Plus d'une semaine que nous sommes arrivés en Equateur.
Une semaine à l'image d'un mois, car le temps semble s'être étiolé. De villes en villages, de montagnes en paysages, je n'ai pourtant pas le sentiment d'être rentrée au coeur du voyage, au coeur de ce que je suis venue chercher. Chercher un temps intermédiaire, infini à l'image des paysages. Immuables.
Un mois en une semaine car trop d'énergie a été dépensée à vouloir s'abreuver de sons, d'images comme s'il nous était interdit de respirer. Pourtant à la recherche de cette « lenteur qui révèle des choses cachées par la vitesse » dont parle Sylvain Tesson, je me sens au contraire happée par ce temps, incapable de le maîtriser. Encore dans ce « temps d'occident » , ce temps « courant d'air » qui « passe par la fenêtre de nos vies ».
La question se pose une semaine après : comment ralentir cette course, comment prendre le temps de ressentir ? Je repense à mes lectures de Cees Nooteboom, voyageur qui accompagne mes lectures solitaires depuis quelques années... et je me demande...
« Espaces vides, arrières boutiques vides de l'Histoire » : juste l'envie de vivre cet entre-deux auquel j'aspire où la pensée n'est plus contrainte, simplement libre de vagabonder, de communier avec un rien, un tout...
Libre de marcher, désengagée. Véritable utopie du voyage, de ce voyage ? Car au fond, il suffit parfois d'un petit instant, que l'on soit ici ou ailleurs pour s'ouvrir les portes de ce monde contemplatif.
Mais le voyage, cette forme que nous avons choisi me semble être la voie pour y arriver plus vite. C'est peut-être là mon erreur : « pour y arriver plus vite ». Encore une fois, c'est vouloir brûler les étapes. Une étape ne se brûle pas, elle se doit de se donner en son temps, en son heure sans qu'on la presse d'être là.
Donner du temps au temps en somme.
Aurelia