Il faut se méfier du marketing un peu vulgaire des "musées de l'or" des différents pays précolombiens. Les plus belles pièces en or et en argent de Lima ne sont pas, comme on peut le croire, uniquement au musée de l'or du Pérou. J'ai pu en voir au musée Larco Herrera au cours d'une exposition temporaire qui durait... depuis 2 ans ! Avec un peu de chance, vous pourrez aussi les observer... Cependant, beaucoup de musées ont de très belles pièces en métal (or, argent, bronze, cuivre etc...).
Le culte de l'or et de l'argent, - et des métaux au sens large-, était bien différent à l'époque. Il n'avait aucune valeur marchande (d'ailleurs, la monnaie n'existait pas). Seul son statut symbolique lui donnait de la valeur. Cette croyance dans le métal est un fondement des croyances préhispaniques, idéologie où la mort prend une valeur sacrée grâce à l'or et à l'argent... Plus les dignitaires avaient des fonctions symboliques importantes, plus ils pouvaient porter de métal, l'Empereur Inca étant le représentant de Dieu sur Terre... C'est aussi la raison de la profusion de tels objets retrouvés dans les fardeaux funéraires précolombiens : au musée de l'or de Lima, on peut observer la panoplie d'un fardeau d'un membre de la classe moyenne Vicus : masques en cuivre, protecteur coxal, massue, couteau cérémoniel, disque nasal en cuivre, broches.
Certaines catégories de pièces sont admirables (voir diaporama suivant) :
Les
unkus, de l'exposition du musée Larco Herrera («
Or et joyaux du Pérou »), sont exceptionnels. Ce sont des tuniques ou armures constituées de pièces d'or ou de plaques d'argent, dont l'usage social est avant tout symbolique, même si elles protégeaient également des flèches.
On peut également voir dans cette exposition de nombreuses couronnes. D'une façon générale, les couronnes pouvaient revêtir des aspect très diversifiés : en or, en argent, avec des plumes, serties de paillettes ou cousues à des tissus, gravées de personnages mythologiques... Le musée de l'or du Pérou donne à voir des couronnes de fibres végétales avec des plumes de plusieurs siècle : c'est tout simplement époustouflant, synthèse surprenante entre traditions andines et amazoniennes.
Les
estoicas, massues de forme cylindrique coulées dans des moules en bronze avec une forme d'étoile au bout. Des vitrines d'estoicas Vicus sont visibles au musée de l'or de Lima.
Les
tami, couteaux cérémoniels à la forme si étrange, avec une lame en demi-lune et un manche tubulaire, souvent en cuivre ou en or, parfois serties de turquoise. Peu pillées par les espagnols, car ils étaient souvent en Bronze, ils servaient pour les rituels cérémoniels ou les sacrifices et furent inventés dans le Nord, où les cultures régionales avaient une forte tradition de travail du métal (cultures Lambayeque, Vicus, Chimu). On en voit de très beaux exemplaires au musée de l'or du Pérou (Lima).