Quito, fondée par les Quitus, peuple pré-colombien tardivement envahi par les Incas... Un empereur Inca y serait mort, emporté par la variole, maladie de blancs qu'il n'avait pourtant pas encore vus... Mauvais présage. Quoi qu'il en soit, cette ville n'avait pas à l'arrivée des Espagnols l'importance qu'elle peut avoir aujourd'hui. Le Qhapac Nan, la grande route Inca, passe par ici, même si les traces, dans le Nord de l'Equateur, ont pour la plupart disparues. La densité de population y est évidemment pour quelque chose. Tous les habitants se concentrent dans le « callejon andino », cette bande de terres cultivables enfermée entre deux chaînes de volcans...
Les Espagnols n'ont guère laissé de traces des peuples précolombiens. Pourtant, au détour d'une ruelle, l'église chrétienne de San Juan marque le départ de la « calle Augosta », l'ancienne rue principale de la ville Inca. Là se trouvait la maison des vierges et le temple de la lune. Cette colline, appelée Huanacauri (phonétiquement, les espagnols l'ont transformé en "Juanacauri", d'où le nom de "San Juan") n'offre plus que son ancien nom en guise de témoignage. Il en est ainsi un peu partout dans la ville. La toponymie vient au secours de l'histoire et la géographie des noms de rue nous laisse songeurs : rue des Soupirs, rue sur Plaisir qui monte (!!), rue de la Solitude... et d'autres, qui marquent l'arrivée des espagnols : la rue des Sept Croix, la rue de l'Hôpital...
Dominant la ville, la Panecillo (le pain de sucre, surmonté d'un ange). Comme toujours dans les villes et villages précolombiens conquis par les espagnols, les anciennes collines sacrées Incas sont aujourd'hui surmontées d'une croix.
Aurélia et Sébastien