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 Canaries, février 2005. Tenerife et...
Espagne Canaries, février 2005. Tenerife et le Teide, La Gomera : Garajonay Dans ce carnet :
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Crée le 19/09/06
Dernière modification le 19/09/06

Deux semaines de randonnées à la découverte du volcanisme du Teide et de botanique à la Gomera.

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 6. LeTeide sous la tempête de neige - Espagne


Le temps est incertain


Pour faire le circuit n°2, marqué 3h, partant du Portillo, nous décidons de nous lever tôt.

    Quand nous arrivons les premières au Centre d’Interprétation du Portillo nous devançons les rangers du Parc. Le beau temps radieux d’avant hier n’est pas au rendez vous. Vu de la Orotava, le Teide apparaissait dégagé mais il y a déjà de nombreux nuages. Deux éventualités : soit nous serons au dessus des nuages, soit nous serons dedans. C’est donc un pari à perdre ou à gagner.
Au début de la promenade, le soleil brille seuls quelques petits nuages restent accrochés au sommet.

    Nous montons progressivement sur le flanc d’un cratère par un bon sentier. Assez rapidement nous rencontrons la neige. Pas de problème pour moi, mes chaussures de rando sont en goretex. Dominique, en revanche, est en tennis. Au début, la neige est ferme sous nos pieds, bien tassée et ne fond pas. Là où elle a fondu hier, la terre est soulevée par les cristaux de glace allongés et légèrement incurvés. Il a gelé dur cette nuit. Le thermomètre de la voiture marquait 2°. Pas de balisage, nous suivons les traces des pas des randonneurs. La vue est dégagée jusqu’à la mer qui se confond avec le ciel gris.

Mirage : des îles?

    Les nuages semblent se déchirer : la mer apparaît brillante, moirée, pas une ride ne l’agite. Il me semble apercevoir trois îles. A cette altitude ce ne serait pas invraisemblable puisque selon nos livres, on voit tout l’archipel du sommet du Teide .Je prends la carte pour les identifier. Hélas ! Il s’agit d’un mirage : ces »îles » ont change de forme entre temps, ce sont de petits nuages allongés sur l’horizon.

la neige sous les tropiques!

    Devant nous apparaissent les dômes et coupoles blanches de l’observatoire astronomique. Derrière nous, le Teide s’enveloppe d’une écharpe blanche qui cache la pointe. Nous avançons d’un bon pas parmi les genêts aux « feuilles » épaisses sur la face nord de la montagne. Nous avons une vue plongeante sur des cratères bordés de neige. Il y a même des traces de ski de fond et d’autres, plus grandes de raquettes. Tant de traces, que nous perdons le sentier. Dominique me montre une tache orange fluo avec une crotte de lapin au milieu. Ce lapin a dû manger de la carotte ! Plus loin, une autre tache orange. Nous arrivons à une impasse, plus de traces. Quelques mètres au dessous : le sentier sur lequel nous étions tout à l’heure. Et si les traces orange étaient un balisage ? Nous revenons en arrière et suivons les pas les plus nombreux. Les petits flocons qui ne nous avaient pas inquiétées tant qu’il y avait encore du soleil, se sont renforcés. C’est maintenant une véritable  tempête de neige. Nous marchons vers un petit col entre deux petites montagnes. Pas de vue. Nous marchons dans le blanc. Nous pourrions être aussi bien dans le Massif Central !Au petit col, nous retrouvons avec plaisir le balisage : des cairns alignés tous les 15 ou 20m. En quittant notre couloir abrité, le vent glacial nous arrive en pleine figure. Le sentier fait le tour d’un cratère de scories noires souligné par la neige. Les scories sont bien stables, le chemin est bien marqué et confortable. Ce serait une balade magnifique si le vent ne nous fouettait pas le visage et si nos jeans n’étaient pas trempés. Nous sommes gelées. Nous descendons en lacets la pente très escarpée du petit volcan. Quand nous retrouvons la neige nous recommençons à glisser. Enfin nous arrivons dans la plaine au fond de la caldera, recouverte de projection, blocs, bombes. On se dirait dans le lit d’un oued. Malheureusement, les conditions atmosphériques ne nous ont pas permis d’apprécier la variété des paysages.

luge et paella


Vers midi, le soleil est revenu. Nous croisons de jeunes espagnols portant des plateaux ronds – des plats à paella – enveloppés dans des sacs poubelles pour faire de la luge.
A une heure nous sommes de retour. La randonnée a duré 4 heures au lieu de trois, pourtant, nous n’avons pas musardé.

jardin botanique

    Nouvelle visite au petit musée, je découvre un jardin botanique très pédagogique. Malheureusement, en hiver les plantes ne sont pas à leur avantage !

Nous faisons une nouvelle traversée du parc en voiture en nous arrêtant aux miradors illustrés par des panneaux et des tables d’orientation.

    Nous avons un pique-nique gastronomique : grosses crevettes roses, avocat et saumon à l’aneth, pour dessert du pain perdu du Restaurant du Teide ; Nous comptions nous installer au Minas de San Jose. Malheureusement, dès que nous nous installons devant le petit dôme de ponces vertes, l’averse de neige de grêle redouble et nous cache le paysage ;

    Nous roulons vers la sortie ouest du parc en plein brouillard. Même les Roques d’ Garcia sont invisibles. Après les Azulejos des chutes de pierres ont presque barré la route. Nous empruntons la route ouest que nous ne connaissons pas. On se dirait sur une digue qui traverse une mer de lave ressemblant à un champ labouré. Enfin, on le devine. Ce que nous voyons, ce sont les stops d’une Fiat Punto de location que nous suivons pendant des kilomètres jusqu’à l’intersection pour Los Gigantes après Chio.

    Nous retrouvons le paysage de terrasses couvertes des raquettes des figuiers de Barbarie, d’euphorbes et autres succulentes et fleuri de marguerites en grosses touffes, de pêchers roses et de buissons bleus ressemblant à de la lavande. Ce paysage, riant hier, est plus triste sous la pluie. Quand nous arrivons sur la côte Nord au dessus de El Tanque, nous voyons un arc en ciel double. La mer est bleu profond agitée de nombreuses vagues. Les couleurs sont violentes   jaunes et ocre, orange des crépis des maisons, rose orange des bougainvillées. On aurait dit qu’on vivait depuis des heures dans un monde en noir et blanc et que, subitement, on aurait « remis la couleur ». Retour coloré par l’itinéraire bien connu.
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