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 Naples et les Pouilles - quatre sem...
Italie Naples et les Pouilles - quatre semaines en juillet 2005 Dans ce carnet :
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Crée le 06/11/06
Dernière modification le 09/11/06

Quatre  étapes d'une semaine en tourisme rural et en Ffiat Panda dans les Pouilles et une dizaine de jours à Naples. Le temps de rayonner, de visiter les sites, d'aller au concert et de se baigner.

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 23. Trulli d'Alberobello - Italie
trulli

Trulli.

3 étoiles sur le Guide Bleu : Alberobello est le village des trulli, emblèmes des Pouilles. Le trullo est la première image qui vient à l’esprit quand on parle des Pouilles. Ce sera donc notre première visite.

Itinéraire

Une quarantaine de km séparent Alberobello de San Vito dei Normanni, route par Ceglie Messapica, Martina Franca, LocroRotondo, très agréable dans des collines au relief beaucoup plus marqué que du côté de Taranto, terre rouge, oliviers, petite murettes. C’est une campagne très aménagée, les oliveraies sont extrêmement soignées, la terre a été labourée. Les maisons sont nombreuses, souvent chaulées. On fait grand usage de la chaux, les bordures de pierre sont également blanchies ainsi que les murs, les poteaux des portails.

Premiers trulli en chemin

A peine avons nous quitté Tenuta Deserto que nous découvrons les premiers trulli. A côté de la Masseria, il y a également un petit groupe de trulli qui m’avait semblé artificiel. Je ne sais pourquoi, j’avais imaginé cette construction solitaire, un peu hutte de berger. Telle n’est pas ma surprise de voir des groupes de cônes regroupés derrière une façade rectangulaire reliés entre eux. Certains sont entièrement cimentés. Il y a même des escaliers extérieurs, parfois une sorte de chemin de ronde. D’autres sont en pierre sèche sans aucun liant. Le plus souvent la base est cimentée et chaulée ainsi que la pointe portant un curieux volume : le pinacle. Sur les toits en pierre on a dessiné à la chaux de curieux dessins: des croix, symboles  astrologiques, même un cœur percé d’une flèche. Renseignements pris, il ne s’agit pas d’une déclaration d’amour profane, c’est l’amour de la Vierge Marie. Je m’exclame à chaque trouvaille : trulli perdus dans une oliveraie ou entouré d’un jardin luxuriant.

Nous traversons Ceglie Messapica et Martina Franca sans autre souci que de suivre les flèches. Il faudra revenir en semaine, le dimanche c’est mort !
Locrorotondo attire notre regard : perchée sur la colline, ses maisons parfaitement  blanches font une couronne éblouissante, les toits en V renversés comme à MonteSantAngelo soulignent cette couronne avec les pointes. Dômes et campaniles dépassent.

Alberobello : patrimoine de l'Humanité

Alberobello est un village inscrit au patrimoine de l’Humanité à cause de l’homogénéité de la construction : deux quartiers sont construits uniquement de trulli très bien préservés. C’est donc un site touristique très fréquenté. Parking payant, pas d’horodateur, les cartes de parking sont en vente dans les magasins de souvenirs qui pullulent 4.5€ c’est bien cher mais cela correspond à un  droit d’entrée.
Nous remontons une des petites rues du quartier des trulli blanchis à la chaux, éblouissants sous le soleil du matin, fleuris agrémentés de tonnelles de vignes passiflores chargés de fruits oranges de la passion .Les maisons rondes sont regroupées autour de minuscules  ours. Les habitants ont sorti les chaises. Les femmes tricotent de magnifiques liseuses, des châles et des pulls qu’elles vendent. S’il ne faisait pas si chaud, si les valises étaient moins pleines, j’aurais bien acheté une liseuse. En Turquie, j’avais regretté d’avoir laissé passer une occasion similaire. Les gens nous invitent avec beaucoup de gentillesse à entrer chez eux : joailliers, épiciers de luxe, vendeurs de cartes postales et même mini brocante ? Tous les trulli sont de minuscules boutiques de souvenirs. On ne se lasse pas de prendre en photo les toits amusants, les girouettes en forme de guerrier casqué, les pinacles en boule, diamant, disque…Dominique est inspirée. Je me censure.
Ecomusée
Le Musée se trouve sur la colline d’en face qui porte un autre quartier de trulli et la ville moderne. Il est installé dans une dizaine de cônes qui communiquent entre eux sans qu’on ne s’en rende compte. Comme dans tous les écomusées l’intérieur d’une maison ancienne a été reconstitué avec son mobilier. Des outils des différents corps de métiers sont exposés dans des vitrines : boutique du coiffeur, tailleur de pierre, vigneron… Ce qui me surprend ce sont les dates qui figurent sur les étiquettes : » XXème siècle », froidement, vaguement, comme il serait écrit « XIVème » ou « XVIIIème ». Le XXème siècle est bien terminé avec les machines singer à pédale, les peignes-rasoirs et les vases de nuit en grès. Jolie exposition-photos du Japon : Alberobello est jumelée avec un village japonais. Les panneaux explicatifs sont très détaillés. Il me faut du temps pour déchiffrer l’Italien et les lire. La plupart des documents datent  du XIXème siècle. Le témoignage le plus ancien est de 1790. Des statistiques de 1850 dénombrent 439 chefs de familles journaliers pour 41 fermiers et 11 bourgeois et hommes de bien. A cette époque ces derniers construisaient des maisons vastes et carrées.  Le phylloxera qui a tué la vigne en France marqué l’essor du vignoble dans cette région des Pouilles. Les paysans ont alors planté sur de petites surfaces disponibles et se sont enrichis.
Avant de quitter Alberobello je m’offre une glace au lait d’amande, spécialité locale, délicieuse avec des amandes pilées.

Locrorotondo

Notre visite de Locrorotondo se limite à la recherche des boutiques encore ouvertes ce dimanche midi. Dans le Centre Historique, près d’une jolie église toute simple décorée d’une rosace très fine, une pâtisserie vend ses derniers gâteaux. J’achète deux cornets feuilletés et deux canoli à la ricotta. Nous n’avons pas le courage de nous promener dans les rues en pente d’un blanc éblouissant sous le soleil.
Le retour s’effectue donc à cette heure sans ombres où le ciel paraît gris même en l’absence de tout nuage. Le vent soulève des tourbillons de feuilles et de poussière. L’air est beaucoup plus sec qu’à Manduria. Il doit faire moins chaud sur les hauteurs des collines.
J'ai perdu mes lunettes

Je suis pressée de passer devant la grande poubelle métallique « il bidone » pour retrouver mes lunettes qui ont dû tomber quand  nous avons jeté nos ordures ce matin. A notre passage je ne vois rien. De retour au gîte, je déballe tout, toujours pas de lunettes. Dominique se propose pour y retourner pendant que je prépare la salade ;

la châtelaine dans sa cuisine

Il me faut emprunter un saladier dans la grande cuisine. Sveva, la patronne, est en train de confectionner une crème caramel. C’est une très grande femme blonde aux abords un peu brusques et revêches. Habillée très simplement, elle a l’assurance de la noblesse campagnarde, ici, pas de chichis ! Je l’imaginerais facilement à cheval. Sous ses dehors intimidants, elle est très bavarde et charmante. Nous conversons en français qu’elle parle parfaitement. Elle a étudié au Lycée français de Rome puis chez des Dominicaines françaises. Ce matin elle a fait un tour à Lecce (70km) où elle espérait trouver une brocante. Nous évoquons les villes baroques de Sicile : Syracuse, Noto…La Toscane l’agace : trop de tourisme lui a fait perdre son authenticité. Sur ces entrefaites, Dominique, entre dans la cuisine ; mon saladier est vide.
piscine
La piscine permet de supporter la chaleur – alternative à la sieste. Nous avons pris des goûts de luxe à La Fortuna avec la grande piscine à l’ombre des pins pour nous seules. Ici, il faut conquérir de haute lutte sa chaise longue et son parasol. Les enfants occupent la surface de l’eau juchés sur un trôle rose ou des bateaux gonflables violets ; ils contrarient mes longueurs. L’eau est tiède et moins rafraîchissante qu’à Manduria. Je m’isole dans la lecture des Derniers Jours de Pompéi.

un vaste domaine

Vers le soir, nous allons faire un tour dans l’immense domaine. Au-delà de la maison, une barrière retenue à une magnifique poterne avec 4 piliers de pierre s’ouvre sur une allée blanche très large bordée de deux murets. Cette route plate est construite sur une sorte de digue très haute dominant des vallons de prairies en pente dans les quelles paissent des chevaux et des moutons. Près de la maison, sont plantés des eucalyptus et des pins, à 150m, un magnifique chêne séculaire aussi beau que le chêne d’Humière. La route blanche, toujours égale, passe sur un pont de pierre. Malheureusement, une autre grille cadenassée interdit de poursuivre notre chemin. Revenant sur nos pas, nous empruntons la route d’accès des voitures, cancello énorme entre des poternes de pierre, puis un chemin poussiéreux qui nous conduit dans les oliviers.
La promenade m’a fait voir la propriété sous des angles différents. Je dessine la Masseria vue de la digue et découvre un escalier monumental qui tourne sur de hautes arcades.

Quand je rentre au Rosmarino, Dominique est très contente : elle a parlé avec Sveva qui lui a recommandé le Novotel à Naples pour les deux dernières nuits avant de reprendre l’avion. J’avais imaginé une étape dans le Basilicate, une autre en Campanie dans la campagne. Dominique s’angoisse : un long voyage ne l’engage pas à la visite. Le Novotel se trouve à Caserta, juste à la sortie de l’autoroute, facile à trouver. Il offre le confort d’une belle piscine, un petit déjeuner copieux, le tout pour un prix de 107€ le week end au lieu de 175. On pourra visiter Caserta, l’équivalent napolitain de Versailles. Sveva y descend quand elle va à Naples à l’hippodrome.
Les chevaux du domaine sont des purs-sangs. Sur le haut buffet de la cuisine s’entassent des dizaines de coupes gagnées par son mari à cheval. L’entrée du Rosmarino est décorée de sous verre sur le thème équestre, des gravures anciennes mais aussi des photographies de départ de courses signées par les participants. J’avais pensé qu’elles étaient là pour donner un genre, non c’est tout à fait authentique.
Lorsque nous explorons la géographie d’un pays, nous visitons musées, châteaux et églises, mais nous découvrons aussi la personnalité de nos hôtes. A l’hôtel l’accueil est standardisé. En Agritourisme, nous pénétrons dan s les maisons des gens. Nous côtoyons les propriétaires des grands domaines que nous ne fréquenterions jamais dans notre vie quotidienne. Dans cette découverte, il faut être prudente, ne pas se laisser aveugler par des préjugés. Sveva avait annoncé à Dominique qu »elle préparait un « petit dîner ». Nous avions imaginé l’arrivée de leurs amis en tenue de soirée. C’est le couple qui occupe la maison voisine. Le gros monsieur en maillot de bain croisé à la piscine a revêtu une chemise bien repassée. Point de nappe, de bougie ou de mise en scène. Nous nous sommes emballées victimes de notre imagination.
Sveva, complimentée par Dominique pour son excellent français, nous révèle qu’elle possède la nationalité française ainsi que ses enfants. Elle est petite fille d’un ambassadeur français près du Saint Siège, a passé le baccalauréat français et possède la double culture.
Finalement, je commence à voir les avantages de notre Rosmarino sans cuisine. Partager la cuisine du château ne sera plus une corvée, plutôt une occasion de bavarder ! Pour frire mes escalopes panées, j’ai oublié l’huile et je demande à Sveva la permission d’utiliser la sienne. C’est celle de ses oliviers. Je tiens ainsi les réponses aux questions que je me posais quand nous nous promenions dans les oliviers.
les olives et les oliviers
-« Combien donne un olivier ?
– de 13 à 20% : un quintal d’olives peut donner de 13 à 20 litres selon la qualité des olives et selon la taille de l’arbre. 100kg représente la récolte d’un bel arbre ».

Ici, les arbres sont gigantesques, je n’imagine pas qu’on puisse secouer à la machine ces troncs énormes, ni battre les feuillages si hauts. Pas de filets enroulés comme je l’ai vu en Grèce.
« Quand les arbres sont trop grands on attend que les olives tombent toutes seules sur des filets ou tout simplement au sol »
D’où l’intérêt  de bien désherber l’oliveraie et de tenir le sol propre.
Ravie de ces explications, je rapporte mes escalopes au Rosmarino et nous dînons devant la maison dans le « salon de jardin ». Vers 10heures, le vieux fermier, allumeur de réverbères, poussera la porte de notre entrée pour accéder à l’armoire électrique
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