10 heures de vol, c’est très long pour Dominique qui a demandé un siège près de l’issue de secours pour étaler ses jambes. Pour l’obtenir, il faut parler anglais ! L’inconvénient est que nous sommes en face des toilettes causant un va et vient incessant.
Cette journée interminable ne me déplaît pas. J’ai besoin de cette journée de transition pour lire les guides. Je me suis plongée dans la lecture de la littérature depuis des semaines, mais je n’ai pas encore préparé les itinéraires des visites de demain à la Havane. Le guide de «La Vieille Havane» et Gallimard sont bien nécessaires pour être opérationnelles dès demain matin. Equipée de mon masque, des bouchons d’oreilles, je comptais également bien dormir.
Arrivée à la Havane à 24h15 : 18h15, heure locale.
Découverte de la Havane by night, Taxi Les formalités terminées, le taxi fonce dans la nuit. Je vérifie au passage ce qu’ont annoncé les guides : les belles voitures américaines, les bus à rallonge à deux bosses comme des chameaux, les panneaux et inscriptions politiques vantant l’électrification et l’eau potable pour chacun, la défense de la Révolution et la Lutte contre l’Impérialisme. Ce qui n’était pas prévu : une pollution suffocante.
Le taxi passe devant le Monument de Marti, place de la Révolution, puis emprunte le Malecon. Je commence mes premiers repérages dans la ville. Il stoppe à l’entrée de la zone piétonnière de la Habana Vieja. Nous terminons à pied. La valise ne roule pas sur les pavés. Dominique porte le gros sac-à-dos à bout de bras. Un homme nous aide, entre dans l’hôtel puis disparaît.
L'hôtel Valencia L’Hôtel Valencia occupe un palais de pierre avec un patio verdoyant tout dégoulinant de plantes. Notre chambre est tout à fait extraordinaire. Elle est située au premier étage sur une galerie couverte faisant le tour du patio. Au lieu d’un numéro, un nom : Onteniente (que j’aurai du mal à mémoriser). La haute porte en bois,(plutôt un portail) laquée vert foncé, s’ouvre à deux battants avec ses trois panneaux. Elle mesure au moins 3.5 m. Le plafond de bois vert incliné monte au moins à 6 m. La « chambre » est immense, murs crème, boiseries vertes. De la faîtière est suspendu un très grand ventilateur blanc à trois pales et au bout d’une lourde chaîne, un lustre en fer forgé avec six petites lampes sur des coupes de faïence à motif floral. Le mur qui fait face aux lits est curieusement aménagé : un beau miroir encadré de carreaux blancs et verts domine une paillasse blanche carrelée avec lavabo et minibar. Dans les murs trois niches : W-C, douche et un grand placard. Les portes des niches sont des portes battantes qui ressemblent à des persiennes. Un paravent canné laqué vert cache la fenêtre surmontée d’une rosace de verre cathédrale. La fenêtre est barrée tout simplement d’une barre de bois. Nous nous aventurons avec précaution sur le balcon (tout semble délabré !). De l’autre côté de la rue nous découvrons les logements par les fenêtres ouvertes. L’un d’eux semble très modeste : toile cirée, canapé de skaï élimé, coussins de mousse synthétique même pas recouverts. Plus loin, un autre est tout à fait décoré : les balcons descendent des bougainvillées, un rectangle coloré en vitrail est suspendu au dessus des fleurs, à l’intérieur de beaux meubles de bois sombre, une lampe Tiffany . La femme qui habite là prend le frais en short orange et débardeur. Elle me fait signe.
Première promenade dans notre quartier, les rues sont vides, les terrasses des cafés de la place d’Armes attendent les clients. Il est huit heures. Trop tôt ? Ou trop tard ?