J’avoue ma surprise. Je ne m’attendais pas à autant de diversité, dans les styles, les formes et les couleurs. J’ai été saisi par la beauté de tant d’objets précolombiens dont regorgent les musées de Lima, notamment les fondations privées. Chacune de ces cultures témoignent d’imaginaires spécifiques dans une tradition de croyances et de coutumes communes et passionnantes. Le temps des préjugés, où je résumais la culture péruvienne aux seuls Incas - c'est-à-dire le mois dernier ! - me parait bien archaïque. Il était temps ! Pendant près de 15 jours, j’ai eu la chance de sillonner la ville de Lima en tous sens. Dans de nombreux lieux, j’ai pu photographier les objets par dizaines. J’en restitue dans ce carnet les exemples les plus symboliques ou les plus émouvants, sans volonté d’exhaustivité (ni scientifique ni esthétique). Souvent, c’est juste la qualité des photos qui a simplement guidé mes choix...
Quoi qu’il en soit, je vous invite à découvrir la richesse de l’art précolombien de Lima. Petit abécédaire des cultures
Paracas,
Nasca,
Chavin,
Moche (ou Mochica),
Tiwanaku,
Huari, et bien d’autres...
Au classement des musées les plus envoûtants de la ville, le n°1 est sans contestation possible le
museo Larco, pour sa collection inégalée de
huacos retratos (céramiques anthropomorphes sous forme de vases-portaits). Dans un des plus beaux cadres colonial de la ville, il a fait de la culture Moche (ou Mochica) sa spécialité. Il faut découvrir ses univers si différents, des réserves étonnantes de milliers de pièces non exposées à la scénographie moderne et épurée des céramiques érotiques. je vous invite ensuite à découvrir le
museo Amano, moins connu et plus difficile d'accès (sur rendez-vous uniquement, mais gratuit !), fondation japonaise et péruvienne d’un autre temps. La scénographie est mauvaise (ou vieillotte, selon les humeurs) mais la qualité des tissus est exceptionnelle. Ce sont là parmi les plus belles pièces du Pérou. La guide vous les fera découvrir une à une, en ouvrant chaque tiroir précautionneusement pour ne pas altérer les couleurs, véritables trésors des cultures précolombiennes (certains tissus valaient plus que l’or).
Enfin, il est difficile de ne pas aller voir le
museo nacional de antropologia, arqueologia e historie del Peru et le
museo de la nacion, tous les deux "généralistes" et publics, mais avec une scénographie inégale. Ce côté "un peu de tout" est une bonne chose pour les voyageurs pressés mais on reste sur sa faim.
Cela m’amène au musée que vous pouvez éviter, temple pour gogos (dont j'ai fais, hélas, partie !) : le
museo de oro del Peru (le musée de l’or) ne mise que sur l’attrait facile de nos sociétés pour le métal jaune. La scénographie est mauvaise, les collections d’armes du monde n’ont aucun intérêt, la majorité des objets en or sont des faux... et le prix d’entrée est prohibitif (lui seul constitue d’ailleurs la véritable pépite de ce "business" culturel). Seules quelques pièces intéressantes sauveront in extremis votre visite. Ce musée ne vaut pas les commentaires qu’il peut recevoir dans la plupart des guides.