Manifestation !
A Orly, une file de cars de CRS attend en prévision de la manifestation des salariés d’Air Liberté, en liquidation. Le jugement est attendu aujourd’hui au tribunal de Créteil.
L’enregistrement des bagages commence à 10h45. Fès n’est pas une destination touristique, nous sommes les seules touristes. Des familles attendent. Cette année l'’Aïd tombe dans les vacances scolaires, des adolescents voyagent seuls. On fait embarquer en priorité les enfants. La manifestation d’Air Lib se déroule sous nos yeux et bloque les cars qui nous conduisent à l’avion. Le vol est retardé d’une heure.
En vol
L’épaisse couche de nuages ne se déchire qu’à Toulouse, les Pyrénées enneigées sont magnifiques, mais à nouveau les nuages cachent l’Espagne. Eclaircie au dessus de la Méditerranée, de courte durée, par moment les villages blancs du Rif apparaissent.
Arrivée à Fès
A la descente sur Fès, la campagne est verdoyante piquetée de vergers géométriques. Au sol, 16h45, 12°C, temps couvert. L’aéroport décoré de mosaïques, est situé à 15 km de la ville. On nous conseille de négocier le prix de la course en grand taxi autour de 100 Dirhams, pas plus. A la sortie, les chauffeurs se jettent sur nous, 120DH .Nous nous dirigeons vers l’arrêt du bus où attendent deux femmes, la mère en djellaba jaune et sa fille. Nous partageons le grand taxi, une Mercedes grise, pour 50 DH chacune (la mère dit 5000francs). Nous avons fait une bonne affaire !
La ville s’approche, des immeubles modernes bordent une avenue plantée d’orangers, très vite nous nous trouvons sous les remparts de la médina.
Hôtel Batha
Le taxi s’arrête devant l’hôtel Batha. Nous découvrons un patio très agréable décoré de fontaines en mosaïque, un bassin rectangulaire long et étroit qui évoque l’Alhambra de Grenade, à l’écart, une piscine bleue.
Notre chambre est toute bleue : la porte-fenêtre donnant sur un petit balcon est drapée d’un lourd tissu aux plis compliqués. Un carrelage bleu foncé aux petits pavés carrés orne les marches, une banquette et la tablette sous le miroir. C’est ce carrelage qui fait tout le charme marocain. Au mur, une belle photo de la ville, un minaret carré se détache sur un ciel nuageux tourmenté.
Dans les environs
Je suis impatiente de découvrir la médina toute proche. Face à notre balcon, la terrasse d’un café très animé, un peu bruyant. Les hommes attablés regardent un match de foot à la télévision.
Au coin de la rue après la Poste et un bâtiment officiel au fond d’un jardin, la rue se rétrécit, elle est animée bordée de plusieurs « Crémeries », des petits restaurants servant des glaces et des milk shakes. Nous trouvons la Téléboutique que nous cherchions à deux pas. Sur de petits étals, on vend toute sorte de nourriture : des brochettes, des pains ronds, des sortes de crêpes. Deux restaurants très pittoresques proposent des plats traditionnels. Un vieil homme assis sur une chaise basse écale des œufs mollets dans un panier à ses pieds. Sur une cantine mobile on fait frire des poissons. Par terre, diverses herbes : coriandre, persil, et d’autres plantes séchées inconnues. Cela sent bon !
Nous cherchons des repères dans notre nouveau quartier : le cinéma, dans une maison ordinaire, reconnaissable uniquement à la caisse et à quelques affiches dans le couloir. Nous atteignons rapidement la porte de la ville décorée de faïence bleue Bab BouJeloud. Au delà des murailles, un cimetière.
La médina
Nous descendons une rue très animée d’abord couverte de roseaux au dessus d’un marché de viandes et de légumes. A Athènes, Jérusalem ou Istanbul les boucheries dégagent une odeur pestilentielle, aujourd’hui, il fait frais, les parfums des épices, des poissons grillés et des beignets se superposent, cela sent très bon.
Des tailleurs travaillent dans de petites échoppes, les djellabas sont élégantes, sophistiquées avec des galons, des surpiqûre, des découpes. Sur des mannequins des manteaux très chics, d’un modèle un peu suranné mais très bien coupés. Plus loin de l’artisanat traditionnel pour touristes.
On nous hèle, nous sommes les seules touristes mais les marchands ne sont pas trop insistants ?
J’ai envie de regarder partout dans les portes entrouvertes des mosquées, dans les ruelles, les ateliers. Nous arrivons vers 6 heures chez les bijoutiers. La nuit tombe, la plupart des boutiques ferment. La rue principale est éclairée peut être allons nous nous retrouver dans l’obscurité ? Nous remontons la rue, j’achète des bananes et des oranges. La rue parallèle semble spécialisée dans les chaussures. Cette année la mode ici est aux bouts carrés .Un curieux article : un compromis entre la babouche et le sabot suédois de luxe. Est ce que ce sera la mode de l’été en France que ces sabots au talon dégagé ou est ce une spécialité locale ?
Nous rentrons vers 7 heures à l’hôtel pour notre dînette de fruits