L'arrivée sur la place centrale de Choquequirao, par des terrases agricoles rectilignes, contrairement aux terrases préincas, plutôt rondes, est magnifique. On aperçoit partout ça et là des habitations non dégagées, des escaliers enfouis sous la jungle ou des ruines impénétrables. La vue est admirable et la brise légère permet de profiter de ce moment extraordinaire, entre montagne et jungle. Du silence, pas une seule âme qui vive, à l'exception du gardien, qui vit là...
La partie dégagée du site s'organise autour de la grande place centrale, qui correspond à la partie basse, le
Hurin. Tout autour se trouvent des édifices remarquablement bien conservés : au sud se trouve un bâtiment avec un portique percé de niches et une porte qui permet d'accéder à l'Ushnu. Au sud-ouest on remarque un ensemble de pièces, une fontaine et un canal venant de la partie haute, le Hanan. Au nord enfin, une magnifique « kalanka » avec des niches de 2 mètres de haut. Ce type de bâtiment servait de grenier. Des habitations à deux niveaux, rares chez les incas, servaient également à l'élite locale. Derrière, le long d'un couloir, une autre kalanka, plus grande, avec 6 entrées orientées à l'est... Enfin, en poursuivant votre chemin, vous tomberez sur d'autres bâtiments de moins bonne facture (les quartiers de service ?).
C'est par là que je suis monté dans la partie haute du site, à 10 minutes de marche, par un petit sentier de traverse non balisé où de nombreuses maisons restent encore aujourd’hui non dégagées. On arrive alors au
Hanan, qui s'organise autour d'une place à vocation cérémonielle (le Hanan est probablement d'un niveau hiérarchique supérieur à la partie basse, le Hurin). Un canal principal descend vers la partie basse et passe par 2 fontaines cérémonielles, des petites terrasses et une dizaine d'édifices allongés (d'autres fameuses kalankas).
Une fois retourné au Hurin, sur la grande place principale avec son arbre isolé au milieu, prenez le chemin qui descend vers l’ouest, derrière le canal. Vérifiez si ce sentier est encore interdit aux voyageurs. Soyez pleinement conscient que vous n’avez probablement pas le droit de vous y rendre (du moins au moment où j'y suis passé) et que si vous le faîte, c’est à vos risques et périls. La principale raison tient au fait que le chemin n’est pas balisé ni protégé. Il y a quelques passages difficiles, en bordure de pentes assez raides. Les personnes sujettes au vertige devront s’abstenir. Après 15 minutes de marche, on arrive probablement vers un des lieux les plus fascinant de Choquequirao : les
lamas du soleil. Sur des terrasses étroites les plus vertigineuses que j'ai pu voir au Pérou, et s'accrochant littéralement à la jungle, sont incrustés les fameux lamas blancs, représentation symbolique de l’empereur Inca… (voir photo). Attention, là encore les dénivelés sont raides et à mon passage aucune protection n’était mise en place pour les randonneurs, notamment sur l'escalier central, tout simplement fragile et dangereux. Vérifiez bien si le chemin est ouvert avant de vous y rendre.
Enfin reste l'
Ushnu. Ce dernier, situé 20 mètres plus haut que la grande place principale, le Hurin, est une plateforme circulaire entourée d'un muret ou avaient lieux les cérémonies liées au culte des montagnes sacrées,
les Apus. C'est là que les sacrifices avaient lieux et où les condors surgissent aujourd'hui, le soir venu. La vue tout autour est exceptionnelle : les monts Pata, Ampay et Quishuar, les falaises, l'Apurimac et bien évidemment le nevado Incahuasi et au loin, le cerro Pumasillo. Plus bas, quelques corps de gardes, une maison et des murs de contention. C'est le lieu idéal pour se reposer des efforts de la journée en attendant la tombée du jour. Instants magiques… et bien plus envoûtants que le Machu Picchu.