Vol Meridiana Comme d’habitude, nous sommes arrivées en avance à Roissy. Embarquement à 11h; l’avion décolle à 12h15 au lieu d’11h50. Méridiana est la compagnie qui dessert les lignes intérieures italiennes. L’avion, Mc Donell, est un petit avion avec deux sièges d’un côté et trois de l’autre. Le service est minimum : un sandwich jambon fromage, un jus d’orange, un café.
A bord de notre Fiat Punto Arrivée à Palerme à 14h30 sous un chaud soleil. A 15h30, nous sommes à bord d’une Fiat Punto toute neuve (1177 km au compteur) gris métallisée. L’autoroute longe la Méditerranée toute bleue pendant une dizaine de kilomètres, de l’autre côté des collines très escarpées. Tunnels. Nous quittons l’autoroute trop tôt, traversons des quartiers modernes sans intérêt, allant tout droit, au jugé.
Vers le Centre de Palerme Enfin, je me repère sur le plan du centre de Palerme. Nous trouvons facilement la Maqueda, qui est une des artères principales de Palerme. Nous loupons l’hôtel, cela se corse. Autant la circulation dans les grandes rues est sans histoire – bien que sportive et agressive – en Italie, nous avons connu pire, autant dans les ruelles c’est une véritable galère. Soit elles sont à sens unique, soit elles sont occupées par le marché, ou trop étroites et tortueuses. Nous repassons devant l’hôtel, le ratons de peu. Comment allons décharger les valises, comment trouver un parking ?
Finalement tout se passe à merveille.
L'Hôtel Oriental L’hôtel Oriental occupe deux étages d’un vaste palais du XVIIème siècle qui possède une vaste cours. La réservation a bien été notée, nous pouvons laisser la voiture dans la cour pour 10 Euros de plus.
A cinq heures nous sommes installées. Détail « folklorique » : le propriétaire avise mon collier (la chaîne en or que les cousines m’ont offert pour mes 50 ans). Il faut absolument retirer ce collier qui va attirer les voleurs. A Palerme, il ne faut ni sac à main ni bijou !
Je m’inquiète des festivités de la Semaine Sainte. Justement à 6 h une procession doit partir de l’église la plus proche. Nous sommes comblées. Avant de quitter notre Palais, nous découvrons le salon avec ses grands rideaux drapés, plafond peint d’une fresque, ses balcons sur la Maqueda. J’essaie de photographier l’entrée monumentale. Pour arriver à la réception au premier étage, on monte un escalier théâtral aux marches de marbre rose très larges, presque plates qui se divise en deux sur un petit pallier rond. Au premier, deux volutes de marbres embrassent la montée. Des lanternons, des arcades soulignées de gris soutiennent les plafonds. Au dessus de l’entrée, une plaque gravée représentent le Palais, est surmontée d’un buste. Des moulures de stuc en arabesques compliquées entourent la porte. Ne pas imaginer un hôtel luxueux. Tout est bien vieux, défraîchi, au bord de la ruine, ce qui le rend encore plus pittoresque.
ProcessionDans la via Maqueda, une foule attend la procession. Les petites rues adjacentes ont de curieux panneaux en italien, mais aussi en hébreu et en arabe. Notre quartier, aristocratique autrefois est maintenant habité par des immigrés. Les boutiques sont «orientales», arabes ou hindoues.
En tête de la procession, une rangée de pénitents cagoulés soufflant dans une sorte de trompe au son affreux. Des crécelles de bois font un bruit sinistre. Derrière, des Romains casqués au plumet en balai rouge. Un Jésus en robe beige tachée de sang porte une grande croix, la couronne d’épines est en fil de fer. Derrière, un enfant porte une petite croix sur roulettes. De l’église sortent des statues : le Christ est couché dans une châsse transparente aux montants dorés surmontée de bouquets magnifiques : une sorte de palme tressée très haute, des orchidées, des lis et des anthuriums blancs. La foule suit la statue en chantant des chœurs de Verdi. La Vierge est debout habillée de noir. Des jeunes filles tout en noir avec un béret de velours noir escortent en pleurant le cercueil de verre. Derrière, les corporations avec des étendards puis une fanfare. Tout le monde se presse. Il règne une curieuse ambiance : de la religiosité, mais pas trop de solennité, une agitation bon enfant. On se pousse, on se parle.
Au bout d’un quart d’heure, nous cherchons à nous échapper, rejoignons la Via Roma, boutiques très chics, puis une petite place de vendeurs de ferblanterie et de vélos.
Santa Catarina, marqueterie de marbreAu hasard des petites rues nous découvrons une place très théâtrale. A droite, la façade baroque de l’église Santa Catherina. On y entre par un haut escalier. À l’intérieur, véritable marqueterie de marbres et de stucs, une merveille. Mais c’est l’office, des femmes chantent. Toute une file fait la queue pour se confesser. Ici encore, le recueillement est tout relatif, on y téléphone même. Il faudra revenir faire des photos en dehors de la messe.
En face de Santa Catharina, en haut d’un escalier comme sur une estrade deux petits édifices cubiques surmontés de coupoles rouges très arabes, un campanile élégant, normand et plaquée, une façade baroque étrange. Sur un troisième côté de la place, le petit théâtre Bellini avec des trompe l’œil. La Via Maqueda borde le quatrième côté.
Procession grecque à la MartoranaUne procession sort d’un de ces édifices cubiques. Plus petite mais bizarre. A l’avant, le prêtre tout en noir avec une sorte de chignon ressemble à un pope grec. Des hommes costumés d’orange précèdent le cortège Une plate-forme vide en natte tressée est portée par des porteurs. Des prêtre en rouge aspergent les passants à grands jets d’eau bénite. Des nuages d’encens s’échappent de l’église. Le cortège fait le tour du bâtiment et retourne dans l’église des grecs. C’est la Martorana dont les mosaïques sont présentées dans tous les guides. A l’intérieur, l’église est pleine. On ne laisse entrer les curieux qu’au compte goutte. La liturgie est bizarre : des hommes chantent en grec mais je ne reconnais pas une église orthodoxe; pas d’iconostase pas d’icônes. L’assistance est assise sur des bancs comme dans n’importe quelle église catholique. Les mosaïques, en revanche, sont byzantines. Nous nous arrêtons devant l’autre église cubique San Cataldo. D’ici, on découvre des coupoles, des tours des façades. Enchevêtrement d’époques, de styles, d’influences …
Un peu plus loin, une autre place est entièrement occupée par une fontaine toute blanche ornée de statues énormes. J’ai envie de tout photographier.
San Giuseppe TeatiniSan Giuseppe Teatini est une grande église très baroque très grande, très peinte. Ici, on prépare, on remmanche les bras d’un Christ manchot qu’on raccroche à sa place. Le curé fait répéter une troupe d’enfants, plus loin, on confesse à découvert.
Sur la Maqueda, les processions font bouchon, on klaxonne, les deux roues pétaradent. Nous retrouvons le calme dans de petites rues souvent très ruinées, parfois taguées. A chaque coin de rue, une surprise : une église baroque transformée en mosquée, un grand chantier de restauration, des bougainvillées et des jardins donnent un air champêtre. Si nous voulons dîner, il faudra rentrer avant 8h, heure de fermeture de la pizzeria où nous achetons deux parts une à l’aubergine pour moi, une tomate mozzarella pour Dominique.
La procession encoreNous retrouvons la procession, plus impressionnant avec ces cierges allumés. Les hommes qui portent les brancards de la statue (16 devant et 24 derrière) ont l’air complètement fourbus, ils se soutiennent les uns les autres et s’accrochent aux brancards. Une grande fanfare suit. Nous les regardons du balcon du salon de l’hôtel.
Dernières courses au marché éclairé, encore actif à 20h.