Gaspé est une petite ville sans grand intérêt. Dans une galerie marchande j’achète un pantalon de toile légère qui remplacera celui qui a été bouffé par le repellent à insectes particulièrement agressif.
Les Indiens Mic Mac Visite d’un village reconstitué avec des guides micmacs en costume (un peu synthétique pour le confort et l’écologie). Au 18ème siècle les Micmacs vivaient de cueillette, chasse et pêche et se déplaçaient pour ne pas manquer de gibier. Les hommes chassaient et les femmes faisaient tout le reste du travail. Elles montaient les wigwams, découpaient la viande, faisaient des conserves et de l’artisanat. Les structures des wigwams restaient sur place quand les Micmacs se déplaçaient. Pour s’installer, il suffisait de dérouler les écorces de bouleau cousues entre elles. L’hiver, le wigwam n’avait pas une base rondes mais une base triangulaire ou carrée. Les troncs assurant l’isolation au ras du sol en empêchant la neige de pénétrer.
Les objets fabriqués avant l’arrivée des Européens étaient faits de bouleau, pour les écorces mais aussi pour le bois : assiettes creuse, cuillers et outils divers ? Les écorces de frêne faisaient de très beaux récipients solides. Les branches souples, des liens pour coudre. Le saule donne de l’osier. La vannerie n’était pas d’osier mais plutôt de fibres d’écorces dilacérées.
En plus de sa viande, l’orignal donnait une matière première abondante. Ses os étaient transformés en outils, sa fourrure, bien sûr était utilisée. Les poils servaient au rembourrage. Avec sa peau on faisait la babiche, lanière étirée et tournée en une corde solide pour les collets et les raquettes.
Le poisson était fumé sur des claies dans un wigwam spécial. On cuisait le pain à l’extérieur sur des galets plats au milieu du foyer. A la fin de l’hiver, on cuisait le sirop d’érable dans des chaudrons de cuivre échangés contre des fourrures. L’été, les baies étaient recueillies, pressées et séchées sur des feuilles.
Nous avons goûté au pain (la farine de blé était, elle aussi troquée avec les Européens) au sirop d’érable, et aux caplans fumés.
La route 132 longe la Baie de Gaspé en traversant de jolis villages. Les pentes sont plus douces et les maisons dispersées dans une campagne herbue et fleurie ?
Rocher Percé Dominique engage la voiture dans un chemin de traverse – ils sont extrêmement rares – nous découvrons le plus joli coin pique-nique qu’on puisse imaginer : le rivage est bordé de roches rouges d’un conglomérat à gros galets passant à un grès rouge. La mer est d’un bleu intense agitée de vagues aux crêtes écumeuses. Au nord nous voyons bien le Cap Forillon et le Cap Gaspé, au sud le rocher de Percé avec son arche.
le village de Percé Percé est un très joli village envahi par le tourisme. Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu cette impression au québec. Les espaces sont si vastes, la densité de population si faible, que les touristes se trouvaient dilués. A Percé, tout le monde (y compris moi) veut se rendre à pied au rocher dégagé à marée basse et accessible par un mince cordon de galet seulement pendant deux heures. Résultat : la foule ! Les abords de la 132 sont défigurés par des motels, des restaurants frites et moules. On nous avait prévenu : « Percé, c’est l’embouteillage ! ». Nous ne sommes donc pas surprises, la circulation est fluide. On se fait juste klaxonner.
Si on fait abstraction des nuisances du tourisme, c’est vraiment un bel endroit ! En plus du fameux rocher calcaire percé d’une arche doré au coucher du soleil, la ville est entourée de petits monts de grès rouge : le Mont saint Anne et le Mont Blanc. La montée au mont Sainte Anne est très raide. « Panorama à vous couper le souffle » aurait écrit un guide. Moi, c’est plutôt la côte qui m’essouffle !