UNIVERS
Roulement presque nu à l'intérieur de soi.
Petite bête de lumière.
Tempête de seconde en seconde.
Univers,
D'abord une étendue d'eau et de nuitée.
Écho venu d'un coquillage
qui ne dira jamais son nom.
Profondeur du printemps.
Silence de l'hiver.
Univers,
Un jour je m'habillai de toi-même
derrière l'Homme noir démantelé.
Beauté en chaque région.
Bonté en toute chose.
Immensité de la quiétude posée là
sur un seul point.
Vieillesse et Jeunesse à jamais réunies
sous la vague.
Univers,
Presque une bulle d'air à la surface
de l'Ailleurs.
Changements et chaos, mouvances et stabilités
dérisoires.
Tout est Rien.
Les siècles passent comme des éponges.
Le feu se nourrit de l'eau.
La terre n'est qu'une branche de l'air.
Univers,
Inutile de te parler.
Tu es la porte derrière chaque mot,
l'imperceptible frontière, le vol d'un papillon.
Univers
dans une poignée de mains
quand vient la longue douleur de ne plus rien savoir.
Quand le dernier être aimé a disparu dans tes sillons.
Quand la solitude arrache le bleu des images.
Univers impensé et pourtant perçu
comme une trappe dans le futur.
A mi-chemin de toute trace.
Derrière le bruit.
Au coeur de l'élan.
Univers
pareil à l'enfant qui danse
au son d'un pipeau.
Univers,
Confiance
dans ce qui nous arrive.
Je suis toi à même le jour.
Tant d'ombres font des pirouettes
dans l'espace d'une vision.
Je pars à l'aventure avec en guise d'oranges
le mot amour et l'Invisible.
René Barbier (juin 1988)
Publié dans René Barbier,
l'Approche Transversale, l'écoute sensible en sciences humaines, Paris, Anthropos, Economica, 1997, 357 pages
Traduction en anglais par Joesph Brenner
UNIVERSE
Bearing rolling almost nude inside me
Tiny animal of light
Tempest second after second
Universe,
First, expanse of water over night
Echo coming from a shell
Which never says its name.
Depths of spring.
Silence of winter
Universe,
One day I dressed myself with you,
Behind the “Black Man” dismantled.
Beauty in every sphere.
Kindness in every thing.
Vastness of serenity placed there
On a single point.
Age and Youth forever joined together
beneath the waves.
Universe,
An air bubble, almost, on the surface of Elsewhere
Change and chaos, flux and stability
Ridiculous.
All is Nothing.
The centuries pass like sponges.
Fire feeds on water.
The earth is nothing but a branch of air.
Universe,
No need to talk to you (about it all).
You are the door behind each word,
The imperceptible boundary,
The flight of a butterfly.
Universe,
In a hand-shake
When the lasting pain arrives
Of no longer knowing anything.
When the last beloved has vanished in your furrows.
When solitude tears off the blue from images.
Universe unthinkable and yet perceived as a
Trap-door in the future.
Half-way between any traces.
Behind the noise.
At momentum’s heart.
Universe,
“like unto” a child who dances
to the sound of pipes of Pan.
Universe,
Confidence
In what happens to us.
I am you at the level of the day.
So many shadows pirouetting
in the space of a vision.
I set off in search of adventure
With, by way of oranges,
The word “love” and the Invisible.
René Barbier
Alternative translation by
Joseph Brenner
Les Diablerets, Switzerland
November 5, 2001