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 Naples et les Pouilles - quatre sem...
Italie Naples et les Pouilles - quatre semaines en juillet 2005 Dans ce carnet :
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Crée le 06/11/06
Dernière modification le 09/11/06

Quatre  étapes d'une semaine en tourisme rural et en Ffiat Panda dans les Pouilles et une dizaine de jours à Naples. Le temps de rayonner, de visiter les sites, d'aller au concert et de se baigner.

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 3. Solfatare - Pouzzoles - Baia - Italie
le Vésuve vu de Baia

En métro vers Pouzzoles;[/i]

     A 8h30, au Métro Cavour. Le guichet est fermé. Je ne sais quel billet acheter dans l’automate.
L’employé préfère lever la chaîne et nous laisser passer plutôt que de nous renseigner. Sur le quai des jeunes avec des parasols et des sacs de plage attendent déjà.
La gare de Pouzzoles Solfatare est le terminus de la ligne. Nous sortons soulagées de ne pas avoir été contrôlées. A l’arrêt du bus deux vieux très aimables nous renseignent :
- »Où acheter le billet d’autobus ?
-pas la peine c’est le même que celui du train
– on l’a jeté »
mentons nous effrontément,
»-Peccato ! ». Nous continuons notre voyage gratuit.

La Solfatare : un volcan actif !

La Solfatare est un volcan occupé par un camping. A l’entrée, un porche devant un bâtiment rouge foncé du même rouge que celui des maisons des cantonniers. Dans le petit musée de jolis cristaux : du réalgar orange et jaune fluo ; c’est un sulfure d’arsenic qui cristallise ici. .Les pancartes nous expliquent les caractéristiques de l’arbutus et de la myrte.
Le centre du cratère est une plaine blanche et desséchée : la Fangaia, le bourbier, les eaux infiltrées sont réchauffées par le magma proche, elles ressortent en faisant de grosses bulles de boues. Malheureusement, cette année, la boue est desséchée, il a dû faire trop sec. C’est l’odeur sulfureuse qui nous surprend en l’absence de bouillonnement dans le bourbier. Nous ne découvrons les fumerolles que plus tard. Deux pyramides renversées attirent notre attention : réflecteurs pour les mesures par satellite des déformations du sol. Deux autres réflecteurs sont  situés de l’autre côté du cratère. Un satellite à 800 km  en orbite peut mesurer l’écartement entre les deux cibles et en déduire des changements au niveau du magma. La Solfatare est un volcan actif !
Un peu plus loin les fumerolles sont impressionnantes, à la base de la plus grande la Boca Grande, des concrétions oranges (du réalgar ?). Des traînées de soufre colorent le sol très blanc(de l’alun ?). Parfois les cristallisations se font dans des sortes de tubes ou dans de petites géodes contenant de fines aiguilles. Elles ne sont pas faciles à photographier sans objectif macro. Plus haut, le bord du cratère a été exploité comme carrière de trachyte, roche très claire presque blanche ici. Dominique veut s’asseoir, le sol est brûlant.
Nous passons devant un puits du Moyen Age d’où on tirait une eau miraculeuse. Au XIXème siècle, des étuves ou sauna ont été construits à l’aplomb de fumerolles particulièrement abondantes : l’Enfer et le Purgatoire.
Cette visite complète notre étude du volcanisme commencée au Teide.

Amphithéâtre de Pouzzoles

Un autobus nous conduit à l’Amphithéâtre de Pouzzoles, le 3ème par la taille, après le Colisée et celui de Capoue. Cette visite est la suite logique de celle du Théâtre romain enfoui dans Naples souterraine. Ici, les gradins sont bien visibles. Le plus impressionnant : les souterrains et les couloirs où se trouvaient les cages des fauves, les loges des gladiateurs et toute la machinerie.L’amphithéâtre romain est très différent des théâtres grecs que nous connaissons bien adossés à une montagne et utilisant la topographie naturelle. Celui-ci est entièrement construit de brique et de petites pierres en opus reticulatum (l’appareil en cônes à base carrée que j’ai observé hier dans les souterrains). Encore une fois j’admire les qualités parasismiques dans cette région de bradyséisme. Construire un édifice de cette taille et le conserver en parfait état témoigne de ces qualités. Nous cherchons longtemps l’entrée des souterrains. Dominique avait entendu des voix venant de dessous la scène. Nous faisons presque le tour du théâtre. Des énormes arcades qui soutiennent les gradins abritent des couloirs qui, alternativement mènent au niveau supérieur ou inférieur par des escaliers qui montent et descendent. Nous imaginons dans ces couloirs les entrées du public en toge, les gladiateurs. Finalement, nous découvrons le passage vers les souterrains. La lumière tamisée par les grilles projette de fines rayures sur les volumes évidés qui s’emboîtent, les arcs de cercle, les voûtes, les contreforts. J’espère que les photos seront réussies. Un souvenir me revient ; es énormes greniers de Mekhnès. Il faudra revoir l’album !

Port de Pouzzoles, ferries pour les îles

Nous descendons par les rues en pente et fleuries vers le port de Pouzzoles. La mer est très bleue sillonnée par d’innombrables canots à moteur, hors bord, zodiaques qui vont et viennent en tous sen. La circulation nautique est à l’image de la circulation automobile. Il y a également les ferries qui relient Ischia et Procida.
Le site du « temple de Sérapis », en fait un marché (forum), est fermé ; comme il est en creux, on le voit beaucoup mieux d’en haut de l’extérieur. Les trois énormes colonnes d’un portique sont attaquées par les organismes marins. Elles montrent les variations importantes du niveau de la mer : bradyséisme. On reconnaît bien les échoppes. Je crois retrouver les latrines dans un coin  à l’écart.

La Cumana


Pour Cumes, il faut trouver l’autobus, pour Baia, la Cumana-sorte de RER- Nous sommes passées devant la gare de la Cumana. On achète, enfin, le  billet. Le train longe la plage sur le bord du golfe : bondée ! les chaises longues se touchent, les parasols se chevauchent. Je n’ai aucun regret d’avoir oublié mon maillot ! Nous passons entre deux lacs. Un restaurant sur pilotis à l’air très chic interdit la baignade publique. Protestations sur un calicot bien visible du train. Nous voyons s’approcher Baia bien reconnaissable à son château sur un promontoire rocheux. Le train s’engage dans un tunnel. A Fusaro, nous comprenons qu’il aurait fallu descendre à la station précédente. Le temps de réagir, nous voilà au bout de la ligne à Torregaviota cette fois sur la mer tyrrhénienne, petite plage sous un rocher pittoresque. C’est l’heure du pique nique. La foule sur la plage ici encore, nous décourage. Reprenons le train en sens inverse jusqu’à Lucrino.

Midi à Baia

Le bus pour Baia, tarde. Il fait chaud. Dominique s’impatiente. Pourtant je trouve que nous nous sommes drôlement bien débrouillées avec les transports en commun jusqu’à présent. En dehors de l’erreur de parcours, nous avons trouvé les sites sans galérer et les autobus sans attendre. Nous avons faim aussi. Dans la vitrine d’une tavola calda on vend des arancini bien appétissants ; nous ne sommes pas les seules à les convoiter. 13h30, le bus nous dépose sur une placette à Baia en face de l’escalier qui monte aux thermes. Nous préférons le port et les bateaux qui conduisent aux villas submergées. Baia était un lieu de villégiature très chic pour l’aristocratie romaine qui a bâti de véritables palais. Bradyséisme ? une partie de la station balnéaire antique s’est retrouvée noyée dans le golfe. Des fouilles récentes ont permis d’explorer les ruines en plongée. L’excursion en bateau à fond de verre coûte 15€  et part à 15h30 .Il faut donc attendre.

Le port est très joli : une marina de taille raisonnable, pas de voitures et surtout une vue extraordinaire sur le Vésuve tous les caps îles et rochers qui plongent dans le golfe. Deux ou trois restaurants chic ont installé des tables à l’ombre de stores, sur de petites terrasses : les tables d’une pizzeria et d’une gelateria. Malheureusement, le soleil de midi cogne dur, il n’y  pas un coin d’ombre même pas sous les grues du petit chantier naval.

Nous pique-niquons dans la « villa communale » un peu pelée, à l’herbe jaunie parsemée de crottes de chien, sur des bancs à l’ombre. Un palmier en occupe le centre. De vieux pins aux branches contournées encadrent le château aragonais. Si l’attente exaspère Dominique, elle ne me déplait pas. J’ai l’occasion de dessiner. L’étude des pins noueux m’occupe, je suis plus maladroite pour la forteresse perchée sur la colline qui semble de guingois surmontée de constructions postérieures en équilibre bizarre, comme posée de travers. J’aimerais terminer mon dessin, faire également un croquis de la baie.

Dominique propose un café frappé. Je suis toujours partante pour le café. Les enfants qui s’agitent sur les marches la découragent. Une angoisse du retour l’a saisie, ou est ce la chaleur ? Ou ma présence qui l’irrite ? Après quelques mots aigres, elle prend ses tickets, révise les étapes : autobus pour Lucrino, Cumana jusqu’au terminus Montesanto, métro jusqu’à Piazza cavour.

Parc  archéologique : thermes de Vénus, villas luxueuses

Je reste. L’endroit est magnifique, nous sommes à deux pas d’un parc archéologique. Pourquoi rentrer si tôt à Naples ? Je monte les escaliers encadrés d’une végétation exubérante : bougainvilliers violets, bignonias, myrte aux petites feuilles pointues et aux discrètes fleurs blanches. En passant, je découvre une forme creuse bizarre, tiers de parapluie énorme, coupole en ruine, sans doute le temple de Diane (29m de diamètre) à moitié envahie par des lianes. De l’autre côté de la ville, encore un édifice gigantesque : les thermes de Venus’26m de diamètre). Le site est désert. Je suis la seule visiteuse. Pourtant c’est un site exceptionnel par sa situation géographique : il occupe tout le versant d’une colline avec une vue merveilleuse, par l’ampleur des ruines : trois complexes : les Thermes de Sassandra au centre, seuls visitables actuellement. Des panneaux guident le visiteur. Austères et détaillés : plan des ruines texte bilingue anglais-italien écrit tout petit. Je me promène au hasard sur les terrasses antiques ombragées le long des portiques à colonnades et à arcades. Je découvre une statue dans une niche, une petite salle au plafond décoré de stucs délicats aux motifs de cygnes et de Cupidon très  finement estampés, des mosaïques….Il faudrait un guide pour faire revivre ces ruines. J’en suis réduite aux conjectures : qui était donc Sossandra ? Etait ce un palais ? des thermes publics ou privés ? La dimension des salles est étonnante. Une colonnade plaquée de marbre rose est très élégante.
Au premier abord, la présence de thermes à deux pas de la mer surprend. La présence du volcan, la proximité de la solfatare explique les eaux thermales, sans doute chaudes ? Tandis que j’écris, je remarque l’absence d’hypocaustes si caractéristiques des thermes. Les sous sols sont ils masqués par la végétation ? Ont-ils été dégagés ? Ou tout simplement n’était-ce pas nécessaire avec la géothermie ? Le gigantisme est impressionnant. Je pense à Néron à Agrippine. Je regrette de ne pas avoir mieux préparé le voyage. Le gros bouquin sur les derniers jours de Pompéi dort dans la valise. J’ai hâte de l’ouvrir.

Première baignade

Avant de reprendre l’autobus, je me déchausse sur la petite plage en contrebas de la route et marche dans l’eau pour mes ablutions rituelles. Comme je suis en pantalon je ne m’avance pas dans l’eau. La baignade est courte. La plage est barrée par un restaurant sur pilotis. Les baigneurs sont nombreux, certains ont installé des sièges pliants au milieu de l’eau.

Dans l’autobus l’autiste est sympa

L’autobus est complet, je reste debout près du chauffeur (l’autiste, faux ami qui me fait rire). Tout le monde s’accorde à dire que l’autiste est sympa : il s’arrête entre les arrêts pour collecter encore de nouveaux passagers (cela rappelle le Cap Vert). Détour panoramique entre les villas de Bacoli et de Fusaro dans les vignes. Brusquement demi-tour, on descend à Fusaro pour trouver la Cumana.

Retour de la plage dans la Cumana bondée

Le train est complètement recouvert de graphs et ressemble à un mythique métro New-yorkais quand le graph. était un phénomène artistique à la mode. Maintenant on s’en lasse ! Je trouve un siège et me relève brusquement :il est mouillé ! Cela fait rire tout le monde. Les passagers sont tous des jeunes, assez peu de famille. Garçons et filles sont allés à la plage. Ils reviennent rouges de coup de soleil ou noirs selon la nature de leur peau. Ils s’interpellent, se frappent dans le dos, chantent. J’avais imaginé écrire dans le train, impossible avec ce vacarme ! Tout le wagon est arrosé. Personne ne proteste, il fait chaud, cela provoque encore l’hilarité. Le train suit la côte, s’enfonce dans des quartiers sordides. Encore des fresques des grapheurs : le motif le plus employé est le cercueil orné d’une croix. Des canards ou des poulets tirent des guirlandes de cercueils avec des bombes stylisées pour changer : macabre décors !
Au terminus, Montesanto, tout le monde descend dans le noir. On s’embrasse. On s’étreint. Les adieux sont déchirants. Se connaissaient ils d’avant, ces ados qui pleurent avant de se séparer ? Se reverront ils à la plage dimanche prochain ? Je suis la procession dans la rue pour faire la correspondance avec le métro Montesanto. Une seule station mais une longue attente. Des ados font de la provocation : ils sont assis sur le rebord du quai. Les filles, longs cheveux noirs, boléros collants laissant voir des bourrelets bronzés, jouent avec des couteaux à cran d’arrêt, les lames brillent. Personne n’a l’air de s’en offusquer. Leur show meuble l’attente.Des hauts parleurs diffusent du Mozart entre les annonces « Il est interdit de jeter des objets par la fenêtre », « il est interdit de dépasser la ligne jaune ! »Enfin le métro, tapis roulants, je vois Dominique juste à la sortie.
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