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 Carnet de voyage – Jean_Luc_Charlot
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 Cartes postales professionnelles
France (Métr.) Cartes postales professionnelles Dans ce carnet :
14 article(s)
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8 photo(s)
Crée le 26/04/06
Dernière modification le 22/04/08

Nous pensons toujours ailleurs, écrit Montaigne, au détour d’un chapitre des Essais, intitulé De la diversion.

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 Carte postale from nulle part ou bien ? (2) - France (Métr.)

Image de la femme en robe scintillante
Mais noire terriblement
Longues jambes paisibles et nues
Mais tremblantes cependant
Comme trébuchant continuellement sur un suicide inaccompli
Ou bien ?

Image des voix de filles chuchotant
Puis comme plaintes se froissant de façon désordonnée
Des voix de folles
On dirait

Alors que dans l’alignement des cordages
Deux jeunes hommes habillés de noir s’embrassent comme s’ils construisaient et déconstruisaient sans cesse un couple transitoire
Et que la voix de l’homme se demande :
L’exercice a-t-il été profitable, monsieur ?
Une promesse intacte
On dirait

Image du garçon qui traverse la ville encore somnolente comme le ferait un voleur qu’affolerait son audace
Ou bien ?

(Ce) garçon croisant une fille qui elle-même
Et maintenant l’un pour l’autre dans une distance dansante
Quoique l’esquisse d’un sourire
Une plume de sourire
On dirait


(Ce) garçon croisant (de nouveau) une deuxième fille qui
Légèreté de la jupe comme un souffle de papillon
Parure pour ses fesses minces et masculines presque
Comme excessivement colorées cependant
Et la (première) fille s’inventant une trajectoire déjà besogneuse

Puis balayeurs de la nuit lessivant une vision moribonde de l’obscurité qui
Comme on le ferait de ses cauchemars
Lacs de sueur sèche dont la persistance nous lasse ou peut-être nous effraie
Mais comme continuellement

Vision de jeunes femmes qui ne sachant pas s’il faut prendre soin de
Ordonnent de minuscules bouteilles de fragrances rouge sang dans des boîtes neiges
Des cartons à chapeaux on dirait
Comme on le ferait de souvenirs devenus inutiles pour cause de

Image de la rue nimbée de cette sorte de lumière bleutée comme une fenêtre dans la nuit
Une toile de Hopper on dirait
Croisant (enfin)
Dans un rapport d’exquisité
La lune silencieuse pour cause de souvenance d’une éclipse qui

Et qu’une fille demeure devant un mur d’où ruisselle le sillage de sombres végétaux ressemblant à des arbres mais ?
Comme dans l’orage de contemplations enfantines
Fille épuisée sur un banc écrivant une lettre lestée d’un certain poids de menaces
Tandis que de l’autre côté du mur
Un chanteur se demande :
Est-ce que le monde est sérieux ?

Puis image de la fille adossée au mur
Courant vers l’endroit d’une douceur forcenée
Comme le ferait un monde emballé sur ses rails
Délivrant ses cheveux que le ruban retenait
Cheveux qui virevoltent ou tressautent
Rythme grésillant de la course
Une mer de nuages on imagine
Où une foule inlassable de fatigues redoutables vagabonde

Alors qu’un enfant gonfle à la légère son ventre truffé des tièdeurs d’un rêve
Se demandant pourquoi la pompe est-elle toujours funèbre
Et bordant sa présence sous la colonnade verte des arbres
Comme l’inéluctable modalité du visible
Joyce dirait.
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