Nous avons pu tester le bateau à toutes allures , allant de 5 noeuds à 35 noeuds de vent réel. Il faut bien reconnaitre que le "prés" n'est pas l'allure de prédilection pour un catamaran de crosière. Mais si l'on compense le cap par la vitesse, on s'appercoit qu'il ne faut en aucun cas chercher à gagner des degrés et que la vitesse gagnée en faisant courir le bateau permet de compenser la perte de cap. En croisière il faut dont oublier ses vieux démons de régatier et éviter de faire forcer le bateau en allant contre nature. Le catamaran est performant à partir de 40° du vent alors cela laisse suffisament de marge pour naviguer dans les meilleures conditions.
Par rapport à un monocoque, l'absence de gite imposse d'anticiper la gestion de la surface de voilure afin de soulager le bateau. J'ai pu constater que le fait de mettre un ris supplémentaire et de réduire également le génois afin de soulager le haut du grément ne se traduit pas par une chute significative du speedomètre. Dans un clapot serré le bateau passe mieux, tape moins, plonge moins sur les surfs. Donc rien ne sert de vouloir porter de la toile à tout prix !!!
Comme on peut le voir sur la photo ( 35 noeuds de vent ) le génois est considérablement réduit et avec deux ris dans la grand voile, le bateau est bien équilibré. Bien entendu il force quand même un peu plus que le tanker que l'on croise.
Lors de remontées au prés rendues nécessaires par la météo ou par l'obligation de se rendre en un point précis, il est également facile de gagner vitesse et cap en profitant de cette contrainte pour faire tourner les moteurs. Cela permet à la fois de recharcher les batteries à un moment ou cela gène le moins et à racourcir le temps de navigation au prés. En bref on est gagnant à attendre d'avoir à naviguer au prés pour recharger le parc batteries.
Sous spi, le comportement du bateau est trés saint jusqu'à 25 noeuds de vent réel. Au delà, les surfs deviennent plus difficiles à maitriser car le bateau est plus rapide que la vague. Il faut donc abandonner impérativement le pilote automatique dés que l'on sent qu'il force et qu'il a du mal à réagir.
Au de là de 25 noeuds de vent, la vitesse atteinte sans le spi est tout à fait suffisante et cela permet une navigation sans le souci d'un affale de spi en catastrophe. La règle d'or est donc de "sous toiler " et concéder à la mer un ou deux noeuds de vitesse: Ce qui est bien peu !!!