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 Naples et les Pouilles - quatre sem...
Italie Naples et les Pouilles - quatre semaines en juillet 2005 Dans ce carnet :
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Crée le 06/11/06
Dernière modification le 09/11/06

Quatre  étapes d'une semaine en tourisme rural et en Ffiat Panda dans les Pouilles et une dizaine de jours à Naples. Le temps de rayonner, de visiter les sites, d'aller au concert et de se baigner.

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 26. Martina Franca - Italie
baroque encore

Martina c’est à cause de Saint Martin, celui qui a partagé son manteau
Franca indique une ville franche.
Martina Franca est distante de moins de 40km du gîte. Nous connaissons déjà la route que nous avons prise dimanche pour aller à Alberobello. Nous passons dans les collines dans la zone des trulli qui nous sont devenus familiers.

Nous abordons la ville par les quartiers modernes : les rues sont occupées par le marché : débordement de melons jaunes et verts, de pastèques (angurie), caisses de toutes petites tomates bien rouges. Celles d’ici sont en grappe, plus rarement des olivettes. Haricots verts, aubergines violettes et blanches, poivrons verts, rouges et jaunes. Foisonnement de couleurs. Nous nous promettons d’y retourner après la visite touristique.

La vieille ville

Nous entrons dans  la vieille ville par une arche toute simple signalée par une plaque. A l’intérieur de la ville close c’est un dédale de ruelles et d’impasses. Maisons blanches comme à Ostuni en moins éblouissant, plus poussiéreux. Peut être l’éloignement de la mer ? En revanche les ornements des portes et des balcons sont un régal pour les yeux. Les palazzi bordent la Via Mazzini. S. Vito dei Greci (XVème) s’ouvre par une porte à bossage en pointes de diamant surmonté d’une balustrade. En face, d’autres palais aux portes ouvragées aux fenêtres encadrées royalement, volutes baroques découpées et évidées toutes en courbes, ferronneries bombées compliquées. Certaines façades blanches sobres sont seulement soulignées d’une porte monumentale. Il faut être attentive à tous les détails. La belle église San Domenico est cachée derrière des bâches, grâce au Guide Bleu, je découvre les sirènes cachées de la corniche. A l’intérieur, une décoration de baldaquins et de drapés en l’honneur de Sainte Anne du 23 au 26 juillet, tissus bleu  blanc et rouge du pire effet occultent les peintures et les fresques nautiques.

Basilique San Martino

Nous arrivons rapidement au cœur de la vieille ville : la basilique S Martino sur la place du Plébiscite. Enorme édifice à façade baroque tardif (1747 1775) finalement assez sobre par comparaison avec les églises de Lecce. Un haut relief au dessus du portail : Saint Martin partage son manteau. Je savais que saint Martin était un soldat romain. Je ne l’imaginais pas chevalier casqué fougueux découpant le manteau à l’épée.
L’intérieur de l’église est très clair, marbres et dorures, angelots. Finalement très élégant.
Au moment où nous quittons l’église, un groupe de français avec conférencière s’approche. Je leur emboîte le pas. La Guide fait un subtil distinguo entre le baroque de Rome, ses fastes et ses pompes et le « barroquet » ou « barroquin » de Naples, plus proche de l’artisanat, insolent avec ses putti, petits garçons sexués plutôt qu’anges. Il faudra que je retrouve ces distinctions dans la littérature.
Une très jolie place succède à la place du Plébiscite : bordée d’un côté par une colonnade en hémicycle occupée par des cafés. De là partent des rues étroites toujours bordées de palais magnifiques débordant de balcons en ferronnerie torsadée, de fenêtres encadrées de volutes élégantes, d’armoiries…Nous ne savons plus où donner de la tête.
La Via Vittore Emmanuelle II est bordée de boutiques présentant des soldes mirobolants. Je craque pour un pantacourt bouffant avec des lacets partout : 8€ c’est donné. La formule pantacourt me plait : pas de problème pour entrer dans les églises et se promener en ville, on a l’air habillé.

palais ducal

La Piazza Roma est triangulaire, en son centre : un jardin public avec une fontaine ornée de dauphins. Un côté de la place est occupé par le Palais Ducal immense bâtisse de 380 pièces construit en 1668 par Petracone Caracciolo. Un jeune homme se présente : il fait bénévolement visiter le palais aux étrangers. Petit cours d’architecture : le palais est maniériste. Le Maniérisme se distingue du Baroque par les lignes droites, les colonnes doriques, encadrement des fenêtres et des portes souligné par des cannelures verticales. A l’étage, deux enfilades de pièces : encadrements des portes doré très baroques. Dans la première salle série de portraits des ducs qui présentent toujours la même figure (celle du duc qui a construit le palais). Puis salle du confessionnal : le duc séduisait des jeunes filles et les tuait, genre Barbe bleue ! Puis la chapelle et des magnifiques fresques dans les trois salles suivantes à thèmes mythologiques ou bibliques.

Théâtre Verdi

Je retrouve Dominique sur la grande place rectangulaire moderne passé la Porte Saint Martin qui relie la ville close à la ville moderne. Dans le Théâtre Verdi, l’Orchestre de la vallée d’Itria répète toutes portes ouvertes à cause de la chaleur : Bellini Montecchi et Capulete. Les cuivres sont près de la porte, plus loin les bois. J’ai l’impression d’être au milieu des musiciens. En face, chœurs de Verdi (un disque ? ou une répétition au Plais Ducal ?)Cette musique nous donne des envies de concert.

Granité

Pause dans un café luxueux devant l’arc de triomphe où Saint Martin est perché, se détachant sur le bleu du ciel. Je commande le granité de café qui me faisait très envie depuis notre arrivée en Italie. On l’apporte dans une très jolie coupe remplie à ras bord de ce sorbet au café très fort les morceaux de glace pilée donnent la consistance du granité. Sur la plage, j’avais essayé le granité de limone, chimique et trop acide venant des machines transparentes sur le comptoir des cafés et j’avais été déçue. Le cadre de la terrasse, le mobilier en fer forgé blanc, le joli parasol, tout contribue à rendre ce granité délicieux. Nous réservons des places pour le concert de jeudi soir : Farinelli Roi et Empereur.

piscine

Après midi sur le bord de la piscine. Il faut user de stratégie pour avoir deux chaises longues. Dominique réserve les places avant le déjeuner, tout le monde fait ainsi, les imprévoyants n’ont plus qu’à étaler une serviette par terre au soleil  tandis que les bateaux pneumatiques violets des enfants belges trônent sur des fauteuils ombragés. Cet état d’esprit m’agace ainsi que les cris des enfants et tous ces objets gonflables qui encombrent la piscine. J’ai trouvé le Monde ce matin,  je me concentre dans ma lecture tandis que Dominique fulmine contre les enfants belges, les enfants anglais, es ados néerlandais…

sur la route d'Egnazia,

A 5heures il est temps de partir à Egnazia pour visiter le site archéologique et pique-niquer avant le spectacle ; à 6h, la lumière est très belle, Dominique a l’intuition de quitter la route côtière et de prendre un chemin de traverse. Nous découvrons une masseria carrée, compacte, ornée de créneaux et de tourelles et de hautes cheminées carrées ressemblant à un château fort orange dans la lumière du soleil déclinant. Derrière l’énorme portail fermé par des grilles, un chien dissuasif, on ne s’arrêtera pas !
Les oliviers sont énormes, centenaires, torturés, tortueux. Il semble qu’une main de géant les a empoignés et tordus. Certains troncs  sont formés de plusieurs rejets comme des cordes tressées. D’autres sont creux, un vide sépare leurs racines comme deux jambes d’un monstrueux bipède. Il y en a des têtards, troncs boursouflés, feuillage rare hirsute. D’autres croulent sous leur ramure déjà lourde de leur promesse de récolte.
Je m’installe sur une murette pour dessiner. Dominique photographie. Elle trouve une ferme abandonnée aux longs murs bas dont le crépi blanc s’efface. Deux blocs nous font un banc pour le melon au jambon du dîner. Pique-nique parfait !

Le site d'Egtnazia au coucher du soleil

Cette découverte nous a fait renoncer à la visite du site et du musée d’Egnazia, nous y arrivons donc au coucher du soleil – somptueux, belles photos. En attendant le début du spectacle il me reste une heure pour découvrir la ville romaine sur la Via Trajana, ses rues son forum, l’amphithéâtre, les basiliques chrétiennes…

Spectacle dédié à Théodorakis


Déception ! Pas de théâtre antique ! Pas de vieux gradins de pierre ! Un podium de poutres métalliques, planches et toile installé au milieu d’une pelouse et des chaises en plastique, aucun rapport avec Theodorakis à Césarée !
A 9heures, l’assistance n’est pas installée. Des élégantes en robes brillantes emperlousées aux savants brushings, sont debout dans l’allée centrale. On s’embrasse, on se congratule. Sur le podium les électriciens règlent les projos. A 9h3O, nous commençons à nous impatienter.
Pas d’orchestre, de la musique enregistrée. C’est un spectacle de danse. Danse moderne assez convenue. Pas d’audace chorégraphique. Une bonne technique, le spectacle est au point. La première partie présente des tangos sur une musique d’Astor Piazzola .La deuxième est une espèce de pièce dansée autour du personnage de Zorba interprété par le anseur étoile Raffaele Paganini. Zorba va se marier, les jeunes filles brodent le voile de la fiancée qui s’élance à la poursuite de son amoureux. C’est très niais. Ensuite : scènes de danses masculines, seules référence à Zorba, puis des femmes en costume oriental. Un peu de couleur, cela s’améliore. Fin à 11heures et retour par l’autoroute  Bari Brindisi en passant par Ostuni. Nous sommes un peu déçues
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