie. Des hommes labourent avec leurs bœufs, d’autres repiquent ou desserrent les plants de jeunes pousses, font des tas de plants à repiquer ailleurs.

     Dans le minibus, des conversations se sont engagées entre deux Danoises très jeunes, une Irlandaise à allure de bonne sœur aux cheveux très blancs, séparés par une raie au milieu et une Belge vêtue d’une polaire bleu ciel très chic, maquillée. J’écoute distraitement leur conversation. La Belge connaît très bien Cuba qu’elle a visité à plusieurs reprises. Ces filles voyagent comme je l’aurais souhaité, en logeant en "casas particulares". Elles ont plus de contact avec les cubains que nous. La Belge raconte l’histoire de ces Cubains qui ont essayé de joindre la Floride à bord d’un camion ou sur de grosses voitures américaines justement à partir de l’embarcadère. Elle raconte les problèmes de ces émigrés illégaux qui souvent veulent retourner à Cuba. Cette fille à l’air très bien renseignée.

L’île, la mangrove

    10 h : nous embarquons sur un tout petit bateau comme ceux qui emmènent les touristes en plongée. C’est sans doute le même. Les valises sont entassées sur le pont, tout le monde s’assoit sur le rebord. La mer est grise, très calme, le trajet très court. Nous voyons la ligne de côte avec ses palmiers échevelés qui s’éloigne. Déjà, on s’approche de la mangrove. On devine le sable blanc de la plage Le bateau accoste sur un ponton de bois dans les palétuviers.
Accueil comme au Club med
Un homme empoigne le sac-à-dos, je lui confie la valise, nous parcourons une centaine de mètres sur un chemin de planches et aboutissons à la réception d’une sorte de Club Med. Accueil en musique avec cocktail de fruits tropicaux. Un employé prend le voucher et nos passeports. Nous poireautons un long moment avant qu’on ne nous conduise au bungalow n°33 (composé de quatre appartements, nous sommes au rez-de-chaussée).
Le bungalow est tout neuf, meubles modernes, climatisation avec télécommande, télé satellite, des lits jumeaux d’au moins 1 m de large. La décoration est de bon goût sur les thèmes des coquillages.  Au fond, un vaste placard très bien conçu pour les valises avec deux penderies. Je vide la valise. Pour trois nuits, cela vaut le coup de s’installer. Pas de coffre fort. Propreté et confort sans reproche.
Vers midi, nous sommes installées. Notre île déserte ressemble à un catalogue de vacances : sable blanc et cocotiers. Il manque quand même le soleil !

Promenade sur la plage, coquillages et éponges

     Le ciel est plombé de gros nuages gris. Le vent est très frais. Nous nous promenons sur la plage. L’eau est tiède. Le sable très doux. Nous trouvons des coquillages. Les premiers sont cassés. Dominique enfin en trouve un entier et me l’offre. Le coquillage me pince, il est habité par un beau bernard l’ermite avec de belles pinces bleues et de longues antennes comme celles des crevettes. Nous trouvons aussi de grosses éponges tubulaires, candélabres fantaisistes et décorés. C’est la première fois que j’en trouve. Il y a aussi de petites boules gélatineuses irisées : des méduses ou des œufs ? D’autres méduses ressemblant à des physalies sont ourlées d’un bord bleu nuit très beau. Je les manipule avec précaution.

Au restaurant

     Le restaurant est une grande paillote rectangulaire, très simple du dehors, beaucoup plus agréable que la cantine de Los Jazmines conçu pour les groupes en car. Comme l’île n’offre aucune autre possibilité de restauration, nous sommes en pension complète (j’avais cru lire en demi pension). Je commande une soupe de poisson très légère mais contenant des morceaux entiers. Puis des poissons grillés avec de l’ananas, on dirait de l’espadon...  Au dessert, riz au lait à la cannelle. Un guitariste et une chanteuse jouant de diverses percussions animent le restaurant. C’est extraordinaire, cette musique vivante partout.

Mon domaine enchanté

      A l’extrémité de l’île, je découvre un domaine enchanté. Quelques arbres morts se détachent au contact de l’eau, puis des branches sèches forment un entrelacs que je contourne avec difficulté, m’enfonçant dans le tapis épais d’herbes marines desséchées, enroulées comme des copeaux, sans doute des Posidonies. Tantôt les racines aériennes des palétuviers pendent comme des lances menaçantes, tantôt elles ressortent de terre, pics argentés par le temps, polis par le sable, pièges à déjouer. Je suis prise dans un labyrinthe si loin de la civilisation. J’ai enfin l’impression de me trouver sur l’île déserte promise. Personne n’est passé sur ce sable. Pourquoi les palétuviers sont-ils morts ? Les écorces se détachent, laissant des traces de rouille autour des troncs. Partout des terriers de crabes fuient à mon approche et rentrent dans leur trou. Un arbre bien vert, à quelques mètres du rivage sur son radeau de racines aériennes entremêlées en arceaux complexes. Parti seul à la conquête de la mer, son feuillage dégagé forme une boule parfaite découpée net au niveau de l’eau. La langue de sable est si étroite, une dizaine de mètres à peine, puis c’est la mangrove dense et verte avec des cheneaux d’eau immobile, limpide et verte. Je la rejoins avec peine, rusant avec les obstacles. Dans l’eau peu profonde nagent de très petits poissons et des crevettes. Cette découverte m’enchante.

     Il me faudrait venir avec mon nouveau carnet moleskine dessiner l’arbre-radeau et les formes compliquées des squelettes des palétuviers.
Je retourne en marchant dans l’eau, me jouant des obstacles et profitant de l’eau tiède. La marée montante a envahi le sable blanc, la plage a presque disparu sous les accumulations de copeaux de feuilles et sous les tas d’algues. Je rentre les mains chargées de trésors : test d’oursin énorme et deux éponges.

    Dominique a rapporté les siens : une belle éponge et deux boules mystérieuses, une noire, sans doute une graine, et une blanche, peut être un œuf, accroché à des rameaux, des squelettes de créatures marines étranges et translucides en forme de clochettes fragiles.
Je retourne avec mon carnet moleskine mais le vent a forci, les nuages se sont épaissis. Il tombe des gouttes qui m’empêchent de dessiner. Je reprends ma promenade à la lisière de l’eau jusqu’à la tombée de la nuit. La caresse de la vague qui vient mourir sur le sable, se retire et revient, suffit pour me ravir. Je marche avec précaution pendant le reflux sur ce sable extrêmement blanc d’une finesse inouïe. Ce bonheur est un cadeau des dieux et me fait oublier mes regrets.

    Je me concentre sur le plaisir simple de la promenade tentant de me protéger de la dépression dans laquelle Dominique s’enfonce un peu plus chaque jour. Résister, profiter quand même de Cuba. Devenir encore plus adulte, sortir du cocon pour être capable de vivre seule. De tristes pensées roulent dans ma tête mais n’arrivent pas à altérer la plénitude physique du contact avec cette frange de la plage.

Mercredi 18 Février : Cayo Levisa sous le soleil

     Réveil par grand vent. Les nuages se sont séparés. Après le petit déjeuner, le soleil brille. Je veux montrer à Dominique mon endroit enchanté, nous nous dépêchons de l’atteindre avant qu’il ne soit foulé par d’autres touristes. Il faut que l’endroit soit désert pour qu’il garde son charme. La mer est agitée. Une belle barre blanche souligne la barrière de corail. Le « lagon » protégé par les récifs est agité de petits moutons blancs. La côte de Cuba est bien nette. Je recommence mon dessin vite abandonné hier. Cet arbre vert partant à la conquête de l’océan me fascine sur son radeau d’arceaux entrecroisés.

La trouvaille du jour : les herbiers à Posidonies

     Je soupçonnais leur présence à cause de l’épais matelas accumulé sur la rive. Les lanières sèches font penser à des cotillons d’une fête sous-marine sans fin. Enfin, la marée découvre les premières plaques vertes qui m’émeuvent. J’ai toujours entendu parler de l’importance de ce biotope pour la faune sous-marine, écosystème menacé en Méditerranée par l’arrivée de la caulerpe. J’en parle dans mes cours depuis des années, mais jamais je ne l’avais rencontrée de visu. La voilà, enfin !

     Le soleil tape même si le vent rafraîchit l’atmosphère. J’ai revêtu mon short orange léger et un débardeur, au-dessus un gilet et un blouson coupe-vent. Impossible de garder mon chapeau de paille, je m’enturbanne "à la sénégalaise" avec le carré acheté à Tarrafal de Santiago. Je me tartine d’écran total. Par ces jours de grand vent, le soleil est un traître !
Nous dépassons le "centre" du village et marchons vers l’autre extrémité de l’île. La mer prend des teintes variées passant du turquoise au violet, au blanc laiteux, selon la profondeur de l’eau.  Des vagues blanches brillantes ornent le tout. Difficile de photographier en l’absence de premier plan. Ces couleurs nous fascinent, pas question de les négliger (d’autant plus que le temps peut encore changer). Une baignade me tenterait bien.
C’est bien le jour des Posidonies : de belles prairies marines arrivent jusqu’à la limite de balancement  des marées. Paradoxalement, ce sont elles qui donnent la couleur violette à l’eau, de loin puisque de près leurs feuilles sont bien vertes. Je m’approche, sûre de faire quelque découverte. En effet, d’énormes étoiles de mer au corps massif, oranges bordées de festons ronds, toutes proches du bord. Il y a également des oursins mais je ne retrouve que les tests.

     Un groupe d’Allemands (sans doute un car) occupe la moitié du restaurant. Le service est donc très lent. Le poisson frit est moins bon qu’hier, darne de poisson tropical inconnu. Tout le charme réside dans le citron vert. Le riz mélangé à des petits légumes, lui, est excellent.
       Après le déjeuner, le vent a forci et a apporté de nouveaux nuages. Sieste dans le bungalow. Aurais-je ma baignade ?

Jeudi 19 Février : Cayo Levisa, enfin ma baignade

Enfin le beau temps !

     Et ma baignade tant attendue ! Allons-nous prendre une excursion en bateau ? La mer a une belle couleur turquoise bordée d’une bande opalescente frangée d’écume et d’eau laiteuse. Emulsion de fin sable corallien. Le vent n’est pas complètement tombé. L’eau est trop trouble pour la plongée et le snorkelling. Ceci met un terme à nos atermoiements.
Sous le soleil, nous ne reconnaissons plus notre plage. Je prends photos sur photos pour le plaisir du fond turquoise.
Il faut se protéger du soleil. Je me barbouille d’écran total avant de dessiner dans mon carnet moleskine. Il a un format idéal, il tient dans la poche et les esquisses sont faciles.
Un arbre seul…
L’arbre seul sur son radeau m’obsède et m’inspire toutes sortes de pensées :
Version biologique : ancrage multiple résistant à la marée et au vent envers et contre tout.
Version écologique transgression de la limite entre le milieu terrestre et le milieu marin.
Version politique : départ vers la Floride, radeau prêt à partir, plus sûrement que les voitures amphibies.

    Je dessine, le dessin comme moyen d’analyse. Cela se rapproche du travail que j’exige des élèves. Pas d’exigence artistique, plutôt une description imagée. Confortée par ce point de vue, je ferai trois esquisses, l’une de la forêt magique, mangrove fantôme, une autre de la côte de Cuba, une troisième de la mangrove bien vivante sur son chenal d’eaux dormantes.

    Peu de trouvailles originales dans les laissées des marées, surtout des clams et quelques gastéropodes. La surprise du jour : quelques minuscules poissons dans l’herbier marin et d’autres dans l’eau calme de la mangrove .

    La baignade a été plus une question de principe. L’eau est tiède, je me suis accoutumée à la température en longeant la plage : il a donc été facile de me tremper. Mais l’eau est si agitée qu’on ne voit rien et qu’il est difficile de nager. Le courant m’embarque à quelques dizaines de mètre plus loin. Je ne voulais pas quitter Cayo Levisa sans m’être baignée.
 Dernières contributions dans ce carnet
 Articles et Diaporamas

25/06/06 - Article - 1. Voyage Roissy - La Ha...
10 heures de vol, c’est très long pour D...
25/06/06 - Article - 2. La Vieille Havane ven...
Sans être superstitieuses, ce vendredi 1...
25/06/06 - Article - 3. Vinales los Jazmines
En pullman de luxe vers Vinales  &#...
25/06/06 - Article - 4. Vinales sous la pluie...
Vie quotidienne : propina, espagnol, éle...
25/06/06 - Article - 5. Vinales. Visites guidé...
Visite  accompagnée par un guide...

Tous les Articles et Diaporamas

 Photos

25/06/06 - 1. Voyage...

25/06/06 - 4. Vinale...

25/06/06 - 6. Cayo Le...

25/06/06 - 7. La Hav...