Hésitations sur notre démarche. Notre rencontre avec le prêtre Luis Eduardo Rodrigues, de la basilique de Quito, nous pose bien des questions : que restituer d'une telle rencontre ? En rester là ? « Raconter » une histoire ? Laquelle ?
Sentiment de tricher, un peu. Mot central, pivot. Aurélia répugne à voler immédiatement des photos dans « l'action », des fidèles, de la messe. Quelle légitimité avons-nous pour demander un droit de regard particulier sur ce lieu ? Idéal en action, idéal pragmatique... ? Capter le réel et en témoigner au travers de notre imaginaire. On y passe une matinée, puis deux. Entretiens, dialogues, enregistrements. On obtient une permission fondée sur la confiance dans notre démarche...
Je doute. Je préférerais parfois partir sans raconter. Est-ce souhaitable ? La transmission est-elle nécessaire ? Sentiment passager d'avoir justifié un tel voyage par une démarche « responsable », acceptable par tous, famille et amis. Voyager sans tricher...
Raconter son voyage, c'est aussi un Art de la mise en scène...
SJ