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Voix Nomades - Accueil >> Carnets de voyage >> Carnet de voyage Canada >> miriam >> 2. Estrie : mine de cuivre, castors au Soleil couchant
 Carnet de voyage – miriam
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 Canada 98 de Montréal en Acadie en...
Canada Canada 98 de Montréal en  Acadie en passant par la Gaspésie Dans ce carnet :
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Crée le 08/01/07
Dernière modification le 08/01/07

Journal  de deux touristes à bord d'une belle Buick bleue, logeant dans les Gîtes du Passant, curieuses de nature, d'animaux, de géologie, d'astronomie mais aussi d'histoire et de littérature

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 2. Estrie : mine de cuivre, castors au Soleil couchant - Canada

En route...

      L’autoroute 10 vers Sherbrooke quitte Montréal par Atwater, le pont Champlain enjambe le saint Laurent et plusieurs îles. La route traverse une plaine cultivée de maïs et de blés dans des parcelles très allongées. Les fermes aux vastes granges métallisées, aux hauts silos cylindriques coiffés d’une hémisphère avec leur piscine ronde bleue sont les premières images du Canada découvertes d’avion il y a deux ans. La Rivière Richelieu nous surprend par son débit et sa puissance qui sont ceux d’un torrent. Des bois dévastés ; des peupliers trembles cassés, des arbres morts sur des dizaines de kilomètres racontent le gel catastrophique de l’hiver dernier.

lacs de Magog Memphremagog et Massawipi

     La route s’élève ensuite doucement, le paysage change, les champs laissent la place à une forêt d’érables et de résineux. Les habitations se font rares. Nous longeons des lacs. Nous quittons l’autoroute à Magog pour profiter du paysage. Sur les bords du lac sont construits de jolis lieux de villégiatures : maisons décorées, belles boutiques et restaurants, marinas au bord du Lac Memphremagogg qui s’étire jusqu’aux States.
Au lac Massawipi, nous nous arrêtons à North Hatley devant un club de tennis plutôt chic où des dames en blanc, affublées de visières, disputent des doubles.


Mine de cuivre de Capelton

    Avant d’arriver à Sherbrooke un écriteau attire notre attention : « Visite sous terre, Mine de cuivre ».
Pour descendre à la mine, on se déguise d’une panoplie de mineur. Cet accoutrement se révèle bien utile. Le sol de la mine est boueux. La température n’est que de 9°. Cette ancienne mine fut fermée en 1907 mais d’autres mines furent exploitées jusqu’en 1939. On extrayait la chalcopyrite dans des veines grises (cendres volcaniques ?) encaissées dans des schistes à chlorite et séricite. Certains filons de quartz étaient aurifères. On attribue ces minéralisations au métamorphisme lié à la formation des Appalaches.
    Les techniques d’exploitation étaient rudimentaires. Les mineurs enfonçaient une sorte de barre à mine - le fleuret – dans le schiste tendre en cognant avec une masse. Quand le fleuret avait pénétré environ 60 cm dans la roche, on bourrait le trou de poudre grise (explosif peu puissant) qui disloquait le schiste. Les mineurs dégageaient  le minerai avec de petits pics. Puis ils le chargeaient en petits blocs sur des wagonnets.
    Les galeries étaient hautes d’environ 1,50 m à 2 m et suivaient le pendage des couches souvent inclinées à 45°. Le boisage souvent très léger – quelques troncs verticaux, espacés – soutenait le schiste. Ces pieux de soutènement servaient aussi de système d’alerte : avant de commencer la journée, un mineur expérimenté frappait sur les pieux, écoutait le son et reconnaissait d’oreille si le bois avait joué ou non. Un autre système d’alarme était fourni par des souris apprivoisées, nourries avec  des miettes de pain. En cas de vibrations, les petits animaux prennent la fuite et peuvent prévenir d’un effondrement. Les mineurs travaillaient à la chandelle.
    Dans la mine vivaient en permanence, des chevaux qui finissaient par devenir aveugles dans le noir. Pour les descendre, il fallait les envelopper dans du longe puis les tirer ave c des cordes.
    La chalcopyrite était fondue à l’air libre, ce qui causa une pollution terrible. On raconte, que, par jour de pluie, les chemises des paysans se trouaient sur leur dos du fait de l’acide sulfurique. Ils protestèrent et on couvrit les chaudrons pour récupérer l’acide. Il se construisit alors un complexe chimique utilisant l’acide sulfurique pour faire des engrais et des explosifs.
Un autre traitement du minerai, par gravitation. On concassait la roche et récupérait le fer, le soufre, le cuivre par différence de densité.
    Les mineurs travaillaient six jours par semaine. Le dimanche, ils allaient à la messe, jouaient au base-ball puis retournaient à la mine avec des chaudrons pour évacuer l’eau d’infiltration. Il n’existait pas de système de pompage. Aujourd’hui, la mine est presque entièrement noyée.
    Autre aspect de la visite : le plaisir des yeux. Les concrétions de calcite blanche ou colorée de bleu vert par le cuivre, les coulées de boue rouge, stalactites et stalagmites encore mous…le guide nous explique qu’ils ont la consistance d’un gâteau glacé, crémeux dedans et craquant à l’extérieur.
    Aux faits véridiques, s’ajoutent les légendes plus ou moins vraisemblables. L’une d’elles concerne l’exploitant de la mine voisine plus riche en or. Il aurait livré cet or aux nazis. Autre hypothèse : un trésor fabuleux serait enterré sous le lac.
lac Mégantic
    Nous ne faisons que traverser Sherbrook. Il nous reste encore 110 km pour rejoindre le Lac Mégantic, trajet par de vastes espaces boisés et montagneux, très sauvages.

notre gîte "Au Soleil Couchant"
    Notre gîte est situé en dehors de l’agglomération, surplombant la route 161. le lac est enchâssé dans des montagnes boisées. La maison ressemble à un chalet bas avec de belles baies vitrées. Notre chambre « la bonbonnière » est verte des murs au plafond avec des moquettes et plusieurs nuances de vert. Beaucoup de recherche dans la décoration. C’est plutôt une « chambre de jeune fille » avec sa lampe rose caneton, son cadre de poulbots. L’ensemble est mièvre, tout à fait bonbonnière. Les propriétaires sont très aimables. Le monsieur nous fait l’honneur des extérieurs. Il nous montre ses deux pièces d’eau. Dans l’une d’elles, des canards et un  jet d’eau. Mais ce sont les castors qui nous avaient fait choisir ce gîte dans le guide. Notre hôte a balisé un sentier qui mène au barrage. Sans tarder et même sans nous changer, nous nous précipitons. L promenade dans la forêt est très agréable. Nous trouvons des fraises et des framboises. Puis le chemin se rétrécit, devient boueux. La forêt est très touffue, évoquant la jungle. Il nous faut faire attention à ne pas glisser ou nous embourber. Le lac de barrage est vaste. Le barrage fait plusieurs dizaines e mètres de long.
    Après quelques minutes d’affût, nous entendons un gros plouf. Un plongeon ? Ou un coup e queue de castor. Nous voyons un gros castor nager dans notre direction. Il s’approche, conscient de notre présence, peut être curieux, faisant des allers et retours de la hutte au barrage, plonge d’un énergique coup de queue et disparaît. Rapidement deux autres apparaissent nageant l’un vers l’autre. Ils se rapprochent, se touchent le museau, (se flairent ?). il nous semble qu’ils échangent des signaux sonores, puis, se séparent. Chacun continue son circuit dans son coin. Dans la hutte, on entend du bruit de bois cassé ou rongé.
    Entre-temps la pluie se met à tomber. Des minuscules moucherons – les brûlots – me dévorent les pieds. Nous restons fascinées par les allers et venues du castor qui continue sa routine sans se soucier de nous.
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