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 Carnet de voyage – jean_Paul_Aubertin
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 Vivre à Kaboul...
Afghanistan Vivre à Kaboul... Dans ce carnet :
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Crée le 13/03/06
Dernière modification le 02/11/06

Récit chronologique d'une expatriation à Kaboul.

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 Kaboul : une virée au bazar de Timor Shah. - Afghanistan
Bazar de Timor Shah - Kaboul.

Nous sommes vendredi matin, le ciel est d’un grand bleu pour un jour d'octobre et la température est des plus agréables. Un temps formidable pour faire un tour dans le bazar car cette lumière d'automne me permettra de faire d’excellentes photos. Nous n’avons pas d’achats spécifiques à faire et nous nous laisserons donc guider par le hasard et notre intuition. Nous quittons la maison en début de matinée et, comme nous habitons aux abords du parc de Shar-e-Now, il n’est pas difficile de rejoindre la Kaboul, de la traverser près du lycée Aicha Durani et de s’enfoncer dans les petites ruelles.
Le bazar a beaucoup changé depuis quelques temps car les travaux et les nouvelles constructions du centre-ville ont signifié destructions, déplacements mais aussi rénovations. Le souk aux tissus qui occupait une bonne part du bazar a été rejeté en périphérie de Kaboul, au grand dam des femmes de Kaboul qui doivent maintenant emprunter un taxi pour se procurer les tissus. Le prêt-à-porter est encore peu développé et les femmes réalisent ainsi leur garde-robe à la maison ou chez les tailleurs qui jouxtaient le souk aux tissus. Autre innovation : le mausolée de Timor Shah, qui était entouré par des ruelles sombres, peu visible depuis la rue principale, à maintenant été complètement dégagé et il s’ouvre sur une vaste esplanade carrelée, entourée par des murs de briques qui rappellent l’architecture timouride. La coupole du mausolée vient de recevoir un nouveau toit (de zinc) et les murs ont été réparés et nettoyés. A quand la visite de ce lieu ?
Nous nous enfonçons sur le côté ouest du bazar avec ses grands entrepôts de légumes secs, ses porteurs hazâras et leurs karachis qui attendent patiemment pour décharger les camions venus du Pakistan avec leurs plastiques made in China.
Plus nous nous enfonçons et plus les bruits s'estompent, plus les visages s'ouvrent et s'éclairent dans cette pénombre automnale. Si le souk des ferblantiers, des vendeurs de plastiques en tout genre, d'articles ménagers, de jouets est bruyant et animé, parcouru par les nombreux chalands et les burqas des femmes pressées qui tiennent leurs enfants par la main, le bazar des légumes secs est plus reculé et ainsi, plus calme et plus serein. Nous nous faufilons parmi les étals de légumes, de fruits secs et les vendeurs qui tiennent de petites boutiques de quelques mètres carrés. Au fond de certaines échoppes, on aperçoit dans l'obscurité le bois et le four où sont séchés les produits frais qui arrivent des campagnes environnantes. Au premier plan, le ou les fils du propriétaire sont affectés à la vente de tous ces légumes et fruits secs : des mûres, des abricots, des pistaches, des noisettes, des raisins de plusieurs sortes pour les riz palao et les desserts, du blé, du maïs, des pois chiches, des haricots verts ou rouges, des lentilles et du "dal' avec sa couleur orange si caractéristique…
Les gens acceptent très courtoisement la présence de deux étrangers. Nous essayons d'être discrets mais nous sommes rapidement repérés et jeunes et vieux nous hèlent volontiers pour être photographiés.  D'autres nous proposent de nous arrêter un instant pour boire un thé ou goûter à leurs fruits secs. Nous approchons des marchands de "krout" car une odeur entêtante de lait caillé affole nos narines. Ce "krout" est un fromage séché, dur et compact que l'on râpe sur les raviolis afghans.
Nous sortons de cet endroit baigné par une douce lumière et éclairé par le regard bienveillant de ces vieux Afghans à la longue barbe fleurie pour plonger dans une rue bruyante où nous retrouvons les vendeurs à la sauvette, les enfants qui nous proposent de grands sacs plastiques pour quelques afghanis et les mendiants au milieu d'un brouhaha et d'une presse indescriptibles.
Mais nous savons maintenant qu'il existe un havre de paix et de douceur dans cette ville tonitruante.
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