Les îles exercent toujours une fascination. Nous préparons notre expédition à l’avance, consultons la météo, nous levons dès potron-minet pour ne pas louper le bateau de 10h. La météo – même locale- n’est pas fiable. Des bancs de nuages cachent par moment le soleil.
Tour de l'île Nous reprenons le tour de l’île là où nous l’avions arrêté. Nous retrouvons les mêmes maisons. C’est un plaisir de reconnaître les lieux. Une si petite île, c’est si facile de se l’approprier !
Deux faces à cette île : d’un côté, le village sans voitures, avec les petits jardins, les volets colorés, de l’autre, la côte sauvage avec des rochers et des petites criques de sable blanc. De l’herbe verte fait penser à l’Irlande. Des chevaux aux poils longs perchés sur des buttes herbeuses. Quand le soleil sort des nuages, l’eau est bleue, transparente.
Pique-nique sur une plage à guetter les gros bateaux à l’horizon, le ferry qui vient d’Angleterre.
jardin Exotique Le jardin Exotique est une véritable merveille. Les étiquettes vont me permettre d’identifier les plantes exotiques qui poussent si bien dans les jardins de Roscoff et de l’île. Nous les avons presque toutes rencontrées à Madère ou aux Canaries. Mais il faut toujours réviser ! Cet arbre qui ressemble à un yucca ou à un dragonnier, c’est dracena Cordyline. Je confonds souvent aloès et agaves. En revanche, j’avais bien reconnu la Vipérine Géante Echium, originaire des Canaries, que nous avons vue pour la première fois ans la caldera du Teide. Sèche en février à Tenerife, elle est ici soit défleurie soit fanée. Quand et où la verrons nous en fleur ? Plus que la découverte de plantes extraordinaires, c’est la mise en scène qui est passionnante. Les Cordylines se détachent sur une pelouse très verte. Elles accompagnent des tombes de l’Age de Bronze. Une nécropole préhistorique a été exhumée ici. Plus loin, caché par un énorme palmier des Canaries, une composition de mousses et fougères autour d’une petite pièce d’eau. L’eau s’égoutte sur les rochers de granite. Un petit ruisselet cascade ? Plus loin, c’est un écrin qui met en valeur la vue sur Roscoff et les rochers du littoral. Réunion exotique de plantes de Nouvelle Zélande, rubans roses, orangés, paille… Un calvaire sur un dolmen, des statues modernes. Dommage que le soleil ne soit pas de la partie et que l’horaire du bateau du retour me presse. Il faudrait pouvoir flâner, dessiner, s’asseoir face à la mer.
retour sur le continentLe sentier du retour se faufile entre les maisons, passe sous un tunnel de verdure et débouche en haut du village.
La traversée du retour ne ressemble pas à celle de la semaine dernière. En huit jours les marrées se sont décalées. Aujourd’hui c’est marée haute, il y a un fort courant et des vagues. La petite vedette se cabre, tangue et roule Nous avions débarqué au bout de l’estacade. Nous arrivons sur le quai où de gros bateaux de pêcheurs déchargent leurs poissons directement dans des camions frigorifiques.
monstre marin Sur des tréteaux, on propose du poisson : crabes, raies et surtout d’extraordinaires lottes. Chez les poissonniers on ne présente jamais de lotte entière. Sa tête est celle de Méduse qui pétrifie celui qui la regarde. Le pêcheur lui ouvre la gueule énorme aux deux rangées de dents. Il nous raconte les coutumes de ce prédateur qui peut avaler son poids en une journée. Un poisson de 12 kg peut entrer dans sa gueules extensible. Il va ensuite digérer trois semaines, immobile sur e fond de la mer. Tout le monde veut photographier ce monstre violacé à la peau ridée.
Conférence : diversité des Algues A 17 heures nous allons à l’animation du Centre Thalado, « comptoir des algues ». C’est un magasin qui propose aussi bien des algues alimentaires que des produits de beauté, une infinité de crèmes, savons, lotions, huiles, paillettes….Un homme vante les qualités culinaires des algues. Vendues en paillettes multicolores, verte la laitue s échée, marron le wakamé (celui des sushis) ou mauve. J’achète un mélange. Entières, les laminaires permettent de cuire le poisson en papillotes, ou les spaghettis de mer, à cuire comme des pâtes. En pâtes à tartiner, à infuser, associées à du thé vert ou à du thé noir….
La conférence est passionnante. Le conférencier mobilise l’assistance, enfants comme adultes. Il commente de magnifiques photos e n mettant l’accent sur la richesse la variété et toute l’étendue de ces plantes que l’on regroupe sous le nom d’algues. Apparues les premières, les algues rouges ont très peu en commun avec les algues vertes qui sont plus proches des plantes terrestres. Difficile d’appréhender l’importance quantitative sauf à dire qu’elles produisent la moitié de l’oxygène disponible sur terre. La présentation suit la répartition verticale sur la plage : du lichen encroûtant les rochers, faisant des taches noires que j’avais prises pour du mazout jusqu’aux laminaires rarement découvertes à marée basse. Mais il existe d’autres répartition : algues vivant en eaux calmes, algues des rochers battus par les vagues. Cette zonation ne m’étonne pas. C’est un classique des livres de 6ème L’esthétique des photos est une véritable réussite.
Quand on en arrive à l’ulve, un spectateur intervient : « C’est une bonne et une mauvaise chose ! ». le conférencier rebondit : « mauvaise » pour l’odeur pestilentielle, pour les nageurs et les surfeurs, pour les pêcheurs qui en remonte des tonnes dans ses filets. Bonne ? Par la photosynthèse, elle participe à l’élaboration de l’oxygène (et quand elle pourrit ?). Elle neutralise les nitrates qu’elle utilise (ce serait mieux sans nitrates !). Finalement sa seule « utilité » serait d’être compostée. En plus de donner un excellent engrais, elle dégage beaucoup de chaleur en se décomposant.
utilisations traditonnellesAprès avoir présenté la diversité, l’animateur nous raconte les utilisations traditionnelles ou actuelles. La combustion du goémon a été une activité très importante pendant trois siècles. Au début on brûlait les algues pour récupérer les cendres formant de la soude douce NaCO3 qui servait à abaisser la température de fusion de la silice dans la fabrication du verre. Au 19ème siècle on trouva un produit de remplacement plus approprié puisque la soude douce colorait le verre en vert. La combustion des algues permit ensuite d’extraire l’iode jusqu’à la fin du 20ème siècle. De vieilles photos montrent les goémoniers partant pour des îlots déserts, embarquant famille, outils, ustensiles de cuisine et même poules et cheval dans leurs barques à voiles. Une photo montre même les hommes écoutant l’arrivée du Tour de France le 14 juillet. Ils portent des sandalettes en plastique et ont un transistor !