Adieu voyages lents, bruits lointains qu'on écoute,
Le rire du passant, les retards de l'essieu,
Les détours imprévus des pentes variées
Un ami rencontré, les larmes oubliées,
L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu.
(...)
Alfred de Vigny
[i]"L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu..." Tu as donné ce titre à notre recueil, à notre voyage en poésies..
Chaque poésie n'est-elle pas un voyage? un départ vers l'imaginaire, un lâcher de ballons vers des cieux mystérieux?
" L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu... " Dans quel pays arrives-tu ainsi le soir, lorsque les dernières lueurs du soleil disparaissent à l'horizon? Quel est ton lieu sauvage et de quoi est-il fait? Te retrouves-tu dans un bois sombre, sur une lande déserte ou au bord d'une falaise déchiquetée?.. Et si je lis ce vers en même temps que toi, près de toi, es-tu sûre que nous nous retrouvions au même endroit à la fin de notre lecture ou à des mondes de distance?
Ton sentiment est-il le mien? Eprouves-tu l'envie d'arriver vite au bout de ton voyage, d'atteindre le château, la chaumière qui t'attend pour délasser tes membres, remettre de l'ordre dans ta toilette et ton esprit? Désires-tu au contraire prolonger ce moment, goûter le soir qui tombe sur ce sauvage lieu?
Tu vois, nous voyageons dans le mystère de la poésie.
"Est-il besoin d'île lointaine?"