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 Canaries, février 2005. Tenerife et...
Espagne Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay Dans ce carnet :
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Crée le 19/09/06
Dernière modification le 19/09/06

Deux semaines de randonnées à la découverte du volcanisme du Teide et de botanique à la Gomera.

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 13Valle Gran Rey sous la pluie :lézards géants de la Gomera - Espagne

Traversée de l’île sous la pluie

     Le crachin breton qui tombe ce matin ne ressemble pas aux giboulées des autres jours. Malgré tout, nous prenons la route pour Valle Gran Rey. Le réseau routier de La Gomera se résume à une couronne, qui traverse le Parc à environ 1100m la Carratera Dorsal d’où partent des rayons dans chacune des vallées. Par exception Hermigua communique avec Agulo en faisant une corniche au dessus de la côte nord se prolongeant encore quelques kilomètres avant de tourner vers Villahermoso. Valle Gran Rey se trouve diamétralement opposé à Hermigua .On pourrait aussi bien l’atteindre par le versant sud.
Les pluies des jours précédents ont provoqué des éboulements sur la corniche. Heureusement, l route est très large. Sous la pluie, la pelleteuse et les camions s’activent. Les camions transportent ; les déblais et circulent lentement sur la route tortueuse. Ils se servent de leur clignotant pour nous prévenir : à droite « vous pouvez doubler » à gauche « ne pas dépasser ». C’est plutôt sympa ! Villahermoso est un bourg ramassé dans sa vallée très cultivée. De petites terrasses très soignées s’étagent jusque haut dans la montagne. De nombreux palmiers poussent sur les terrasses. C’est un paysage très soigné, construit par l’homme, riant et accueillant, tout au moins par beau temps ! Sous le ciel gris et la pluie battante, il faut faire un effort d’imagination pour rajouter la lumière du soleil, les ombres, aviver les couleurs. Un pain de sucre s’appelle le Roque Cano.

    Nous montons vers le Parc négligeant miradors et curiosités ? Plus nous nous élevons, plus le nuage s’épaissit .Il n’y a plus aucune visibilité. Nous entrons dans un long tunnel rempli de brouillards. Les phares ont du mal à percer l’obscurité. On distingue seulement la ligne blanche de la chaussée. Dominique est saisie d’angoisse. Le Tunnel est très long. J’ai vu sur la carte qu’un autre va suivre. Heureusement, il est moderne large et droit. On voit la lumière du jour au fond.

Valle Gran Rey

    Nous arrivons vers midi à Valle Gran Rey. Encore une fois, sous le soleil, la vallée serait ravissante avec ses rochers découpés, ses terrasses vert fluo, les palmiers et de très hautes cascades. Réminiscences de Thaïlande sous la mousson. La petite station balnéaire est tranquille. Aucune comparaison avec les gros centres de Tenerife. L’activité principale est la Randonnée, à pied à vélo ou en canioning. Point commun à tous les passants : ils sont germaniques. L’espagnol a peu cours ici. Les randonneurs allemands ne sont pas rebutés par les intempéries. En short, en Kway, bob ou parapluie, la pluie n’arrête pas le pèlerin. J’ai même vu un enfant sur les épaules de sa mère, emballé dans un sac poubelle noir sortir sa tête coiffée d’une casquette par un trou dans le plastique.
Dans une échancrure de la falaise, un petit port avec des barques colorées et un bar des pêcheurs. Plus loin des quais modernes pour accueillir des bateaux plus gros, déserts aujourd’hui.

Les lézards géants

     Je rentre dans les boutiques pour avoir des renseignements sur le Centre des Lézards.
Chez les Teutons : perplexité. J’ai oublié, ou jamais su, comment on dit lézard en allemand. Même ceux qui tiennent un commerce n’ont jamais entendu parler des lagartos. J’essaie une piste pour me faire comprendre : un serpent avec des pattes, cela ne leur dit rien.
Les Espagnols connaissent le Centre : c’est à la Playa del Ingles derrière le stade de foot.

    La pluie a cessé. On se promène à pied dans des jardins très fleuris : bougainvillées, poinsettias, géraniums, volubilis …La Playa del Ingles est au pied d’une énorme falaise, telle un mille feuilles, s’empilent coulées rouges et noires, cendres rouges, brunes ou claires… C’est là que vivent les lézards géants sauvages. Personne ne viendra les déranger.

    Deux petits bâtiments en ciment : des terrasses grillagées, sur le portail une plaque Centro de Recuperacion de los Lagartos. J’ai trouvé ! Il est 13h30. Par chance, la porte est ouverte. Deux hommes sont assis.

    Je me présente « je suis professeur de sciences naturelles, j’aimerais bien voir les lézards d’autant plus que les lézards sont un peu une histoire de famille, mon père a fait sa thèse sur les lézards vivipares ». Le mot « thèse » me manque en espagnol. J’emploie l’américain PhD, pas compris. L’homme me dit en français « Mais vous êtes française !j’ai travaillé à l’Université de Montpellier » Il demande  mon nom. Panigel cela lui dit quelque chose. Il a dû le rencontrer dans une bibliographie Lui, s’appelle Mateo.

    L’Université de Montpellier » Il demande  mon nom. Panigel cela lui dit quelque chose. Il a dû le rencontrer dans une bibliographie Lui, s’appelle Mateo.
    Il me fait visiter d’abord la nursery. Dans des terrariums, les petits lézards âgés de trois mois sont éclairés par des tubes de  néon dans des boîtes de Pétri. On leur propose de la pastèque coupée en morceaux et des rondelles de poivron. Ils n’ont pas encore les caractères morphologiques adultes et ressemblent à n’importe quels lézards. Dans les enclos on a creusé des galeries dans lesquelles on a adapté des tubes en PVC. Comme il fait mauvais, évidemment, les lézards sont cachés. Mateo tire un tube, le secoue et le retourne. Il en sort une petite femelle grise qui court à toutes pattes vers un nouvel abri. Elle n’est pas bien grande, à peine une vingtaine de centimètre et je n’ai pas le temps de la photographier. Dominique survient. Nous allons visiter un nouvel enclos. Mateo déloge un gros mâle de trois ans qu’il prend dans sa main. On voit bien sa gorge blanche. Comme les lézards de Tenerife, il porte une rangée de points bleus sur les flancs. C’est loin d’être un géant. Pour atteindre trois kilos il lui faudra vieillir de soixante ans. Les jeunes des terrariums ne seront probablement jamais libérés. L’espèce n’a été découverte que depuis peu. La première capture d’un animal vivant remonte à 1999. La description de Gallotia simonyi gomerana a été faite en 1985 d’après des restes subfossiles. Il convient donc d’obtenir en captivité une population assez importante avant de relâcher ces animaux.

    Le chercheur nous montre leur habitat naturel dans la falaise, un creux et un rebord où est installée une corde. Il faut être alpiniste pour étudier ces animaux là de près ! De retour à son bureau, il fouille pour trouver de la documentation à nous offrir. Je vois son matériel de travail : des diapos et des classeurs, des boîtes de tirés à part. pas d’ordinateur. C’est un labo à l’ancienne. Sur son bureau trônent de solides chaussures de montagne. Cette visite donne du sens à cette triste journée pluvieuse. J’étais tombée par hasard sur le site des lézards géants sur Internet et j’attendais avec impatience cette visite.

Playa del Ingles

     La playa del Ingles est la plus belle plage sauvage que nous avons vue depuis le début des vacances. Dangereuse à la baignade ! La date de la dernière noyade remonte à 2002 comme l’indique une affiche placardée pour décourager les intrépides. Une bouée et un filin soigneusement enroulé sont prêts à tout sauvetage éventuel. De gros blocs parsèment la plage de sable noir. On les a empilés pour faire des paravents. La mer est déchaînée. Les rouleaux se brises en formant une sorte de traîne d’écume blanche. La falaise au ras de la plage est énorme, marbrée de pourpre de violet, de brun d’orange avec des lentilles et des coulées qui alternent.

   Pendant le déjeuner, la pluie a cessé. Au retour, elle redouble. Nous reprenons la même route avec un peu moins de brouillard. Le tunnel redouté est passé sans encombre .Des cascades descendent de toutes les parois. Parfois ; ce sont de véritables torrents de boue rouge qui dévalent le rocher.

l'archevêque de Salzbourg

    Quand nous remontons au gîte, notre escalier ressemble à un de ces jeux d’eaux de l’archevêque de Salzbourg ! Le chemin est noyé sous une épaisse couche d’eau. C’est tellement mouillé que c’en est drôle !
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