Petit, avec une scénographie vieillotte, uniquement sur rendez-vous... mais gratuit ! Le
musée Amano ne reçoit que peu de visiteurs et donne des sentiments assez ambivalents. Cette fondation préruviano-japonaise devrait se moderniser un peu...
Et pourtant c'est une des plus belles collections de tissus du Pérou. Les pièces exceptionnelles proviennent essentiellement de la culture
Chancay, spécialité du musée. Le climat les a préservé, contrairement aux célèbres tissus Paracas, plus abîmés. Les couleurs sont conservées de façon admirable, en dépit des siècles. Il faut dire que les colorants provenaient d'Amazonie et étaient d'une qualité exceptionnelle (le rouge venant des coccinelles par exemple). La valeur sociale et symbolique de ces tissus était si forte qu'ils avaient plus de valeur aux yeux de leur porteur que l'or ou tout autre objet. Les tissus représentaient des animaux mythiques ou des formes géométriques. Il y avait également des broderies (coiffes).
Les spécialistes on recensé plus de 120 techniques de tissage dans les civilisations précolombiennes, ce qui est unique au monde à cette époque. La finesse des tissus et leurs mailles serrées permettait aussi de tisser des tissus imperméables. Sur un pouce, on compte parfois plus de 309 fils d'Alpaca (contre 380 maximums avec les techniques modernes actuelle). Cette finesse est également inégalée pour l'époque.
Pour la petite histoire, on peut voir dans ce musée des
mostradors, des espèces de « book » dont se servaient les marchands pour montrer à leurs clients les différentes couleurs et formes possibles avant la commande...
Dans ce musée, on peut également observer de très belles poupées Chancay, ainsi qu'un Quipu (servant à la comptabilité).