Basilique de Quito, dans les catacombes situées sous les fondations.
Des noms alignés, des boîtes les unes au-dessus des autres. Des milliers de noms qui se perdent. Immanquable question : mais comment font-ils pour respirer ? Ils sont morts, certes. Est-ce que tous les vivants se posent la même question ou bien, moi, seulement? Fugacité de l'existence.
Prendre des photos me rend fébrile comme si je brisais un interdit, un tabou. Je suis dans la maison des morts. L'ange souffle la trompette du jugement dernier : "Morts, Levez-vous."
Derrière les tombeaux scellés, je m'imagine des visages derrière des noms, des morceaux de vie. Parfois une photo d'identité permet de voir le visage d'un défunt puis le regard se perd au milieu des milliers d'effigies du Christ, de la vierge. Une enfant passe dans les allées souterraines et s'agenouille devant une petite case, fermée sur l'urne funéraire. Elle se signe puis prie en silence. Il y a une telle dévotion ici qui me renvoie toujours plus à notre incroyance.
Il règne un sentiment diffus de menace. Toutes les phrases écrites au-dessus des différentes entrées des catacombes nous rappellent à nous, Vivants, que le jugement dernier est proche, que la vie est éphémère et qu'il ne faut jamais l'oublier.
"El que cree en mi anque hubiere vivira"
"La muerta es la hora de la Verdad"
De Dios
Del Hombre
De las Cosas
Des sons nous parviennent de la Basilique : chansons religieuses, paroles du prêtre disant la messe pour un mariage. La mort à côté de la vie.
Tu redeviendras Poussière...
AF