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 Canaries, février 2005. Tenerife et...
Espagne Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay Dans ce carnet :
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Crée le 19/09/06
Dernière modification le 19/09/06

Deux semaines de randonnées à la découverte du volcanisme du Teide et de botanique à la Gomera.

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 8. Teide 3- mésaventure - Espagne

La route de l'Ouest

Il fait beau. Dominique a élaboré un parcours ambitieux : aborder le Teide par la route de l’Ouest que nous avons parcourue sous le brouillard, traverser la caldera et rentrer par la route de l’Est , la Carratera dorsal que nous ne connaissons pas . J’ai un peu renâclé, pensant que rouler tant serait fatigant.
Finalement nous parvenons vite à Icod (17km) sur la route que nous connaissons maintenant très bien. Nous retrouvons les départs des promenades, le dragonnier d’Icod, près de la route. C’est un arbre fameux, Icod en est très fière, on lui attribue un âge immémorable. Les dragonniers de Sao Nicolao, au Cap Vert, m’avaient paru beaucoup plus beaux. Au dessus d’Icod, la route coupe la pointe ouest de l’île traversant des campagnes verdoyantes. Les montagnes très abruptes du Massif du Teno dominent la route. Dès que l’on redescend sur l’autre versant le paysage est égayé de grosses boules roses des pêchers en fleurs. Le Teide, bien blanc, se détache sur sa couronne de pinèdes. Les buissons de marguerites, presque des arbustes sur des troncs, toutes en fleurs font des touffes blanches.
Après Santiago del Teide nous trouvons un paysage de terrasses abandonnées sur des coulées de lave Une végétation étrange s’est installée : des Aeonium mansiquorum portent une inflorescence en chapeau chinois fanée d’autres Aeonium forment comme des assiettes, des Euphorbes en buissons, des vipérines, des Opuntias …Plus discrètes, les fougères ont de toutes petites crosses en cette saison. Je ne me lasse pas de prendre des photos. A l’Ouest, l’île de La Gomera se détache sur l’horizon.
Après Chio nous passons devant le cône du volcan responsable de l’éruption de 1909 qui a laissé un paysage noirâtre ressemblant à celui des Arénas Negras. Plus loin nous entrons dans la forêt de pins poussant sur des coulées plus anciennes.. Finalement, la route passe sur les coulées des Narines du Teide. Nous avons l’impression de traverser une mer déchaînée et pétrifiée sur une digue. Des tunnels de lave ont été coupés par la construction de la route. Sous cet angle je remarque le Pico Viejo responsable des éruptions les plus récentes.
   
    Des que nous arrivons dans le Parc nous trouvons une circulation intense des voitures arrivant du sud. Il y a bouchon presque à chaque arrêt.

piquenique devant l'Observatoire

     J’étudie méthodiquement en, recopiant les panneaux explicatifs. Après le Portillo nous prenons la route de l’Observatoire de l’Azanaga avec ses coupoles et sa tour blanche se détachant sur le ciel bleu. Ici, la montagne est toute blanche, la neige épaisse. De nombreux espagnols jouent aux boules de neige ou font de la luge. Aujourd’hui pas de plats à paella mais des planches de surf. Nous déjeunons au dessus de la Mer de Nuages (salade de pommes de terre, thon, anchois et herbes du jardin. Il y a plus d’herbes que de thon !Au dessert encore le pain perdu du Buffet du Teide.

Les Pastels

     Le Parc nous réserve encore une surprise : les Pastels. La route a entaillé une série de pyroclastites : entre deux couches sombres de scories basaltiques, une couche claire de ponce.
Puis nous nous enfonçons dans la Mer de Nuage, qui s’étend en dessous de 2000m. La forêt de pins est noyée dans le brouillard. On ne verra rien des innombrables belvédères.

Dernier mirador au dessus de Santa Cruz

     Nous sortons du nuage au dessus de La Laguna à 1000m. Au dernier mirador, nous découvrons la mer avec des dizaines de gros bateaux : Santa Cruz. Il fait très beau.
Un couple s’attarde sur la table d’orientation. Ils ont posé une carte et mangent un sandwich, nous empêchant de nous repérer. Dominique proteste : « en plus ils ne regardent même pas ! »
Quand nous retrouvons la voiture garée de l’autre côté de la chaussée, Dominique remarque un gnon sur sa portière. On n’arrive pas à ouvrir avec la télécommande. Nous comprenons tout de suite : j’ouvre mon sac et la cachette: vide ! Le porte-monnaie contenant 300Euros et la carte VISA, le téléphone portable ont disparu. Nous prenons l’autoroute dans le mauvais sens, demi tour à Santa Cruz puis dare dare à la limite des 120km/h autorisés, nous rentrons à la Finca. Tomas me prête son téléphone mobile pour faire opposition à la carte de crédit et nous allons au commissariat de Puerto de la Cruz faire la « denuciacion ».

La denuciacion.

     Le planton à l’entrée, plantureux et moustachu, parle un peu anglais. Je m’adresse à lui en Espagnol, il m’envoie dans une salle d’attente pleine : deux allemands, une famille espagnole, deux anglais. Les touristes sont en majorité. Quelques minutes plus tard on m ‘appelle pour me proposer de faire la déposition en français de mon « hôtel » avec un interprète parlant ma langue. Je ne veux pas téléphoner, on a volé le téléphone, je ne veux pas d’interprète non plus. Ce que je veux c’est un papier à présenter à AVIS. L’attente est interminable. Plus d’une heure a passé depuis que la famille espagnole a été invitée à entrer dans le bureau. Pourquoi n’appelle-t on plus personne ? Que fait le policier ? L’arrivée d‘une suédoise détend l’atmosphère. Elle raconte ses mésaventures : elle a perdu son bracelet et n’arrive pas à joindre son amie au téléphone. Elle nous fait la conversation. On s’ennuie moins mais rien n’avance. La nuit tombe. Je suis ici depuis deux heures. Le policier est sorti. Le commissariat va t il fermer ? Un jeune le remplace, en uniforme bien repassé, gros insigne doré à la poche de poitrine, l’air d’un poupon.
Je commence à raconter mon histoire. Comme toujours, les premiers mots en espagnol sortent difficilement. Au début je suis bloquée. Après, la conversation engagée, mon espagnol devient plus fluide .Le policier propose un interprète puis disparaît dans le bureau d’à côté où ses collègues écoutent la radio. Dans la vitre de la porte-fenêtre se reflète ce qui se passe : notre policier fait les cent pas sans rien faire. Au bout d’une longue attente, il revient, examine sous toutes les coutures ma carte d’Identité, les papiers de la Clio. Il est extrêmement pointilleux. Ce qui le gêne c’est que nous lui avons dit que le  vol s’était déroulé à La Esperanza. Il lui semble que le mirador est plutôt situé sur la commune de La Laguna. Nous racontons que nous avons vu les voleurs. « Les avez vous vus ouvrir la voiture ? »-«  non, bien sûr, mais nous avons vu une Fiat Punto bleue qui faisait demi tour précipitamment et un homme nous faire un « doigt d’honneur » par la fenêtre de la portière ». On mime le geste obscène. Cela amuse beaucoup le policier qui, poliment, écrira dans la déposition « geste inconvenant ». « Pourriez vous reconnaître la figure des voleurs ? » – « Non, cela s’est déroulé trop vite »- « Et sur des photos ? « .Il semble prendre très au sérieux son enquête, note le numéro de mon téléphone. Nous sortons à 8h20 après avoir signé huit exemplaires de la déposition et huit autres de mes droits. Trop tard pour récupérer les photos.
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