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 Carnet de voyage – miriam
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 2001- Marrakech et la vallée du Dra...
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Crée le 03/02/07
Dernière modification le 04/02/07

Première découverte du Maroc. Eblouissement devant tant de beauté et d'exotisme. Quinze jours de tourisme tranquille et à petite vitesse..

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 8. Tamgrout et méharée - Maroc

Les nuits ne sont pas aussi froides qu’on le dit dans le désert, nous avons eu assez chaud et les fenêtres ouvertes les bruits de la rue nous ont réveillées dès le lever du jour. Pour le petit déjeuner un buffet est dressé sur la terrasse. A la place des croissants des pizzas fourrées aux épices et au safran.

     Tamgrout est située à une dizaine de km vers le sud : la plaine est parsemée d’épieux et d’acacias et des dromadaires paissent en liberté.
      Les maisons de Tamgrout  le long de la route sont beiges jaunes en ciment  à arcades avec des décorations géométriques et ressemblent à celles d’Agdz ou de Zagora.. un écriteau annonçant la bibliothèque, la medersa et Zaouia nous fait arrêter la voiture. Un homme, pochette de canson à la main, s’approche de la vitre. Il se présente Naciri Saadine, calligraphe, traducteur et surtout descendant du fondateur de la bibliothèque. Nous l’acceptons comme guide, il monte à l’arrière de la 205.

Bibliothèque de Tamgrout

     Le bâtiment de la bibliothèque est insignifiant, les vitrines vieillottes et sans prétention mais elles contiennent des trésors : un Coran sur peau de gazelle de 1091, des manuels de médecine, d’astronomie de grammaire. Tous ces livres sont calligraphiés, enluminés. C’est surtout émouvant de voir tout ce savoir ancien au milieu du désert dans un endroit perdu au bout du monde. Pendant qu’il commente, Naciri calligraphie nos noms en arabe. Des érudits peuvent venir consulter les manuscrits, la médersa complète les études des étudiants en théologie de Fez ou de Rabat.

Zaouia

     Naciri nous avait présenté la Zaouia, « ici c’est Lourdes ! », nous entrons dans la cour des miracles. Le tombeaeu de son ancêtre est censé guérir les malades mentaux. Des dizaines de malheureux, malades ou simplement miséreux, campent sous les arcades de la cour de la mosquée, on voit leurs pauvres installations, nattes roulées ou réchauds à gaz.

La mosquée n’ouvre que le Vendredi, les belles portes de cèdre peint avec des pigments naturels, henné menthe sauvage, sont fermées. Naciri poursuit notre instruction : sur les minarets marocains il y a trois boules symbolisant des bols contenant le sel, la farine, l’eau indispensables à la vie.

Kasbah souterraine

     Nous le suivons ensuite dans la « kasbah souterraine » qui n’est pas creusée sous la terre, mais dans laquelle on circule dans des boyaux noirs juste éclairés par des puits de lumière. Tout en marchant, notre guide dessine des palmiers. Le village est composé de trois communautés qui ne se mélangent pas : les Berbères (60%), les Arabes et les Noirs descendants des esclaves . Autrefois des Juifs vivaient dans le Mellah occupé maintenant par des Berbères. Ces ruelles obscures sont couvertes et gardent le frais mais protègent aussi des mouches. Nous entrons dans une courette autour de laquelle s’organisent les étables et les pièces destinées aux humains. Naciri nous explique le fonctionnement des toilettes locales : sans eau, on met du sable, ce qui n’a rien d’étonnant, ce qui est amusant c’est la vidange : une fois l’an on creuse dans le mur de terre et on évacue avec des seaux le mélange de sable et d’excrément qui sera utilisé comme engrais. Il fait tellement noir dans les couloirs que Dominique sent la claustrophobie la paniquer, heureusement le passage ne fait que cinq ou six mètres et on retrouve ensuite la lumière du jour.

Poterie

     Nous visitons la boutique d’un potier, les céramiques de Tamgrout se vendent dans tout le Maroc, Dans une pièce, de la vaisselle verte exactement t de la même teinte que mon service, me tenterait bien, c’est le manganèse qui lui donne sa couleur. Dans une autre salle sont exposées les pièces décorées. Le potier nous détaille le sens des motifs : les poissons qui se poursuivent dans un cercle bleu représentent le Draa, des motifs arabes reprennent le thème des boules du minaret qu’on vient de nous expliquer, d’autres utilisent les dessins des tatouages des femmes berbères. Ces tatouages indiquent la position sociale de la femme selon qu’ils sont placées sur le menton, le nez ou le front on sait si elle est fiancée, mariée ou divorcée.

Dune de Tinfou

    Nous sortons de la ville pour aller découvrir la Dune de Tinfou, grande dune claire isolée, mais cernée de « bivouacs fixes », grandes tentes berbères pour les touristes, 4x4 en pagaille et même un car . Mon fantasme de passer la nuit dans le désert  en prend un coup, c’est vraiment trop près de la route et des hôtels. Naciri nous recommande d’éviter les « chameliers en plastique », faux hommes bleus qui attendent le touriste et en profite pour nous donner ses recommandations : ne jamais avouer que c’est notre première visite au Maroc, se méfier des faux guides, ne rien donner aux enfants. J’ai déjà lu tout cela dans le routard mais Dominique est ravie que ce soit un marocain qui nous donne ces indications. Il parle un peu de lui, à 42 ans, il en paraît plus, un peu ratatiné, il n’est pas marié et cela fait de lui un marginal dans son village, il est assez amer et pessimiste, il veut quitter Tamgrout pour Vienne où il ira étudier la peinture aux Beaux arts.

Nous allons plus loin visiter la kasbah ensablée, village encore habité menacé par les avancées des dunes. Tout autour les haies de palmes tressées tentent de contenir l’invasion. un autre moyen est aussi la plantation des tamaris.

Nous terminons la visite chez Naciri qui nous offre le thé, médiocre et tiède, dans une immense salle (qui a été un restaurant) décorée des peintures de Naciri (pas terribles) nous comprenons un peu son amertume, son auberge concurrencée par les hôtels modernes de Zagora ne marche pas malgré les recommandations du guide du Routard. Il nous offre le dessin qu’il a fait tout en marchant, les palmiers forment nos deux noms, il a complété l’horizon par la silhouette de la montagne et nous marchons sur la route.

en dehors du goudron
 
     Avant de rentrer nous voulons essayer une piste que nous avions remarqué indiquée « circuit touristique » sur la rive gauche du Draa . Vers le nord la piste est difficilement visible, il y a de nombreuses traces, nous n’osons pas les suivre mais remarquons une Clio neuve (forcément de location) à côté d’une Kasbah en ruine. Dans la kasbah nous entendons des animaux, et des voix, des enfants sortent et nous invitent à prendre le thé. Les occupants de la Clio sont assis sur des nattes, on en déroule d’autre pour nous. Dominique doit expliquer pourquoi elle ne s’assied pas. La maison est toute vide, pas de meubles, au murs quelques photos découpées dans des journaux et des feuilles de papier pliées. Nous bavardons avec la famille française, c’est plus difficile de communiquer avec nos hôtes, j’enlève mon foulard, les femmes regardent avec pitié mes cheveux courts et sortent de leurs foulard leur abondante chevelure.

Nous payons les thés au prix des restaurants, on nous demande de l’aspirine. Puis nous faisons le tour de l’habitation, un cactus est enfermé dans une sorte de cage de roseaux, un puits à sec, le reste de la kasbah s’écroule, faute de toiture, la pluie ramollit l’argile qui coule.

    La piste traverse la palmeraie dans des villages tranquilles, quand on ne retrouve plus la piste on demande simplement « Zagora », une seule fois des mômes en embuscade derrière un palmier, réclament avec trop d’insistance de l’argent et l’un d’eux tape sur l’arrière de la voiture.

    Nous mangeons dans la chambre les boîtes achetées à Marrakech puis passons l’après midi à la piscine.

Méharée

    A 5h, j’ai rendez vous pour une méharée. Dominique, prudente a voulu essayer avant de s’engager. Elle a donc demandé ce midi au chamelier si elle pouvait faire un galop d’essai . Le chamelier  a donné son accord, pas le dromadaire, furieux de ne pas avoir son repos bien mérité après la promenade de la nuit. Le chameau récalcitrant a donc fait preuve de toute la mauvaise volonté imaginable :il a fait des manière pour s’asseoir, puis une fois que Dominique s’était cramponnée à l’arceau métallique ne s’est levé qu’à moitié laissant sa cavalière à 45° en position très désagréable, même scénario à la descente qui a dégoûté définitivement Dominique des méharées.
Elle était très étonnée que je n’ai pas entendu de la piscine ses cris d’effroi.

    La promenade se fait en compagnie d’une Allemande de son fils et deux  jeunes maroco-allemandes . mon dromadaire se lève en douceur et me voilà juchée sans même m’en rendre compte .Dans la palmeraie, Mohamed , notre petit guide d’hier m’offre des gazelles tressées avec de l’herbe, il existe aussi un  pliage chameau sur le même principe – Le chamelier chasse notre escorte de gamins sur l’ordre de l’allemande très irritée et semblant sur le bord de la crise de nerf parce que le chamelier les chasse trop mollement.

   Nous suivons le même chemin qu’hier, du haut du chameau je dépasse la hauteur des murs et découvre les jardins qu’ils cachaient. Toutes sortes de légumes sont cultivés avec soin, pas une seule mauvaise herbe dans les rangs d’oignons de choux et de courgettes, quelques plants d’artichauts et des cardons décorent certains carrés. Dans un coin, on irrigue, les gens se reposent couchés, sans doute pour surveiller l’eau qui va remplir les rectangles.

     Un vent de sable s’est levé quand nous sortons de la palmeraie, le ciel est couvert, la promenade dans le désert ne serait pas vraiment un plaisir, le chamelier amorce donc le retour.
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